Allocution du patriarche maronite à l'ambassade de France
Anita Bourdin
ROME, 3 avril 2013 (Zenit.org) - Le patriarche maronite Boutros Béchara Raï en appelle à la France pour que la raison et la paix l'emportent au Moyen-Orient, au moment où « les Chrétiens d'Orient se sentent de plus en plus délaissés ».
Le patriarche a célébré une messe pour la France, lundi dernier, 1er avril, lundi de Pâques indique le site du patriarcat.
L'ambassadeur de France, M. Patrice Paoli, a ensuite remercié le patriarche lors du déjeuner qui a suivi à l'ambassade de France.
Dans son discours, l'ambassadeur de France a dit notamment: "Je sais combien est aimé notre pays que vous visiterez bientôt. Et dans ce contexte, je vous dis que notre président et le ministre des Affaires étrangères seront très content de vous recevoir".
Dans son allocution, après avoir évoqué les rapports séculaires de l'Eglise maronite et de la France, le cardinal Béchara Raï a évoqué les points de préoccupation pour le Liban: la question du fondamentalisme islamique qui menace des musulmans modérés, et la question syrienne, et notamment les besoins des réfugiés.
L'Orient-le Jour annonce pour sa part que le patriarche maronite, sera reçu à Paris lundi prochain, 8 avril, par le président de la République française, M. François Hollande.
A l'ordre du jour : la situation au Moyen-Orient, les chrétiens de Syrie, la politique libanaise.
Le cardinal maronite partira ensuite, indique la même source, pour l'Amérique latine (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Costa Rica, Colombie, Venezuela).
Il s'arrêtera à Rome, sur le chemin du retour vers Beyrouth. Son prochain voyage aura pour destination la Pologne.
Allocution du patriarche cardinal Béchara Boutros Raï
Monsieur l'Ambassadeur,
Vos Excellences les Evêques, chers frères et sœurs
1. Nous venons de célébrer l'Eucharistie aux intentions du peuple français et de la France, suivant ainsi une vénérable tradition cultivée par les Patriarches mes prédécesseurs. Je voudrais exprimer ici nos vœux de prospérité et de paix à la France et aux Français.
Cette aimable tradition est enracinée dans la multiséculaire histoire de collaboration et d'amitié entre la France et les Maronites, illustrée par des documents diplomatiques. J'en nomme la Charte de Saint Louis IX, Roi de France du 24 mai 1250, et la lettre de Clémenceau, Président du Conseil en date du 10 novembre 1919, adressée toutes les deux au Patriarche Maronite.
2. Le Saint Roi affirmait : « En vérité, notre amitié sincère que nous avons commencé à ressentir envers la Nation Maronite, lors de notre relâche à Chypre, où ils sont établis, s'est redoublée aujourd'hui davantage, et nous sommes persuadés que cette Nation, que nous trouvons établie sous le nom de St Maron, est une partie de la Nation Française ; car son amitié pour les Français ressemble à l'amitié que les Français se portent entre eux ».
3. Le Président du Conseil Français, Clémenceau, qui négociait le Traité de Versailles en 1919, écrivait au Patriarche Elias Hoyek qui présidait la Délégation Libanaise au Congrès de Paix, en ces termes : « Les entretiens que, depuis votre arrivée à Paris, vous avez eus avec M. le Ministre des Affaires Etrangères et avec moi-même, vous auront confirmé dans la conviction que le Gouvernement de la République demeurait invariablement attaché aux traditions de mutuel dévouement établies depuis des siècles entre la France et le Liban.
« Le désir des Libanais de conserver un gouvernement autonome et un statut national indépendant s'accorde parfaitement avec les traditions libérales de la France. Avec le soutien et l'aide de la France, les Libanais sont assurés de conserver leurs traditions, de développer leurs institutions politiques et administratives, de hâter eux-mêmes la mise en valeur complète de leur pays, de voir enfin leurs enfants se préparer dans leurs propres écoles aux fonctions publiques du Liban ».
4. Le premier document parle de la Nation Maronite, le second parle du Liban. Le dénominateur commun est le Patriarcat Maronite. Cela veut dire que les Maronites et le Liban sont devenus deux synonymes. Qui dit Maronites dit Liban. C'est pourquoi, l'on dit que « les Maronites sont pour le Liban » et non « le Liban pour les Maronites ».
L'amitié franco-maronite est par le fait même franco-libanaise. Toute collaboration entre la France et les Maronites est toujours en faveur du Liban. Elle nous incite à promouvoir les causes communes :
a) Favoriser la convivialité islamo-chrétienne, la connivence entre les cultures, les libertés individuelles et collectives, le pluralisme qui est source de richesse, et ne semble pas unanimement partagé. Les valeurs qui traduisent la démocratie sont œuvres des chrétiens et s'avèrent une nécessité, pour les pays du Moyen-Orient. La montée du fondamentalisme islamique menace les musulmans, qui sont modérés dans leur majorité, de passer au fondamentalisme, si les chrétiens perdent leur présence effective et leur influence bénéfique sur les sociétés arabes.
b) Appuyer auprès des instances internationales la reconnaissance et l'instauration de la neutralité juridique, positive et effective du Liban, qui lui permet d'être un lieu de rencontre et de dialogue des cultures et des religions, et d'être promoteur de paix, de justice et d'entente entre les peuples dans sa région.
c) Œuvrer pour mettre fin à la violence et à la guerre en Syrie, et inviter les partis en conflit à la table de négociations, en vue d'une solution juste, équitable et durable. Le Liban subit les lourdes conséquences de la guerre en Syrie, sur les plans : politique, économique, sécuritaire et social. Le nombre des déplacés et refugiés syriens avec tous leurs problèmes sur le territoire libanais s'approche à un million. Il faut absolument les faire distribuer aux pays voisins de la Syrie selon la capacité de chacun, et solliciter de l'Union Européenne les aides financières et matérielles pour eux.
Sur ce, je lève Monsieur l'Ambassadeur mon verre à l'action bienfaisante et rayonnante de la France, au Liban, au Moyen Orient et partout dans le Monde.
Vive la France ! Vive le Liban ! Et vive à jamais l'amitié franco-libanaise
Arabes du Christ
" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)
mercredi 3 avril 2013
Nation établie sous le nom de St Maron, partie de la Nation Française
نداء من المطارنة الموارنة للمسؤولينappel des eveques maronites aux responsables et au peuple libanais
Syrie: collecte de l'Eglise catholique en Suisse pour les réfugiés
Syrie: collecte de l'Eglise catholique en Suisse pour les réfugiés
Réponse au message pascal du pape François
ROME, 2 avril 2013 (Zenit.org) - L'Eglise catholique en Suisse organise une collecte en faveur des réfugiés syriens
Dans son message pascal, le pape François a sollicité l'aide pour les innombrables réfugiés syriens et a demandé une cessation des hostilités en vue d'une solution politique du conflit. L'œuvre d'entraide Caritas Suisse assure, depuis longtemps, une aide aux réfugiés syriens et lance une grande action de récolte de fonds. Les évêques suisses invitent les fidèles à la soutenir.
Des millions de syriens ont déjà dû fuir la guerre. Le Liban et la Jordanie ont accueilli un très grand nombre de réfugiés. Un quart de ces personnes sont des femmes et des enfants. L'Eglise catholique et ses œuvres d'entraide viennent au secours des chrétiens et des musulmans avec tous les moyens à disposition – mais ceux-ci demeurent insuffisants.
Le prêtre maronite Simon Faddoul, président de Caritas Liban, a dit récemment à Beyrouth: "Chaque jour, environ 1'000 réfugiés arrivent au Liban." La fin du conflit et du flux des réfugiés n'est pas d'actualité, dit Faddoul. Il craint en particulier : " actuellement, la Syrie compte 4 millions de réfugiés sur son territoire, qui ont rejoint des zones plus sûres à l'intérieur du pays. Une fois les combats vraiment engagés dans la région de Damas, un plus grand nombre encore de personnes de cette ville de 2,5 millions d'habitants cherchera refuge chez nous. Le Liban est à une demi-heure de voiture de la capitale syrienne."
Caritas Suisse a déjà pu soutenir env. 50'000 réfugiés au Liban et en Jordanie. Avec une campagne supplémentaire, elle tente de faire face à une situation de plus en plus dramatique. Pour que Caritas Suisse puisse fournir, dans les mois qui viennent, de la nourriture et des moyens de première nécessité et garantir une aide médicale et psychologique, les évêques suisses invitent les fidèles à faire preuve de solidarité:
compte dons 60-7000-4 (mention „Syrie").
L'aide suisse rejoint les efforts fournis par l'Eglise universelle. Ainsi les patriarches catholiques orientaux, réunis à Rome à l'occasion du début du pontificat du pape François, avaient interpellé les habitants du monde arabe à enrichir leurs sociétés de valeurs spirituelles et humaines. Ils les ont également invités à maintenir le dialogue entre religions et civilisations qui trouvent leur racines dans l'histoire. Cette conscientisation doit permettre aux nouvelles générations de pouvoir réaliser leurs espoirs et aspirations.
Les évêques remercient tous les donateurs et donatrices.
Fribourg, le 2 avril 2013
Service de la communication
Conférence des évêques suissesVous trouvez de plus amples informations sur l'aide à la Syrie assurée par Caritas Suisse sous www.caritas.ch.
Ou encore : œuvres d'entraide "Aide à l'Eglise en Détresse", Association suisse de Terre Sainte et Commissariat suisse de Terre Sainte des Franciscains Infos : www.aide-eglise-en-détresse.ch, www.heiligland.ch
Depuis octobre dernier, 340 000 nouveaux réfugiés syriens sont entrés au Liban | Politique Liban | L'Orient-Le Jour
« Aujourd'hui, le Liban compte environ un million de réfugiés syriens. Du 1er octobre 2012 jusqu'à la fin du mois de mars, 340 000 réfugiés sont entrés dans le pays. Ils devaient être aux environs de 600 000 avant octobre dernier », précise à L'Orient-Le Jour une source autorisée à la Sûreté générale.
Ce chiffre augmentera inévitablement, surtout que les combats ne se sont pas encore intensifiés à la frontière libanaise et que la crise syrienne sera difficile et longue.
Tous les jours, des tableaux informatisés, en provenance des quatre postes frontaliers entre le Liban et la Syrie, parviennent à la Sûreté générale à Beyrouth, sur le mouvement des personnes qui franchissent la frontière.
Côté libanais, on compte quatre points de passage légaux toujours opérationnels. Celui de Masnaa, qui est le plus fréquenté, de Arida, de Boukaya et de Abboudiyé. Le cinquième point de passage, situé à Mcharih el-Qaa, a été fermé du côté syrien l'été dernier.
La source à la Sûreté générale reconnaît qu'il existe « un certain nombre de ressortissants syriens illégaux au Liban. Les autorités ne peuvent pas intervenir dans ce cadre, ou encore disposer de chiffres relatifs à leur nombre. Ce sont généralement des hommes, des blessés, d'anciens combattants ou des déserteurs de l'armée. Certains d'entre eux entrent au Liban sans papiers d'identité ou encore se débarrassent de leurs papiers une fois arrivés au Liban. S'ils sont arrêtés, nous les relâchons à la condition qu'ils montrent des documents authentifiant leur identité. Généralement, leurs proches ou leurs parents se présentent à la Sûreté générale avec les documents en question ».Ö
En les relâchant, la Sûreté générale leur donne sept jours pour quitter le pays. « Mais nous savons qu'ils restent et nous ne pouvons rien faire. Nous ne les poursuivons pas », souligne cette source, précisant que « ces Syriens, entrés illégalement au Liban, sont arrêtés suite à des vols, ou des contrôles effectués aux barrages de l'armée ou de la police ».
Six mois d'affilée et sortir pour 24 heures
L'entrée et le séjour des ressortissants syriens au Liban sont régis par des accords bilatéraux signés sous le mandat de l'ancien président de la République, Émile Lahoud.
Un ressortissant syrien peut rester au Liban six mois d'affilée, sortir 24 heures du pays au moins et revenir pour six mois, ressortir pour 24 heures au moins, sans visa, sans permis de séjour, sans payer de frais et revenir encore pour six mois... À la douane libanaise, il reçoit une carte portant le tampon de la Sûreté générale.
« Depuis le début de la crise en Syrie, la Sûreté a trouvé une formule permettant aux déplacés de ne pas être obligés de rentrer chez eux tous les six mois. Comme tous les étrangers, ils paient désormais 300 000 livres par an le permis de séjour. Leur carte de séjour doit cependant être tamponnée tous les six mois », souligne la source autorisée, notant que « s'ils ne rentrent pas chez eux au moins durant un jour tous les six mois, c'est que ces réfugiés ont soit perdu leurs maisons, soit qu'ils ne veulent pas rejoindre les rangs de l'armée, soit qu'ils ont tout simplement peur ».
Elle indique également que « les réfugiés enregistrés auprès de l'UNHCR doivent avoir des papiers en règle auprès de la Sûreté générale, sinon ils seront considérés comme illégaux ; ceux qui entrent illégalement via la frontière du Akkar ou de la Békaa ne viennent jamais se faire enregistrer auprès des autorités libanaises ».
Mis à part les quatre postes-frontières légaux et les zones frontalières minées par l'armée syrienne, il existe des points de passage illégaux et sécurisés, dans le Akkar, la Békaa et la Békaa-Ouest. À Ersal par exemple, une frontière de 60 kilomètres s'étend dans une montagne aride où, depuis décembre dernier, il n'y a plus aucun soldat ou garde-frontière syrien. L'armée libanaise n'a jamais mis en place des postes sur cette frontière.
« La troupe libanaise doit être partout, au Sud, au Nord, à l'Est et à l'intérieur du pays pour veiller à la sécurité. Il faut tout un dispositif pour qu'elle puisse contrôler la frontière avec la Syrie, que ce soit sur le plan du nombre d'hommes déployés ou encore du matériel, comme la pose de caméras de surveillance », indique la source, qui exclut l'existence de groupes organisés qui s'entraînent en territoire libanais, notant cependant qu'il « y a quelques Libanais qui se battent en Syrie ».
En ce qui concerne le travail des ressortissants syriens, les journaliers peuvent depuis toujours travailler au Liban sans permis de travail. Ce sont seulement ceux qui travaillent dans des usines, des entreprises et des bureaux, les salariés donc, qui ont besoin d'un permis de travail. Au cours des derniers mois, 25 à 30 % des permis de travail octroyés par la Sûreté générale sont destinés à des ressortissants syriens. Des chiffres comparatifs n'existent pas avec les années précédentes.
Cette source autorisée n'exclut pas la possibilité que des ressortissants syriens travaillent au noir auprès de petites entreprises comme des salons de coiffure ou d'esthétique, ou encore de petits restaurants, les patrons préférant les considérer comme des journaliers.
Cette main-d'œuvre syrienne pourrait prendre la place des Libanais non qualifiés. Cela est déjà visible, selon les ONG travaillant dans les bidonvilles de Beyrouth, dans les zones les plus pauvres du pays.
Cela s'applique également aux loyers dans les quartiers pauvres. Selon diverses ONG, des familles libanaises ont été délogées à Bourj Hammoud et Nabaa pour être remplacées par des locataires syriens qui sont prêts à payer cinquante ou cent dollars de plus de loyer mensuel. C'est plus facile pour eux car plusieurs familles partagent le même petit appartement. Ce qui n'est pas de mise auprès des familles libanaises, même les plus démunies.
« On s'attend que la crise en Syrie soit difficile et longue. Le Liban ne peut pas venir seul à bout du dossier des réfugiés syriens, il faudra que la Ligue arabe et la communauté internationale interviennent pour l'aide », note cette source à la Sûreté générale.
« Nous n'avons pas de solution à ce dossier, nous effectuons certes des prévisions. Contrairement aux autres pays limitrophes de la Syrie, le Liban a décidé de ne pas fermer ses frontières face aux réfugiés. Il faut donc trouver une solution politique », souligne-t-elle en conclusion.
Reportage
Dans le Nord syrien, les déplacés survivent en mangeant des herbes
mardi 2 avril 2013
Raï met en garde : Des forces obscures œuvrent à désarticuler les États et les institutions ... | Politique Liban | L'Orient-Le Jour
2/4/2013-Raï met en garde : Des forces obscures œuvrent à désarticuler les États et les institutions ... | Politique Liban | L'Orient-Le Jour
Le patriarche a couronné hier deux messages musclés prononcés en fin de semaine, à Bkerké, par un troisième, émis au cours de la traditionnelle messe du lundi de Pâques « aux intentions de la France, de l'État et du peuple français ». L'office a été célébré en présence de l'ambassadeur Patrice Paoli et du personnel diplomatique de l'ambassade de France, et suivi d'un déjeuner.
Des propos tenus au cours de l'homélie, puis du toast prononcé à cette occasion, on retiendra surtout ceux dans lesquels le chef de l'Église maronite met en garde contre « des forces obscures qui œuvrent à désarticuler les États » du monde arabe et « à y semer la discorde, au nom de la démocratie ». Ainsi, le patriarche prend une fois de plus ses distances à l'égard d'un « printemps arabe » dont le masque démocratique cache de plus en plus mal la grimace totalitaire et l'exode des chrétiens qu'il provoque, indirectement .
Voici des extraits des deux allocutions prononcées par le patriarche à cette occasion :« Les événements inquiétants et douloureux qui nous menacent nous invitent, Français et Libanais, à multiplier nos efforts au service de la paix (...) la France des Lumières ne sera pas indifférente (...) face à la montée du radicalisme et du fondamentalisme et à la prolifération d'un obscurantisme fort des contradictions politiques et des pesanteurs régionales et internationales. »
« Les chrétiens d'Orient se sentent de plus en plus délaissés dans leur passion de rester sur leurs terres ancestrales et de continuer d'y promouvoir les valeurs chrétiennes et culturelles et celles de la modernité (...) »
« Des forces obscures œuvrent à désarticuler les États et les institutions, et à tenter inlassablement d'allumer la "fitna" entre les différentes confessions jusque-là coexistant paisiblement, et, quelle ironie, au nom de la démocratie et du printemps arabe. »
« Nous ne pourrons conjurer leurs méfaits calamiteux que par la certitude de la foi pascale du triomphe définitif de la Vie sur la Mort, et par la clairvoyance des pays amis et des hommes de bonne volonté. Cette foi nous pousse à rencontrer le Christ Sauveur, et à Le rechercher dans le visage de nos frères et sœurs, en nous mettant au service des plus faibles, des pauvres, des malades, des déplacés et des délaissés, comme les étrangers réfugiés parmi nous, les personnes âgées, les jeunes, les enfants et les opprimés de tous bords. »
Au déjeuner
Par ailleurs, fort des énoncés de la charte de saint Louis, roi de France, du 24 mai 1250, et la lettre de Georges Clemenceau, en date du 10 novembre 1919, adressée toutes les deux au patriarche maronite, le cardinal Raï a affirmé que « le premier document parle de la nation maronite, le second parle du Liban. Le dénominateur commun est le patriarcat maronite ». Cela veut dire que les maronites et le Liban sont devenus deux synonymes. Qui dit maronites dit Liban. C'est pourquoi, l'on dit que « les maronites sont pour le Liban et non le Liban pour les maronites ». L'amitié franco-maronite est par le fait même franco-libanaise. Toute collaboration entre la France et les maronites est toujours en faveur du Liban. Elle nous incite à promouvoir les causes communes :
a) Favoriser la convivialité islamo-chrétienne, la connivence entre les cultures, les libertés individuelles et collectives, le pluralisme qui est source de richesse, et ne semble pas unanimement partagé. Les valeurs qui traduisent la démocratie sont œuvres des chrétiens et s'avèrent une nécessité, pour les pays du Moyen-Orient. La montée du fondamentalisme islamique menace les musulmans, qui sont modérés dans leur majorité, de passer au fondamentalisme, si les chrétiens perdent leur présence effective et leur influence bénéfique sur les sociétés arabes.
b) Appuyer auprès des instances internationales la reconnaissance et l'instauration de la neutralité juridique, positive et effective du Liban, qui lui permet d'être un lieu de rencontre et de dialogue des cultures et des religions, et d'être promoteur de paix, de justice et d'entente entre les peuples dans sa région.
c) Œuvrer pour mettre fin à la violence et à la guerre en Syrie, et inviter les partis en conflit à la table de négociations, en vue d'une solution juste, équitable et durable. Le Liban subit les lourdes conséquences de la guerre en Syrie, sur les plans politique, économique, sécuritaire et social. Le nombre des déplacés et refugiés syriens avec tous leurs problèmes sur le territoire libanais s'approche à un million. Il faut absolument les redistribuer aux pays voisins de la Syrie selon la capacité de chacun, et solliciter de l'Union européenne les aides financières et matérielles pour eux.
Le message de Pâques
Dimanche, dans un message pascal aux Libanais et aux chrétiens en particulier, le patriarche Raï s'était fait le porte-parole d'une indignation générale face à ce que la classe politique libanaise dans son ensemble fait subir à la population.
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