Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mardi 22 juillet 2014

Irak : Solidarité des chrétiens et des musulmans

Irak : Solidarité des chrétiens et des musulmans

Irak : Solidarité des chrétiens et des musulmans

(RV) La tragédie des chrétiens d'Irak se poursuit, sous le regard médusé, consterné, et parfois indifférent, des société occidentales. Mossoul, autrefois capitale du christianisme en Irak, a été vidée de ses chrétiens par ses nouveaux maitres, les jihadistes de l'Etat islamique. Les dernières familles qui avaient choisi de rester, ont dû fuir vendredi et samedi dans la précipitation, acculées à cette extrémité par un ultimatum de l'EI.

Selon de nouvelles informations, ces mêmes jihadistes ont pris le contrôle de l'antique monastère Mar Behnam, situé près de Qaraqosh, qui abritait une petite communauté de moines syriaques catholiques. Chassés par les jihadistes, les moines ont quitté les lieux à pieds, sans rien emporter, pas même quelques reliques.

Les appels désespérés, notamment, du clergé irakien s'élèvent. Patriarches, évêques, prêtres, religieux, tous appellent la communauté internationale à prendre ses responsabilités face à cette persécution ouverte des minorités religieuses en Irak.

Ces évènements dramatiques sont cependant illuminés par des gestes de solidarité envers ces chrétiens malmenés et contraints à l'exil.

Les explications de Manuella Affejee : RealAudioMP3



Solidarité de la part des chrétiens, mais aussi des musulmans. A Mossoul même, où plusieurs voix se sont élevées avec courage contre l'épuration religieuse des chrétiens et des autres minorités. Citons celle de Mahmoud Al 'Asali, professeur à l'université de Mossoul. Musulman, il refusait de se faire le complice de la barbarie jihadiste. Il aura payé de sa vie son courage : les milices du prétendu Califat l'ont assassiné.

Autre témoignage d'amitié dans ce chaos de violence : la photo, vue sur Twitter, d'Ali, un jeune musulman qui salue publiquement son ami Alaa, une jeune chrétien, contraint à la fuite. Sans parler des habitants du quartier où s'élevait l'évêché syro-catholique de Mossoul. Tous musulmans, ils ont essayé de s'interposer pour empêcher les jihadistes de saccager les lieux, malheureusement sans succès. L'Evêché et la cathédrale attenante ont été brûlés.

Dimanche, une manifestation, organisée par le Patriarche Sako, a rassemblé plusieurs fidèles de toutes confessions. Sur leurs pancartes, un mot d'ordre « Je suis irakien, je suis chrétien ». Ce slogan court à présent sur les réseaux sociaux.

Les chrétiens occidentaux ne sont pas en reste. Le « N » de Nassarah, que les jihadistes avaient taggué sur les maisons chrétiennes à Mossoul, est devenu le signe de ralliement sur facebook ou Twitter. Par ailleurs, ce vendredi 25 juillet, aura lieu une journée de prière et de jeûne pour ces frères chrétiens d'Orient, persécutés, en raison de leur foi. Une initiative, là encore, relayée via les réseaux sociaux.


Photo: la cathédrale syro-catholique de Mossoul en feu


Envoyé de mon Ipad 

Chrétiens d'Irak : pourquoi tant d'indifférence ?

Chrétiens d'Irak : pourquoi tant d'indifférence ?

Chrétiens d'Irak : pourquoi tant d'indifférence ?

Une réfugiée chrétienne en prière, à Arbil, le 27 juin dernier.

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Les islamistes ont chassé les chaldéens de Mossoul. L'avenir des chrétiens d'Irak est plus incertain que jamais, s'inquiète le Directeur national de l'Aide à l'Eglise en Détresse.


Marc Fromager est directeur de l'Aide à l'Eglise en Détresse, et rédacteur en chef de L'Eglise dans le Monde. Il est également l'auteur de Chrétiens en danger, vingt raisons d'espérer (EDB).


FigaroVox: Depuis la prise de Mossoul par les islamistes d'EEIL, comment a évolué la situation des chrétiens d'Irak?

MARC FROMAGER: La communauté chrétienne d'Irak est purement et simplement menacée d'extinction. Depuis l'invasion américaine de 2003, la situation n'a cessé de se dégrader pour les chrétiens dans ce pays. Avec la prise de Mossoul par les islamistes, le 10 juin, on a franchi une étape supplémentaire. La menace est devenue frontale pour les chaldéens, d'autant que de nombreux villages chrétiens se trouvent à proximité de Mossoul. Le 17 juin, l'EIIL a ordonné aux derniers chrétiens de la ville de devenir musulmans, ou bien d'accepter le statut de dhimmi, qui oblige au paiement d'un impôt de «protection» ou bien de quitter la ville avant le 19 juillet à midi. Leurs maisons ont été marquées de la lettre N -nazara en arabe qui désigne les chrétiens-, et confisquées. Les chrétiens de Mossoul contraints à l'exode ont dû abandonner tous leurs biens, confisqués par les islamistes. A Bagdad, il y a encore des chrétiens, mais la situation est devenue chaotique. Reste la partie kurde du pays où les chrétiens bénéficient, pour le moment, d'une sécurité relative.

Mossoul était-elle une des plus anciennes villes chrétiennes du monde? Depuis quand les chrétiens sont-ils présents en Irak?

Le christianisme s'est largement répandu au Moyen-Orient, où il est né. Il y a eu des chrétiens dans l'actuelle Irak très certainement dès les semaines qui ont suivi la Pentecôte, c'est-à-dire aux tout débuts du christianisme. L'apôtre Saint Thomas est passé là. Il y avait d'ailleurs une relique de lui à Mossoul, qui est l'ancienne Ninive de la Bible. Avec Antioche et Damas, Mossoul abritait probablement une des plus importantes communautés chrétiennes de l'époque. Un des titres de gloire de Mossoul pour les chrétiens, est d'avoir eu comme évêque Saint Isaac le Syrien -même s'il est né dans le territoire actuel du Qatar-, encore appelé Saint Isaac de Ninive.

Face à la poussée de l'islamisme radical, peut-on craindre à long terme une disparition définitive des chrétiens d'Orient?

Lorsque l'on évoque cette possibilité, on est en général taxé de dépressif ou de vautour. Les sceptiques sous-entendent que l'on brandit cette éventualité afin de susciter la générosité des donateurs ou encore pour jeter de l'huile sur le feu en illustrant l'apparente inutilité du dialogue interreligieux. Or, si l'on regarde les chiffres, la proportion des chrétiens au Moyen-Orient n'a cessé de baisser depuis l'arrivée de l'islam. Et cette diminution n'a fait que s'accélérer tout au long du XXème siècle, et en particulier ces vingt-cinq dernières années. Malgré les déclarations optimistes ou encourageantes des autorités ecclésiastiques locales - et on comprend qu'elles ne veuillent pas accroître la tentation déjà lancinante de l'exil-, l'eventualité d'une disparition totale des chrétiens au Moyen-Orient ne cesse de se renforcer. Certes, il reste encore des millions de chrétiens en Egypte et on les imagine difficilement disparaître dans un avenir proche. Mais il est vrai qu'en Irak et peut-être demain en Syrie, le scénario devient chaque jour plus probable. Parallèlement et de manière paradoxale, il y a de plus en plus de chrétiens étrangers -en général indiens ou philippins- au Moyen-Orient. On compte ainsi un million et demi de catholiques en Arabie Saoudite, alors que les chrétiens avaient disparu de ce pays pendant quatorze siècles. Mais ce sont des travailleurs venus d'Asie et non des chrétiens d'Orient. Ils ne resteront pas dans la région.

Alors que le monde entier a les yeux rivés vers la Palestine, le sort des chrétiens d'Orient semble susciter moins de mobilisation dans l'opinion occidentale. Comment expliquer cette indifférence?

C'est un grand mystère! Il ne s'agit pas que des chrétiens d'Orient. D'une manière générale, le sort des chrétiens dans le monde n'intéresse personne. Lorsqu'il s'agit de persécutions antichrétiennes, c'est la mélodie du silence! Est-ce parce que le christianisme n'est plus censé faire partie de la sphère publique? Faut-il y voir un lien avec le rejet de nos racines et de notre identité? Les chrétiens ne font-ils pas le poids face à des intérêts supérieurs, en général énergétiques ou financiers? Le plus surprenant, c'est que même l'Eglise, hormis le Pape François qui en parle de plus en plus, semble anesthésiée sur cette question. Est-ce par considération mystique, l'Eglise étant appelée à suivre le Christ jusque dans sa passion? Est-ce par humilité (ne parlons pas de nous) ou une charité déplacée (ne parlons pas de persécution, cela signifierait qu'il y a des persécuteurs)? Ou considère-t-on simplement qu'il n'y a plus rien à faire pour les chrétiens dans le monde?

Face à leur situation tragique, que peut faire l'Occident pour aider les chrétiens d'Orient?

Il faut d'abord en parler. Même si on n'est pas chrétien, on ne devrait pas pouvoir rester insensible à ces menaces d'extermination. La seconde urgence est que les pouvoirs publics français et européens expriment de manière ferme et constante notre indignation extrême face à ce drame. Le message est simple: ces persécutions ne sont pas pas acceptables! Pour éviter de prêter le flanc à l'accusation de partir en croisade, on pourrait placer cette exhortation sur le plan de la liberté religieuse en la revendiquant pour tous. A Mossoul, les maisons des chiites aussi ont été marquées par les islamistes. C'est également intolérable.



Envoyé de mon Ipad 

L'observatoire de la Christianophobie | Mossoul : précisions sur le vandalisme de sanctuaires chrétiens

L'observatoire de la Christianophobie | Mossoul : précisions sur le vandalisme de sanctuaires chrétiens
22/7/2014

Mossoul : précisions sur le vandalisme de sanctuaires chrétiens

Ci-dessous, quelques informations recueillies sur le blogue Fraternité en Irak, et datées du 20 juillet.

À Mossoul, le vendredi 18 juillet, à 19 h 30, les djihadistes de l'État islamique (EI) sont entrés dans l'archevêché syriaque catholique de Mossoul furieux parce que les chrétiens de la ville ne s'étaient pas rendus à la réunion à laquelle l'EI les avait convoqués pour présenter les nouvelles règles du califat. Ils ont enlevé les portraits des évêques et des patriarches se trouvant dans la « salle du divan ». Puis ils les ont fait brûler. C'est ce premier feu qui aurait ensuite endommagé l'archevêché dans un incendie dont il est encore difficile de mesurer l'ampleur des dégâts. Les musulmans du quartier se sont très courageusement interposés pour empêcher les djihadistes de poursuivre leur saccage, sans succès. Cette résistance des musulmans du quartier en soutien à leurs voisins chrétiens avec qui ils ont toujours vécu est un grand signe d'espérance dans la tragédie qui se joue actuellement à Mossoul. La cathédrale Al Taheera  [la Pure] qui jouxte l'évêché, aurait, selon plusieurs sources concordantes, été dégradée par les flammes. Pour l'instant, aucune photo de ces deux événements ne nous est parvenue. À Mossoul toujours, aujourd'hui 20 juillet à 7 h 30, la grande porte de l'église Al Sa'a des dominicains a été défoncée. Nous n'en savons pas plus sur d'éventuels dégâts à l'intérieur du couvent. Le monastère et l'église de Saint-Georges (quartier de Hay Al Arabi), appartenant aux moines Antonins, sont occupés depuis le 19 juillet au soir par des hommes de l'État islamique.



Envoyé de mon Ipad 

L'ONU s'inquiète d'un possible « crime contre l'humanité » en Irak

L'ONU s'inquiète d'un possible « crime contre l'humanité » en Irak

Irak : l'ONU s'inquiète d'un possible « crime contre l'humanité »

Dans une déclaration unanime adoptée, lundi 21 juillet, les quinze pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont condamné les persécutions menées par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) contre les minorités en Irak.

« Les attaques systématiques et à grande échelle contre des populations civiles en raison de leur origine ethnique ou religieuse ou de leur foi peuvent constituer un crime contre l'humanité pour lequel les responsables devront rendre des comptes. »

Parmi les cibles principales de ces attaques, les chrétiens de Mossoul, la deuxième ville du pays, où l'EI a installé son quartier général. Les djihadistes leur avaient donné vingt-quatre heures pour quitter le « territoire » du califat, les autres options étant de se convertir à l'islam, de payer un impôt spécial pour les non-musulmans, ou de périr « par le glaive ».

Avant l'expiration de l'ultimatum, selon des témoignages recueillis par téléphone par les agences de presse internationales et des médias irakiens, les maisons des chrétiens de Mossoul ont été marquées de la lettre N, pour « nassarah », nom utilisé pour désigner des chrétiens dans le Coran, et les croix des églises ont été détruites et remplacées par le drapeau de l'EI. Sur la route, aux points de contrôle à la sortie de Mossoul, les djihadistes ont volé l'argent et les bijoux des réfugiés, ainsi que certaines voitures.

Lire le reportage (édition abonnés) : Menacés de mort par l'Etat islamique, les chrétiens d'Irak fuient au Kurdistan

SOLIDARITÉ DE LA POPULATION IRAKIENNE

Parmi les cibles des persécutions des insurgés sunnites de l'Etat islamique, les chrétiens d'Irak.
Parmi les cibles des persécutions des insurgés sunnites de l'Etat islamique, les chrétiens d'Irak. | REUTERS/STRINGER/IRAQ

Ces menaces ont eu comme effet de rapprocher les différentes confessions religieuses du pays. Des habitants sunnites de Mossoul, bravant leur peur de s'exprimer, ont ainsi signifié dimanche leur solidarité avec les chrétiens et affiché leurs distances vis-à-vis de l'EI.

Des responsables des villes saintes chiites de Kerbala et Najaf, accueillant déjà de très nombreux réfugiés chiites, ont déclaré que les portes de leurs cités étaient ouvertes aux chrétiens.

L'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui représente 57 pays musulmans, a, elle, offert son assistance aux déplacés :

« Le déplacement forcé [des chrétiens de Mossoul] est un crime intolérable. Les pratiques [de l'EI] n'ont rien à voir avec l'islam et ses principes de tolérance et coexistence. Ces atrocités sont contraires aux principes de l'OCI, dont l'Irak est membre. »

A Bagdad, le premier ministre, Nouri Al-Maliki, mal en place depuis l'offensive djihadiste dans le nord du pays, en a profité pour réclamer une aide internationale contre l'EI, « groupe criminel et terroriste ».

Du Vatican aux Etats-Unis, les condamnations sont unanimes. La question qui se pose pour la communauté internationale est l'éventuel accueil des 400 000 derniers chrétiens d'Irak, dont la vaste majorité, de l'aveu même du clergé local, est candidate au départ.



Envoyé de mon Ipad 

Chrétiens d'Irak : appel du cardinal Barbarin

Chrétiens d'Irak : appel du cardinal Barbarin
Publié le 22 juillet 2014 par Garrigues et Sentiers

L'indifférence envers les persécutions
des chrétiens d'Irak devrait nous bouleverser,
s'indignait déjà l'archevêque de Lyon le 26 juin.
Des propos plus que jamais d'actualité...

Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d'Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l'angoisse de nos frères. Mardi 24 juin, j'avais reçu l'appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël 1er Sako que j'avais eu la joie d'accueillir à Lyon en mars. Il était en synode avec une vingtaine d'évêques de la région. Il m'avait dit que la situation était effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves étaient encore à venir. L'éradication des minorités religieuses n'est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins : c'est leur but affiché.

En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d'Irak n'est pas un grand générateur d'émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d'Orient ?

Plusieurs raisons l'expliquent sans doute.

La presse est le reflet des consciences de notre pays : les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme : la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous nous nous habituons à l'inacceptable.

Le fait qu'ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n'arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu'une compassion polie, tardive et peu suivie d'effets.

Asia Bibi a entamé sa quatrième année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n'empêche grand-monde de dormir ; Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort. Là encore, il a manqué de grandes voix françaises pour s'y opposer simplement, fortement, fermement.



Le réflexe communautaire d'un groupe humain l'invite à défendre ses membres. Que les chrétiens aient reçu la vocation d'aimer tout homme sans distinction de race, de culture ou de religion est un enseignement directement issu de l'Évangile. Mais, de grâce ! que cela ne nous fasse pas fermer les yeux sur les malheurs de nos frères les plus proches.

En 1794, l'un des plus grands massacres de prêtres de notre histoire s'est déroulé à Rochefort. 829 prêtres réfractaires y ont été déportés par le Comité de Salut public ; sur les 829, seuls 274 survécurent : ils firent le serment de ne jamais parler de l'horreur qu'ils avaient vécue, pour permettre à la France de se relever.

Aujourd'hui, la ville de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive, est devenue sous l'afflux des réfugiés la plus grande ville chrétienne d'Irak. Entendez-vous le cri qui monte ? C'est celui d'un camp de réfugiés. Qaraqosh n'est pas Rochefort, car le massacre est en cours. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester silencieux.

Le Patriarche me disait hier qu'une partition du pays serait préférable à une guerre civile qui tue d'abord les innocents. Si seulement la communauté internationale pouvait aider à trouver une solution… Mais n'attendons pas tout des États et de leur diplomatie. Agissons ici et maintenant, comme le pape nous y a appelés.

Lorsque Jean-Paul II m'a accueilli dans le collège des cardinaux, il a insisté sur le sens de la pourpre cardinalice : c'est le rappel du sang des martyrs.

C'est pourquoi j'appelle aujourd'hui les chrétiens d'ici à faire monter vers le ciel une prière fervente pour nos frères d'Orient. Je les invite à cultiver la conscience de cette fraternité qui nous lie par-delà les kilomètres et les siècles. Je veux leur redire les paroles du Patriarche : « Ce qui nous manque le plus, c'est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés ! »

Je propose d'encourager les associations œuvrant dans la plaine de Ninive. Je supplie les chrétiens d'ici et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui travaillent dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'alimentation, de l'aide d'urgence de venir en aide aux survivants.

J'ai le désir de lancer un jumelage entre notre diocèse et l'un de ceux qui en a le plus besoin.

Je suggère qu'un pourcentage des quêtes de nos paroisses qui le souhaitent soit versé durant l'année qui vient pour le soulagement de la détresse de nos frères d'Irak. J'invite tous les chrétiens à rester éveillés et attentifs, à être les veilleurs de leurs frères.

Que les héritiers de Saint Pothin deviennent les frères de ceux de Saint Thomas, apôtre de l'Orient. Comme l'a dit le pape François, nous sommes face à un œcuménisme de sang : ce ne sont pas des catholiques, des protestants, des orthodoxes que l'on martyrise, ce sont des chrétiens. Il est d'ailleurs à craindre que les persécutions ne s'arrêteront pas aux chrétiens. Il faut dès aujourd'hui que la ville de Qaraqosh devienne un sanctuaire pour tous les belligérants, et un havre de paix pour les populations civiles qui, par milliers et de toutes les confessions, y affluent.

Car ce sont des hommes que l'on tue, dans le silence, entre deux ola d'un stade de foot brésilien.

Le Patriarche me l'a dit : « Nous gardons espoir, mais comme vous le savez, l'espoir est fragile ». Et si leur espoir était aussi entre nos mains ? Le Pape François le rappelle : « Les chrétiens persécutés pour leur foi sont si nombreux ! Jésus est avec eux. Nous aussi ».

Nous aussi !

Philippe Barbarin

 
Publié dans Coups de cœur - coups de gueule


Envoyé de mon Ipad