Melkites: Ni l'Eglise sans les jeunes ni les jeunes sans l'Eglise
Journée des jeunes de la convention des Melkites d'Europe
Anita Bourdin
ROME, 18 mai 2014 (Zenit.org) - "Ne laissez jamais mourir en vous la flamme de l'espérance!": c'est le message aux jeunes du patriarche grec melkite d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem, Gregorios III, à l'occasion de la Deuxième convention des Melkites d'Europe, qui s'est tenue à Paris (15-18 mai). Il insiste sur la place et la responsabilité des jeunes: "Une Eglise sans jeunes est une Eglise sans avenir. Et des jeunes sans Eglise sont des jeunes sans avenir."
La dernière journée a commencé par la Divine Liturgie à Saint-Julien-le-Pauvre, la paroisse grecque-melkite de Paris qui célébrait les 125 ans de son affectation à l'Eglise grecque-melkite catholique.
Elle s'est poursuivie par un rallye-paper à la découverte des églises orientales de Paris avant de s'achever par une rencontre avec le patriarche Gregorios.Commentant l'épître du jour (actes des apôtres 12) relatant la libération de Saint-Pierre, le patriarche a insisté sur l'importance vitale de la prière: "Ils étaient en prière pour Pierre… La prière n'est pas facile: c'est difficile. "Que Ta volonté soit faite". Mais acceptons-nous la volonté de Dieu ? Et quelle est cette volonté ?"
Relatant sa visite à Maaloula, ou ailleurs en Syrie dans l'une ou l'autre des 91 églises détruites, Gregorios III a témmoigné: "Nous ne marchions pas sur des dalles ou sur des pavés mais sur des débris…" C'est pourquoi il a insité sur la force de la prière, source d'espérance: "Ne laissez jamais la flamme de l'espoir et de l'espérance s'éteindre en vous… N'ayez pas peur petit troupeau… N'ayez pas peur d'être sel et levain pour vos pays, pour le grand troupeau…"
La rencontre de l'après-midi avec les jeunes, samedi, a commencé par une brève intervention du patriarche autour d'un thème qui lui est cher : "Une Eglise sans jeunes est une Eglise sans avenir. Et des jeunes sans Eglise sont des jeunes sans avenir."
La journée a été marquée par un déjeuner donné en l'honneur de Gregorios III par l'OEuvre d'Orient, ce qui a permis au patriarche de saluer le travail de cette institution des « Chrétiens de France au service des Chrétiens d'Orient ».
Il a spécialement félicité Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l'OEuvre d'Orient qui vient d'être nommé vicaire général de l'ordinaire des Catholiques orientaux en France, par le cardinal André Vingt-Trois.
Le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris et ordinaire des Catholiques orientaux en France, s'est adressé à l'assemblée.
Ce dimanche 18 mai, à 15h30, le patriarche préside la messe annuelle de l'OEuvre d'Orient à Notre-Dame de Paris. La Divine liturgie est retransmise en direct par KTO.
La réconciliation scellée à Brih
Une cérémonie pour marquer la réconciliation et le retour des chrétiens à Brih, dans le Chouf, a eu lieu aujourd'hui samedi sous le patronage du chef de l'État Michel Sleiman, une occasion de rappeler la nécessité d'une réconciliation politique au Liban et celle de l'élection d'un nouveau président dans les délais constitutionnels.
De nombreux responsables politiques, dont le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, ont assisté à la cérémonie en présence du patriarche maronite Béchara Raï.
La ministre des Déplacés, Alice Chaptini, avait pris le 9 mai une décision visant à évacuer les maisons occupées dans le village de Brih, l'une des dernières localités de la Montagne qui n'était pas englobée dans le processus de retour des déplacés chrétiens du Chouf, à la suite de la "guerre de la Montagne" qui avait opposé les chrétiens aux druzes au début des années 1980.
La Caisse centrale pour les déplacés avait aussi été chargée de payer les indemnités qui reviennent aux occupants, afin que les biens-fonds soient restitués à leurs propriétaires chrétiens. Le village compte quelque 25 à 30 familles chrétiennes.
"Les Libanais ont toujours été les victimes de la guerre des autres. Nos expériences passées nous ont appris à nous tenir à distance des conflits régionaux. Je réitère mon attachement à la Déclaration de Baabda pour protéger le Liban des conflits régionaux et internationaux", a déclaré M. Sleiman dans son discours pour l'occasion.
"Conformément au pacte national, j'appelle au retour au Liban et à la fin de toute ingérence dans les guerres d'autrui. J'appelle aussi à l'application des décisions du dialogue national durant lequel nous avons souligné la nécessité de poursuivre l'application de l'accord de Taëf en respectant la parité au Parlement", a-t-il ajouté.
Le chef de l'État, dont le mandat expire le 25 mai, a souligné que "seul l'État, notamment l'armée libanaise, a le monopole des armes et peut défendre la patrie".
Prenant la parole, le député Walid Joumblatt a salué le rôle national du président Sleiman.
"Nous refermons la dernière blessure de la guerre des autres sur nos terres, nous tournons une page noire de notre histoire et ouvrons celle de l'avenir, avec vous nous ouvrons une nouvelle page de la coexistence", a indiqué le leader druze.
"En ce jour, vous clôturez un mandat plein de succès, malgré tous les défis et les problèmes. Vous avez fait face aux défis pour empêcher la vacance au Liban et que le pays ne glisse vers l'anarchie", a-t-il dit, soulignant que "le centrisme permet de faire face aux divisions radicales entre les camps politiques".
M. Joumblatt a par ailleurs souligné la nécessité et l'importance de la présence chrétienne dans la région.
Le patriarche maronite a de son coté salué le retour "d'une grande importance" à Brih. "La réconciliation est la meilleure des réalisations pour clore un mandat présidentiel, nous saluons aussi les efforts de M. Joumblatt dans ce but", a affirmé Mgr Raï.
"Nous attendons que le Parlement élise un président avant le 25 mai, conformément à la Constitution. Nous appelons aussi tous les Libanais à renouveler leur volonté de coexistence. Nous voulons un président qui poursuive la route de M. Sleiman, qui sache unir les protagonistes, protéger les institutions de l'État. Un président capable de guider les réconciliations entre les politiques, et de réconcilier les responsables avec la politique", a-t-il martelé.
À cette occasion, la première pierre de deux églises a été posée.
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