Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

samedi 22 mars 2014

Le pape François à Jérusalem: nouveautés d'un pèlerinage historique



L'impact oecuménique de la rencontre à la basilique de la Résurrection

Luca Marcolivio

ROME, 21 mars 2014 (Zenit.org) - Renata Salvarani, professeur d'histoire du christianisme, experte dans les questions concernant la Terre sainte, est professeur d'histoire du christianisme et d'histoire médiévale à l'Université européenne de Rome, elle explique les implications du prochain voyage du pape : les communautés chrétiennes ne se sont pas rencontrées en Terre sainte depuis le Concile de 325.

Elle souligne que ce sera un "pèlerinage", et il aura des répercussions, en particulier sur le dialogue œcuménique.

Selon elle, le voyage du pape François en Terre sainte, prévu les 24-26 mai prochains, ne devrait pas avoir d'implications politiques particulières, même s'il ne faut pas en sous-évaluer les conséquences.

Zenit - Professeur Salvarani, par rapport aux pèlerinages en Terre sainte de ses prédécesseurs, quelles sont les nouveautés du voyage à Jérusalem du pape François ?

Prof. Renata Salvarani – Le pape François a souligné tout de suite que ce voyage serait un pèlerinage : c'est donc la clé de lecture de tout ce qui s'y passera. L'esprit de cette visite sera le même que pour celles de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. Ce qui change, c'est simplement la personnalité du pape et la manière dont il est perçu par rapport à ses prédécesseurs : et c'est là que pourront se trouver des éléments de nouveauté. Le sens de ce voyage est celui d'un retour au lieu d'où tout est parti et à ce Saint Sépulcre qui est le cœur des voyages des quatre papes. L'autre motif, lui aussi explicité directement par le pape Bergoglio, est le cinquantième anniversaire de la visite de Paul VI à Jérusalem et de sa rencontre avec le patriarche Athénagoras. La priorité de ce voyage est l'œcuménisme et la rencontre avec d'autres frères chrétiens. Ce qui est significatif, c'est que cette rencontre se passera non pas tant avec des paroles que comme une occasion de prier ensemble, dans ce lieu qui, pour les chrétiens, n'est pas une tombe vide mais le lieu de la résurrection de Jésus-Christ. Le donné historique de ce pèlerinage est le fait que, à ce jour, les représentants de toutes les Églises ont adhéré.

Quelle est la portée œcuménique de ce pèlerinage ?

Les communautés chrétiennes de Jérusalem sont nombreuses : outre la communauté catholique et les communautés orthodoxes, il ne faut pas oublier les Églises « non chalcédoniennes », les coptes, les Éthiopiens, les Arméniens. Elles sont toutes présentes depuis toujours dans ce contexte. Ce ne sera donc pas un dialogue à deux, mais avec toutes les composantes chrétiennes qui n'ont jamais quitté Jérusalem. En ce qui concerne les diverses appartenances dans l'oecumène chrétienne et les distinctions entre communautés chrétiennes, on note la disparition d'une communauté encore répandue au Moyen-âge, les Nubiens, qui ont été effacés par l'islamisation de la Nubie et du Soudan. Toutes les autres communautés chrétiennes existent encore et, malgré les persécutions, elles tiennent à être présentes à Jérusalem. Le fait qu'un pape se rende au Saint-Sépulcre pour les rencontrer toutes est vraiment significatif : c'est la première fois dans l'histoire, depuis l'époque de Constantin, et donc du Concile de 325. N'oublions pas que c'est cette année-là que fut inaugurée la grande construction constantinienne autour du Saint-Sépulcre et, déjà à cette occasion, le Concile fut une rencontre que nous pourrions définir aujourd'hui comme « œcuménique, ou encore de réconciliation avec la principale hérésie de l'époque, l'arianisme. Cette année-là, en effet, le prêtre Arius fut invité à Jérusalem et c'est là qu'il a été ré-accueilli au sein de la communauté chrétienne.

N'est-il pas significatif que le pape rencontre à nouveau Bartholomaios, premier patriarche de Constantinople à avoir été présent à la messe d'inauguration d'un pontificat, il y a un an, le 19 mars 2013 ?

Ce sont des gestes significatifs. Surtout en ce qui concerne l'Église de Constantinople et le monde orthodoxe, les différences d'ordre doctrinal sont très marginales et concernent surtout la sensibilité et la culture. Les différences sont plutôt de type ecclésiologique. Les gestes ont un poids : cette prière ensemble est certainement remarquable et je pense qu'elle sera perçue avec force, plus que toute parole ou théorie.

Le Saint-Sépulcre - pour les Orientaux, basilique de la Résurrection - est un symbole de la coexistence, aussi précaire que miraculeuse, des différentes Églises chrétiennes dans la Ville sainte: quel est l'état actuel des relations œcuméniques dans ce lieu saint?

Les communautés chrétiennes présentes à Jérusalem sont nombreuses et souvent hétérogènes mais, il faut le dire, elles coexistent. Il est vrai que beaucoup de choses peuvent susciter diverses impressions ou scandaliser les pèlerins occidentaux, mais toutes les communautés vivent ensemble et officient ensemble. Elles ont trouvé un modus vivendi à partir du statu quo qui consiste en un accord jamais écrit, en vigueur à l'époque ottomane et, en particulier, depuis 1800. Sur la base de cet accord, a été déterminé un critère plutôt rigide de rotation et de division des temps et des espaces, des chapelles et des dévotions, pour les offices et les célébrations de chacun. C'est une manière d'être ensemble bien qu'étant divisés, ce qui, en fin de compte, est un scandale si nous pensons aux paroles de Jésus dans l'Évangile de Jean (Jn 17,20-26) et à l'unité qui devrait être à la base de toute l'oecumène. Le paradoxe du Saint-Sépulcre est aussi celui-ci : être ensemble en maintenant toutes les divisions et tous les écarts, parfois en s'opposant de façon  très vive.

Le pape arrivera à Jérusalem accompagné d'un représentant juif et d'un musulman: le dialogue interreligieux aura aussi un rôle important dans ce voyage ?

Il est encore tôt pour en dire quelque chose. N'oublions pas que Jean-Paul II avait déjà participé à une rencontre interreligieuse. La différence d'approche tient à ce que le pape François part accompagné de ces deux fidèles de « credo » différents, et donc, il y a sans aucun doute une composante de dialogue interreligieux. Toutefois, le voyage durera très peu de temps et il ne semble pas qu'il y ait beaucoup d'espace pour ce second aspect. L'objectif principal du voyage a un caractère œcuménique.

Quels effets le voyage pourra-t-il avoir sur la situation politique au Moyen-Orient ?

Lire cet événement comme un pèlerinage de foi et le situer dans une perspective œcuménique, selon ce qu'a dit le pape lui-même, n'est pas réducteur, au contraire. Les effets sur le plan politique seront une conséquence : si les chrétiens de la région savent retrouver des formes de communion, leur poids augmentera ainsi que leur capacité de résister aux persécutions. Ce n'est pas le hasard si beaucoup des divisions actuelles ont été fomentées au long des siècles, avant par les arabes et ensuite par l'empire ottoman : diviser pour régner. La répartition des espaces à l'intérieur du Saint-Sépulcre est elle-même consécutive à la conquête de Jérusalem par Saladin. C'est lui qui en a chassé tous les chrétiens et qui a ensuite « concédé », de fois en fois, par des tractations séparées, une chapelle aux Éthiopiens, un espace aux Grecs, un autre aux Arméniens, un autre aux Géorgiens… Il est aussi significatif que cette rencontre se tienne à Jérusalem, le seul pays du Moyen-Orient où le nombre des chrétiens est en augmentation : d'après des données publiées fin 2013, au cours de l'année écoulée, ils sont passés de 158.000 à 161.000.

Traduction Hélène Ginabat

vendredi 21 mars 2014

Une firme japonaise va numériser les manuscrits du Vatican | La-Croix.com

Le PDG de NTT Data Corporation, et l'archiviste de la bibliothèque du Vatican Mgr Jean-Louis Brugues, 20 mars 2014

Il y a comme un air de semaine des entreprises au Vatican. Après la venue lundi 17 mars en salle de presse du Saint-Siège du magnat minier australien, Andrew Forrest, pour signer le lancement d'un réseau contre le trafic d'êtres humains, le PDG de la société japonaise NTT Data Corporation, Toshio Iwamoto, a paraphé jeudi 20 mars, devant les journalistes au Vatican, un contrat pour l'archivage numérique de manuscrits de la Bibliothèque apostolique, tandis qu'au même moment, le pape François recevait une importante délégation d'employés de l'entreprise sidérurgique, Aciéries de Terni, avec son dirigeant, pour les 130 ans de cette société italienne.

L'accord pour numériser, durant quatre années, 3 000 œuvres manuscrites de ce qui est surnommée la « bibliothèque des papes », représente une valeur de 18 millions d'euros (soit 6 000 € en moyenne par manuscrit). Il ne s'agit que d'une première phase, indique l'entreprise japonaise, dont le site Internet faisait la Une ce jeudi 20 mars avec ce contrat. NTT Data s'est déjà illustré au Japon dans la numérisation de la bibliothèque du parlement nippon. À Rome, l'objectif à terme est de numériser – et ainsi préserver – les 82 000 manuscrits que compte la Bibliothèque vaticane. L'opération a déjà commencé il y a quelques années par un premier lot de 6 000 manuscrits.

« Rendre disponible cet immense trésor »

Parmi les 3 000 œuvres que NTT Data, forte de sa technologie appelée « Amlad », va numériser figurent une dizaine de manuscrits d'une valeur historique et artistique particulière. « Les manuscrits qui seront numérisés vont de l'Amérique précolombienne à l'Extrême Orient chinois et japonais, transitant par toutes les langues et les cultures qui ont nourri l'Europe », a indiqué Mgr Jean-Louis Bruguès, archiviste et bibliothécaire du Vatican depuis 2012, justifiant l'opération par la volonté du Saint-Siège « de rendre disponible cet immense trésor qui lui est confié, l'offrant à la libre consultation sur le Web ».

Ce « trésor », selon le site Internet de la Bibliothèque vaticane, comprend également 1,6 million de livres, 8 600 incunables (livres occidentaux imprimés au XVe-XVIe siècles), plus de 300 000 monnaies et médailles, 150 000 dessins et gravures et plus de 150 000 photographies. Une richesse accumulée depuis la fondation de la bibliothèque au XVe siècle, grâce au « pape humaniste », comme Mgr Bruguès a défini Nicolas V.

Recherche japonaise

La Bibliothèque vaticane intéresse le monde entier, Japon compris. En janvier dernier, les archives du Vatican ont découvert 10 000 documents japonais sur papier de riz, appelés « rouleaux de Marega », décrivant la persécution des chrétiens sous l'époque Edo (1603-1867), et qui seront étudiés pendant six ans par des chercheurs japonais en vertu d'un accord entre la Bibliothèque vaticane et le gouvernement japonais.

Le contrat signé avec NTT Data survient au moment où le Saint-Siège applique, par ailleurs, en interne une politique de rigueur sur ses dépenses de fonctionnement, interdisant depuis vendredi 21 février 2014 de financer les heures supplémentaires et gelant les recrutements externes. 

Sébastien Maillard (à Rome)​


Envoyé de mon Ipad 

jeudi 20 mars 2014

Salim Daccache : « L’identité libanaise est devenue une véritable arche de Noé » - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour

Salim Daccache : « L'identité libanaise est devenue une véritable arche de Noé »

« L'étudiant, notre raison d'être » est le grand axe autour duquel le P. Salim Daccache, recteur de l'Université Saint-Joseph (USJ), a bâti le discours qu'il a prononcé hier, à l'occasion de la fête patronale de l'université, devant la communauté universitaire et les nombreux amis et hôtes, au campus des sciences et technologies de Mar Roukoz.
Se référant à la charte de l'USJ, le P. Daccache a invité la communauté universitaire à rester fidèle et à agir au service des principes suivants : liberté académique et ouverture spirituelle, refus de la discrimination et de l'exclusion, perspective chrétienne qui fonde nos choix les plus essentiels, engagement pour la tolérance, le vivre-ensemble et le respect mutuel et travail sans relâche pour la participation des étudiants à la vie et à la mission de leur université.
Le recteur a ensuite repris ces principes, un à un, pour les situer dans le contexte actuel. Il l'a fait grâce à des rappels historiques toujours pertinents, une riche analyse des trois temps du « métier d'étudiant » et une réflexion sur le rôle de l'USJ dans l'avènement d'une citoyenneté libanaise rajeunie, rénovée.

Le pluralisme religieux
Dans la partie historique de sa réflexion, le P. Daccache rappelle que l'USJ a choisi de gérer la pluralité religieuse qui l'a marqué dès l'origine par « une politique différentielle libérale » plutôt que par une « politique incluse et prosélyte ». Juifs et musulmans formaient déjà 18 % des étudiants à la veille de la Première Guerre mondiale, précise-t-il.
Il avoue qu'en ce moment, la gestion de cette pluralité fait problème, et que certains membres de l'administration souhaitent imposer un quota à l'inscription des non-chrétiens.
La charte de l'USJ précise toutefois que l'université n'est pas « au service d'une classe ou d'une communauté » et ne considère pas ses étudiants « sur la base d'une appartenance confessionnelle ou idéologique », rappelle-t-il.
Citant le sociologue Edgar Morin, il conclut sur ce point en affirmant que « c'est aux hommes d'orienter le cours de l'histoire vers son but, celui de la rencontre des êtres humains dans un seul creuset car l'humanité a toujours aspiré à l'harmonie et il est bien difficile de revenir en arrière ».

(Lire aussi : « Jeunes Libanais, vous êtes journalistes à « L'OLJ » en 2050... »)

L'activité politique
Au sujet de l'activité politique de l'étudiant, l'université peut tirer des leçons de son histoire, poursuit le recteur. L'exemple remonte « à la commission King-Crane et au grand débat sur le statut politique du Liban, tiraillé entre devenir une wilaya du grand royaume hachémite qui s'étend du Hijaz jusqu'à Beyrouth en passant par Damas, proclamé durant le mois de mars 1920, ou obtenir une autonomie qui le prépare à l'indépendance ».
« Une violente controverse opposa à l'époque Rachid Tabbara à Sélim Takla, deux étudiants de la faculté de droit, à ce sujet, rappelle-t-il La controverse jeta des troubles sur l'ensemble des étudiants et eut des répercussions sur la scène politique. » « L'administration universitaire dut intervenir dans le sens de l'apaisement (...) pour assurer le calme propice aux études », précise le recteur.
Tout en se félicitant que « la faculté de droit soit devenue un foyer du nationalisme libanais » et qu'au fil des années, elle soit demeurée « un solide appui à un Liban libre et indépendant », le P. Daccache n'en pense pas moins que les conseils de mesure, ou de modération, valent aussi pour aujourd'hui.
« C'est dans ce cadre que je voudrais me pencher sur le sens des élections des amicales d'étudiants dans une institution universitaire comme l'USJ, dit-il. (...) Ces élections ne sont-elles pas simplement devenues, malgré la bonne intention d'organiser la journée de la démocratie à l'USJ, une partie des rituels d'une démocratie perdue ne servant qu'à reproduire, sur un campus, le délitement politique du pays et la polarisation communautaire ou politique ? »

Le « métier d'étudiant »
Dans la deuxième partie de son exposé , le P. Daccache aborde le thème du « métier d'étudiant », à partir de la charte et d'autres textes statutaires.
« Comme administration et enseignants, insiste-t-il, notre rôle consiste à aider l'étudiant à être de l'Université Saint-Joseph et non seulement dans les salles et les couloirs de l'université, abandonné parfois à des fauves et à des voleurs d'esprit et de pensée qui peuvent le mener à des déviations irréparables. »

À contre-courant
La troisième partie du discours du P. Daccache est dominée par la question lancinante de la citoyenneté. À contre-courant d'un monde postmoderne suspendu entre « un passé de défaillances et un avenir sans promesses », l'USJ n'est pas « seulement soucieuse » des profils de formation et « d'apprentissage professionnel », affirme-t-il.
« Pour donner à la vie étudiante toute sa place à l'université », le père recteur annonce la constitution d'une commission permanente de la vie étudiante et de l'insertion professionnelle et d'un Haut Conseil des étudiants. Ces forums permettront à tous les problèmes administratifs et académiques, sociaux et politiques ayant trait à la vie des étudiants à l'USJ, des plus sages aux plus fous, d'être soulevés.

La mission politique de l'USJ
Enfin, le P. Daccache s'interroge sur « le rôle que peut ou doit assumer une université libanaise chrétienne et jésuite dans le domaine de la formation de ses étudiants aux valeurs citoyennes et politiques ».
La vision de l' USJ en la matière, affirme le recteur, c'est que « l'université a le devoir d'initier aux valeurs démocratiques et à leur pratique intègre, lucide et pacifique. En deuxième lieu, elle doit aider à la création d'un mouvement estudiantin capable de contribuer activement à la modernisation et à la réforme de la vie politique libanaise. En troisième lieu, elle doit contribuer, par la bonne gestion de la diversité religieuse dans les campus, à la promotion et au renforcement d'un vivre-ensemble libanais, authentique et humanisant, et à une citoyenneté dont la fonction est d'unir les Libanais ».
Le recteur formule le souhait qu'un observatoire interuniversitaire de ces pratiques soit institué. Du reste, s'interroge-t-il, « est-ce que les courants et partis politiques ne sont pas aussi partie prenante dans cette éducation à la citoyenneté ? ».

Un nouvel acte de foi
En conclusion, le P. Daccache souligne « l'importance capitale » d'un « nouvel acte de foi en la libanité comme facteur essentiel d'unité et de renouveau de notre attachement au vivre-ensemble ».
Et d'ajouter : « Aujourd'hui, les développements catastrophiques autour de nous et menaçants chez nous, ainsi que les contenus du discours qui plongent les Libanais dans la contradiction sociale et politique et les dressent les uns contre les autres, les uns face aux autres, ont démontré et démontrent que l'identité libanaise n'est pas une simple intention éphémère, mais une véritable conviction d'une large majorité de chez nous, et qu'elle est devenue et devient politiquement aujourd'hui rien moins qu'une "arche de Noé", du point de vue existentiel et social. »
« Il ne suffit plus de proclamer l'adhésion à un État indépendant et fort ou le désir d'un État juste et capable. Il faut oser désormais passer aux actes », ajoute le recteur, invitant les Libanais à ne plus « penser l'État libanais tel qu'il a été géré sous la tutelle syrienne » et à saisir « le momentum actuel d'une politique dont le point de départ et d'arrivée est le Liban et uniquement le Liban ».
Au sujet de l'implication, le P. Daccache insiste sur le fait que « toute implication libanaise en Syrie ne peut être axée, suivant nos convictions académiques et intellectuelles ainsi qu'affectives, que sur la médiation et le dialogue ».
« Si nous sommes vraiment des Libanais (...), nous n'avons pas besoin de la victoire d'un camp sur l'autre pour la monnayer et en faire un atout quantifiable dans notre jeu politique interne », ajoute-t-il, avant d'inviter les responsables à « alléger les souffrances des réfugiés parmi nous dans un cadre règlementaire qui protège tant les Libanais que les Syriens ».


En conclusion, le recteur invite les Libanais à faire évoluer leurs institutions, affirmant : « L'USJ, fidèle à sa mission historique, voit qu'il est de son devoir d'éclairer le chemin que les Libanais doivent traverser et qui mènera les institutions de l'État de la phase consensuelle, mais combien problématique, où elles se trouvent, à l'étape d'un État de droit moderne et de la citoyenneté fondée sur l'égalité, la justice et la liberté. Il faudra aussi s'assurer que les communautés libanaises, sans aucune exception, jouissent des garanties politiques et constitutionnelles quant à leurs droits et leur devenir. C'est une marche et une démarche complexes, qui appellent les Libanais à oser réfléchir ensemble, à faire acte d'intelligence commune. »

Pour mémoire
À l'USJ, les réponses de Ziyad Makhoul

Droits de la femme : les étudiants libanais s'expriment

À l'AUB, « la banque de papa a fait faillite »!

Chaque semaine, retrouvez l'actualité des campus libanais dans notre page spéciale



Envoyé de mon Ipad 

Oui, la cohabitation entre les religions est possible


Discours du card. Sandri pour les 10 ans du Message d'Amman

Anne Kurian

ROME, 18 mars 2014 (Zenit.org) - Le cardinal Sandri encourage à « diffuser des exemples d'actes vertueux » pour « assurer que la cohabitation pacifique est possible » entre les religions.

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, est intervenu lors d'une table ronde en l'honneur des 10 ans du Message d'Amman, à Rome, ce 18 mars 2014.

Le message d'Amman est une déclaration du Roi Abdallah II de Jordanie, invitant à l'unité entre musulmans, en soutenant le véritable Islam et en combattant l'extrémisme.

Le cardinal a fait observer que tous les croyants pouvaient se reconnaître dans la « conscience de se sentir "blessés" par des contextes, des situations et des personnes qui ont pu manifester en paroles ou en gestes, parfois violemment, leur aversion pour la foi ».

Cette blessure « dérive aussi de situations internes à nos communautés respectives », a-t-il ajouté en déplorant ces « contre-témoignages », tout comme le message d'Amman dénonçait le danger représenté par « certains qui affirment appartenir à l'Islam et commettent de terribles actes en son nom » : « Des contradictions de ce genre se constatent amèrement dans toutes les confessions. »

Blessés mais fidèles à l'espérance

Pourtant, si les croyants sont « blessés à l'intérieur et à l'extérieur [de leurs communautés de foi] », ils restent « désireux d'accueillir et de donner l'espérance », a estimé le cardinal qui a témoigné de deux anecdotes de cohabitation religieuse dont il a fait l'expérience lors d'une de ses visites en Irak, en décembre 2012 : « Lors d'une célébration en la cathédrale syro-catholique de Bagdad, deux après l'attentat de 2010, deux hauts représentants locaux de l'Islam sunnite et chiite, étaient présents ensemble ».

Toujours en Irak, à Kirkouk, lors d'une célébration eucharistique, les chrétiens ont exprimé leur solidarité en attendant des explosions, dans une mosquée proche : « C'était touchant de voir l'appréhension de la communauté chrétienne qui priait encore plus intensément le Seigneur pour ceux qui étaient dans la souffrance et l'ombre de la mort à cause de cette violence persistante. »

Le cardinal a rappelé la priorité de la Congrégation pour les Eglises orientales : la « formation », afin que les jeunes de tout le Moyen-orient apprennent « la cohabitation et la collaboration selon les principes du dialogue œcuménique et interreligieux ».

Cet objectif rejoint le message d'Amman, qui plaide pour que les jeunes, « promesse d'avenir », soient protégés « du danger de glisser sur les sentiers de l'ignorance, de la corruption, de la mentalité fermée ».

Oui, la cohabitation est possible

Le cardinal a conclu en faisant observer que ce qui « donne des ailes à l'espérance des habitants de l'Orient et du monde entier » sont « les témoignages d'un travail éducatif constant, compétent et généreux ». C'est pourquoi il a encouragé à « diffuser de tels exemples d'actes vertueux pour assurer que la cohabitation pacifique et constructive est possible ».

Dans cette optique, l'Eglise attend du monde de l'information « qu'il diffuse davantage les lueurs de l'espérance et non seulement ce qui impressionne en négatif et qui recueille un large consensus ». Il s'agit de « rapprocher les parties en conflit plutôt que de rendre plus profond le fossé qui les sépare ».

« Cela est exigé par les enfants et les jeunes juifs, chrétiens et musulmans de Terre Sainte, qui vont à l'école en espérant un avenir lumineux que nous n'avons pas le droit de mépriser », a insisté le cardinal.

mercredi 19 mars 2014

Pour l’Archevêque maronite de Damas, il existe des signaux d’espérance dans un nouveau Carême de guerre | L'Œuvre d'Orient

Pour l'Archevêque maronite de Damas, il existe des signaux d'espérance dans un nouveau Carême de guerre
18/03/2014

Un nouveau Carême vécu en guerre, « ce qui voudra dire violence et douleur » même si « dans les abysses de la souffrance » s'aperçoivent également « des signes miraculeux de lumière et d'espérance »                                 

  1.  Une situation chaotique

Un quatrième carême de guerre  s'annonce dans la douleur et la violence. Genève II pour le moment n'arrange rien. Des nouveaux réfugiés affluent sur nos paroisses dont les moyens caritatifs minimes sont dépassés. Notre action sociale et pastorale axée en priorité sur le soutien des familles sinistrées accuse des limites et grandes faiblesses devant les nombreux défis qu'affronte la famille :

  • 150 000 familles privées du père laissées à la pauvre maman.
  • Deux millions de logements détruits. Ce sont 2 millions de familles sans toit, soit 12 millions de réfugiés dont trois millions accueillis dans les pays voisins,neuf millions sont des déplacés dans leur propre pays.
  • deux millions d'élèves sans écoles.
  • Économie en ruine, monnaie dévaluée de 300 %.
  • Violence grandissante chaque jour, angoisse et amertume.
  • Blocus qui étouffe surtout le petit peuple et le secteur hospitalier et médical.

La liste des souffrances est interminable

2. Peut on tenir la route ?

Les chrétiens de Syrie représentaient 4,5% de la population avant la guerre… Combien seront-ils  après la guerre ?

47 églises fermées, deux prêtres et une religieuse martyrisés,

deux évêques, trois prêtres et 12 religieuses enlevés [désormais délivrées]. Les chrétiens de Syrie partagent une même douleur avec leurs concitoyens.

Comment rassurer ce petit troupeau habité par la peur ? Ces chrétiens qui veillent avec tant de  courage sur la flamme de l'Évangile allumée sur cette antique Terre Biblique, pourraient-ils tenir la route ?

Ce petit troupeau puise dans la Foi de St Paul converti et baptisé à Damas, la force de son témoignage…

Nous célébrons la conversion de St Paul le 25 janvier à la chapelle d'Ananie et le 29 Juin à la chapelle St Paul sur la muraille de la vieille ville qui a vu la fuite de St Paul dans une corbeille ( Acte 9,25) Serons-nous plus courageux que St Paul?

3) Un regard d'espérance

Face au désespoir  et ce bilan infernal, l'Église porte un regard d'Espérance… De cet abîme de souffrance elle voit jaillir  des points lumineux:

a) Un mouvement d'entraide et de solidarité s'exprime spontanément, des familles pauvres ouvrent leur porte aux réfugiés démunis et partagent  ensemble une vie de misère.

b) Des initiatives de dialogue et de réconciliation entre antagonistes se font signaler de plus en plus.

c) Un regain de la Foi dynamise nos petites communautés, l'Évangile retrouve sa place de référence et d'inspiration…

Les fidèles viennent à la messe sous les bombes et accordent beaucoup de temps à la prière et à l'adoration eucharistique.

d) Abondance des vocations sacerdotales, malgré la baisse de la natalité… pour défi à la mort et soif de prêcher la Vie et l'Avenir..

e) Religieux, Religieuses et laïques animent des centres de soutien psychologique auprès des enfants et des jeunes traumatisés par la violence.

f) Mise en place d'une nouvelle stratégie de vie Œucumenique  et de dialogue basé sur l'Enseignement Social de l'Église qui peut concerner tous les groupes sociaux d'un pays en guerre.

g) Élaboration d'une pastorale familiale basée sur l'écoute et l'accompagnement. Sans famille pas d'Eglise.

Envoyé de mon Ipad