Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

samedi 24 mai 2014

A Jérusalem, les chrétiens entre résignation, attente et espérance - Catholicisme - La Vie

A Jérusalem, les chrétiens entre résignation, attente et espérance - Catholicisme - La Vie

A Jérusalem, les chrétiens entre résignation, attente et espérance

Tout est fait à Jérusalem pour ne pas échauffer les esprits. Rien de comparable, par exemple, avec la frénésie qui avait embrasé Rio à l'approche des JMJ. En effet, la multiplication depuis quelques temps de tags antichrétiens d'un mouvement ultra nationaliste israélien nommé « Price Tag » (le prix à payer), les menaces de mort reçues par Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, l'évêque de Nazareth, il y a un mois et les manifestations récentes de quelques centaines de juifs ultra-orthodoxes aux abords du Cénacle (lieu dont l'administration fait l'objet de négociations entre Israël et le Saint-Siège) entretiennent un climat où il est de bon ton d'adopter une certaine prudence.

Les chrétiens privés de pape

« Bien sûr, je suis heureux que le pape vienne, c'est important de venir parler de paix, explique un chrétien de la vieille ville de Jérusalem, mais il y a des blessures tellement profondes de tous les côtés… Pourtant, l'Eglise a demandé pardon aux juifs mais il y a encore beaucoup de souffrance. C'est comme ça. » Cette attente des chrétiens de Jérusalem est d'autant plus marquante qu'ils ne pourront pas voir le pape. En effet, le dispositif de sécurité est tel qu'un couvre feu exceptionnel a été décrété : les maisons, les hôtels et les magasins qui se trouvent sur le chemin de François devront être fermées et il sera interdit à leurs occupants de s'approcher des fenêtres et des volets.

« Nous l'acceptons. Que pouvons-nous faire d'autre ? », explique le propriétaire musulman d'un hôtel situé dans la partie chrétienne de la vieille ville dont l'établissement, concerné par la mesure, a dû annuler la quasi-totalité des réservations. Ce qui se profile n'aura rien à voir avec le bain de foule qu'avait pris Paul VI, accueilli triomphalement dans la ville.

Comme le rapporte le site internet de Terre Sainte magazine, des catholiques sur place ont même écrit au Délégué apostolique de Jérusalem et de la Palestine pour « réclamer le "droit légitime" de venir à la rencontre de leur chef spirituel lors de sa visite à Jérusalem, et spécialement quand il se rendra au Saint-Sépulcre ». Par ailleurs, « ils font part de leur regret d'être exclus de la rencontre historique entre le pape catholique et le patriarche des Églises Orthodoxes et dénoncent le couvre feu comme moyen établi par la puissance occupante de "nier notre existence". »

Une petite minorité fragmentée

Dans ces circonstances, l'appel à l'unité des chrétiens au cœur de ce voyage marqué par la rencontre entre François et Bartholomée, le patriarche de Constantinople, commémorative de celle entre Paul VI et Athénagoras il y a cinquante ans, prend tout son sens. « Les divisions entre chrétiens sont scandaleuses et le témoignage chrétien n'est pleinement authentique que si nous sommes unis, explique David Neuhaus, conseiller medias du patriarcat latin de Jérusalem pour la visite du pape et vicaire pour la communauté catholique hébraïque d'Israël. Mais ces luttes se tiennent entre clercs, prêtres et évêques. Le peuple chrétien, lui, est uni, il ne s'intéresse pas aux divisions. C'est un œcuménisme de la lutte pour la survie. »

« Par rapport à la vie des chrétiens en Terre Sainte, les choses n'ont pas vraiment évolué depuis la visite de Benoît XVI, explique Olivier-Thomas Venard, vice-directeur adjoint de l'Ecole biblique de Jérusalem. Les principaux enjeux qui sont les accords à trouver sur les questions fiscales, surtout, mais aussi sur les visas, et qui existent depuis 1993 sont encore sur la table. »

Par ailleurs, les lignes bougent et les séparations d'hier ne sont plus celles d'aujourd'hui. Les chrétiens de Terre Sainte ne sont plus tant latins, orthodoxes, arméniens ou grec catholiques qu'israéliens ou palestiniens. « L'Eglise, ici, est palestinienne et catholique mais il existe aussi des catholiques totalement intégrés dans la société juive, dont certains font même leur service militaire dans l'armée israéliene », explique David Neuhaus.

Etre chrétien en Terre Sainte recouvre des situations très différentes. « D'abord il y a une différence entre les chrétiens arabes qui représentent le christianisme traditionnel depuis des siècles et des (judéo-)christianismes nouveaux qui se développent côté israélien, notamment avec l'immigration d'un million de russes arrivés dans les années 1990-2000 et qui comptent au moins 150.000 chrétiens, explique Olivier-Thomas Venard. Ces derniers cherchent à vivre leur christianisme de façon nouvelle. Du côté arabe, les chrétiens qui sont une toute petite minorité sont aussi fragmentés que le reste de la population palestinienne et selon que vous vivez à Gaza, à Hebron, à Bethléem, à Ramallah ou à Jérusalem, vous avez des droits et des papiers différents. »

Baisse du nombre de chrétiens

Ainsi, dans un des plus grands quotidiens israéliens, Haaretz, un journaliste, Nicolas Pelham, hausse le ton quant à la situation des chrétiens des deux côtés (« Christian in Israel and Palestine », 12 mai) : « Les lobbyistes autoproclamés d'Israël ont revêtu le manteau des sauveurs chrétiens. Ils glorifient le havre de paix qu'Israël offre aux chrétiens du Moyen-Orient par opposition aux persécuteurs musulmans. En fuyant la persécution, disent-ils, les chrétiens de Palestine sont passés de 10% à 2% de la population. (…) Ce qu'ils oublient de dire c'est que la population de chrétiens en Israël a chuté dans à peu près les mêmes proportions. De 8% en 1947, ils sont passés à 4% en 1948 et maintenant à moins de 2%. Les causes du déclin sont largement les mêmes. »

L'enjeu de ce voyage pontifical est donc aussi grand que sa durée est brève. David Neuhaus l'avoue bien volontiers : « Nous, ici, nous espérons qu'il vienne une deuxième fois. » Il poursuit : « Dieu, dans sa sagesse, a planté la semence de la foi des deux côtés, peut-être pour porter un témoignage par delà le mur. »



Envoyé de mon Ipad 

Les conditions de vie dramatiques des jésuites au Liban entre 1914 et 1918 - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour

Les conditions de vie dramatiques des jésuites au Liban entre 1914 et 1918 - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour



Les conditions de vie dramatiques des jésuites au Liban entre 1914 et 1918

Intitulée « Les jésuites au Liban et la Grande Guerre de 1914-1918 », l'exposition est labellisée « Centenaire de la Première Guerre mondiale » par la mission française du centenaire. Elle est le fruit de trois années de recherche au cours desquelles Christian Taoutel, professeur d'histoire à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, et Pierre Wittouck s.j. ont épluché des milliers de documents et témoignages laissés par les prêtres jésuites sur cette période tragique. Des messages, des carnets et des diaires, parfois péniblement déchiffrés, car souvent détériorés par l'humidité ou rongés par la poussière, illustrent les terribles années marquées par la misère, la famine et les épidémies. Des pages de mémoire méconnues détaillent les exactions endurées par les missionnaires français et jésuites étiquetés alliés des ennemis de l'Empire ottoman. L'ensemble offre un état des lieux impressionnant.

Mémoire de la tourmente
Une des pièces maîtresses exposées est le décret ottoman annonçant la suppression des capitulations turques. Les droits et privilèges accordés par les sultans aux sujets chrétiens résidents dans l'empire sont annulés. Les institutions religieuses, et en particuliers celles des jésuites soupçonnés de faire la propagande des ennemis de l'empire, sont réquisitionnées et pillées. L'abbé Joseph Tfinkidji, prêtre chaldéen d'Alep, relate dans une missive envoyée au père Louis Cheikho s.j. les brutalités commises contre la population du Levant. Dans une autre datée de 1915 et adressée au père provincial de France, le R.P. Mattern raconte les exactions et les intimidations auxquelles la mission est soumise. Parallèlement, dans une note anonyme datant de 1914, un prêtre de la Compagnie de Jésus dresse une liste de biens (livres, sacoches, calepins, soutanes et même du linge de corps) confiés à des enseignants et étudiants de la famille Harfouche, Boustani et Tyan... D'autres objets, dont un harmonium, un piano, trois statues et des chemins de croix sont déposés chez les voisins, les Hélou, Accaoui, Yared et Khabbaz. Un texte fait également mention que ces familles suspectées de complicité avec les jésuites ont été victimes de perquisitions et de fouilles. En janvier 1915, le R.P. Louis Cheikho signale la confiscation des archives du consulat de France. En février de la même année, suite à l'interception d'une lettre critiquant la Turquie, le père Cattin s.j. est convoqué devant la cour martiale ottomane. Et ce ne sont là bien sûr que quelques exemples.


Les documents exposés brossent aussi un panorama du sac des églises par l'armée ottomane, du vol des matériaux de l'Hôpital Dieu de France et de l'occupation de la faculté française de médecine à Beyrouth. À Ksara, la maison et l'observatoire des jésuites sont entièrement saccagés, la bibliothèque dispersée et les caves pillées. Un document manuscrit détaille la liste des biens saisis. À titre d'exemple : 600 litres d'eau de vie, 205 000 litres de vin rouge et blanc et 700 litres de vermouth emportés et remis à un agronome allemand qui s'est chargé de faire écouler la marchandise en Allemagne et en Autriche !
Des détails parmi tant d'autres qui donnent une idée des conditions de vie dramatiques qui furent celles des jésuites durant la Première Guerre mondiale.


Jetés à la rue, certains prêtres sont accueillis la nuit par Mister Bliss président de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), dont le pays n'étant pas entré en guerre jusque-là n'avait pas été inquiété. Un nombre d'entre eux rentrera en France pour s'enrôler dans l'armée. Et justement, l'exposition affiche un ordre du colonel Fourlinnie, commandant du régiment 343, certifiant l'engagement du père Jeanniere s.j. comme brancardier CM4 à la guerre (mai 1918).

Famine et épidémies : la grande épreuve
L'exposition aborde également le thème de la famine. On y trouvera, en particulier, la liste partielle des défunts du village de Bechmezzine (Koura) dressée par un curé qui ne se borne pas à une sèche énumération, mais précise l'âge de chaque personne disparue et la date de son décès, mettant en lumière des familles entières décimées dont des enfants frappés au seuil de la vie. À lui seul ce document sur lequel il y aurait tant à dire rappelle le terrible fléau provoqué par les réquisitions systématiques des récoltes et denrées alimentaires par les troupes ottomanes, l'embargo imposé par la flotte anglaise, l'invasion des sauterelles, les épidémies de typhus et de choléra... Dans un texte, on peut lire : « Ceux qui n'ont pas de ressources ni de fortune ni de provisions sont condamnés à mourir de faim. Entre 40 000 (au minimum) et 60 000 personnes sont déjà mortes de faim au début de l'été 1916 (...) Les districts qui ont le plus souffert sont le Kesrouan, le Metn et Batroun, où certains villages se vident littéralement. L'absence de médicaments, de médecins et de pharmaciens, tous réquisitionnés pour l'armée turque, est totale. Des épidémies de choléra, variole et typhus viennent s'ajouter aux malheurs de la population. » Ainsi une carte indique les villes libanaises touchées par l'épidémie de malaria. Et des extraits de deux diaires datés de juillet-août 1915 décrivent l'invasion de sauterelles qui ont dévasté les champs de cultures. L'année 1915 restera dans la mémoire populaire celle des sauterelles et de la famine.

L'espoir renaît
L'espoir renaît avec la fin de la guerre, qui voit les troupes britanniques venues d'Alep occuper l'Université Saint-Joseph (une affiche en témoigne). Mais le plus beau document illustrant la fin du cauchemar est le carton d'invitation reçu par le recteur de l'université, où il est écrit : « Le général Henry Gouraud invite Monsieur Cattin s.j. à célébrer la proclamation solennelle du Grand Liban le mercredi 1er septembre 1920, à 5h30 après-midi, au parc des Pins, galerie inférieure du Casino du parc, place numéro 41... »
Par ailleurs, au lendemain de la guerre, les Libanais ont désormais des cartes d'identité délivrées par la France. Celle du frère Georges Mardelli s.j. figure en bonne place sur les cimaises.


Un épisode douloureux dont l'ambassadeur de Turquie Suleyman Inan Ozyildiz, présent à l'exposition, tirera la conclusion suivante : « Les guerres divisent et parfois détruisent les peuples et les nations. Comme c'était le cas pendant la Première Guerre, elles éliminent les empires, les États et les anciens ordres politiques. Mais les guerres, surtout après cent ans, unissent aussi les descendants des anciennes générations qui se sont battues et ont souffert, dans un but de réflexion et de recueillement. Je suis convaincu que cette exposition sert bien cette cause. À travers les photos exposées ici nous nous souvenons des événements, des pertes et des malheurs de la Grande Guerre, pour que les épisodes tragiques de l'histoire se ne répètent plus. »
À signaler qu'à l'initiative de Carole Dagher, attachée culturelle près l'ambassade du Liban à Paris et présidente de l'Association des amis de la Bibliothèque orientale de Beyrouth (AABOB), l'exposition « Les jésuites au Liban et la Grande Guerre de 1914-1918 » sera présentée à Paris, à la mairie du 1er arrondissement, le 11 novembre prochain.

Pour mémoire
Salim Daccache : « L'identité libanaise est devenue une véritable arche de Noé »

Le Liban et la Première Guerre mondiale : il y a cent ans, la famine

Ce lien indéfectible entre le Liban et Charles de Gaulle...

Les jésuites au Liban et la Grande Guerre de 1914-1918



Envoyé de mon Ipad 

vendredi 23 mai 2014

La demande de beatification du pere Franz Van der Lught



telelumiere vient de mettre une vidéo en ligne telelumiere a mis en ligne la vidéo هل ستَقبل دعوى تطويب الأب فرانس فاندرلخت ؟ ( تيلي لوميار ). الأب زياد هلال اليسوعي وفي ...

                                             
telelumiere a mis en ligne la vidéo هل ستَقبل دعوى تطويب الأب فرانس فاندرلخت ؟ ( تيلي لوميار ).
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Les maronites en Terre sainte, une présence fragile liée au contexte régional - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour

Les maronites en Terre sainte, une présence fragile liée au contexte régional - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour

olj 21/5/2914-Les maronites en Terre sainte, une présence fragile liée au contexte régional

À la veille du voyage pastoral que le patriarche Raï doit effectuer en Jordanie et en Terre sainte, d'abord pour y accueillir le pape (24-26 mai), ensuite pour une tournée pastorale dans les paroisses maronites de Galilée (à partir du 27 mai), l'évêque maronite de Haïfa et de Terre sainte, Mgr Moussa Hage, a accordé à Télé-Lumière un entretien éclairant sur la situation des maronites en Terre sainte et les défis auxquels ils font face.
L'État d'Israël dans ses frontières d'avant 1967 et la Cisjordanie, territoire occupé, comptent quelque 200 000 chrétiens, dont les deux tiers environ résident au nord d'Israël, en Galilée. C'est là aussi que l'on trouve le gros de la communauté maronite, qui compte quelque 10 000 résidents. Les trois quarts d'entre eux sont installés en Terre sainte depuis au moins le temps de Fakhreddine II, soit depuis le début du XVIIe siècle, et sont comptés comme citoyens d'Israël. Mais ils n'y sont qu'une minorité par rapport aux 130 000 chrétiens qui vivent en Galilée, et appartiennent à égalité aux Églises grecque-orthodoxe et grecque-catholique.

(Lire aussi : Juifs et musulmans attendent François avec des préjugés très favorables)

Haïfa, centre de gravité maronite
Ces maronites-là relèvent du diocèse maronite de Haïfa et de Terre sainte, créé en 1996. Les paroisses en sont réparties de la sorte : Aïn Kynia : église Saint-Georges ; Acre et Maker : église du Rosaire ; Haïfa : église Saint-Louis ; Isfiya : église Saint-Charbel ; Jaffa : église Saint-Antoine ; Jish : deux églises, Notre-Dame et Saint-Maron, et Nazareth : église de l'Annonciation.
Mgr Moussa Hage habite à Haïfa, où réside aussi la moitié des maronites de Galiée, et notamment un bon nombre de réfugiés de Kfar Bar'am, un village rasé par les Israéliens. C'est donc le centre de gravité de la présence maronite en Galilée et en Terre sainte. En fait, cette grande paroisse comprend six communautés paroissiales distinctes et est desservie par 5 prêtres diocésains, deux religieux de l'ordre libanais maronite et neuf religieuses. Quatre jeunes s'y préparent au sacerdoce.

(Repère : Les chrétiens de Terre sainte : communautés diverses dans une région troublée)

Les ex-miliciens de l'ALS
Il existe par ailleurs quelque 2 500 maronites qui font partie des Libanais de toutes les communautés ayant fui leurs villages et la bande frontalière, quand l'armée israélienne s'est retirée du Liban-Sud, en 2 000, et qui étaient soit anciens membres de l'Armée du Liban-Sud, soit en rapport commercial ou autre avec Israël. Ceux-là constituent évidemment une catégorie à part, et la plus grande partie d'entre eux rêvent de rentrer au pays ou de quitter une société étouffante qu'ils rejettent. Au départ, ils étaient quelque 10 000 Libanais à fuir, mais progressivement, plusieurs milliers d'entre eux sont revenus au Liban, certains aux risques d'y purger quelques années de prison. Ceux qui sont restés sont des miliciens qui ont un contentieux d'exactions à se reprocher ou qui sont dans le doute sur leur sort s'ils rentrent au pays.

(Repère : Les grandes étapes du pape François en Terre sainte)

Un arrangement abrogé
Selon l'évêque, le retour au Liban des Libanais en fuite avait fait l'objet d'un arrangement cautionné par toutes les parties politiques, en vertu duquel les peines de prison infligées aux anciens miliciens de l'Armée du Liban-Sud qui voudraient rentrer au pays étaient marquées du signe de la clémence. Cet arrangement n'est plus en vigueur, a indiqué Mgr Hage, sans plus d'explications. Qui plus est, les naissances au sein des familles maronites résidant en Israël, à titre provisoire, ne sont plus enregistrées par l'état civil libanais. De sorte qu'il existe en Israël de nombreux adolescents arbitrairement privés de la nationalité libanaise. « Pour préserver leurs droits, nous les inscrivons dans les registres paroissiaux de leurs familles au Liban », a précisé l'évêque.
Par ailleurs, il existe une présence maronite très clairsemée à Jérusalem, autour de l'église Saint-Maron, proche du Saint-Sépulcre, et à Bethléem, autour de l'église Saint-Charbel. À Jérusalem, qui fait partie d'un archidiocèse comprenant Jérusalem, la Palestine et la Jordanie, on estime le nombre de fidèles à 45 familles, soit 135 personnes, y inclus 4 familles à Bethléem, 7 à Beït Jala, et deux à Beït Sahour et à Ramallah.
Des maronites se sont aussi dispersés dans Abou Dis, Beit Hanina, Sha'fat, Ar-Ram, etc.

Messe de Raï à Beït Sahour
La visite pastorale du patriarche maronite commence après le 26 mai, qui marque la fin de la visite du pape en Terre sainte, a précisé Mgr Moussa Hage. Mardi 27 mai, Mgr Raï célébrera une grand-messe à Beït Sahour qui, avec Bethléem et Beit Jala, est l'épicentre de la présence chrétienne en Cisjordanie et où en fait les maronites sont très peu nombreux. « Il en est ainsi, a commenté l'évêque. Les chrétiens de ces régions-là ont insisté pour que le patriarche leur rende visite. » Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, assistera à la messe, qui sera donc un moment d'affirmation identitaire et éthique autant que chrétienne.
Le patriarche se rendra ensuite pour quelques jours en Galilée, où il visitera les paroisses maronites et écoutera les doléances de leurs fidèles, avant de regagner la Jordanie par la route et de prendre l'avion pour le Liban. Il voyagera avec un passeport de service du Vatican, et sera accompagné de Mgr Boulos Sayah et du porte-parole de Bkerké, Walid Ghayad. La présence de Mgr Sayah aux côtés du patriarche sera précieuse puisque nul mieux que lui ne connait les détails de la présence maronite en Terre sainte. Mgr Sayah cumulait en effet les titres d'archevêque de Haïfa et de Terre sainte, et de vicaire patriarcal maronite de Jérusalem, Palestine et Jordanie, avant l'élection du patriarche Raï.

(Lire aussi : Le Hezbollah met Raï en garde contre les « retombées négatives » de sa visite en Terre sainte)

Les habitants de Kfar Bar'am
Les difficultés et défis rencontrés par les maronites en Terre sainte sont immenses, indépendamment des cas des familles ayant fui en Israël après le retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud.
Le patriarche aura l'occasion d'écouter les habitants de Kfar Bar'am, dont le village a été rasé et les terres « confisquées » par les Israéliens, mais qui ont obtenu, à force de tenacité, un jugement en faveur de la part de la Haute Cour israélienne. Le caractère raciste du pouvoir politique israélien se manifeste clairement à ce niveau ainsi qu'à celui des délais indéterminés nécessaires pour obtenir, par exemple, un permis de construction quand on n'est pas juif. Tout est donc fait pour décourager les non-juifs et les pousser au départ, dans l'apparent respect de leurs droits civils. Il n'y a donc pas de persécution directe des chrétiens, mais une guerre d'usure qui en tient lieu.

L'esprit missionnaire absent
Par ailleurs, les maronites de Terre sainte n'ont ni écoles, ni dispensaires, ni centres qui leur sont propres, sinon des ébauches, précise Mgr Moussa Hage. Certes, on ne peut occulter le rôle de l'ordre libanais maronite qui, depuis plus d'un siècle, est implanté à Jaffa dont il dessert la paroisse. Il y a construit 50 appartements pour faciliter le logement des familles. Le tout s'est fait sur un terrain de l'ordre. Par ailleurs, les sœurs maronites de Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus sont présentes en Terre sainte (Jérusalem et Jish) depuis 1981. Mais Mgr Hage appelle de ses vœux une présence plus active des ordres religieux maronites en Terre sainte. Il déplore le relâchement de l'esprit missionnaire et l'amour du confort qui les en empêche.

Enracinement et mobilité...
Dans une étude récente, le père Louis Wehbé, du monastère de Latroun (Terre Sainte), le reconnaît : « L''avenir de l'Église maronite en Terre sainte reste fragile. Son devenir dépend essentiellement du sort du reste des chrétiens. Le tout étant viscéralement lié au contexte régional très instable. La présence chrétienne doit y joindre le don de l'enracinement au talent de la mobilité. Elle doit faire preuve à la fois de persévérance, mais aussi de souplesse. Son aptitude à l'adaptation doit l'immuniser face aux dangers des troubles politiques et économiques, comme ceux qui résultent d'une certaine recrudescence des courants fondamentalistes. »

Lire aussi

Sabbah : Le voyage du patriarche Raï en Terre sainte renforcera l'enracinement arabe des chrétiens d'Israël

Maronites en perdition, le bloc-notes d'Abdo Chakhtoura



Envoyé de mon Ipad 

Recension : Chrétiens d'Orient de Pascal Maguesyan » Chrétiens de la Méditerranée

Recension : Chrétiens d'Orient de Pascal Maguesyan » Chrétiens de la Méditerranée

RECENSION : CHRÉTIENS D'ORIENT DE PASCAL MAGUESYAN

Titre : Chrétiens d'Orient 

Sous-titre : ombres et lumières. Carnets de voyages

Auteur : Pascal Maguesyan

Editeur : Thaddée                   Date de parution : 01/10/2013

317 pages de textes – 32 pages de photographies. 25 €

Le lecteur se laisse vite prendre à ces « Carnets de voyages » d'un journaliste photographe qui sillonne l'Orient chrétien depuis plus de dix ans. Nulle prétention d'être exhaustif, mais l'histoire, les conditions sociales et politiques, le dynamisme des communautés ou leurs drames, les traces architecturales… tout cela forme une passionnante mosaïque de portraits, de rencontres, de dialogue.

L'auteur rassemble ici des textes égrenés au cours de voyages effectués de 2000 à 2013. Comme il l'écrit dans son Prologue, l'Orient le « fascine » autant qu'il « l'effraie ».

Car, et c'est la part d'ombre, ses pas le conduisent le plus souvent sur les ruines de ces « peuples racines », ultimes témoins de ce christianisme moyen-oriental né ici il y a deux mille ans.

Que ce soit en Egypte où les Coptes, vieux Egyptiens, subissent les discriminations, ou aux confins de la Syrie où disparaissent les derniers chrétiens syro-chaldéens de langue araméenne, ou encore en Irak et en Iran, et plus encore sur les terres de l'ancienne Arménie… l'auteur assiste à ce qu'il appelle un « omnicide », c'est-à-dire la destruction voulue des communautés chrétiennes considérées comme étrangères, alors que ce sont leurs pays.

L'origine du narrateur, identifiée par son patronyme arménien, explique son désarroi devant les pillages et les destructions qu'il évoque longuement en visitant la Turquie Orientale, comme si le génocide de 1915 n'avait pas tout effacé, comme si déjà les violences anti-chrétiennes de Damas en 1860 (arrêtées grâce à l'émir Abd-el-Kader) et les pogroms du Sultan Rouge Abdul Hamid en 1895, n'avaient pas attenté à la présence chrétienne. C'est que la violence ne date pas d'aujourd'hui… On ne sort guère optimiste d'une telle lecture. Nombre de chrétiens s'exilent, rejoignant leurs diasporas importantes aux Etats-Unis, en Europe, en Australie. Et pourtant, comme l'affirme à l'auteur l'un de ses interlocuteurs, « un Orient sans chrétiens n'aurait pas de goût. »

La saveur qui subsiste constitue justement la part de lumière.

On reste fasciné par la vitalité et la fécondité de ces communautés chrétiennes, dans des lieux que l'auteur décrit avec bonheur : la maternité de Bethléem, le Monastère de Mar Moussa en Syrie, l'oasis spirituelle d'Anaphora en Egypte ou les chiffonniers coptes du Caire, les monastères arméniens, les pèlerinages chaldéens et arméniens de Saint Thaddée en Iran, l'incroyable ténacité des chrétiens d'Irak à Qaraqoch près de Mossoul… Des trésors d'humanité, des lieux de paix et de rencontres, presque partout menacés par la haine. Mais, comme l'affirme l'auteur, « les chrétiens d'Orient sont des résistants. »

On l'a compris : ce long récit ne prétend pas à l'exhaustivité (par exemple, presque rien sur les Maronites du Liban…). Il n'est ni théologique, ni historique, ni philosophique.

Pascal Maguesyan, qui s'adresse à tout public, est un témoin qui entre en complète empathie avec ce « petit reste » de chrétiens du Moyen-Orient. Il donne simplement visage et chair à ceux qu'on serait tenté d'oublier. C'est déjà beaucoup, et c'est bienvenu.

Claude Popin



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