Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

lundi 10 juin 2013

Génocide Arménien - La Turquie met en garde le Vatican - Collectif des Démocrates Arméniens d'EUrope

http://www.armeniens.net/spip.php?article1923
9/6/20-3- Génocide Arménien - La Turquie met en garde le Vatican


Le ministère turc des Affaires étrangères a réagi dans une déclaration écrite samedi 8 juin aux remarques du pape François décrivant les massacres d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale comme "le premier génocide du 20ème siècle", avertissant que sa position pourrait endommager les liens entre les deux pays.

"Ce qui est attendu de la papauté, sous la responsabilité de sa fonction spirituelle, est de contribuer à la paix dans le monde au lieu d'augmenter l'animosité sur les événements historiques" indique la déclaration. "L'ambassadeur du Vatican a été appelé le 7 juin 2013, au ministère des Affaires étrangères et il lui a été dit que les remarques du pape François étaient inacceptables."

« Nous avons souligné que le Vatican devrait éviter de faire des actes qui pourraient avoir des conséquences irréparables sur nos relations » ajoute la déclaration.

Le Pape François a décrit les massacres d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale comme "le premier génocide du 20ème siècle" lors d'une réunion avec une délégation conduite par le Patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques, le 3 Juin.

Le pape a rencontré des membres de la délégation et quand l'un d'eux a dit qu'elle était une descendante des victimes du génocide, il a répondu : « Le premier génocide du 20ème siècle a été celui des Arméniens », réitérant sa reconnaissance précoce des massacres comme le "génocide arménien", alors qu'il était à la tête de l'Eglise catholique à Buenos Aires en tant que cardinal.

En 2006, lors des manifestations marquant le 91e anniversaire du génocide à Buenos Aires, il a exhorté la Turquie à reconnaître « le génocide » comme le « grave crime de la Turquie ottomane contre le peuple arménien et l'ensemble de l'humanité."



Envoyé de mon iPad jtk

Stabat Mater à l’USJ : extension orpheline de Beirut Chant ?, Agenda Culturel

Agenda culturel: Stabat Mater à l'USJ : extension orpheline de Beirut Chant ?, Agenda Culturel
Si la qualité des concerts du vendredi soir à l'église Saint-Joseph des Pères Jésuites est toujours sûre, le concert du vendredi 31 mai avait des allures d'exceptionnel. L'Orchestre philarmonique du Liban, avec les chœurs du Conservatoire, de l'Université antonine et l'Université Notre-Dame de Louaizé, dirigé par Père Toufic Maatouk proposaient une version élégante et grave du Stabat Mater de Rossini.

On pourrait être surpris, de prime abord, par le fait que Rossini ait écrit un Stabat Mater. Le texte du Stabat Mater en effet, qui date du XIIIe siècle, décrit les souffrances de la Vierge, mère du Christ, lors de la Crucifixion. Il fait partie de la liturgie catholique de Notre-Dame des Douleurs. Mais le compositeur italien, que l'on connaît surtout pour ses pétulants opéras, est parvenu à établir une sorte d'adéquation entre le texte religieux et la saveur théâtrale, ponctuée bien sûr par une grave suavité qui fait le propre de l'œuvre. Ce Stabat Mater voit en effet la rencontre de deux styles de compositions : la traditionnelle musique d'église dans le style de la Renaissance comme chez Pergolèse (dont Rossini s'est dit très inspiré) ou Palestrina, et des airs que l'on pourrait aisément imaginer dans des opéras dudit compositeur. Comme l'explique très bien Elizabeth Schwartz dans son descriptif du concert les différents styles sont repérables selon les parties de l'œuvre : ainsi certaines parties du chœur sont sombres et austères, comme le passage a capella chanté par des hommes Eia, Mater, fonsamoris qui contraste avec le style très opératique, plus orné des solos et des duos, comme le Facutportem pour ténor et soprano et le Cujusanimamgememtem pour ténor. Ce mélange des saveurs révèle l'originalité d'une œuvre qui trouve un équilibre inédit entre le religieux et le théâtral, le bel canto et la musique sacrée, les passages a capella et les grands airs.

C'était dans le cadre du Beirut Chants Festival, qui existe depuis six ans et dont Père Toufic Maatouk est le directeur artistique, qu'avait lieu ce très beau concert. Le Beirut Chants Festival est un festival de musique sacrée qui se tient en décembre dans le centre-ville de Beyrouth, le Stabat Mater de vendredi en constituait en quelque sorte une extension. Extension que les nombreux amoureux de la musique sacrée souhaitent qu'elle se multiplie, car, cette musique où le chant choral occupe une place centrale est servie par les excellentes chorales que nous avons entendues, et qui ne demandent qu'à continuer à nous surprendre, à nous ravir. Il faut espérer que Beirut Chants, prendra l'initiative de nous proposer une programmation annuelle, avec comme point d'orgue son festival de décembre.
Père Toufic Maatouk, qui dirigeait l'œuvre et qui a mis en place ce projet, est actuellement directeur de l'Ecole de musique de l'Université antonine et chef de chœur de la chorale de cette même université. Il enseigne aussi le chant et la direction au Conservatoire national supérieur de musique de Beyrouth. Au vu de son parcours et de ses inclinations personnelles pour la musique vocale, on comprend son choix pour le Stabat Mater de Rossini (qu'il avait déjà joué en 2002 dans un autre festival). Il a su révéler les subtilités de cette œuvre riche, grave et parfois flamboyante, avec un très riche soutien vocal de la part du chœur (qui occupe quatre mouvements sur dix, chœur composé pour l'occasion des chanteurs du Conservatoire, de l'Université sntonine, et de l'Université Notre-Dame de Louaizé), et des solistes hors pairs. Venus tout droit d'Italie (deux d'entre eux font partie de la troupe de la Scala à Milan, les deux autres de la Fenice à Venise), les solistes Caterina Di Tonno (soprano), Olesya Chuprinova (mezzo-soprano), Leonardo Cortellazzi (ténor) Carlo Malinverno (basse) ont offert une très belle performance.

Le poète allemand Heinrich Heine disait du Stabat Mater de Rossini qu'il était un vestibule au Paradis, et c'est bien l'impression qu'ont réussi à donner les artistes réunis pour ce concert, par leur interprétation d'une grande justesse, d'une grande onctuosité sonore, dans une lecture sensuelle du sacrée et un ressenti spirituel du profane.


Envoyé de mon iPad jtk

Le cardinal Tauran très « inquiet » pour le Liban | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

http://www.lorientlejour.com/article/818400/le-cardinal-tauran-tres-inquiet-pour-le-liban.html
10/6/2013- Le cardinal Tauran très « inquiet » pour le Liban
« La porte est toujours ouverte » aux musulmans pour le dialogue interreligieux, au moment où le Liban, symbole de « convivialité » au Moyen-Orient, risque de « payer la facture » du conflit syrien, a déclaré le cardinal Jean-Louis Tauran, infatigable promoteur d'un dialogue Église-islam sans ambiguïtés, dans un entretien avec l'AFP.
Le président français du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, au regard pénétrant, à la parole pondérée et fine, se montre prudent après les propos d'un conseiller diplomatique de l'Université al-Azhar, Mahmoud Abdel Gawad, qui a assuré qu'avec le nouveau pape, ce serait « plus facile » de rompre la glace avec le Vatican, accusant le pape émérite Benoît XVI d'être seul responsable des incompréhensions entre les deux religions monothéistes. Après l'appel lancé par ce dernier suite à l'attentat contre l'église d'Alexandrie en 2011 à protéger les chrétiens, « l'université cairote avait gelé les relations. J'ai fait plusieurs tentatives de contact, mais ça n'a jamais marché. Le problème, ce n'est pas nous. Ceux qui ont gelé les relations sont nos amis musulmans. Chez moi, la porte est toujours ouverte », affirme le cardinal de 70 ans.
Dans un paysage sombre, son inquiétude va notamment au Liban : ce pays va « payer la facture » du conflit syrien, « je l'ai dit depuis le début ». Et d'ajouter : « Où vont les réfugiés ? Les chrétiens chez les chrétiens du Liban, les druzes chez les druzes du Liban, les alaouites chez des parents (au Liban) ! Ce pays a déjà les problèmes des réfugiés palestiniens, de ceux de la guerre civile des années 80, maintenant ceux de Syrie », a noté l'ancien ministre des Affaires étrangères de Jean-Paul II en s'inquiétant du développement de « milices de tout poil ».

« On a toujours dit : sauvons le Liban pour sauver les chrétiens, et non : sauvons les chrétiens pour sauver le Liban. C'est un patrimoine du dialogue interreligieux et de convivialité », martèle-t-il.

« Le Liban n'existe pas sans les chrétiens. Les chefs religieux libanais l'ont redit à Benoît XVI » en septembre dernier.

Envoyé de mon iPad jtk

dimanche 9 juin 2013

Soixante ans de dialogue avec le monde musulman | La-Croix.com


Soixante ans de dialogue avec le monde musulman

Fondé en 1953 au Caire, en vue d'une meilleure connaissance entre chrétiens et musulmans, l'Institut dominicain d'études orientales célèbre dimanche 9 juin 2013 son 60e  anniversaire.

La genèse de l'Idéo

Penchés au-dessus de textes arabes anciens, une poignée d'étudiants égyptiens en islamologie profitent du silence de la bibliothèque de l'Institut dominicain d'études orientales (Idéo), havre de paix dans le tumulte du Caire. Assis parmi eux, Adrien Candiard cherche avec ardeur à maîtriser l'arabe littéraire et dialectal. Labeur austère pour lequel il a pris un aller simple en septembre. Ce jeune dominicain français, islamologue en herbe, et déjà auteur de Pierre et Mohammed , pièce à succès sur l'amitié entre l'évêque d'Oran Mgr Pierre Claverie et son chauffeur musulman, assassinés en 1996 en Algérie, a pour objectif de se spécialiser sur Ibn Taymiyya, un théologien du XIVe  siècle. Méconnu en Occident, il est pourtant l'auteur le plus cité du monde musulman où il a inspiré les courants de l'islamisme, du salafisme au djihadisme. « Il me semble important que nous autres Occidentaux ne travaillions pas uniquement sur des auteurs soufis, proches de nous mais qui n'ont pas eu de postérité en islam…, explique-t-il. En revanche, si chrétiens et musulmans, nous arrivons à des approches partagées sur un auteur aussi sensible qu'Ibn Taymiyya, ce peut être l'objet d'une rencontre féconde. »

« L'intuition de l'Institut d'approcher l'islam par sa culture, en dehors de tout prosélytisme, reste d'une grande pertinence »

La démarche d'Adrien Candiard incarne parfaitement l'esprit de l'Idéo qui célèbre dimanche son 60e  anniversaire. « L'intuition de l'Institut d'approcher l'islam par sa culture, en dehors de tout prosélytisme, reste d'une grande pertinence alors que les relations entre islam et christianisme se sont raidies », confirme le P. Jean-Jacques Pérennès, son directeur. « Si les chrétiens commencent par discuter des questions religieuses avec les musulmans, très vite les sensibilités sont exacerbées et on aboutit à des désaccords. Alors que sur le plan culturel, le patrimoine commun est considérable. »

Dès ses débuts, l'institut, qui bénéficie de la proximité de l'université d'Al Azhar, haut lieu de l'islam sunnite dans le monde, affiche un grand souci de compétence. Ainsi son fondateur le P. Georges Anawati, qui se mit à l'école des cheikhs dans les mosquées pour tenter de pénétrer la pensée musulmane, fut un spécialiste connu de la philosophie arabe médiévale. Son Introduction à la théologie musulmane constitue une référence. Le P. de Beaurecueil, lui, devint un spécialiste éminent du soufisme, le P. Boilot, des mathématiques arabes, le P. Borlon, de l'astronomie arabe… Sans compter les apports plus récents de la douzaine de membres de l'Idéo, Emilio Platti, René-Vincent de Grandlaunay ou encore Jean Druel qui a soutenu brillamment sa thèse en décembre sur l'histoire de la grammaire médiévale des nombres en arabe.

Fleuron de l'Idéo, sa bibliothèque d'islamologie, inaugurée par le P. Anawati qui écumait les librairies et bouquinistes cairotes, compte aujourd'hui 155 000 volumes. Catalogue qui grossit chaque année de 2 500 nouveaux titres et 450 revues. L'institut vient de signer un partenariat avec l'Union européenne pour un « Projet des 200 ». Pendant trois ans, trois dominicains et quatre chercheurs juniors égyptiens s'attellent à présenter dans leur contexte 200 auteurs classiques du turâth, le patrimoine arabo-musulman du premier millénaire de l'islam. Travail rendu possible grâce à un autre projet mené par le frère René-Vincent du Grandlaunay, directeur de la bibliothèque : la mise en place d'une nouvelle version du catalogue AlKindi.

 « Nous sommes ici sans retour, pour partager la vie des Égyptiens, leurs espérances, leurs peurs, leurs soucis »

Malgré des coups de frein, sous Nasser notamment, puis avec le raidissement du monde islamique qui conduisit le P. Anawati à publier une tribune dans le Monde en 1982 appelant à « l'aggiornamento de l'islam », le dialogue entre l'Idéo et le monde musulman s'est poursuivi sans discontinuer. La transition politique en Égypte, après le « printemps arabe », n'a guère perturbé le travail des chercheurs. « En tant qu'étrangers, nous sommes tenus à une certaine réserve, nous n'avons pas à prendre part au débat politique ou aux manifestations, mais nous sommes insérés dans de nombreux milieux », souligne le P. Pérennès. Pendant les événements, les dominicains ont même hébergé plusieurs étrangers isolés et apeurés. « Nous sommes ici sans retour, pour partager la vie des Égyptiens, leurs espérances, leurs peurs, leurs soucis », poursuit le dominicain.

Fidèles à une philosophie de la rencontre malgré les crispations de tous côtés, les dominicains de l'Idéo tentent de répondre aux questions des groupes et des visiteurs de passage sur l'islam. Ils assurent aussi chaque année une session d'introduction à l'islam pour les frères étudiants du couvent de Lille et fait aussi bénéficier de son expertise le Vatican. Plusieurs dominicains faisaient partie de la délégation officielle qui visitait Al-Azhar avant que ces rencontres ne soient suspendues.

Au fil des années, des relations de confiance se sont tissées avec les autorités islamiques et le Patriarcat copte

Dans l'héritage direct de son fondateur, le P. Anawati, esprit brillant à l'extraordinaire cordialité qui avait ouvert la maison à tous, universitaires, écrivains, diplomates, l'institut s'appuie, de fait, sur les liens d'amitié avec ses étudiants, des personnalités musulmanes, même parfois des plus fondamentalistes… Au fil des années, des relations de confiance se sont tissées avec les autorités islamiques et le Patriarcat copte. Le grand imam d'Al Azhar Al Tayyeb et le patriarche Tawadros ont d'ailleurs annoncé leur présence dimanche 9 juin au couvent de l'Abbassiah.

Envoyé de mon iPad jtk

Chrétiens d’Orient : "le modèle de la protection est révolu", interview exclusive de M. Roland Dubertrand | L'Œuvre d'Orient

http://www.oeuvre-orient.fr/2013/06/06/chretiens-dorient-le-modele-de-la-protection-est-revolu-interview-exclusive-de-m-roland-dubertrand/
Chrétiens d'Orient : « le modèle de la protection est révolu », interview exclusive de M. Roland Dubertrand
06/06/2013

Dans une interview à l'Œuvre d'Orient, le Conseiller pour les affaires religieuses au ministère des Affaires étrangères, développe la stratégie de la diplomatie française à l'égard des communautés chrétiennes dans les pays arabes. Propos recueillis par Luc Balbont.

M. Roland Dubertrand

M. Roland Dubertrand

Si la France, au nom de liens historiques qui l'unit aux Églises d'Orient, est attentive au sort de ces minorités, elle ne peut plus intervenir directement comme à d'autres époques. L'occupation américaine en Irak (2003-2011) a démontré les limites de l'interventionnisme.

 

Pour le diplomate, « nous sommes passés aujourd'hui de la  protection à l'accompagnement. La France ne demande plus un statut d'exception pour les chrétiens, mais une reconnaissance de leur citoyenneté dans le cadre de l'état de droit».

 - Hésitante en Tunisie, attentiste en Égypte, offensive en Libye, interrogative en Syrie (faut-il ou non armer la rébellion ?)…  Depuis le début des révolutions arabes en décembre 2010[1], on a parfois du mal à percevoir une politique cohérente de la France…

 Roland Dubertrand – Personne ne s'attendait à ces bouleversements. Nous avons tous été surpris devant la soudaineté de ces « Printemps arabes »…  Très vite, cependant, la diplomatie française a réagi, optant résolument pour accompagner ces transitions en cours. Et soutenir ces aspirations à la démocratie, que nous partagions pleinement.

 - Vous parlez « d'accompagner », le terme « soutenir » vous paraît trop fort ?

 Le temps de l'ingérence est révolu. Aujourd'hui ces pays sont indépendants et souverains. Tout en restant vigilants sur la question de la place des droits de l'homme dans ces révolutions, nous ne pouvons qu'accompagner ces mouvements, qui obéissent à une logique interne dans les pays considérés.

 - En Syrie, La France a tout de même dépassé le stade de « l'accompagnement ». En mars, le gouvernement français avait annoncé, avec les Britanniques, son intention de passer outre l'embargo sur les armes imposé par l'Union européenne, pour armer les rebelles en lutte contre le régime de Bachar al-Assad.

 La position française sur la Syrie est toujours restée la même. Depuis le début des évènements en mars 2011, nous avons pleinement soutenu les aspirations de la population face à un régime violent et fermé. Pour notre diplomatie, ce soutien passe d'abord par l'unification politique de l'opposition. La solution en Syrie ne peut être, in fine, que politique. Nous en sommes persuadés.

 - Mais pourquoi avoir voulu armer l'opposition ?

 Jusqu'ici, nous avons seulement soulevé la question au niveau de l'Union européenne, avec les Britanniques, après avoir fait le constat que le régime au pouvoir refusait de négocier. Or, le clan du président Bachar al-Assad est massivement armé par l'extérieur, tandis que l'opposition ne bénéficie que d'un soutien militaire limité. Tant que Bachar al-Assad sera en place, le massacre continuera. Le maintien du statu quo n'aboutira qu'à prolonger la crise, sera un facteur supplémentaire de déstabilisation du Moyen-Orient dans son ensemble et favorisera l'enracinement de groupes terroristes. Pour nous, je le répète, la négociation politique doit primer. Cette négociation suppose qu'il y ait un dialogue entre l'opposition et des éléments du régime qui ne sont pas impliqués dans les massacres. La seule façon de provoquer ce dialogue politique entre les deux parties est de donner un signal politique afin de faire pression sur le régime et le conduire à s'asseoir à la table des négociations. C'est pourquoi nous posons la question de la levée de l'embargo au bénéfice de la Coalition nationale syrienne.

Avec les Britanniques, nous avons interrogé nos partenaires européens : est-ce que la communauté internationale peut rester les bras croisés devant les atrocités quotidiennes ? Il faut que l'opposition démocratique ait les moyens de protéger les civils afin de mettre fin aux massacres quotidiens causés par les bombardements et pour ne pas laisser la place aux mouvements terroristes.

 - Perçus par les islamistes comme des partisans du président Bachar, les chrétiens syriens craignent d'être victimes de représailles. Ils s'inquiètent, non sans raison, que les extrémistes musulmans utilisent cet arsenal contre eux une fois le régime renversé

 Beaucoup de chrétiens syriens craignent aujourd'hui l'arrivée des islamistes au pouvoir, c'est la raison pour laquelle ils semblent pencher du côté du régime. La peur commande leur attitude. Ils ne sont pas forcément pro Assad, ils redoutent seulement les représailles islamistes. Avec les communautés chrétiennes syriennes, nous essayons de maintenir un dialogue constant. Les autorités françaises ont des contacts réguliers avec les représentants des Églises de la région. Le Président de la République et le Ministre des Affaires Étrangères ont reçu, très récemment, le Patriarche maronite, le Cardinal Raï. Il y a quelques jours, j'ai moi-même reçu le Patriarche syriaque catholique. Les contacts sont également nombreux dans les pays concernés, par le biais de nos ambassades. Dans le cadre de ce dialogue, nous incitons nos interlocuteurs à la prudence, en leur recommandant de ne pas s'assimiler à des régimes contestés et que nous considérons condamnés à terme. Nous comprenons leur inquiétude, mais sommes convaincus qu'en Syrie comme ailleurs, les chrétiens doivent préparer l'avenir avec les autres composantes de la société pour bâtir une véritable démocratie. C'est d'ailleurs ce que nous disent les chrétiens syriens, car il y en a, qui sont engagés au sein de l'opposition démocratique au régime de Bachar al-Assad.

 - Que fait le Quai d'Orsay pour les protéger, et pour que les musulmans ne les assimilent plus à des alliés de l'Occident et de l'Amérique ?

 Des liens historiques unissent la France aux chrétiens d'Orient. Pour cette raison, notre diplomatie leur porte une attention toute  particulière. Mais si nous restons attentifs à leur situation, le modèle dit de la « protection » est révolu. Nous sommes sortis de cette logique du passé pour privilégier le temps de la citoyenneté. Aujourd'hui, c'est en exerçant une vigilance particulière sur le respect des libertés publiques, du droit des femmes et des hommes, de toutes les minorités, des principes de liberté de religion et de culte, que nous défendons les communautés chrétiennes d'Orient.

 - La France n'a-t-elle plus les moyens de peser plus fortement sur les États, au sein desquels les minorités chrétiennes sont menacées ?

 Nous considérons que les États sont les premiers responsables de la sécurité de leurs minorités. C'est aux gouvernements de faire respecter la loi, et les droits de chacun. Les violences interconfessionnelles consécutives à l'intervention militaire américaine en Irak en 2003 ont provoqué l'exil d'un grand nombre des chrétiens d'Irak et été vécues comme un traumatisme par les chrétiens d'Orient.

 Tirons les leçons du passé, le temps du colonialisme est révolu. Aujourd'hui, nous ne demandons plus que les chrétiens aient un statut d'exception, mais nous agissons pour que leurs droits soient garantis, leur sécurité assurée, leur citoyenneté respectée, comme celle de tous les autres citoyens dans le cadre de l'état de droit. Au moment où les différents pays de la région élaborent leurs textes constitutionnels, ces principes sont au cœur du débat public et nous exerçons une veille sur leur respect.

 - Vous pensez être entendu ! N'y-a-t-il pas des mesures plus efficaces à prendre devant des évènements aussi tragiques que l'attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad le 31 octobre 2010 (46 morts), ou le massacre de 29 coptes écrasés par les chars de l'armée égyptienne, le 4 octobre 2012, lors d'une manifestation dans le quartier de Maspero, au Caire ?

 Dans ces cas particulièrement violents, il existe une diplomatie bilatérale, un dialogue d'État à État qui s'effectue dans la discrétion. Aujourd'hui, nous pouvons agir aussi au niveau de l'Union européenne avec nos 27 partenaires. En juin prochain, en principe, (NDLR, la date n'est pas encore fixée), le Conseil des affaires étrangères de l'Union européenne devrait adopter des lignes directrices afin de faire respecter la liberté de religion ou de conviction. J'ajoute qu'en tant qu'État laïc, la France ne peut intervenir dans les affaires religieuses, mais elle défend la liberté de religion ou de conviction, partout dans le monde.

 - Vous entretenez tout de même des liens réguliers avec le Vatican ou les institutions religieuses françaises !

 Nous travaillons de concert mais sans empiéter sur nos domaines respectifs. Au quai d'Orsay, nous restons dans le cadre d'une diplomatie d'État, et réciproquement, l'Église agit dans son domaine. Nous collaborons en bonne intelligence, et je peux vous affirmer qu'il existe une coopération très constructive entre le ministère des Affaires étrangères, le Vatican et l'Église de France. De même nous collaborons efficacement avec des associations catholiques comme l'Œuvre d'Orient, auquel je rends hommage pour son action..

 Les chrétiens ne sont pas des relais pour les pays Occidentaux. Ils sont porteurs d'ouverture vers la modernité et la vie civile, les droits de l'homme, la reconnaissance du rôle joué par les femmes. Un grand nombre d'intellectuels musulmans, au Liban, en Égypte, en Syrie ou ailleurs reconnaissent volontiers que sans les chrétiens, leur pays n'aurait plus de sens.

 Parler des chrétiens d'Orient en les qualifiant de relais sur lesquels peut s'appuyer l'Occident, peut nous faire entrer dans une logique d'instrumentalisation. Au ministère des Affaires étrangères, nous ne voulons pas utiliser les chrétiens orientaux pour faire avancer nos intérêts. Une telle stratégie consisterait à les exposer dangereusement, et à répéter les erreurs du passé, que les chrétiens ont ensuite payé très cher. Les chrétiens doivent être aujourd'hui perçus dans leurs pays pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des citoyens à part entière par leurs autorités. D'autant que les communautés chrétiennes sont un élément constitutif de l'identité et de l'histoire de ces pays. Dans les révolutions arabes, ils ont un rôle à jouer avec les autres communautés et nous pourrions citer de nombreuses figures chrétiennes qui sont engagées depuis le déclenchement des révolutions pour construire des démocraties après la chute de régimes autoritaires. En Égypte comme en Syrie, on voit des jeunes chrétiens et musulmans travailler ensemble au changement démocratique.

 - Beaucoup affirment pourtant que la France abandonne les chrétiens d'Orient …

 C'est totalement faux. Nous continuons à dialoguer en particulier avec toutes les Églises d'Orient. C'est un dialogue constant et confiant, comme le prouvent les contacts encore récents avec le patriarche maronite, le patriarche de Babylone des Chaldéens nouvellement élu et des représentants des Églises de Syrie.

 - Dans quels domaines exercez-vous cet accompagnement ?

 Dans le domaine éducatif. Nous avons établi de multiples partenariats avec des établissements scolaires en Palestine, en Israël, au Liban, en Égypte, en Turquie. Des écoles, des lycées, des instituts universitaires dirigés par des congrégations religieuses. Fréquentés par de nombreux musulmans, ces établissements sont des lieux de culture, de dialogue, de paix et de rencontre. Nous voulons les renforcer. Ces écoles constituent aussi un moyen de maintenir et de développer la francophonie. Outre les lycées français et les établissements privés confessionnels chrétiens homologués par notre ministère de l'Éducation nationale, il existe également des écoles chrétiennes non homologuées mais francophones. L'Œuvre d'Orient attire régulièrement notre attention sur ce type d'établissements, et nous nous efforçons d'établir avec eux des partenariats nouveaux.

 - Comment convaincre les autorités musulmanes du bien fondé de votre politique d'accompagnement ?

 Avec l'Université Al-Ahzar, en Égypte, référence du monde musulman sunnite, nous avons établi de vrais rapports de confiance. Nous suivons aussi de très près les rédactions des Constitutions dans les pays qui sont aujourd'hui en transition, afin de savoir quelle place sera réservée aux minorités. Nous prenons langue avec tous les acteurs de la région, excepté ceux qui prônent la violence.

 - Qu'espérez-vous à terme pour les chrétiens, après ces Printemps arabes ?

 Nous pensons que ces pays trouveront leur voie vers la démocratie et l'État de droit, à l'image des nations d'Amérique latine, sorties des dictatures militaires, dans les années 80 et du bloc de l'Europe de l'est, qui a mis fin aux régimes communistes, au début des années 90. Il faudra que la Communauté internationale se penche sérieusement sur le problème israélo-palestinien, une épine terrible dans le flanc de la région. Les chrétiens ont été, dans l'histoire du Moyen-Orient, à la pointe des mouvements intellectuels dits de la Renaissance arabe à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui encore, ils ont un rôle central à jouer pour faire avancer les idées de progrès et de démocratie. Nous croyons, non sans raison, que dans les démocraties nouvelles qui sont en train de se construire, dans la douleur parfois, les citoyens chrétiens finiront par trouver pleinement leur place.

 Cette interview a été publiée dans le Bulletin de l'Œuvre d'Orient n°  771.

Lire aussi l'éditorial de Mgr Pascal Gollnisch « Nous nous interdisons de prendre une position politique… »



[1]  Le 17 décembre 2010, poussé par le désespoir social et la « mal-vie », Mohammed Bouazizi, jeune vendeur ambulant tunisien s'immole par le feu devant la préfecture de Sidi Bouzid (centre de la Tunisie). Son suicide marque le début des révoltes arabes.Retour à la page précédente Vous souhaitez soutenir les actions de l'Œuvre d'Orient ? Nous aider
Envoyé de mon iPad jtk