Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

samedi 30 décembre 2017

Réactions de l’Evêque copte catholique émérite de Gizeh après le massacre perpétré devant une église copte

EGYPTE - Réactions de l’Evêque copte catholique émérite de Gizeh après le massacre perpétré devant une église copte
 
Le Caire (Agence Fides) – Une attaque armée a été perpétrée contre l’église de Mar Mina, dans le faubourg de Helwan, au sud du Caire, par au moins deux terroristes au cours de la matinée d’aujourd’hui, 29 décembre. Elle a provoqué plusieurs victimes y compris parmi les civils. « Pour le moment – indique à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Antonios Aziz Mina, Evêque copte catholique émérite de Gizeh – semblent vérifiées les morts d’un agent de police, de six civils et de l’un des auteurs de l’attentat. L’autre a été blessé et transporté à l’hôpital. Il y aurait au moins quatre autres blessés ». Des sources gouvernementales, reprises par les moyens de communication nationaux et internationaux, font état d’au moins dix victimes.
Le énième attentat contre une église copte tombe durant ces jours pendant lesquels les coptes orthodoxes se préparent à la veillée du Nouvel An puis à la célébration de Noël. Ces jours derniers (voir Fides 20/12/2017), avait été annoncée la présence du Président Abdel Fattah al Sisi à la Messe de Noël, qui suivant le calendrier copte sera célébrée dans la nuit du 6 au 7 janvier par le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, dans la Cathédrale encore en construction de la nouvelle capitale administrative en cours de réalisation aux marges de la métropole du Caire. « Malheureusement – souligne Mgr Mina – pour nous les morts risquent de devenir des chiffres. Nous risquons de nous habituer aux attentats et notre cœur risque de devenir de pierre. Nous ne pensons plus aux vies qui se trouvent derrière les chiffres, à combien de tristesse entre dans ces maisons, ruinant la sérénité des familles dans l’imminence des jours de fête. Il n’est pas vrai que les terroristes perpètrent les attentats pour épouvanter les touristes. Ils veulent effacer notre sourire. Ils veulent que nous vivions tous dans la tristesse. Pour cela, maintenant, protéger nos cœurs et raviver notre joie constitue un miracle que seul Jésus peut réaliser ». (GV) (Agence Fides 29/12/2017)

- Déclarations du Chef d’Etat israélien aux Eglises et communautés chrétiennes sur la souveraineté sur Jérusalem comme garantie de la liberté religieuse de tou

- Déclarations du Chef d’Etat israélien aux Eglises et communautés chrétiennes sur la souveraineté sur Jérusalem comme garantie de la liberté religieuse de tous
 
Jérusalem (Agence Fides) – La souveraineté de l’Etat d’Israël sur Jérusalem, reconnue par l’Administration américaine au travers d’un choix unilatéral, contesté à une très large majorité par l’Assemblée générale des Nations unies, « ne compromettra jamais la liberté de culte et de religion pour tous les croyants » parce que l’Etat d’Israël est « fermement engagé pour garantir les droits religieux de culte et les activités de l’ensemble des communautés de foi, à Jérusalem et dans toute la nation ». C’est en ces termes que le Président israélien, Reuven Rivlin, a voulu rassurer les Chefs et représentants des Eglises et communautés chrétiennes présentes en Israël qu’il a rencontré en sa résidence le 27 décembre, à l’occasion de la réception annuelle traditionnelle en vue du début de la nouvelle année. 
A la rencontre ont participé entre autres le Ministre israélien de l’Intérieur, Arieh Deri, l’Administrateur du Patriarcat de Jérusalem des Latins, S.Exc. Mgr Pierbattista Pizzaballa, le Custode de Terre Sainte, le Père Francis Patton OFM, et le Patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III.
 « Une rencontre avec les représentants des Eglises est toujours importante pour moi mais lorsque nous nous trouvons à affronter des temps difficiles, elle devient encore plus importante » a indiqué le Président Rivlin, en recevant ses hôtes, faisant allusion aux critiques unanimes suscitées par le choix de l’Administration américaine chez les représentants des Eglises et communautés chrétiennes du Proche Orient. Le Chef de l’Etat a voulu également remarquer devant ses interlocuteurs une sorte d’affinité élective entre les violences subies par les chrétiens dans de nombreuses parties du Proche Orient et les vicissitudes de l’Etat juif dans son parcours historique.
 « Ces dernières années – a déclaré le Président – notre région a connu beaucoup d’effusion de sang, beaucoup de douleur, beaucoup de souffrance. Au cours de cette période sombre, aucune communauté n’a été plus persécutée que les chrétiens, dans tous les pays qui nous entourent. Je prie avec vous tous pour leur bien-être. En Israël, nous savons bien ce que cela signifie que d’être attaqués, persécutés seulement à cause de notre foi et nous avons le cœur brisé en voyant la souffrance ». 
Le Ministre de l’Intérieur, Arieh Deri, membre fondateur du Shas, parti politique juif sépharade, a qualifié la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël comme « un cadeau reçu du Président des Etats-Unis Trump », ajoutant que Jérusalem « continuera à être une ville de paix pour tous les croyants, dans laquelle tous pourront prier en liberté et dans l’égalité ».
En parlant au nom des communautés chrétiennes, le Patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, a réaffirmé leurs craintes et leurs préoccupations en ce qui concerne les risques d’altération et de violation du statu quo, ensemble de droits acquis, de règles et de coutumes sur lequel se fonde la coexistence entre les différentes communautés de foi dans la Ville Sainte. 
Théophile III a également exprimé le souhait que les autorités civiles fassent barrière aux « groupes radicaux qui veulent faire de Jérusalem une société fermée ». (GV) (Agence Fides 29/12/2017)

Jérusalem, le Liban et les chrétiens d’Orient.

 Le Télégramme, 16/12/2017
 par Philippe ReinhartAS micro

Publié le 16 décembre 2017 

Politologue spécialisé sur le Proche et le Moyen-Orient, Antoine Sfeir dirige les Cahiers de l’Orient. Il passe en revue les dossiers chauds du moment dans cette région : Jérusalem, le Liban et les chrétiens d’Orient. 
Quelles peuvent être les conséquences de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël par les États-Unis ?
Cette reconnaissance peut se révéler contre-productive. Aujourd’hui, Jérusalem est de facto la capitale d’Israël. Le gouvernement israélien et la Knesset (le Parlement) y siègent. En officialisant Jérusalem comme capitale, Donald Trump tue l’idée même du double État. Avec la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, on faisait deux États: Jérusalem était, dans sa partie arabe, la capitale de la Palestine, et, dans sa partie occidentale, la capitale d’Israël.

Trump n’a-t-il pas réalisé une opération de politique intérieure afin de satisfaire le noyau dur de son électorat ?
Pas seulement. Pour Trump, il s’agit de détourner l’attention de la justice qui enquête sur ses liens avec les Russes pendant sa campagne électorale.

Le Liban peut-il fonctionner normalement avec un Premier ministre aussi fragilisé que Saad Hariri ?
Il s’est un peu renforcé grâce à Emmanuel Macron, dans la mesure où, s’il a été quelque temps retenu en résidence surveillée, le président français l’a sorti de cette situation. Il est rentré triomphant au Liban. Actuellement, c’est surtout le Hezbollah qui est fragilisé.

Qui peut protéger les chrétiens d’Orient ?
Normalement, c’est la France. Depuis le traité des capitulations entre François 1er et Soliman le Magnifique, toutes les minorités religieuses, et pas seulement les chrétiens, sont supposées être protégées. Elles le sont aujourd’hui par la Russie de Vladimir Poutine. Malheureusement, à cause de la guerre de Syrie, la Russie de Poutine a été plébiscitée, non seulement par les orthodoxes, dont elle est la protectrice naturelle, mais aussi par les autorités de toutes les autres minorités religieuses. La France, elle, ne réagissait pas. À partir de là, la nature ayant horreur du vide, Poutine s’est imposé sur la zone. © Le Télégramme

https://antoinesfeir.net/2017/12/18/jerusalem-trump-veut-detourner-lattention-le-telegramme-16-12-2017/

Egypte : neuf morts dans une attaque contre une église copte

Egypte : neuf morts dans une attaque contre une église copte
Anne-Bénédicte Hoffner (avec la presse égyptienne) ,La Croix - le 29/12/2017

Neuf personnes ont péri vendredi 29 décembre au sud du Caire dans une attaque contre une église menée par un homme armé, a indiqué un responsable au ministère de la Santé.
Ce responsable n’a pas précisé si l’assaillant, qui a été abattu par balles par la police, figurait parmi les neuf morts.
Deux terroristes ont voulu, vendredi 29 décembre, se faire exploser dans l’église Saint-Minas-le-Grand à Helwan, dans la banlieue sud du Caire. Selon les rares informations disponibles dans la presse égyptienne, tous deux ont eu le temps d’ouvrir le feu avant d’être stoppés par les policiers de garde devant l’édifice.
Deux policiers ont été tués, selon le ministère égyptien de l’intérieur, et peut-être un autre membre des forces de sécurité. « L’un des terroristes a été mortellement blessé, tandis que le second a réussi à s’échapper », indique Egypt Today.
Ceinture explosive
Toutefois le bilan aurait pu être plus grave, les forces de sécurité ont désamorcé une ceinture explosive qui entourait la poitrine de l’attaquant décédé.
« La tentative d’attaque a été contrecarrée par les mesures de haute sécurité prises par le ministère de l’intérieur à l’échelle nationale avant les célébrations de Noël en Égypte », s’est félicité ce dernier. Les coptes catholiques fêtent Noël le 25 décembre. Mais les coptes-orthodoxes, beaucoup plus nombreux, célèbrent la Nativité le 6 janvier.
L’an dernier, à la même époque, au moins 25 personnes avaient été tuées et plus d’une cinquantaine blessées dans un attentat à la bombe à l’intérieur d’une église copte-orthodoxe adjacente à la cathédrale Saint-Marc du Caire.
Série d’attaques en 2017
-De très violentes attaques contre les chrétiens ont eu lieu également au début de l’année 2017, à la veille de Pâques et peu avant la venue du pape François, les 28 et 29 avril. À Alexandrie, un kamikaze équipé d’une ceinture explosive s’est fait exploser à l’entrée de l’église Saint-Marc – où se trouvait le pape copte orthodoxe Tawadros II à l’occasion de la fête des Rameaux – faisant 17 morts – dont quatre policiers – et 48 blessés.
-À Tanta, dans le delta du Nil, une autre attaque dans l’église Mar Girgis (Saint-George) a causé la mort de 27 personnes en pleine célébration des Rameaux.
-Le 26 mai, c’est en Haute-Egypte, dans la province de Minya, qu’un bus de pèlerins qui se rendait au monastère copte de Saint-Samuel a été attaqué à l’arme automatique par des hommes masqués. 29 personnes étaient décédées.

jeudi 28 décembre 2017

TERRE SAINTE- Appel du Patriarcat de Jérusalem des Latins et de la Custodie de Terre Sainte en faveur de pèlerinages sans crainte à Jérusalem
 
Jérusalem (Agence Fides) – Les nouveaux affrontements et violence de ces jours derniers à Jérusalem et en Terre Sainte, faisant suite à la décision américaine de reconnaître la Ville Sainte comme capitale de l’Etat d’Israël, ont suscité l’appréhension au sein de nombreux groupes de pèlerins qui avaient déjà prévu de passer le temps de Noël sur la terre où est né et a vécu Jésus Christ. L’annulation de nombreux pèlerinages a poussé l’Administrateur apostolique du Patriarcat de Jérusalem des Latins et le Custode de Terre Sainte à diffuser au cours des jours qui précèdent Noël un appel conjoint visant à rassurer les pèlerins et à les convaincre à ne pas renoncer à la visite des Lieux Saints.
« En compagnie du Père Custode – explique S.Exc. Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur apostolique du Patriarcat de Jérusalem des Latins – nous avons pensé qu’il était bon de dire à tous les pèlerins, à tous ceux qui ont Jérusalem dans le cœur, que le pèlerinage en Terre Sainte est sûr et que les images qu’ils ont vu à la télévision ne disent pas la vérité quant à la beauté, à la tranquillité et à la sérénité qui en revanche existe à Jérusalem. Nous vous invitons – poursuit l’Administrateur apostolique du Patriarcat de Jérusalem des Latins – à repenser à nouveau à votre pèlerinage à Jérusalem, à faire cette très belle expérience de foi et cette forme de solidarité importante et merveilleuse envers la communauté chrétienne de Terre Sainte ». Dans l’appel, diffusé par les moyens de communication du Patriarcat de Jérusalem des Latins et de la Custodie de Terre Sainte, le Custode de Terre Sainte, le Père Francis Patton OFM, invite lui aussi les pèlerins à « confirmer leurs pèlerinages dans l’esprit de ceux qui désirent, par l’intermédiaire du pèlerinage, faire confiance à Dieu ». Le Custode ajoute des considérations rassurantes afin de convaincre les pèlerins à visiter sans crainte la Terre Sainte. « Nous, nous vivons ici. Nous voyons la situation chaque jour. Les pèlerins sont respectés et aimés et il n’existe pour eux ni problèmes ni dangers. En outre – ajoute le Custode de Terre Sainte – au travers de ce geste de foi qu’est le pèlerinage, vous encouragez et soutenez également la petite communauté chrétienne qui vit en Terre Sainte. Je vous invite par suite à ne pas avoir peur et à venir, à être pèlerins en ces Lieux où Jésus est né pour nous ». (GV) (Agence Fides 23/12
 
 
 
 
LIBAN - Prise de position du Patriarcat d’Antioche des Maronites sur la position américaine relative à Jérusalem, les éloignant du message de défense des droits fondamentaux
 
Beyrouth (Agence Fides) – La décision du Président américain, Donald J. Trump, consistant à reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël montre que, malheureusement, les Etats-Unis se sont « éloignés de leur message de protection des droits fondamentaux ». C’est ce qu’affirme le Patriarcat d’Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Bechara Boutros Rai, dans son traditionnel message de Noël. Dans son intervention, le Patriarche s’est attardé également sur un certain nombre d’urgences politiques et sociales qui affligent le Liban. Faisant référence implicitement au procès pour diffamation qui a frappé le journaliste Marcel Ghanem – coupable d’avoir accueilli un représentant saoudite qui avait renouvelé en direct de lourdes accusations de terrorisme en direction du parti chiite libanais Hezbollah – a indiqué que « les libanais craignent une dérive autoritaire en termes de liberté des moyens de communication et leur limitation pour des motifs politiques », dénonçant également le danger d’une « politisation de la justice ». Entre autres choses, le Cardinal a qualifié d’inacceptable le fait que 58% des réfugiés syriens accueillis au Liban – plus d’un million – vivent dans une situation d’extrême pauvreté à cause de l’absence ou de la faible contribution offerte par la communauté internationale afin de résoudre le problème des réfugiés ayant fui la Syrie durant le conflit. (GV) (Agence Fides 23/12/2017)

mercredi 27 décembre 2017

“L'Église est prête à soutenir le développement de la société saoudienne“

“L'Église est prête à soutenir le développement de la société saoudienne“

L’épisode serait presque passé inaperçu dans une Arabie Saoudite engagée dans une campagne d'arrestations de masse au nom de la lutte contre la corruption, et soupçonnée de retenir un premier ministre libanais démissionnaire. Les 13 et 14 novembre derniers, le cardinal libanais Mgr Béchara Boutros Raï, patriarche des maronites, rencontrait successivement à Riyad le roi Salmane d'Arabie Saoudite, et son fils, le prince héritier Mohammed Ben Salmane. La première visite officielle d'un responsable catholique en Arabie Saoudite.

Le 13 et 14 novembre, vous étiez le premier responsable catholique invité en visite officielle en Arabie Saoudite. Peut-on qualifier cette rencontre d’ historique ?
Oui, c’est une première à la fois dans l’histoire de l’Église Maronite et dans celle du royaume. Mais la rencontre illustre les relations établies tout au long de l'Histoire à travers les correspondances échangées entre les Rois et les Patriarches. Cette visite revêtait aussi une portée historique car elle coïncidait avec la démission, le 4 novembre du premier ministre Saad Hariri annoncée depuis l’Arabie Saoudite, suivie de sa « permanence » à Riyad. J’ai abordé cette question avec les autorités saoudiennes en vue du retour de premier ministre au Liban et pour résoudre la crise constitutionnelle et politique. Ce qui a été fait avec des résultats positifs. (ndlr : le Premier ministre libanais rentrait au Liban le 22 novembre, avant d’annoncer renoncer à sa démission le 5 décembre)
Le prince héritier Mohammed Ben Salmane se lance dans une transformation de la société saoudienne et prône un « islam modéré ». L’Église a-t-elle un rôle à jouer ?
L'Église est prête à soutenir tout pas entrepris pour le développement de la société saoudienne. La présence dans le royaume d’un nombre important de Libanais (ndlr : ils seraient quelque 160.000 sur une population de 32 millions d’habitants), parmi lesquels beaucoup de chrétiens, joue un rôle important, qui favorise cette transformation, parce qu’ils sont formés à la démocratie, aux droits de l’homme, et au pluralisme. Ils contribuent à l’essor social et au développement du royaume. Les guerres dans la région ont affaibli la présence chrétienne, son efficacité et l’une des ses principales forces : celle de prôner la modération de l’Islam. Un rôle que l’Église a toujours assumé dans la région.
Les guerres dans la région ont affaibli la présence chrétienne, son efficacité et l’une des ses principales forces : celle de prôner la modération de l’Islam. 
La construction d’églises ou l’importation d’accessoires liturgiques sont toujours interdites en Arabie Saoudite. Est-ce qu'une nouvelle page s’ouvre entre l’Arabie Saoudite et les chrétiens ?
Le dialogue est le seul moyen de résoudre les différences et les problèmes. Le prince héritier parle d’une ouverture de l’islam, c’est encourageant. Des célébrations religieuses sont organisées dans le royaume par des chrétiens et d’autres communautés dans des lieux privés. Les responsables saoudiens le savent et ferment les yeux. On ne peut pas tout changer brutalement. Il faut respecter les traditions, et ce changement se fera progressivement. Cette ouverture existe par ailleurs partout dans la région à travers une série de congrès islamo-chrétiens. L’Université d’al-Azhar en Égypte qui était parmi l’une des plus dures, joue aujourd’hui un rôle très important dans ce sens.
La création d'un Centre international permanent de dialogue religieux a été annoncée suite à votre visite en Arabie Saoudite. Quelle va être sa mission ?
Le dialogue entre les religions, les civilisations et les cultures est au cœur de nos préoccupations. L'Église ne cesse d’appeler à l’acceptation de l'autre avec toutes ses différences et l'écouter. Le dialogue est le seul moyen de surmonter les obstacles et de résoudre les problèmes. Ce Centre trouverait au Liban sa place naturelle car le dialogue entre le christianisme et l’islam y est pratiqué dans ses trois formes : dialogue de vie, de culture et de destin. Ce dialogue est consolidé par la convivialité islamo-chrétienne organisée par le Pacte national et la Constitution libanaise qui offre à chacun une participation égalitaire au pouvoir, tout en reconnaissant la séparation entre la religion et l’État.
La démission du premier ministre libanais Saad Hariri le 4 novembre dernier plongeait le Liban au cœur des rivalités entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Quel peut être le rôle des responsables des chrétiens d’Orient dans ce face-à-face ?
Les rivalités entre l’Arabie Saoudite et l’Iran sont d’ordre religieux, politique, économique et stratégique. Le rôle des responsables chrétiens se limite à appeler à la réconciliation et à la collaboration pour le bien de ces deux puissances régionales et celui de la région. D’ailleurs, le conflit entre elles s’étend au pays sunnites et chiites de la région. Les responsables chrétiens du Liban font appel à respecter la souveraineté du Liban et veillent à l’éducation nationale des nouvelles générations.
Nous n’avons aucun besoin d’être protégés. Seuls nos droits de citoyens dans nos pays nous protègent.
L’Iran se pose en protecteur des minorités dans la région. L’Arabie Saoudite peut-elle être aussi au côté des responsables catholiques et assumer ce statut ?
Je refuse ce discours. Personne n’a demandé à l’Iran d’être le protecteur des « minorités », ni même à l’Arabie Saoudite. En outre, qui sont les « minorités » ? Certainement pas les chrétiens originaires de tous les pays de la région depuis 2000 ans. Sur le plan théologique, c’est l’Église Universelle du Christ et le corps mystique du Christ, dont ils sont les membres, qui est présent dans cette région, comme c’est le cas à Rome et partout dans le monde. Nous chrétiens, vivons dans le respect des autres. Nous croyons en la collaboration pour le bien commun et la paix. Nous n’avons aucun besoin d’être protégés. Seuls nos droits de citoyens dans nos pays nous protègent.
Quel est votre position suite à la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël ?
Nous refusons la décision de Donald Trump. On ne peut pas « judaïser » Jérusalem. C’est une décision contre les chrétiens. Toute l’histoire du Salut, du Nouveau Testament est liée à Jérusalem. C’est dans cette ville que s’inscrit la manifestation du Christ, l’incarnation, la rédemption, la crucifixion, la résurrection, la Pentecôte et le début de l’Église. Dans notre liturgie nous appelons Jérusalem « la mère des Églises ». Notre position en tant qu’Église libanaise est celle du Saint-Siège depuis 1948 basée sur la résolution de l’Onu 181 qui parlait d’un corpus separatum pour Jérusalem. La ville doit avoir un statut international, sous la tutelle des Nations Unies et conserver sa liberté religieuse, le droit d’accès aux lieux saints du judaïsme, du christianisme et de l’islam, ainsi que la sauvegarde des biens propres à chaque communauté. Nous devons préserver cette ville sainte qui est un trésor pour l’humanité
http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/l-eglise-est-prete-a-soutenir-le-developpement-de-la-societe-saoudienne-26-12-2017-87047_16.php

lundi 25 décembre 2017

Jérusalem : la décision "dangereuse" de Trump "attise à nouveau la guerre", prévient Raï


Le patriarche maroniteBéchara Raï, a une nouvelle fois mis en garde contre les conséquences dangereuses qu'entraîne la reconnaissance par Washington, le 6 décembre, de Jérusalem comme capitale d'Israël. "En ces jours de Noël, nos regards se dirigent vers Jérusalem, la ville bénie par Jésus (.

lire aussi:
https://www.cath.ch/newsf/patriarche-bechara-rai-personne-ne-accepter-judaisation-de-jerusalem/

A Noël, les chefs religieux chrétiens dénoncent la position de Trump sur Jérusalem

24.12.2017 par Jacques Berset, cath.ch

A la veille de Noël, les chefs religieux chrétiens de Terre Sainte ont vivement critiqué la récente déclaration unilatérale du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël.

Ils qualifient la position états-unienne unilatérale “d’insulte et d’attaque contre les populations tant chrétiennes que musulmanes qui considèrent Jérusalem comme le sanctuaire de leurs traditions nationales et religieuses”. C’est ce qu’a déclaré l’archevêque grec orthodoxe Attallah Hannah au cours d’une conférence de presse à Bethléem.

Jérusalem, ville sainte également pour les chrétiens et les musulmans

Samedi 23 décembre, les responsables des différentes Eglises chrétiennes ont lancé une campagne pour la paix en Terre Sainte et en particulier à Jérusalem, qui vit sous haute tension depuis les déclarations de Trump. “La paix commence par Jérusalem”, la ville sainte des chrétiens, des musulmans et des juifs, a déclaré Michel Sabbah l’ancien patriarche latin de Jérusalem, soulignant que le “statu quo” des Lieux Saints doit être préservé.
Munib Younan, évêque de Jérusalem de l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre sainte (ELCJHL) et président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), a déclaré aux médias qu’il avait déjà écrit à Trump avant sa déclaration. Il lui avait demandé de “ne rien faire pour porter atteinte au statu quo de Jérusalem”, afin de ne pas mettre en danger la paix “non seulement à Jérusalem, mais dans l’ensemble du Moyen-Orient”.
Le pasteur protestant Mitri Rahab de Bethléem a accusé Trump d’avoir volé les fêtes de Noël en Terre Sainte avec sa déclaration de Jérusalem. Le franciscain Ibrahim Faltas a déclaré que la déclaration de Trump avait remis la question palestinienne à l’ordre du jour de l’intérêt mondial. C’est aussi une “victoire pour la cause palestinienne”, car c’est “la mère de tous les conflits”.

“Trump a volé les fêtes de Noël en Terre Sainte”

Le pasteur protestant Mitri Rahab a accusé  Trump d’avoir volé les fêtes de Noël en Terre Sainte avec sa déclaration sur Jérusalem. Le franciscain Ibrahim Faltas a pour sa part estimé que la déclaration de Trump avait remis la question palestinienne à l’ordre du jour au plan mondial. C’est là une “victoire pour la cause palestinienne”, car ce problème non résolu depuis des décennies est “la mère de tous les conflits”.
Le Père Faltas a réfuté la suggestion d’annuler les fêtes de Noël à cause de la provocation de Trump. “Nous devrions nous réjouir de ce Noël, le célébrer ensemble et en faire la fête la plus importante”. Il a appelé le peuple de Bethléem à venir saluer le chef du Patriarcat latin, l’archevêque Pierbattista Pizzaballa, entrant dans la ville ce dimanche, et à se joindre à la procession se dirigeant vers l’église de la Nativité. (cath.ch/kath.ch/kna/be)


dimanche 24 décembre 2017

Egypte : une église violemment attaquée par une foule

International|Le Parisien avec AFP|23 décembre 2017, 

Les coptes ont une nouvelle fois été victimes d’une attaque vendredi au sud du Caire.


Une église au sud du Caire, en Egypte, a été violemment attaquée vendredi par une foule scandant des «slogans hostiles» et appelant à la «démolition» du bâtiment, a annoncé samedi l'archevêché d'Atfih, dont dépend cet édifice religieux.
Des centaines d'assaillants ont fait irruption dans l'église al-Amir Tadros, située dans la localité d'Atfih, à une centaine de kilomètres au sud du Caire, et ont «détruit ce qu'elle contenait puis ont agressé les chrétiens présents», a-t-il ajouté dans un communiqué.
Les forces de sécurité sont intervenues pour disperser les assaillants et sécuriser la zone. Des blessés ont été transportés à l'hôpital, selon l'archevêque qui n'a pas précisé leur nombre. La minorité chrétienne d'Egypte représente 10% des 100 millions d'habitants de ce pays majoritairement musulman. Les coptes, majoritairement orthodoxes, fêteront Noël le 6 janvier.
L'archevêque a par ailleurs précisé qu'après la promulgation l'année dernière de la loi sur la construction et la restauration des églises, des démarches officielles ont été lancées pour légaliser le statut du lieu de culte qui a été attaqué.

Les églises coptes : des cibles

De nombreuses églises sont construites illégalement en Egypte en raison d'obstacles administratifs. La nouvelle loi a été présentée par les autorités comme une avancée. Selon un rapport de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) publié au début du mois, il n'existe toujours pas de règles spécifiques et claires pour l'application de cette loi.
Les chrétiens sont régulièrement victimes d'agressionsd'extrémistes, souvent en lien avec la présence d'une église dans un village, notamment en Haute-Egypte. Ils ont par ailleurs été visés par de nombreux attentats sanglants ces derniers mois, la plupart revendiqués par le groupe Etat islamique.


http://www.leparisien.fr/international/egypte-une-eglise-violemment-attaquee-par-une-foule-23-12-2017-7469190.php
Communiqué de Presse du Président des Etats-Unis de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître celle-ci comme capitale d’Israël.
L’Etat de Palestine avec Jérusalem-Est pour capitale a une existence juridique internationale par les résolutions de l’ONU et surtout depuis qu’il a été reconnu, en 2011, en qualité d’Etat Observateur, par l’Assemblée Générale des Nations -Unies. Puis, l’Etat du Vatican a signé avec l’Autorité Palestinienne, après une négociation juridique préalable et réaliste, la reconnaissance de la Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale. Enfin en 2016, la résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU souligne qu’ « …Il ne
reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem,
autres que celles convenues par les parties aux négociations ».
Aussi, la décision unilatérale des Etats-Unis d’Amérique n’engage pas le monde, mais eux seuls.
Le GAIC se félicite de la position de respect du droit international de la France réaffirmée par le président de la République, Emmanuel Macron.
Le GAIC se félicite des communiqués des associations et des institutions chrétiennes, musulmanes, juives et laïques adhérentes à la Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine qui se sont élevées ensemble et aussi chacune pour elle-même contre ces agissements unilatéraux.1*. Il se félicite aussi des communiqués des Fédérations de l’islam de France allant tous dans le même sens du respect du droit international.
Les chrétiens et les musulmans du GAIC ont, comme toutes les autres composantes de la société, le devoir d’agir pour la justice et le droit international, condition pour construire la paix dans le monde. Et, en tant que croyants, nous sommes particulièrement soucieux de la protection de l’identité particulière de Jérusalem, ville des deux peuples israéliens et palestiniens et ville sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.
Myriam Bouregba
mbouregba@free.fr Jérusalem – GAIC

Le GAIC – Groupe d’Amitié Islamo Chrétienne – est profondément affecté par l’annonce de la décision du
Paris, le 15 décembre 2017
Pour le Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne :
Haydar Demiryurek et Hélène Millet, co-présidents
Jean-Pierre Bacqué et Myriam Bouregba, responsables de l’Atelier
Contact
1 – Le GAIC est membre observateur de la Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine.
06 44 05 70 27



TERRE SAINTE - Commentaires d’un missionnaire présent à Jérusalem après le vote contraire de l’ONU à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël

 
Jérusalem (Agence Fides) – Le vote de l’ONU sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël « a attesté l’isolement des Etats-Unis et se trouve naturellement accueilli comme une victoire par tous ceux qui ont à cœur la cause palestinienne. Les Eglises et communautés chrétiennes de Terre Sainte n’ajouteront probablement pas de commentaires aux résultats du vote mais elles ont déjà manifesté ces jours derniers de manière unanime leur contrariété face aux déclarations de l’Administration américaine concernant la Ville Sainte ». 
C’est ce que souligne dans un entretien accordé à l’Agence Fides, le Père Frans Bouwen, missionnaire des Pères blancs, qui vit et œuvre depuis 48 ans à Jérusalem.
Par 128 votes contre 9 et 35 abstenus, l’Assemblée général des Nations unies a approuvé le 21 décembre la motion condamnant la décision américaine de transférer son Ambassade de Tel Aviv à Jérusalem et de reconnaître la Ville Sainte comme capitale de l’Etat d’Israël.
Le missionnaire et chercheur belge, membre de la Commission mixte de dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, remarque également que les communautés chrétiennes historiques liées à la réforme, comme les luthériens et les anglicans, ont exprimé leur contrariété à la décision américaine. Les groupes chrétiens évangéliques liés à l’organisation Christian Embassy, depuis toujours favorables aux choix politiques d’Israël – rappelle le Père Bouwen – « représentent un réseau international. Ils organisent à Jérusalem de grands pèlerinages à l’occasion de la fête juive de Sukkot mais ils n’ont pas beaucoup de fidèles en Terre Sainte ».
Au cours de ces dernières heures, le cheick Mohammed Hussein, grand mufti de Jérusalem, a critiqué l’ouverture d’une nouvelle synagogue dans le tunnel sis le long du Mur des Lamentations, qu’il a qualifié de violation du statu quoi réglementant la coexistence religieuse et la gestion des Lieux Saints au sein de la Vieille ville de Jérusalem. (GV) (Agence Fides 22/12/2017)

jeudi 21 décembre 2017

Le pape François a reçu en audience le roi Abdallah II de Jordanie

Le pape François a reçu en audience le roi Abdallah II de Jordanie, dans la matinée de ce mardi 19 décembre 2017, indique le Saint-Siège. Le roi jordanien a ensuite rencontré le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin et Mgr Paul Gallagher secrétaire pour les relations avec les Etats.
Un communiqué du Saint-Siège publié à l’issue de ces rencontres fait Etat « d’entretiens cordiaux », soulignant qu’ils ont été principalement consacrés à « la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, avec une référence particulière à la question de Jérusalem et au rôle de Gardien des lieux saints du souverain hachémite ». Un rôle de garant des lieux saints musulmans reconnu par le traité de paix de 1994 avec l’Etat d’Israël (Accord de Wadi Araba).
Il a aussi été question, indique la même source, de la négociation entre Israéliens et Palestiniens,  et du dialogue interreligieux: « On a renouvelé l’engagement à favoriser les négociations entre les parties intéressées, ainsi qu’à promouvoir le dialogue interreligieux. »
Enfin, il a été question des chrétiens dans la région: « On a relevé l’importance de favoriser la permanence des chrétiens au Moyen-Orient, et la contribution importante qu’ils apportent aux sociétés de la région, dont il font partie intégrante. »
Le roi Abdallah était accompagné du prince Ghazi Bin Muhammad Bin Talal, responsable du dialogue interreligieux et initiateur, naguère d’une lettre de sages musulmans apportant leur soutien à Benoît XVI. Il a participé à l’entretien avec le pape François, d’environ 20 minutes. Dans la suite royale également le ministre jordanien des Affaires étrangères.
Le roi a offert au pape une estampe représentant la coupole du Saint-Sépulcre, surmontée de la croix, et la coupole dorée de la mosquée du « Dôme du rocher ».
Il ne s’agit pas de la première visite du roi jordanien au Vatican : il avait été reçu par le pape le 7 avril 2014, afin de préparer son voyage en Jordanie le mois suivant, ainsi que le 29 août 2013. Les échanges avaient alors mis l’accent sur la situation en Syrie et l’urgence d’un cessez-le-feu. Cette nouvelle rencontre avait pour arrière-fond la déclaration du président des Etats-Unis, M. Donald Trump, le 6 décembre, de faire de Jérusalem le siège de son ambassade.
Le pape a confié les préoccupations que cette décision suscitait, notamment pour les chrétiens. Il a appelé avec insistance à respecter le « statu quo » de Jérusalem, lors de l’audience générale du 6 décembre 2017. Il a souhaité « sagesse et prudence » pour ne pas ajouter « de nouveaux éléments de tension », après la décision du président des Etats-Unis.
« Ma pensée se tourne à présent vers Jérusalem, a-t-il déclaré avec gravité au terme de cette rencontre Salle Paul VI au Vatican. A ce sujet, je ne peux pas taire ma profonde préoccupation pour la situation qui s’est créée ces derniers jours et, en même temps, adresser un appel vibrant afin que l’engagement de tous soit de respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les Résolutions pertinentes des Nations unies. »
« Jérusalem est une cité unique, sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, qui vénèrent en elle les Lieux Saints de leurs religions respectives, et elle a une vocation spéciale à la paix », a poursuivi le pape qui s’exprimait en italien.
« Je prie le Seigneur, a-t-il assuré, pour que cette identité soit préservée et renforcée au bénéfice de la Terre Sainte, du Moyen-Orient et du monde entier et que prévalent sagesse et prudence, pour éviter d’ajouter de nouveaux éléments de tension dans un panorama mondial déjà agité et marqué par des conflits nombreux et cruels ».
« Seule une solution négociée entre Israéliens et Palestiniens peut conduire à une paix stable et durable et garantir la coexistence pacifique de deux Etats », a déclaré le Saint-Siège dans une nouvelle déclaration du dimanche 10 décembre 2017.
Lors de son voyage en Jordanie, le pape argentin avait rendu un hommage appuyé à Abdallah II en improvisant un passage de son discours au palais royal d’Amman, le 24 mai 2014 : « Je profite de cette occasion pour renouveler mon profond respect et mon estime pour la communauté musulmane, et manifester mon appréciation pour le rôle de guide joué par Sa Majesté le Roi dans la promotion d’une plus juste compréhension des vertus proclamées par l’Islam, et la sereine cohabitation entre fidèles des différentes religions. Vous être reconnu comme un homme de paix et un artisan de paix: merci ! »

Le pape François a reçu en audience le roi Abdallah II de Jordanie

Jérusalem: le judaïsme à l’épreuve










Jérusalem : le judaïsme à l’épreuve. Le rabbin David Meyer, professeur de littérature rabbinique à la Grégorienne à Rome, est une des rares voix du judaïsme rabbinique à s’opposer à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’Etat hébreu. Il estime que c’est conforter une perception idolâtre de la terre d’Israël, et propose dans le livre qu’il vient de publier avec le diplomate Bernard Philippe, « Europe et Israël : deux destins inaccomplis » (Lessius), une réflexion religieuse permettant de penser autrement Israël, paradoxalement de le « dé-messianiser », et d’abandonner l’obsession de la supériorité démographique juive. C’est pour lui une urgence. Derrière ces « transgressions » à la fois d’ordre religieux, symbolique et politique qui aboutiraient à la création d’un état binational, c’est l’éthique du judaïsme, sa survie même, qui est en jeu.
Dans cette émission, intervient également en ligne de Nîmes, Abdallah Zekri, délégué général du CFCM (Conseil français du culte musulman) et président de l’Observatoire national contre l’islamophobie. Le CFCM, conduit par son président Ahmet Ogras a été reçu à sa demande à l’ambassade des Etats-Unis pour exprimer sa vive désapprobation.


عظة البطريرك الراعي في رميش التي تطرق فيها الى قضية القدس

-عظة البطريرك الراعي في رميش التي تطرق فيها الى قضية القدس 

وطنية 17/12/2017- ترأس البطريرك الماروني الكاردينال مار بشارة بطرس الراعي الذبيحة الألهية في كنيسة التجلي في بلدة رميش الحدودية بعد تدشينها وتكريس مذبحها، عاونه المطران شكرالله نبيل الحاج، في حضور ممثل رئيس الجمهورية العماد ميشال عون وزير الدولة لشؤون رئاسة الجمهورية بيار رفول، ممثل رئيس مجلس النواب نبيه بري النائب علي بزي، ممثلين عن القادة العسكريين، سفراء وهيئات سياسية، عسكرية، قضائية، ممثلين عن القوات الدولية العاملة في الجنوب وعن الصليب الأحمر اللبناني والدفاع المدني، إضافة الى لفيف من الرهبان والراهبات والحركات الكشفية والرسولية والأخويات وحشد من المؤمنين من أبناء المنطقة والقرى المجاورة.

استهل القداس كاهن الرعية الخوري نجيب العميل بكلمة ترحيبية عبر فيها "عن فرح أهل البلدة والمنطقة بهذه الزيارة من قبل من أعطي له مجد الطائفة ومجد لبنان". مشيرا الى انها "الزيارة الثالثة لغبطته للمنطقة، وهي ستثبت أبناءها أكثر وأكثر بإيمانهم وتعلقهم بأرضهم".

ولفت العميل الى ان "مشروع بناء الكنيسة أسس له المثلث الرحمة المطران يوسف الخوري الذي وضع حجر الأساس لسنة 1980، وبفضل السواعد والأيادي الخيرة تم تشييد هذا المقام حتى وصل الى مرحلته النهائية".

العظة

بعد الإنجيل المقدس، ألقى الراعي عظة بعنوان: "ما إن فكر يوسف بهذا، حتى تراءى له ملاك الرب في الحلم "(متى 1: 20)، جاء فيها: "إن الجمع بين تفكير يوسف بتطليق سري لخطيبته مريم الحامل بكلمة الله، بقوة الروح القدس، وتراءى الملاك له في الحلم قبل تنفيذ قراره، إنما يدل على جهوزية مزدوجة، جهوزية الله لإعلان تصميمه، وجهوزية يوسف لقبول الوحي الإلهي والعمل بموجبه. ففي الواقع، "ما إن فكر يوسف بهذا حتى تراءى له ملاك الرب في الحلم. ولما نهض يوسف من نومه، صنع كما أمره ملاك الرب" (متى1: 24).

وقال:" يسعدنا أن نحتفل معكم، يا أهالي رميش والمنطقة الأحباء، بهذه الليتورجيا الإلهية التي نكرس فيها، مع سيادة أخينا المطران شكرالله نبيل الحاج راعي الأبرشية الساهر والغيور،مع كهنة الرعية،كنيسة التجلي الرعائية ومذبحها. فأشكر من صميم القلب سيادته على هذه الدعوة التي أتاحت لي الفرصة الجميلة لزيارتكم مرة أخرى، وللصلاة معكم من أجل الجنوب وبخاصة من أجل منطقته الحدودية وأنتم منها وفيها. ويطيب لي، ونحن في مسيرتنا الروحية نحو عيد ميلاد مخلص العالم وفادي الإنسان، ربنا يسوع المسيح، أن أقدم لكم أخلص التهاني مع أطيب التمنيات بأن يسطع في حياتكم نور المسيح الذي يبدد عنكم كل ظلمات الحياة. ونرجو أن يفيض عليكم مع العام الجديد 2018 خيراته ونعمه".

أضاف: "إنا نقدم هذه الذبيحة الإلهية من أجلكم جميعا، أيها الحاضرون. ومن أجل كل أبناء رعية رميش العزيزة. فنذكر موتاكم، ونصلي من أجل شفاء مرضاكم، ونرافق بصلاتنا كل المقيمين والمنتشرين. ونذكر في الدعاء والصلاة كل الذين لهم تعب في هذه الكنيسة وفي حلتها الجديدة وكل المحسنين، من أهالي رميش وسواها، الذين سخوا من ذات يدهم سواء بالقليل أم بالكثير، وفق مقدورهم. ونخص بالذكر المهندس سعيد شوفاني الذي بإحسانه على الكنيسة أراد أن يحقق وعده لله الذي زال عنه معاناته الصحية وبارك أعماله بنجاح وافر، ونذكر معه افراد عائلته الاحياء والاموات".

وقال: "بالعودة إلى البيان ليوسف، نرى جهوزية عالية عند الله الذي أرسل ملاكه ليبدد قلق يوسف. ونرى الجهوزية في قلب يوسف المنفتح على الكلمة الإلهية، بفهمه لروحية الشريعة وبانفتاحه على فهم أمور جديدة. هذه الجهوزية سمحت للرب أن يتدخل. إن الرب جاهز على الدوام، وهو ينادي كلا منا في كل لحظة من حياتنا. ولكن يسمعه فقط القلب الجاهز لسماع الحقيقة، فيدخله على ما يقوله الرب يسوع في سفر رؤيا يوحنا: "أنا واقف على الباب أقرع، من يفتح أدخل وأتعشى عنده" (رؤيا3: 20). هذا تماما ما يدعونا إليه ربنا بقوله: "إسهروا وصلوا" (متى 26: 41). فالصلاة هي "صلة" دائمة مع الله".

أضاف: "لقد كشف الملاك ليوسف ما سبق وبشر به مريم خطيبته:
أ - إن المولود منها هو من الروح القدس (الآية 20). صدق يوسف ولو لم يفهم هذا الكلام عن الروح القدس وفعله، وهو مجهول في كتب العهد القديم. بهذه الثقة قبل الواقع والمهمة.
ونحن أيضا، في مسيرتنا مع الله، توجد أمور كثيرة قد لا نفهمها أو نستوعب كيف تحصل. الله يفوق كل العقول. هو سر، وسيبقى على الدوام سرا. لذلك، المؤمن مدعو للثقة بالله، حتى وإن لم يفهم كل شيء. وكما طمأن الرب يوسف وأعطاه بعض الإشارات، يعطينا نحن ايضا إشارات مطمئنة تدلنا على وجهة سير الأمور. هذا ما نسميه في الكنيسة "علامات الأزمنة"، إذ نجد أن أمورا تدفعنا نحو خيار معين وأننا كلما سرنا نحوه، وجدنا سلاما، وإن محفوفا بالخوف أحيانا أو بالصعوبات أو حتى بالاضطهادت. عندها نعلم أن الرب يدعونا إلى هذا الخيار. هكذا نكتشف دعوتنا في الحياة. من ينتظر أن تتوضح له كل الامور حتى يقول "نعم" لله، لن ينطلق أبدا. 

ب - سوف تلد ابنا، فسمه يسوع، لأنه يخلص شعبه من خطاياهم"(الآية 21).
كل الناس هم شعب الله. بل كل الذين يتوبون عن خطاياهم وينالون خلاص المسيح يصبحون شعب الله. المسيح أتى لغاية واحدة: أن يخلص كل إنسان من خطاياه ويبلغ به إلى نور الحقيقة، فتسلم حياته الخاصة والعائلية والاجتماعية والوطنية. ذلك أنه يستنير بنور المسيح، ويعكس هذا النور في ظلمات الحياة الخاصة والعامة.
في نصف الليل، في ذروة الظلمة الحالكة ولد المسيح وسطع نوره حول الرعاة الساهرين. الظلمة رمز الخطيئة ومحن الحياة ومصاعبها. وحده نور المسيح الخلاصي، نور كلامه ونعمة الفداء، يبدد هذه الظلمة بكل وجوهها.الاستعداد لعيد الميلاد يقتضي منا الدخول في نور المسيح من أجل خلاصنا".

وتابع: "لا يسعنا ونحن على الحدود الجنوبية إلا أن نذكر بصلاتنا القدس المدينة المقدسة التي على أرضها تم عمل الفداء: من ميلاد ابن الله إنسانا، إلى إعلانه ملكوت الله والدخول إليه بالتوبة والولادة الجديدة، فإلى صلبه وقيامته لفداء الجنس البشري وخلاصه، وإلى تأسيس كنيسته وتثبيتها بحلول الروح القدس، وإرسالها على هديه لتعلن إنجيله، إنجيل المحبة والأخوة والسلام، وجعلها أداة الخلاص الشامل. القدس مدينة مقدسة أيضا للديانتين اليهودية والإسلام. فيها مدعوون، بتدبير إلهي، ليعيش معا بسلام جميع المؤمنين بالله من الديانات الثلاث، ويبنوا في العالم سلام الله". 

وقال: "لا يمكن القبول بتهويد القدس، كما يرمي إليه قرار الرئيس الأميركي دونالد ترامب الذي أصدره في 6 كانون الاول الجاري، وأعلن فيه القدس عاصمة لإسرائيل، وأمر بنقل السفارة الأميركية إليها من تل أبيب. فمن الضرورة التمسك بموقف الكرسي الرسولي وهو أن "يكون للقدس وضع دولي خاص يحمي جميع الأماكن المقدسة التابعة لكل من الديانات الثلاث، وأن تكون القدس رمزا عالميا للأخوة والسلام، مبنيا على سلام مستقر فيها".

أضاف: "لقد أظهر تاريخ المدينة البعيد والقريب أنه لا يمكن لأي شعب أو دين أو دولة أن يحتكرها، بالرغم مما شهدت من حروب واحتلالات. فعلى مدى تاريخها القديم والحديث والمعاصر هوجمت 52 مرة، وتم الاستيلاء عليها وإعادة تحريرها 44 مرة، وحوصرت 23 مرة، ودمرت مرتين. وعلى هذه الأرض الفلسطينية توالى الكنعانيون فاليهود فالرومان الوثنيون فالمسيحيون فالمسلمون فالصليبيون فالأيوبيون فالمغول فالمماليك فالعثمانيون فالبريطانيون إلى أن وافقت الجمعية العمومية في 29 تشرين الثاني 1947 على مشروع تقسيم فلسطين إلى دولتين: دولة إسرائيلية ودولة عربية، على أن تبقى القدس تحت إدارة دولية "كجسم مستقل". ونشبت الحرب بين اليهود والعرب، وكانت نكبة 1948 وتهجير الفلسطينيين، أهل الأرض؛ وأعلنت دولة إسرائيل. وانقسمت القدس غربية إسرائيلية وشرقية عربية. وفي 23 كانون الثاني 1950 قرر الكنيست أن تكون القدس عاصمة لإسرائيل، فنقض مجلس الأمن هذا القرار في قراره رقم 478 وأعلنه باطلا. وفي سنة 1967 بعد حرب الأيام الستة احتل اليهود القدس الشرقية التي فيها معظم الأماكن المقدسة للمسيحية والإسلام (راجع التفاصيل في مقال للمطران كيرلس سليم بستروس: "لمن القدس؟" في جريدة النهار 18 كانون الأول 2017، السنة 285، العدد 26442). هكذا تعيش القدس اجواء الخطر والحرب والتدمير فيما يجب ان تكون ارض السلام"

وختم الراعي بالقول: "لن يعرف الشرق الأوسط السلام ما لم تجد الشرعية الدولية حلا عادلا ودائما وشاملا للقضية الفلسطينية، يضمن للشعب الفلسطيني حقه المشروع بأن تكون له دولته الخاصة على الأرض التي عاش فيها طوال قرون، وسقاها بعرق جبينه، ورواها بدماء شهدائه. فمن قلوب مؤمنة بالسلام والأخوة فليرتفع نشيد المجد والشكر للثالوث القدوس، الآب والابن والروح القدس، الآن وإلى الأبد، آمين".  إعلانه ملكوت الله والدخول إليه بالتوبة والولادة الجديدة، فإلى صلبه وقيامته لفداء الجنس البشري وخلاصه، وإلى تأسيس كنيسته وتثبيتها بحلول الروح القدس، وإرسالها على هديه لتعلن إنجيله، إنجيل المحبة والأخوة والسلام، وجعلها أداة الخلاص الشامل. القدس مدينة مقدسة أيضا للديانتين اليهودية والإسلام. فيها مدعوون، بتدبير إلهي، ليعيش معا بسلام جميع المؤمنين بالله من الديانات الثلاث، ويبنوا في العالم سلام الله". 


وختم الراعي بالقول: "لن يعرف الشرق الأوسط السلام ما لم تجد الشرعية الدولية حلا عادلا ودائما وشاملا للقضية الفلسطينية، يضمن للشعب الفلسطيني حقه المشروع بأن تكون له دولته الخاصة على الأرض التي عاش فيها طوال قرون، وسقاها بعرق جبينه، ورواها بدماء شهدائه. فمن قلوب مؤمنة بالسلام والأخوة فليرتفع نشيد المجد والشكر للثالوث القدوس، الآب والابن والروح القدس، الآن وإلى الأبد، آمين". 


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mercredi 20 décembre 2017

Pour (re)découvrir plus de 2 000 ans d’histoire et de culture syriaques

« Le Monde syriaque, sur les routes d'un christianisme ignoré », de Françoise Briquel Chatonnet et Muriel Debié : plus de 100 illustrations, 11 cartes en couleurs, une chronologie et de nombreuses citations de différentes époques, dans un ouvrage sans précédent.
Fady NOUN | OLJ
18/12/2017
 18-12-2017
Tout l'Orient fut un jour syriaque, une culture qui rayonna jusqu'en Chine. En fait, on l'oublie souvent, le syriaque est à côté du latin et du grec la troisième composante du christianisme ancien. C'est le génie de cette immense culture et de cette langue que nous restitue l'ouvrage à la fois savant et abondamment illustré proposé par les éditions Les Belles Lettres : Le Monde syriaque, sur les routes d'un christianisme ignoré. L'ouvrage est signé par deux grandes spécialistes de cette culture, l'épigraphiste de renommée internationale Françoise Briquel Chatonnet et Muriel Debié. Ces auteures ont fait le déplacement jusqu'au Salon du livre de Beyrouth pour présenter leur ouvrage, destiné à combler un oubli. Le stand des prestigieuses éditions Geuthner a bien voulu mettre ses rayons à leur disposition.

Le syriaque. Voici une langue qui se forme, s'enrichit et devient langue « classique » à Édesse, géographiquement située aux frontières de la Syrie et de la Turquie actuelles, autour du IIe siècle. La christianisation de l'Orient fit la fortune de cette forme d'araméen qui devint langue de culture majeure en Syrie-Mésopotamie et, avec les apôtres Thaddée (Addaï en syriaque) et Thomas, parvint aux confins de l'Orient ; son apogée se situe entre la fin de l'Empire romain à la conquête arabe. Le christianisme syriaque fit historiquement le pont entre la civilisation hellénique et l'islam, auquel il transmit un patrimoine de connaissances philosophique, littéraire et scientifique inestimables. Cette langue ne sera supplantée qu'à la fin du XIIIe siècle, par une autre langue qui nous est familière : l'arabe.
Touroyo
Mais le syriaque ne mourra pas. Il reste aujourd'hui langue parlée, et donc langue vivante, dans certaines régions d'Orient et dans certaines couches sociales. Nous en avons des exemples au Liban ou en Syrie. Ainsi, dans le village syrien de Maaloula, l'araméen, « la langue du Christ », un dialecte syriaque, est toujours parlé couramment. À Beyrouth, il n'est pas rare d'entendre le touroyo, le dialecte de Tour-Abdin, dans les boulangeries et les épiceries du quartier de la capitale dit syriaque. En montagne, de nombreux villages chrétiens gardent des traces vivaces de leur passé syriaque, soit dans leurs noms, soit dans la toponymie de leurs quartiers et reliefs environnants. Le nom du Liban lui-même est d'origine syriaque, puisqu'il provient des mots Tour Levnon, qui signifient Mont-Liban, le terme levnon signifiant blanc en sémitique ancien.
Le dialecte libanais dominant est, à son tour, fortement influencé par le parler syriaque, et utilise couramment des voyelles qui n'existent pas en arabe. Ainsi, le « é » dans le mot béb (porte) devrait se prononcer en arabe classique bab. De même, en libanais, les verbes peuvent commencer par une consonne sans accent (skoun), alors qu'en arabe, cela ne se fait pas. C'est ainsi qu'en libanais on dit Ftah el-béb (ouvre la porte), une injonction qu'en arabe il faut prononcer Iftah el-bab.
Karshouni
Par ailleurs, l'usage de cette langue est resté vivace comme langue liturgique dans certaines Églises orientales (Église maronite, Église syriaque-orthodoxe, Église syriaque-catholique). Avec la popularisation de l'arabe, le syriaque résista d'abord comme langue écrite. C'est ainsi qu'apparut le karshouni, l'arabe écrit avec des lettres syriaques. Plus tard, dans les séminaires, l'apprentissage du syriaque devint obligatoire. Aujourd'hui, à l'heure de la redécouverte des Églises orientales en péril et de leur patrimoine, il n'était pas indifférent de transmettre leurs trésors et leur vitalité dans des ouvrages destinés à mieux les faire connaître, comme celui que proposent les éditions Les Belles Lettres.

Le livre sera particulièrement utile aux historiens. Entre empires, royaumes et traditions religieuses, il couvre pratiquement deux mille ans d'histoire. Interrogées au Salon du livre par le public, ses deux auteures devaient préciser justement que cette langue de culture majeure « n'a été la langue ni d'un État ni d'un peuple particulier au sens ethnique ou national, mais la langue d'une culture de contact et de métissage ». Toutefois, elle a pu devenir une sorte de langue refuge quand, voulant se différencier de leur environnement arabo-musulman, certaines cultures, certains peuples s'y sont attachés comme marqueur identitaire ou, disons, supplément de richesse. Cette dimension identitaire de la langue et de la culture syriaques se manifeste avec un éclat particulier avec le génocide ottoman de 1915, dit sayfo en syriaque, ainsi que dans la diaspora.

Abondamment et richement illustré, et c'est l'un de ses charmes, le livre se feuillette autant qu'il se lit, et avant même de se lire. En fait, la meilleure introduction à sa lecture reste les illustrations qui l'accompagnent presque à chaque page, ainsi que des encarts et citations d'époque. Du mandylion d'Édesse, sur lequel s'imprima, selon la tradition, le visage du Christ à... l'album Tintin en Amérique en syriaque, cet ouvrage exceptionnel invite à la découverte de plus de 2 000 ans d'histoire et de culture syriaques. Un beau cadeau pour les fêtes.

Pour mémoire

À la une


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