Cité du Vatican, 28 mai 2014 (VIS). Le Conseil pontifical Cor Unum rencontre le 30 mai 25 organisations caritatives oeuvrant dans le cadre de la crise syrienne. La réunion s'articulera en deux temps. Le matin sera consacré aux interventions successives du Cardinal Sarah, Président du dicastère, du Cardinal Parolin, Secrétaire d'Etat, de Mgr.Zenari, Nonce en Syrie, et de Mgr.Audo, Président de la Caritas syrienne. Puis sera exposé le travail du bureau d'information institué à Beyrouth l'an dernier pour coordonner les actions des organismes catholiques. L'après-midi sera réservé aux aspects concrets de leur collaboration sur le terrain, en Syrie comme dans les pays voisins, ainsi qu'à l'identification des questions critiques et des priorités à venir. Parallèlement à son activité diplomatique, grâce à son réseau de nonciatures, à ses contacts avec les Eglises locales et les agences catholiques d'assistance, le Saint-Siège prend part activement aux programmes internationaux d'aide humanitaire.
Arabes du Christ
" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)
mercredi 28 mai 2014
"COR UNUM" ET LA CRISE SYRIENNE
Pape Francois: bilan de la visite en Terres Saintes
"J'ai voulu apporter une parole d'espérance, mais je l'ai aussi reçue !"
Catéchèse du 28 mai 2014 (texte intégral)
Pape François
ROME, 28 mai 2014 (Zenit.org) - « Avec ce pèlerinage, j'ai voulu apporter une parole d'espérance, mais je l'ai aussi reçue, à mon tour ! Je l'ai reçue de frères et sœurs qui espèrent "contre toute espérance" (Rm 4, 18), à travers tant de souffrances », confie le pape François au lendemain de son pèlerinage en Terre Sainte (24-26 mai).
Interrompant son cycle de catéchèses sur les dons de l'Esprit-Saint, le pape a dressé un bilan de son voyage, lors de l'audience générale de ce mercredi matin, 28 mai 2014, place Saint-Pierre.
Il a souligné les objectifs de ce pèlerinage, « grand don pour l'Église » : en premier lieu « commémorer le cinquantième anniversaire de la rencontre historique entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras », par une rencontre avec le patriarche Bartholomaios, « moment culminant de la visite ».
Exprimant son amertume pour « les divisions qui existent encore entre les disciples du Christ », le pape a demandé pardon : « une fois encore, comme l'ont fait les précédents papes, je demande pardon pour ce que nous avons fait pour favoriser cette division et je demande à l'Esprit-Saint de nous aider à guérir les blessures que nous avons faites aux autres frères ».
« Un autre objectif de ce pèlerinage était d'encourager dans cette région le chemin vers la paix », a-t-il poursuivi : « Pour cela, j'ai invité le président d'Israël et le président de la Palestine, tous deux hommes de paix et artisans de paix, à venir au Vatican prier ensemble avec moi pour la paix. Et, s'il vous plaît, je vous demande de ne pas nous laisser seuls. Vous, priez, priez beaucoup pour que le Seigneur nous donne la paix dans cette Terre bénie. »
Le pape a également exhorté les chrétiens de Terre Sainte « à se laisser "oindre", le cœur ouvert et docile, par l'Esprit-Saint, pour être toujours davantage capables de gestes de paix, de fraternité et de réconciliation » car « la paix se fait artisanalement, chaque jour ».
Enfin, il a rendu hommage à « la générosité du peuple jordanien dans leur accueil des réfugiés », demandant « à toutes les institutions internationales d'aider ce peuple dans ce travail d'accueil ».
Catéchèse du pape François
Chers frères et sœurs,
Ces jours derniers, comme vous le savez, j'ai effectué un pèlerinage en Terre Sainte. Cela a été un grand don pour l'Église et j'en rends grâce à Dieu. Il m'a guidé sur cette Terre bénie, qui a vu la présence historique de Jésus et où se sont vérifiés des événements fondamentaux pour le judaïsme, le christianisme et l'islam. Je désire redire ma reconnaissance cordiale à Sa Béatitude le patriarche Fouad Twal, aux évêques des différents rites, aux prêtres, aux franciscains de la Custodie de Terre Sainte. Ces franciscains sont forts ! Ils font un très beau travail ! Ma gratitude va aussi aux Autorités jordaniennes, israéliennes et palestiniennes, qui m'ont accueilli avec une telle courtoisie, je dirais même avec amitié, ainsi qu'à toutes les personnes qui ont coopéré à la réalisation de cette visite.
1.L'objectif principal de ce pèlerinage était de commémorer le cinquantième anniversaire de la rencontre historique entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras. Cela avait été la première fois qu'un Successeur de Pierre se rendait en Terre Sainte : Paul VI inaugurait ainsi, pendant le concile Vatican II, les voyages hors d'Italie des papes de l'époque contemporaine. Ce geste prophétique de l'évêque de Rome et du patriarche de Constantinople a posé une borne milliaire sur le chemin, difficile mais prometteur, de l'unité entre tous les chrétiens qui a, depuis, accompli des pas importants.
C'est pour cela que ma rencontre avec Sa Sainteté Bartholomaios, frère bien-aimé dans le Christ, a représenté le moment culminant de la visite. Ensemble, nous avons prié auprès du sépulcre de Jésus et il y avait avec nous le patriarche gréco-orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, et le patriarche arménien apostolique Nourhan, ainsi que des archevêques et des évêques de différentes Églises et communautés, des Autorités civiles et de nombreux fidèles. En ce lieu où résonna l'annonce de la résurrection, nous avons perçu toute l'amertume et la souffrance des divisions qui existent encore entre les disciples du Christ ; et vraiment, cela fait tant de mal, cela fait mal au cœur. Nous sommes encore divisés ; dans ce lieu où justement a résonné l'annonce de la résurrection, où Jésus nous donne la vie, nous sommes encore un peu divisés. Mais surtout, dans cette célébration chargée de fraternité mutuelle, d'estime et de respect, nous avons entendu fortement la voix du Bon pasteur ressuscité qui veut faire de toutes ses brebis un seul troupeau ; nous avons éprouvé le désir de guérir les blessures encore ouvertes et de poursuivre avec ténacité le chemin vers la pleine communion. Une fois encore, comme l'ont fait les précédents papes, je demande pardon pour ce que nous avons fait pour favoriser cette division et je demande à l'Esprit-Saint de nous aider à guérir les blessures que nous avons faites aux autres frères. Nous sommes tous frères dans le Christ et, avec le patriarche Bartholomaios, nous sommes amis, frères, et nous avons partagé notre volonté de marcher ensemble, de faire tout ce que nous pouvons faire aujourd'hui : prier ensemble, travailler ensemble pour le troupeau de Dieu, rechercher la paix, protéger la création, toutes ces choses que nous avons en commun. Et en frères, nous devons aller de l'avant.
2.Un autre objectif de ce pèlerinage était d'encourager dans cette région le chemin vers la paix, qui est à la fois un don de Dieu et un engagement des hommes. Je l'ai fait en Jordanie, en Palestine et en Israël. Et je l'ai toujours fait en tant que pèlerin, au nom de Dieu et de l'homme, en portant dans mon cœur une grande compassion pour les fils de cette Terre qui vivent depuis trop longtemps avec la guerre et qui ont le droit de connaître enfin des jours de paix !
C'est pourquoi j'ai exhorté les fidèles chrétiens à se laisser « oindre », le cœur ouvert et docile, par l'Esprit-Saint, pour être toujours davantage capables de gestes de paix, de fraternité et de réconciliation. L'Esprit permet d'assumer ces comportements dans la vie quotidienne avec des personnes de cultures et de religions différentes, et de devenir ainsi « artisans » de paix. La paix se fait artisanalement ! Il n'existe pas d'industries de la paix, non. Elle se construit chaque jour, artisanalement, et avec un cœur ouvert pour que vienne le don de Dieu. C'est pour cela que j'ai exhorté les fidèles chrétiens à se laisser « oindre ».
En Jordanie, j'ai remercié les Autorités et le peuple pour leur engagement dans l'accueil de nombreux réfugiés venant des zones de guerre, un engagement humanitaire qui mérite et requiert le soutien constant de la Communauté internationale. J'ai été frappé par la générosité du peuple jordanien dans leur accueil des réfugiés, de tous ceux qui fuient la guerre dans cette zone. Que le Seigneur bénisse ce peuple accueillant, qu'il le bénisse beaucoup ! Et nous devons prier pour que le Seigneur bénisse cet accueil et demander à toutes les institutions internationales d'aider ce peuple dans ce travail d'accueil qu'il accomplit.
Pendant ce pèlerinage dans d'autres lieux aussi, j'ai encouragé les Autorités concernées à poursuivre leurs efforts pour atténuer les tensions dans la région du Moyen-Orient, surtout dans la Syrie torturée, et à continuer de chercher une solution équitable au conflit israélo-palestinien. Pour cela, j'ai invité le président d'Israël et le président de la Palestine, tous deux hommes de paix et artisans de paix, à venir au Vatican prier ensemble avec moi pour la paix. Et, s'il vous plaît, je vous demande de ne pas nous laisser seuls. Vous, priez, priez beaucoup pour que le Seigneur nous donne la paix dans cette Terre bénie. Je compte sur vos prières. Fort, priez, en ce temps, priez beaucoup pour que vienne la paix.
3. Ce pèlerinage en Terre Sainte a aussi été l'occasion de confirmer dans la foi les communautés chrétiennes qui souffrent tant, et d'exprimer la gratitude de toute l'Église pour la présence des chrétiens dans cette région et dans tout le Moyen-Orient. Ces frères sont des témoins courageux de l'espérance et de la charité, « sel et lumière » sur cette terre. Par leur vie de foi et de prière, et à travers leurs activités d'éducation et d'assistance tant appréciées, ils œuvrent en faveur de la réconciliation et du pardon, contribuant au bien commun de la société.
Avec ce pèlerinage, qui a été une véritable grâce du Seigneur, j'ai voulu apporter une parole d'espérance, mais je l'ai aussi reçue, à mon tour ! Je l'ai reçue de frères et sœurs qui espèrent « contre toute espérance » (Rm 4, 18), à travers tant de souffrances, comme celles de ceux qui ont fui leur pays à cause des conflits, comme celles de ceux qui, dans différentes parties du monde, sont discriminés et méprisés à cause de leur foi dans le Christ. Continuons de leur être proches ! Prions pour eux et pour la paix en Terre Sainte et dans tout le Moyen-Orient. Que la prière de toute l'Église soutienne aussi le chemin vers la pleine unité des chrétiens, pour que le monde croie dans l'amour de Dieu qui, en Jésus-Christ, est venu habiter au milieu de nous. Et je vous invite tous, maintenant, à prier ensemble, à prier ensemble la Vierge Marie, Reine de la paix, Reine de l'unité entre les chrétiens, la maman de tous les chrétiens : qu'elle nous donne la paix, au monde entier, et qu'elle nous accompagne sur cette route de l'unité.
Traduction de Zenit, Constance Roques
lundi 26 mai 2014
DECLARATION CONJOINTE DU PAPE ET DU PATRIARCHE ?CUMENIQUE
Cité du Vatican, 26 mai 2014 (VIS). Après la cérémonie de bienvenue à l'aéroport de Tel Aviv, le Pape s'est rendu en hélicoptère à Jérusalem pour rencontrer à la délégation apostolique le Patriarche oecuménique de Constantinople SS Barthélémy accompagné de trois hauts dignitaires. Ont assisté à la rencontre le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, et le Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens. Le Patriarche a été élu en 1991, 270 Archevêque de Constantinople et Patriarche oecuménique (orthodoxie). Il a rencontré Benoît XVI au Vatican en 2008 et participé à la célébration du deuxième millénaire de la naissance de saint Paul. Le 19 mars 2013, il a assisté à la messe d'intronisation du Pape François. Ce fut la première fois, depuis le grand schisme de 1054, qu'un patriarche orthodoxe participait à la cérémonie d'inauguration de pontificat d'un pape catholique.
Au terme de leur rencontre, le Pape François et le Patriarche Barthélémy ont signé la déclaration conjointe suivante:
1.Comme nos vénérables prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche oecuménique Athénagoras, qui se sont rencontrés ici à Jérusalem, il y a cinquante ans, nous aussi, le Pape François et le Patriarche Barthélémy, nous étions déterminés à nous rencontrer en Terre Sainte où notre commun Rédempteur, le Christ Notre-Seigneur, a vécu, a enseigné, est mort, est ressuscité et monté au ciel, d?où il a envoyé le Saint Esprit sur l?Eglise naissante (communiqué commun du 6 janvier 1964). Notre nouvelle rencontre, entre les Evêques des Eglises de Rome et de Constantinople, fondées respectivement par les deux frères, les apôtres Pierre et André, est pour nous source d?une profonde joie spirituelle. Elle offre une occasion providentielle pour réfléchir sur la profondeur et sur l?authenticité des liens existant entre nous, qui sont les fruits d?un parcours rempli de grâce au long duquel le Seigneur nous a conduits, depuis ce jour béni d?il y a cinquante ans.
2.Notre rencontre fraternelle, aujourd?hui, est une nouvelle et nécessaire étape sur la route de l?unité à laquelle seul l?Esprit Saint peut nous conduire, celle de la communion dans une légitime diversité. Nous nous rappelons, avec une profonde gratitude, les étapes que le Seigneur nous a déjà rendus capables d?entreprendre. L?accolade échangée entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, ici, à Jérusalem, après tant de siècles de silence, a préparé le chemin pour un geste important, le retrait de la mémoire et du sein de l?Eglise des actes d?excommunication mutuelle en 1054. Ce geste a été suivi par un échange de visites entre les Sièges respectifs de Rome et de Constantinople, par une correspondance régulière et, plus tard, par la décision, annoncée par le Pape Jean-Paul II et le Patriarche Dimitrios, tous deux d?heureuse mémoire, d?initier un dialogue théologique en vérité entre catholiques et orthodoxes. Tout au long de ces années, Dieu, source de toute paix et de tout amour, nous a enseignés à nous regarder les uns les autres comme membres de la même famille chrétienne, sous un seul Seigneur et Sauveur, Jésus Christ, et à nous aimer les uns les autres, de sorte que nous puissions professer notre foi au même Evangile du Christ, tel qu?il fut reçu par les apôtres, exprimé et transmis à nous par les conciles ?cuméniques ainsi que par les pères de l?Eglise. Tandis que nous sommes conscients de ne pas avoir atteint l?objectif de la pleine communion, aujourd?hui, nous confirmons notre engagement à continuer de marcher ensemble vers l?unité pour laquelle le Christ notre Seigneur a prié le Père afin que tous soient un.
3.Bien conscients que l?unité est manifestée dans l?amour de Dieu et dans l?amour du prochain, nous attendons avec impatience ce jour où, finalement, nous partagerons ensemble le banquet eucharistique. Comme chrétiens, nous sommes appelés à nous préparer à recevoir ce don de la communion eucharistique, selon l?enseignement de Saint Irénée de Lyon, par la confession de la même foi, une prière persévérante, une conversion intérieure, une vie renouvelée et un dialogue fraternel. En atteignant ce but espéré, nous manifesterons au monde l?amour de Dieu par lequel nous sommes reconnus comme de vrais disciples de Jésus-Christ.
4.A cette fin, le dialogue théologique entrepris par la Commission mixte internationale offre une contribution fondamentale à la recherche pour la pleine communion entre catholiques et orthodoxes. Ensuite, sous les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, et le Patriarche Dimitrios, les progrès de nos rencontres théologiques ont été substantiels. Aujourd?hui, nous exprimons notre sincère appréciation pour les acquis, tout comme pour les efforts en cours. Ceux-ci ne sont pas un pur exercice théorique, mais un exercice dans la vérité et dans l?amour qui exige une connaissance toujours plus profonde des traditions de l?autre pour les comprendre et pour apprendre à partir d?elles. Ainsi, nous affirmons une fois encore que le dialogue théologique ne recherche pas le plus petit dénominateur commun sur lequel aboutir à un compromis, mais qu?il est plutôt destiné à approfondir la compréhension de la vérité tout entière que le Christ a donnée à son Eglise, une vérité que nous ne cessons jamais de mieux comprendre lorsque nous suivons les impulsions de l?Esprit Saint. Par conséquent, nous affirmons ensemble que notre fidélité au Seigneur exige une rencontre fraternelle et un dialogue vrai. Une telle quête ne nous éloigne pas de la vérité. Tout au contraire, à travers un échange de dons, sous la conduite de l?Esprit Saint, elle nous mènera à la vérité tout entière.
5.Cependant, même en faisant ensemble cette route vers la pleine communion, nous avons maintenant le devoir d?offrir le témoignage commun de l?amour de Dieu envers tous, en travaillant ensemble au service de l?humanité, spécialement en défendant la dignité de la personne humaine à toutes les étapes de la vie et la sainteté de la famille basée sur le mariage, en promouvant la paix et le bien commun, et en répondant à la souffrance qui continue d?affliger notre monde. Nous reconnaissons que la faim, la pauvreté, l?analphabétisme, l?inéquitable distribution des ressources doivent constamment être affrontés. C?est notre devoir de chercher à construire une société juste et humaine dans laquelle personne ne se sente exclu ou marginalisé.
6.C?est notre profonde conviction que l?avenir de la famille humaine dépend aussi de la façon dont nous sauvegardons, avec prudence et compassion, avec justice et équité, le don de la création que notre Créateur nous a confié. Par conséquent, nous regrettons le mauvais traitement abusif de notre planète, qui est un péché aux yeux de Dieu. Nous réaffirmons notre responsabilité et notre obligation d?encourager un sens de l?humilité et de la modération, de sorte que tous sentent la nécessité de respecter la création et de la sauvegarder avec soin. Ensemble, nous réaffirmons notre engagement à sensibiliser au sujet de la gestion de la création; nous appelons tous les hommes de bonne volonté à considérer les manières de vivre plus sobrement, avec moins de gaspillage, manifestant moins d?avidité et plus de générosité pour la protection du monde de Dieu et pour le bénéfice de son peuple.
7.De même, il y a une nécessité urgente pour une coopération effective et engagée des chrétiens en vue de sauvegarder partout le droit d?exprimer publiquement sa foi, et d?être traité équitablement lorsqu?on promeut ce que le christianisme continue d?offrir à la société et à la culture contemporaines. A ce propos, nous invitons tous les chrétiens à promouvoir un authentique dialogue avec le judaïsme, l?islam et d?autres traditions religieuses. L?indifférence et l?ignorance mutuelles ne peuvent que conduire à la méfiance, voire, malheureusement, au conflit.
8.De cette sainte ville de Jérusalem, nous exprimons nos profondes préoccupations partagées pour la situation des chrétiens au Proche et Moyen Orient et pour leur droit de rester des citoyens à part entière de leurs patries. Avec confiance, nous nous tournons vers le Dieu tout-puissant et miséricordieux, dans une prière pour la paix en Terre Sainte et au Moyen Orient en général. Nous prions spécialement pour les Eglises en Egypte, en Syrie et en Irak, qui ont souffert le plus douloureusement en raison des récents événements. Nous encourageons toutes les parties, indépendamment de leurs convictions religieuses, à continuer d??uvrer pour la réconciliation et pour la juste reconnaissance des droits des peuples. Nous sommes persuadés que ce ne sont pas les armes, mais le dialogue, le pardon et la réconciliation qui sont les seuls moyens possibles pour obtenir la paix.
9.Dans un contexte historique marqué par la violence, l?indifférence et l?égoïsme, beaucoup d?hommes et de femmes sentent aujourd?hui qu?ils ont perdu leurs repères. C?est précisément à travers notre témoignage commun de la bonne nouvelle de l?Evangile que nous pouvons être capables d?aider nos contemporains à redécouvrir la voie qui conduit à la vérité, à la justice et à la paix. Unis dans nos intentions, et nous rappelant l?exemple, il y a cinquante ans, du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras, nous lançons un appel à tous les chrétiens, ainsi qu?aux croyants de toutes les traditions religieuses et à tous les hommes de bonne volonté, à reconnaître l?urgence de l?heure qui nous oblige à chercher la réconciliation et l?unité de la famille humaine, tout en respectant pleinement les différences légitimes, pour le bien de toute l?humanité et des générations futures.
10.En entreprenant ce pèlerinage commun à l?endroit où notre unique et même Seigneur Jésus Christ a été crucifié, a été enseveli et est ressuscité, nous recommandons humblement à l?intercession de la Très Sainte et toujours Vierge Marie nos futurs pas sur le chemin vers la plénitude de l?unité, en confiant l?entière famille humaine à l?amour infini de Dieu.
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu?il se penche vers toi! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu?il t?apporte la paix! De Jérusalem, le 25 mai 2014.
RENCONTRE ŒCUMENIQUE AU SAINT-SEPULCRE
RENCONTRE ?CUMENIQUE AU SAINT-SEPULCRE
Cité du Vatican, 26 mai 2014 (VIS). Après avoir signé la déclaration conjointe, le Saint-Père et le Patriarche oecuménique se sont rendus à la basilique du Saint-Sépulcre pour prendre part à une cérémonie ?cuménique. Le Pape est entré dans la basilique par la porte du Muristan alors que le Patriarche est entré par la porte Ste.Hélène. Ont également pris part les évêques de Terre Sainte, l'archevêque syrien, l'archevêque éthiopien, l'évêque anglican, l'évêque luthérien et d'autres évêques. Etaient également présents les consuls généraux des cinq pays qui garantissent le Statu Quo de la Basilique (France, Belgique, Espagne, Italie, Grèce) et les autres consuls du Corpus Separatum de Jérusalem (Suède, Etats-Unis, Turquie, Royaume-Uni). Selon la tradition, le Saint-Sépulcre est le site de la crucifixion, de la sépulture et de la résurrection du Christ. Après la répression de la révolte juive en 135, Jérusalem subit un changement radical. Les juifs, les samaritains et les judéo-chrétiens sont expulsés avec l'interdiction de revenir. Hadrien, dans l'intention de supprimer toute trace de la religion judaïque qui avait provoquée deux violentes révoltes, s'emploie à faire disparaître tous les lieux de culte. Le Saint-Sépulcre connaît le même sort. Il est rasé et comblé, et un temple de Venus est érigé par dessus. Au cours du premier concile ?cuménique de Nicée en 325, l'évêque de Jérusalem, Macaire, invite l'empereur Constantin à rendre le Saint Sépulcre à la lumière, qui avait été conservé enterré. Hélène, la mère de Constantin, ordonna la construction de la basilique de la Résurrection, basilique qui, au fil des siècles, connaîtra divers sorts: De l'invasion de 614 au cours de laquelle la pierre de la sépulture aurait été brisée, à la décision des Croisés en 1099 de rassembler tous les monuments rappelant la mort et la résurrection du Christ en un seul édifice qui resta presque inaltéré jusqu'à la fin du XIX siècle, subissant toutefois un tremblement de terre en 1927 ou des dommages liés à la première guerre arabo-israélienne en 1948. Aujourd'hui, la gestion de la basilique est règlementée selon le Statu Quo et trois communautés, latine (représentée par les frères mineurs), grecque orthodoxe et arménienne orthodoxe s'en partagent la propriété. Les coptes orthodoxes, les syriens orthodoxes et les éthiopiens orthodoxes peuvent officier dans la basilique. A l'entrée, dans l'atrium, se trouve la pierre de l'Onction qui, selon la tradition, indique le lieu où Jésus, déposé de la Croix, fut embaumé.
Le Pape François et le Patriarche Barthélémy ont été reçus par les trois supérieurs des communautés du Statu Quo (grecque orthodoxe, franciscaine et arménienne apostolique). Le Patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, le Custode de Jérusalem, le P. Pierbattista Pizzaballa,OFM.Cap, et le Patriarche arménien apostolique SB Nourhan Manoogian ont d'abord vénéré la pierre de l'Onction, puis le Pape avec le Patriarche. Après la proclamation de l'Evangile et les paroles du Patriarche Barthélémy, le Saint-Père a prononcé un discours affirmant, en premier lieu, que dans cette basilique "que chaque chrétien regarde avec profonde vénération, arrive à son point culminant le pèlerinage que j?accomplis avec mon frère bien-aimé en Christ, Sa Sainteté Barthélémy. Nous l?accomplissons sur les traces de nos vénérés prédécesseurs, Paul VI et Athénagoras, qui, avec courage et docilité à l?Esprit Saint, ont donné lieu, il y a cinquante ans, dans la Cité sainte de Jérusalem, à la rencontre historique entre l?Evêque de Rome et le Patriarche de Constantinople. C?est une grâce extraordinaire d?être réunis ici en prière. Le Tombeau vide, ce sépulcre neuf situé dans un jardin, où Joseph d?Arimathie avait déposé avec dévotion le corps de Jésus, est le lieu d?où part l?annonce de la Résurrection... Cette annonce, confirmée par le témoignage de ceux à qui le Seigneur Ressuscité est apparu, est le c?ur du message chrétien, transmis fidèlement de génération en génération... C?est le fondement de la foi qui nous unit, foi grâce à laquelle, ensemble, nous professons que Jésus-Christ, Fils unique du Père et notre unique Seigneur, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli; il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts. Chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau, puisque dans le Baptême nous avons tous été réellement incorporés au Premier Né de toute la création, ensevelis ensemble avec Lui, pour être avec Lui ressuscités et pouvoir marcher dans une vie nouvelle... Tenons-nous près du tombeau vide dans un recueillement respectueux, pour redécouvrir la grandeur de notre vocation chrétienne: nous sommes des hommes et des femmes de résurrection, non de mort. Apprenons, de ce lieu, à vivre notre vie, les souffrances de l'Eglise et du monde entier à la lumière du matin de Pâques... Ne nous laissons pas voler le fondement de notre espérance qui est justement cela: Christos Anesti. Ne privons pas le monde de la joyeuse annonce de la Résurrection! Et ne soyons pas sourds au puissant appel à l?unité qui résonne précisément de ce lieu, à travers les paroles de Celui qui, en tant que Ressuscité, nous appelle tous mes frères".
"Certes, nous ne pouvons nier les divisions qui existent encore entre nous, disciples de Jésus. Ce lieu sacré nous en fait ressentir le drame avec une souffrance plus grande. Et pourtant, à cinquante ans de l?accolade de ces deux vénérables Pères, nous reconnaissons avec gratitude et un étonnement renouvelé comment il a été possible, par l?impulsion de l?Esprit Saint, d?accomplir des pas vraiment importants vers l?unité. Nous sommes conscients qu?il reste encore du chemin à parcourir pour aboutir à cette plénitude de communion qui puisse s?exprimer aussi dans le partage de la même table eucharistique, que nous désirons ardemment; mais les divergences ne doivent pas nous effrayer et paralyser notre chemin. Nous devons croire que, comme la pierre du sépulcre a été renversée, de la même façon, pourront être levés tous les obstacles qui empêchent encore la pleine communion entre nous. Ce sera une grâce de la résurrection, que nous pouvons dès aujourd?hui savourer à l?avance. Chaque fois que nous demandons pardon les uns aux autres, pour les péchés commis contre d?autres chrétiens et chaque fois que nous avons le courage de concéder et de recevoir ce pardon, nous faisons l?expérience de la résurrection! Chaque fois que, ayant dépassé les anciens préjugés, nous avons le courage de promouvoir de nouvelles relations fraternelles, nous confessons que le Christ est vraiment ressuscité! Chaque fois que nous pensons l?avenir de l?Eglise à partir de sa vocation à l?unité, brille la lumière du matin de Pâques! A ce propos, je désire renouveler le v?u déjà exprimé par mes prédécesseurs, de maintenir un dialogue avec tous les frères en Christ pour trouver une forme d?exercice du ministère propre de l?Evêque de Rome qui, en conformité avec sa mission, s?ouvre à une situation nouvelle et puisse être, dans le contexte actuel, un service d?amour et de communion reconnu par tous".
"Tandis que nous nous trouvons comme des pèlerins en ces saints lieux, notre souvenir priant va à toute la région, malheureusement si souvent marquée par des violences et des conflits. Et nous n?oublions pas, dans nos prières, tant d?autres hommes et femmes qui, en diverses parties de la planète, souffrent à cause de la guerre, de la pauvreté, de la faim, comme les nombreux chrétiens persécutés pour leur foi dans le Seigneur Ressuscité. Quand des chrétiens de diverses confessions se trouvent à souffrir ensemble, les uns à côté des autres, et à s?entraider les uns les autres avec une charité fraternelle, se réalise un ?cuménisme de la souffrance, se réalise l??cuménisme du sang, qui possède une particulière efficacité non seulement pour les contextes dans lesquels il a lieu, mais aussi, en vertu de la communion des saints, pour toute l?Eglise. Ceux qui tuent, qui persécutent les chrétiens en haine de la foi, ne leur demandent pas s'ils sont orthodoxes ou catholiques. Tous sont chrétiens. Le sang chrétien est le même".
S'adressant ensuite à SS Barthélémy et à l'assemblée, il a ajouté: "Mettons de côté les hésitations que nous avons héritées du passé et ouvrons notre c?ur à l?action de l?Esprit Saint, l?Esprit de l?Amour, pour cheminer ensemble vers le jour béni où nous retrouverons notre pleine communion. Sur ce chemin, nous nous sentons soutenus par la prière que Jésus lui-même, en cette Ville, la veille de sa passion a élevée vers son Père pour ses disciples, et que nous ne nous lassons pas de faire nôtre avec humilité: Qu?ils soient un? pour que le monde croie". Et quand la désunion nous rend pessimistes, peu courageux, méfiants, mettons nous tous sous la protection de la Sainte Mère de Dieu. Quand l'âme chrétienne connaît des turbulences spirituelles, c'est seulement sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu que nous trouverons la paix. Qu'elle nous aide sur ce chemin". Enfin, le Pape et le Patriarche se sont embrassés en signe de paix et ont prié ensemble le Notre Père en italien, pendant que chacun le récitait dans sa propre langue. Ils sont ensuite entrés ensemble dans le Sépulcre pour vénérer la tombe vide, et sont sortis ensemble de la basilique pour bénir les fidèles. De la même façon, ils se sont rendus sur le Mont du Calvaire accompagnés des patriarches grec et arménien et du Custode de Terre Sainte pour vénérer le lieu de la mort et de la crucifixion de Jésus".
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2014-05-24 Radio Vatican
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