Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)
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samedi 16 décembre 2017

Les chrétiens d’Orient à l’Institut du monde arabe, un incroyable « succès populaire 
LA CROIX -Anne-Bénédicte Hoffner , le 14/12/2017

Après trois mois d’installation à l’Institut du monde arabe, l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2 000 ans d’histoire » a déjà accueilli 100 000 visiteurs.
Conférences et événements se succèdent : après Vincent Gelot et la 4L avec laquelle il est parti à leur rencontre, l’IMA accueille des chorales les samedis de l’Avent

Après trois mois d’installation à l’Institut du monde arabe, l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2 000 ans d’histoire » a déjà accueilli 100 000 visiteurs.
Conférences et événements se succèdent : après Vincent Gelot et la 4L avec laquelle il est parti à leur rencontre, l’IMA accueille des chorales les samedis de l’Avent.

Moins de trois mois après son inauguration et un mois tout juste avant sa fermeture, l’exposition « Chrétiens d’Orient – 2 000 ans d’histoire » a déjà accueilli 100 000 visiteurs à l’Institut du monde arabe à Paris. « Un véritable succès populaire », salue l’institution dans un communiqué.
À titre de comparaison, l’exposition "Jardins d’Orient", considérée elle aussi comme un succès par l’IMA, avait été vue par 200 000 personnes au total. « Mais elle était installée pendant la période estivale et le thème était a priori plus grand public. Là, nous attendons avec impatience la période de Noël qui pourrait encore augmenter l’affluence », souligne la responsable de la communication.
Ce succès d’estime constitue une heureuse surprise pour les artisans du projet, l’IMA lui-même, les commissaires de l’exposition – Raphaëlle Zyadé et Elodie Bouffard – et leur partenaire, l’Œuvre d’Orient, qui ont su mettre en valeur 300 objets inédits (icônes, manuscrits, fresques, mosaïques, objets archéologiques, photographies ou encore vidéos) dont de nombreux chefs-d’œuvre, certains montrés en Europe pour la première fois et prêtés par les communautés elles-mêmes.
Rôle majeur dans la région
Inaugurée le 25 septembre dernier par Emmanuel Macron et le président libanais, Michel Aoun, l’exposition est une plongée dans l’histoire des communautés chrétiennes du Proche et Moyen-Orient. « Présenter les chrétiens d’Orient, c’est permettre d’appréhender leur histoire et leur diversité. C’est également faire comprendre le rôle majeur que ces communautés ont joué dans le développement politique, culturel, intellectuel et religieux de cette zone géographique », fait valoir le communiqué.
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L’idée de leur consacrer une exposition est ancienne, mais elle a mis du temps à faire son chemin. Pour un institut dédié au « monde arabe », ouvrir ses espaces aux chrétiens d’Orient était un pari. Un premier projet de taille réduite avait d’abord été imaginé, avant qu’il ne soit finalement repris et transformé, avec le soutien du président de l’IMA, Jack Lang.
Conférences et événements
Le pari a réussi au-delà des espérances initiales. La liste des conférences et événements liés à l’exposition ne cesse de s’allonger. Depuis mercredi 13 décembre, le parvis de l’IMA accueille la « habibimobile », la 4L de Vincent Gélot parti à la rencontre des chrétiens d’Orient, au cours d’un périple de deux ans et de plus de 60 000 km à travers 22 pays.
« Cette 4L est un peu à l’image de ces communautés chrétiennes d’Orient rencontrées sur la route : elles sont belles et fragiles, elles prennent des chocs, mais elles résistent et s’accrochent à la route », a-t-il relevé lors de son installation, en présence de Jack Lang et de Mgr Pascal Gollnisch, le directeur de l’Œuvre d’Orient. « Pascal écrivait : "Nous ne sommes que des nains sur les épaules de géants". Les chrétiens d’Orient sont mes géants. Et j’espère que cette arche d’alliance exposée sur cette esplanade saura, quelque part, leur rendre hommage. »
Départ de l’exposition pour Tourcoing
Le parvis de l’IMA accueillera aussi pendant l’Avent des chorales animées par les paroisses orientales de Paris : samedi 16 décembre à 16 heures, celle des melkites et celle des Arméniens, samedi 23 décembre celle des Arméniens à nouveau, et celle des Chaldéens. Des ouvertures nocturnes sont également prévues jusqu’à 21 heures chaque jeudi et samedi jusqu’au 14 janvier.
Le 14 janvier, dans un mois tout juste, l’exposition fermera ses portes… à Paris. Mais elle les rouvrira un peu plus d’un mois plus tard au Musée des beaux-arts Eugène Leroy de Tourcoing. Pour des raisons de conservation, certains chefs-d’œuvre – comme les Évangiles de Rabula – n’en feront plus partie, mais d’autres « pièces inédites et exceptionnelles d’Irak » seront présentées pour la première fois en France. D’autres musées en France ont eux aussi fait part de leur intérêt.
https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Les-chretiens-dOrient-a-lInstitut-du-monde-arabe-un-incroyable-succes-populaire-2017-12-14-1200899478?utm_source=Newsletter&utm_medium=email&utm_content=20171216&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_PERSONNALISEE&PMID=197ec60227781c490e5f147c1975ad4f&_ope=eyJndWlkIjoiMTk3ZWM2MDIyNzc4MWM0OTBlNWYxNDdjMTk3NWFkNGYifQ==

vendredi 13 octobre 2017

EXPOSITION « CHRÉTIENS D’ORIENT, 2000 ANS D’HISTOIRE » À L’INSTITUT DU MONDE ARABE, EN PARTENARIAT AVEC L’ŒUVRE D’ORIENT

ARTICLE PUBLIÉ LE 09/10/2017

Par Mathilde Rouxel

« Au début du XXe siècle, les chrétiens comptaient pour plus de 20% de la population du Moyen-Orient, ils sont aujourd’hui moins de 3% (le Liban, environ 30% et l’Égypte, environ 9%, restent les foyers les plus importants). Les causes de l’émigration furent longtemps économiques mais aujourd’hui l’ampleur des mouvements et sa nature sont inquiétantes et posent la question de la diversité du monde arabe ». Ces quelques mots sont extraits du cartel qui clôt la très belle et très riche exposition présentée jusqu’au 14 janvier 2018 à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec l’Œuvre d’Orient, présente au sein du conseil scientifique de l’exposition.
C’est pourtant bien certainement ce constat dramatique qui fut à l’origine de ce choix de thématique, aux enjeux aussi politiques que culturels. « L’Orient » dont il est question s’étend de l’Euphrate au Nil, recouvrant les actuels Syrie, Liban, Égypte, Jordanie, Irak et Palestine. En rassemblant des chefs d’œuvres issus de toute cette région, l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire » travaille à dénouer toute la complexité de cette chrétienté multiple, enrichie par les influences extérieures et vibrant au rythme des conciles théologiques et des guerres de conquête, tantôt persécutée, tantôt favorisée.

L’Orient, terre d’origine du christianisme

Le monde arabe est riche d’histoire et de diversité. Le Christ, né à Bethléem, avait de son vivant une renommée qui s’étendait jusqu’au Liban et en Syrie à l’Est, en Transjordanie et en Égypte à l’Ouest. Sous l’influence des apôtres, différentes communautés se constituent à sa mort. Le « christianisme » ainsi nommé naît à Antioche, alors capitale de la Syrie romaine. Au IIIe siècle d’ailleurs, la Syrie et l’Égypte sont les régions les plus christianisées. Plus à l’Est se développent aussi à partir de la ville d’Édesse en Perse (Iran et Irak actuels) des communautés chrétiennes évangélisées. Celles-ci, d’une région à l’autre, se regroupent dans des maisons dédiées au culte, les domus ecclesiae (« maison de l’assemblée ») et développent rapidement des objets de culte qui perdureront dans les liturgies. Ainsi en témoigne un encensoir en bronze du VIIe siècle byzantin retrouvé en région palestino-syrienne, qui se caractérise par l’ornement sur sa panse d’un registre de scènes christologiques en relief, mettant en image les neuf scènes du cycle de la vie du Christ (Annonciation, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, Baptême, Entrée à Jérusalem, Crucifixion, Femmes au tombeau, Incrédulité de Thomas et Ascension). Les objets présentés dans l’exposition issus de ces premiers temps du christianisme sont très nombreux : tapis et mosaïques côtoient des Bibles enluminées du VIe siècle, dont la plus ancienne pièce complète est une Bible écrite en langue syriaque (dérivée de l’araméen, langue du Christ) originaire du Nord de la Mésopotamie.
Au fil de la déambulation proposée par la scénographie, certains foyers s’imposent par leur importance. Parmi eux, Alexandrie, grand foyer de culture grecque avant l’arrivée du christianisme, est très représentée. La représentation de la ville sur une mosaïque provenant de l’église Saint-Jean-Baptiste de Jérash (Jordanie) et datée de 531 en témoigne : la cité d’Égypte était au VIe siècle le siège d’un des cinq patriarcats et rivalisait d’influence avec la cité syrienne d’Antioche. Cette influence date du IIIe siècle, lorsqu’au moment de l’évangélisation, une forme ancienne de l’égyptien, le copte, fut choisie pour diffuser le christianisme dans la culture populaire égyptienne.
L’art des chrétiens d’Orient a toujours été pétri de nombreuses influences extérieures. Durant l’Antiquité tardive, les thèmes iconographiques chrétiens reprenaient souvent les codes stylistiques gréco-romains : le Christ bon pasteur, l’agneau, la croix, le paon, le poisson (ichtus), la vigne sont représentés selon les codes esthétiques propres à ceux de l’Empire romain tardif, comme en témoignent les fresques représentant les miracles accomplis par le Christ de la domus ecclesiae de Doura-Europos, près de l’Euphrate (en actuelle Syrie), datant de 232. Au fil des IVe aux VIe siècles, une iconographie propre se développe, notamment avec la production de reliquaires en bois peint et d’ivoires sculptées, dont la richesse liturgique apparaît dans toute sa noblesse sur la Chaire de Grado, composée de quatorze ivoires et datant du VIIe siècle.
Le culte chrétien sort de l’illégalité au moment de la conversion de Constantin en 313 à Constantinople, l’ancienne Byzance. En réponse aux persécutions que les chrétiens ont connues, le christianisme devient la seule et unique religion favorisée dans l’Empire romain. Il devient religion d’État sous Théodose en 380. Un véritable réseau d’églises commence à se développer, dont Jérusalem, ville de la mort et de la résurrection du Christ, devient le cœur. La vie monastique, qui naît au IIIe siècle dans le désert égyptien, et le pèlerinage organisé autour des tombeaux des saints martyrs connaissent un succès grandissant. La prospérité qu’affiche aux VIe et VIIe siècles le monastère copte de Baouit, fondé en 385/390 par l’apa-père Apollô en est une preuve majestueuse, de même que les reliquaires ou les ampoules à eulogie ornés de scènes de la vie du Christ qui étaient ramenées par les pèlerins. Les premiers conciles (Nicée, 325 ; Constantinople, 381) définissent le socle de la foi de l’Église, afin d’écarter les hérésies et de définir la nature du Christ. Les querelles sur cette question resurgissent au Ve siècle, et conduisent à la prise d’autonomie de plusieurs Églises orientales : la Perse déclare son indépendance suite au concile d’Éphèse en 431, les Églises coptes, syriaques, arméniennes et éthiopiennes suite au concile de Chalcédoine de 451 qui élabora une théologie propre (monophysisme). Ces schismes ont aussi une dimension politique, consistant à s’affranchir d’un pouvoir byzantin qui pouvait être vécu comme autoritaire par ces populations.

Influences et échanges depuis les conquêtes arabes

Mahomet lance la conquête musulmane depuis l’Arabie. Damas est conquise en 636, Jérusalem en 638, Alexandrie et Mossoul en 641. Les chrétiens, comme les juifs, sont acquis au statut de dhimmis (protégés) et peuvent conserver leur religion. Les périodes de tensions et de violence (notamment les persécutions du calife fatimide Al-Hakim en 1020 ou les émeutes déclenchées à leur encontre lors des Croisades au XIIe et de l’invasion mongole) entrainent des conversions qui impliquent qu’au XIIIe siècle, les chrétiens sont minoritaires en nombre. Avant le XIIIe siècle toutefois, la vie artistique des Églises orientales fut florissante, influencée tant par l’art byzantin que par la culture islamique et, à partir des Croisades, l’iconographie occidentale.
Les marques de la crise iconoclaste déclenchée par les empereurs byzantins sont également visibles. L’engagement de Jean Damascène en faveur de la vénération des images est particulièrement mis en avant. L’exposition présente ainsi plusieurs recueils richement illustrés et copiés lors de cette crise, qui dure de 726 à 843. De cette époque ou des suivantes, les manuscrits reprennent une iconographie inspirée d’éléments byzantins et syriaques. Sur certains manuscrits coptes, parmi eux le Tétraévangéliaire copte bohaïrique retrouvé à Damette en Égypte et datant de 1178-1180, on retrouve dans la façon de représenter les vêtements de certains personnages l’influence des manuscrits arabes contemporains. Dans les Évangiles en arménien copiés par Arakel Gronavor datant du XIIe siècle et retrouvés en Turquie, ce sont les lettrines en ouverture des textes qui nous renseignent sur l’influence des Européens dans la région depuis les Croisades, qui conduisirent à la création des États latins d’Orient au début du XIIe siècle.
Rapidement, les Bibles sont traduites en arabe. Le manuscrit du Pandecte du moine Nicon traduit du grec à l’arabe retrouvé à Baalbek, au Liban, et datant de 1236, témoigne de cette nouvelle diffusion des textes chez les chrétiens arabophones. D’autres influences, spirituelles, apparaissent également dans la région : dans un texte attribué à tort à Jean Damascène, et dont le manuscrit est exposé, est racontée en neuf enluminures l’histoire christianisée de Bouddha.

Les chrétiens d’Orient sous les Ottomans

À partir du XVe siècle et de la conquête du pourtour méditerranéen par les Ottomans, l’espace marchand s’ouvre à l’Europe. Cela permet à la France de se positionner comme garante des intérêts des chrétiens catholiques dans l’Empire. Déjà auparavant, l’ordre franciscain, fondé par François d’Assise en 1209, s’était doté en 1342 d’un territoire d’activité en Terre sainte ; mais c’est bien l’accord passé entre François Ier et Soliman le Magnifique en 1517 en Égypte (dont l’exposition nous présente la très belle lettre d’engagement) qui marque l’alliance entre les deux puissances, française et ottomane. Cette ouverture de l’Orient sur l’Occident incite la papauté à multiplier les initiatives en direction des chrétiens orientaux, notamment par le biais des missions, dans un premier temps, puis par la création de la congrégation de Propagation de la foi en 1622, présentées dans l’exposition sur des manuscrits du XVIIe siècle. Cela engendre le rattachement de plusieurs Églises orientales à Rome – notamment les Grecs, les maronites ou les Arméniens. Avec la Renaissance et la Réforme, des chrétiens d’Orient sont accueillis à Rome pour enseigner à des imprimeurs italiens et français la langue arabe. Le premier livre en arabe est imprimé par l’évêque melkite d’Alep en 1702. De nombreux caractères de cuivre sont présentés dans l’exposition, témoignant de la minutie nécessaire à la production d’imprimés. Par-delà les échanges intellectuels et techniques, l’ouverture de la Méditerranée permet les échanges commerciaux, auxquels se conjugue l’essor de l’artisanat, dont la reproduction de la boutique dite « Au Musée Oriental » de la maison Dimitri Tarazi & Fils au Caire (XIXe siècle) fait état. L’exposition présente en quelques portraits la période de la Nahda et des premiers nationalismes arabes, avant de rapidement revenir sur les massacres et les tragédies qui ont rythmé, sous la mélodie du nationalisme turc ou celle de la survie de l’empire, le déclin de l’Empire ottoman : le massacre des chrétiens de Syrie en 1860, la famine du Mont-Liban en 1915, le génocide des populations arméniennes, assyriennes et syriaques la même année. Des extraits de la presse française de l’époque traduisent en images et en mots le malaise des Français devant le massacre des chrétiens en Orient.
Ces massacres conduisent à une division communautaire de l’espace politique au lendemain de la Première Guerre mondiale. Cependant, les chrétiens adhèrent avec ferveur à la naissance des États-nations arabes : en Égypte, les coptes sont nombreux dans le parti laïc Wafd, les maronites sont au Liban au fondement de la création de l’État libanais, etc. Les mesures politiques prises dans les années 1950 sapant l’économie de fond des chrétiens, ce mouvement de rassemblement national ne dure pas et, rapidement, les communautés se replient sur elles-mêmes. Les années 1950 sont celles d’un renouveau communautaire chrétien spirituel, intellectuel et social dans tous les pays ; au Liban, en 1950, la béatification de saint Charbel est l’occasion d’ouvrir son tombeau – une procession suivie par une véritable foule de fidèles émus par l’exhumation de ces reliques désormais sacrées. Ce retour du religieux est manifeste jusqu’à aujourd’hui – quelques extraits proposés à visionnage du film de Namis Abdel Messeeh, La Vierge, les Coptes et moi(2012) indiquent que les croyances concernant les apparitions de la Vierge au sein des communautés chrétiennes d’Égypte sont encore vivaces.
L’exposition se ferme sur l’exil et la mémoire. À l’heure où la sécurité de ces minorités chrétiennes est chaque jour menacée, la question de ce qu’il reste ou de ce dont on se souviendra de cette culture chrétienne orientale se pose. La mémoire de la guerre civile libanaise n’est toujours pas écrite officiellement, mais des artistes, comme Wajdi Mouawad et Gabriele Basilico dans Beyrouth (textes et dessins, Éditions Takes 5, 2008) tentent de raconter, à défaut de pouvoir interpréter. L’irakienne Brigitte Findakly tente, elle, de raconter ses souvenirs d’enfance dans l’Irak des années 1960 dans une bande-dessinée qu’elle coécrit avec Lewis Trondheim, Coquelicots d’Irak (2016). Quelques photographes, enfin, partent immortaliser leurs pays détruits – la Syrie, l’Irak ; sous ses photographies au récit tragique (Al Qosh, Irak, 2014) sont inscrits les mots du photographe irakien chrétien Hawre Khalid, qui résument en quelques phrases la douleur désorientée d’une grande communauté déplacée de chrétiens orientaux : « La photographie est devenue l’art par lequel j’essaie de comprendre le monde : ma vie, ma famille, le chaos de mon pays et de mon peuple. Le sentiment de mouvement et de déplacement que j’ai connu au début de ma vie est l’un des thèmes majeurs de mon travail, et j’essaie de le capturer et de le représenter dans les histoires que je raconte ».
L’exposition « Chrétiens d’Orient : 2000 ans d’histoire » appelle à ne pas oublier ces minorités, ni surtout la richesse apportée par la diversité dans cette région du monde si mouvementée.
Institut du monde arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris

vendredi 6 octobre 2017

Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’Histoire : une expo en partenariat avec l'Oeuvre d'Orient


Publié le : 29 Septembre 2017
A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’Histoire » Narthex a rencontré Monseigneur Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient. Fondée en 1856, l’Œuvre d’Orient est une association française dédiée au soutien des chrétiens orientaux. Par sa présence au sein du conseil scientifique de l’exposition, par les liens qu’elle a permis d'établir entre les communautés chrétiennes orientales et l’Institut du monde arabe, l’Œuvre d’Orient est partenaire de l’exposition.
Narthex : Monseigneur Gollnisch, comment le projet de l’exposition Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’Histoire est-t-il né et comment a-t-il été concrétisé ?
Mgr Gollnisch : Cela faisait plusieurs années que l’Œuvre d’Orient s’était approchée de l’Institut du Monde arabe (IMA) parce que ça nous semblait important de faire cette exposition dans cet Institut. Celui-ci a tout de suite été d’accord pour nous accueillir. Les liens de confiance ont été construits entre les collaborateurs de l’IMA et les collaborateurs de l’Œuvre d’Orient sur des éléments de culture, par exemple le travail archéologique fait par la France dans un certain nombre de lieux chrétiens historiques, le travail fait sur les manuscrits, sur les langues anciennes, etc.

Bien sûr, à l’Œuvre d’Orient nous avons le souci de plus en plus fort d’aider au maintien et à la connaissance de cette culture. Nous avons donc un certain nombre de spécialistes de haut niveau qui travaillent avec l’Œuvre d’Orient et qui ont pu ainsi entrainer l’adhésion des responsables de l’IMA pour ce projet. Ensuite il y a eu un remarquable travail de la commissaire scientifique de l’exposition, Raphaëlle Ziadé, mais sur le terrain nous avons parfois aidé à déterminer le choix des œuvres ou la question des relations entre les différentes communautés chrétiennes et l’IMA.
Votre rôle a donc été celui d’intermédiaires auprès des communautés locales ?
Le soutien de l’Œuvre d’Orient a surtout été utile et positif dans la mise en confiance des communautés chrétiennes moyennes-orientales pour prêter les œuvres. Les quelques désaccords ne sont d’ailleurs pas venus des Eglises elles-mêmes mais plutôt des règles très strictes posées par certains états par rapport au départ d’œuvres d’art ; exigeant des sommes ou des assurances exorbitantes pour la sortie du territoire.
PORTRAIT ANONYME D’UN MOINE, BAOUIT, EGYPTE, VIE-VIIE SIÈCLE, BOIS PEINT ©MUSÉE DES JACOBINS
Les 360 objets que cette collaboration a permis de rassembler sont des témoins de l’enracinement et de la vie de chrétiens dans les terres et dans les sociétés du Proche et du Moyen-Orient sur deux millénaires…ça laisse songeur !
En effet, l’Orient nous rappelle souvent dans sa manière d’être, de vivre, de penser, qu’il n’y a pas d’humain sans culture et de culture sans humain. Considérer une humanité décérébrée de ses racines culturelles et de son histoire serait une humanité qui serait en perdition. Hors, là nous avons une culture religieuse qui date de 2000 ans puisque ces chrétiens d’Orient ce sont les Chrétiens de la Pentecôte de Jérusalem. Ils sont allés à Damas, à Antioche, à Alexandrie, à Babylone, à Chypre et bien d’autre endroits quand nous, en Occident, nous étions encore avec nos druides à cueillir des fruits dans les arbres !
Nous devons beaucoup à cette culture, beaucoup de diocèses de France ont été fondés par des gens qui venaient du Moyen-Orient (par exemple l’un des Pères de l’Eglise, Irénée de Smyrne venu d’Asie Mineure, la Turquie actuelle, et devenu IIe évêque de Lyon entre 177 et 202).
BOUTEILLE DÉCORÉE DE SCÈNES MONASTIQUES, SYRIE, MILIEU DU XIIIE SIÈCLE, VERRE SOUFFLÉ, DÉCOR ÉMAILLÉ ET DORÉ © COLLECTION DE LA FURUSIYYA ART FOUNDATION, VADUZ
Cette culture est donc originelle pour le Christianisme, ce sont les chrétiens orientaux qui nous ont apporté la foi chrétienne et donc je pense qu’il était important de rappeler la richesse de cette histoire. Peu de communautés dans le monde ont encore une culture vivante de 2000 ans. D’ailleurs nous ne sommes pas ici dans un musée mais dans un institut, c’est ancré dans la vie.
En parlant de vie, une large place est donnée aux divers évènements traumatiques vécus par ces communautés avec les réalités de l’exil, des persécutions et les questions inhérentes de la transmission et de la mémoire. L’exposition se clôture également sur le regard de chrétiens toujours sur place, soucieux de la pérennité de leur héritage et de leur foi…
Oui, c’est une actualité douloureuse que vivent ces minorités au Moyen-Orient. Daesh, Al-Qaida et d’autres encore veulent que les chrétiens soient chassés de leurs terres, disparaissent du Moyen-Orient : ce sont des communautés qui sont menacées dans leur existence. D’ailleurs on le voit bien dans la rage qu’a mis Daesh pour détruire les éléments de culture chrétiens parce qu’en s’attaquant à leur culture ils s’attaquent à leur identité pour les déraciner.
Alors au moment où certains voudraient dire que les chrétiens d’Orient seraient venus avec les croisés, avec les missionnaires, avec les colonialistes ou que sais-je encore, et bien non ! Cette exposition rappelle, de manière paisible et pacifique, que cette culture fait partie de la culture du monde arabe ! Beaucoup de liturgies au Moyen-Orient sont en arabe ! D’ailleurs la langue maternelle de nombreux de nos frères chrétiens c’est l’arabe. Les premières imprimeries arabes ont été faites par des chrétiens. Les chrétiens ont joué un rôle important dans le réveil de la nation arabe, au moment de la chute de l’Empire Ottoman, et du départ ensuite des puissances mandataires qu’étaient la Grande-Bretagne et la France.
Il est donc important de rappeler de manière apaisée que les chrétiens d’Orient ont leur place dans un Institut dédié au Monde arabe car ils font partie de ce Monde arabe. Il est essentiel pour eux de rester dans leur pays d’origine : ils sont chez eux depuis le début du christianisme et sont des vecteurs de paix dans des sociétés où les différentes confessions peinent parfois à cohabiter.
Alors en ce jour de vernissage, que retenez-vous de ce projet ambitieux et majeur pour les missions de l’Œuvre d’Orient ?
Je pense que ces œuvres magnifiques représentent de la part des Eglises du Moyen-Orient qui les ont prêtées à l’Institut du Monde arabe de Paris, un acte de vrai confiance et de compréhension des uns et des autres de l’enjeu qu’il y a à faire connaître cette culture qui fait partie de la civilisation mondiale.
Propos recueillis par Géraldine de Spéville pour Narthex

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http://www.narthex.fr/news/chretiens-d2019orient-2000-ans-d2019histoire-oeuvre-dorient


jeudi 5 octobre 2017

Une magnifique exposition sur les chretiens d'Orient

Chrétiens d'Orient : 2000 ans d'histoire, c'est le titre de cette magnifique exposition consacrée aux Chrétiens d'Orient qui se tient en ce moment à L'institut du monde arabe. Nous avons eu la chance de la visiter, en voici un avant-goût.

http://www.famillechretienne.fr/culture-loisirs/sorties/video-une-magnifique-exposition-sur-les-chretiens-d-orient-225311#.WdXXsfjEJFE.twitter