Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mercredi 27 août 2014

Etat Islamique en Irak, le troisième totalitarisme ?

Etat Islamique en Irak, le troisième totalitarisme ?

Etat Islamique en Irak, le troisième totalitarisme ?

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Les combattants kurdes continuent leur contre-offensive, et reprennent des villes contrôlées par l'Etat Islamique dans le nord de l'Irak. Pour le sénateur Bruno Retailleau, leur combat est cependant perdu d'avance sans une aide internationale immédiate.


Bruno Retailleau est sénateur de la Vendée.


FigaroVox: Vous revenez tout juste d'un voyage en Irak. Dans quelles circonstances avez-vous voyagé dans ce pays? Pouvez-vous nous raconter ce que vous y avez-vu?

Bruno RETAILLEAU: J'étais en Irak, et plus précisément à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, à 30 minutes de la ligne de front telle qu'elle est fixée aujourd'hui. J'étais invité à la fois par les patriarches de la ville, et par une ONG, Fraternité en Irak. Pour des raisons de sécurité évidentes, je suis resté à Erbil, où j'ai rencontré les autorités diplomatiques, des dirigeants de la DGSE, et les patriarches, Erbil étant une grande ville catholique et chaldéenne. J'ai également pu visiter des camps de réfugiés, où 3000 personnes vivent, loin de leur foyer.

J'étais le premier parlementaire à y être allé, car je voulais me rendre compte de la réalité de la situation, extrêmement tendue, comme chacun le sait. Une forte communauté chrétienne, historique, y est menacée. Ce que j'ai vu, sur le plan humanitaire, dépasse l'entendement: on est là face à une urgence absolue. L'eau croupit, les gens dorment dans des tentes de fortune, ou entassés dans les églises, les médicaments se font rares, et une tente, divisée en cinq box, tient lieu d'hôpital pour les malades et blessés!

La première urgence est donc d'ordre humanitaire: les camps de réfugiés se sont faits à la va-vite, ne sont pas organisés, et manquent de tout. On parle là de 600 000 déplacés, pour la plupart chrétiens, mais pas seulement: s'y trouvent également des minorités yazidis, par exemple. Là, je n'ai pas vu la communauté international agir dans les proportions adéquates, et les réfugiés sont donc abandonnés, traumatisés par ce qu'ils ont vu et vécu. Ils vivent à présent dans des conditions inhumaines.

Le second point est le Califat. L'Etat Islamique contrôle à présent 1/3 de la Syrie, 1/3 de l'Irak, et efface la frontière entre ces deux Etats. Ce Califat est une instance temporelle, qui a prétention non seulement à diriger les musulmans de la région, mais également à unifier sous sa férule la planète entière! Cet Etat se constitue, selon les témoignages, très rapidement, avec une administration, des écoles coraniques, et des circuits financiers propres. Il est financé par certains pays riches de la péninsule arabique, par l'impôt levé sur les chrétiens, mais également par les razzias qu'il lance: à Mossoul, les combattants de l'EI ont ainsi récupéré 450 000 000 d'euros dans les banques! Aujourd'hui, le Califat dispose de 50 000 hommes en Syrie, ainsi que 10 000 en Irak, des combattants redoutables, qui ne reculent devant rien, et qui profitent de l'équipement américain, abandonné sur place par l'armée irakienne lorsqu'elle fuit devant les troupes de l'Etat Islamique. Ces guerriers construisent également une stratégie de terreur barbare et efficace: décapitations, éventrations de femmes enceintes, ces méthodes abominables sont utilisées pour terrifier les soldats et civils ennemis, qui fuient en les voyant arriver.

Les Peshmergas ne feront pas le poids face à une telle force. Ces combattants sont plutôt habitués aux escarmouches, rapides, tactiques et précises ; ils ont ainsi réussi à stopper la progression de l'Etat Islamique. Toutefois, ils ne sont pas armés pour résister voire repousser la vague islamique. Les frappes américaines, de même, ont été utiles, mais elles ont de moins en moins d'impact. On peut arrêter un raid ponctuel, grâce à elles, mais pas l'avancée de l'Etat Islamique.

La haute-commissaire aux droits humains de l'ONU, Navi Pillay, a accusé les djihadistes de «nettoyage ethnique et religieux». Avez-vous vu sur place des éléments confirmant cette accusation?

Absolument. C'est une évidence. Les premières victimes sont les chrétiens, à Qaraqosh, Mossoul et dans la plaine de Ninive, où leur implantation est très ancienne, antérieure, même, à celle des musulmans. D'autres minorités, dont les Turcomans, Shabaks et Shiites, sont également frappées. En somme, l'Etat Islamique ne tolère rien d'autre qu'un fondamentalisme.

Quelles conclusions tirez-vous de votre déplacement?

Nous ne pouvons pas accepter la construction de ce Califat en Irak, dans l'arc de crise le plus déstabilisé au monde. Al-Qaïda ne disposait jusqu'ici pas des moyens suffisants pour frapper l'Europe, mais imaginez ce que pourrait faire un Etat organisé comme celui-ci! Nous avons en face de nous une épuration ethnique et religieuse qui ne reculera devant rien. Chaque jour, la barbarie avance et la civilisation recule. Nous devons donc agir, et j'inclus dans ce nous l'ONU en son ensemble, pas seulement l'Europe et les Etats-Unis, mais également l'Asie et la Ligue Arabe, par exemple. Pour le moment, l'armée irakienne et les kurdes ont stoppé l'avance, mais sans notre aide, ces combattants ne résisteront pas longtemps à l'avancée des drapeaux noirs islamiques. Nous avons ici affaire au troisième totalitarisme, après l'Allemagne d'Hitler et la Russie stalinienne.

De plus, je l'ai dit, l'aide humanitaire n'est absolument pas organisée. Il faut que le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU et que la communauté internationale prennent conscience de la réalité de la situation, et s'occupent de ces persécutés. Laurent Fabius et la France peuvent proposer le droit d'asile aux réfugiés politiques, mais je ne pense pas que ce soit la bonne réponse à cette situation.

Les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU doivent donc absolument s'entendre pour apporter une réponse à cette grave crise. Le monde entier, et pas seulement l'Occident, ne pourra jamais accepter la présence d'un Etat Islamique fanatique, organisé, au cœur de cet arc de crise du Moyen-Orient. La situation n'a jamais été aussi dangereuse, et seule une action globale, qui s'appuiera sur les forces locales, avec la Ligue Arabe, un mandat de l'ONU, l'aide des Chinois, pourra permettre de lutter contre ces terroristes. Quand on parle d'épuration ethnique et religieuse, de totalitarisme, il ne s'agit plus d'un problème occidental, mais de l'humanité toute entière.

Quelles solutions politiques peut-on apporter à cette crise irakienne aujourd'hui? Quel est le rôle de la France?

Jusqu'ici, les solutions proposées par François Hollande ne sont que partielles. La France doit faire partie d'une solution globale, et participer à un engagement mondial. Tous les pays peuvent se sentir menacés par le Califat: l'Iran, par exemple, ne peut pas non plus tolérer cet Etat Islamique sur le pas de sa porte. On ne peut pas dire, sous prétexte des erreurs des américains en 2003, qu'il nous est interdit d'utiliser la force contre les troupes islamiques. Devant cette menace, il faudra bien entendu y recourir. La violence est alors légitime. Même le Pape François la juge «licite».



Envoyé de mon Ipad 

Irak : "Vous pouvez compter sur nous" Message du card. Maradiaga


Rédaction

ROME, 26 août 2014 (Zenit.org) - « Vous pouvez compter sur nous » : c'est ce qu'affirme le président de Caritas Internationalis, le cardinal Óscar Rodríguez Maradiaga, au patriarche de Babylone des Chaldéens, Mgr Louis Raphaël Sako, et à Mgr Shlemon Warduni, président de Caritas Irak, dans une lettre datée du 15 août 2014.

Le cardinal redit, au nom de l'organisation qu'il préside, son « soutien et [sa] solidarité à l'Église irakienne, ainsi qu'aux employés de la Caritas locale et à toutes les congrégations religieuses et aux autres organisations qui fournissent une aide concrète à la communauté ».

« Nous avons assisté le cœur meurtri au déplacement de plus d'un million deux cent mille personnes, qui fuient l'horreur dans l'espérance de sauver leur vie et celle de leur famille », écrit-il. Il note que « malgré les progrès en matière de reconnaissance des droits des minorités au niveau international, chrétiens, yézidis, Kurdes, Shabaks… et d'autres peuples sont victimes d'atrocités inouïes ».

Le cardinal se dit profondément préoccupé « par les conséquences que cette récente flambée de violence pourrait avoir sur le dialogue entre musulmans et chrétiens » et « sur la coexistence pacifique désirée par la majorité des musulmans et des chrétiens au Moyen-Orient, comme partout ailleurs dans le monde ».

Faisant l'éloge du « courage et de la fermeté démontrés par l'Église irakienne et par toutes les personnes de bonne volonté face à ces crimes contre l'humanité », il rappelle la proximité physique et spirituelle de Caritas Internationalis « pour soulager les souffrances » de ces personnes, leur « fournir de la nourriture et un toit et les guérir des traumatismes qu'elles subissent ».

Enfin, le cardinal hondurien rappelle les paroles du pape François : « La violence ne peut être vaincue par la violence, mais par la paix ». Il s'adresse directement aux militants de l'Etat islamique, les exhortant à mettre fin à leurs brutalités et à travailler pour la construction d'une société « où tous les êtres humains, qu'ils appartiennent ou non à des communautés minoritaires, puissent vivre en paix ».

Le président de Caritas Internationalis adresse un dernier appel aux responsables mondiaux, leur demandant de s'engager sur plusieurs fronts : garantir la sécurité des personnes impliquées, remettre en vigueur l'état de droit et interrompre la fourniture d'armes à tous ceux qui commettent ces crimes contre la vie et la dignité humaine.

Traduction de Constance Roques

Irak : il faut l'aide internationale Et la prière, par Mgr Tomasi


Anne Kurian

ROME, 26 août 2014 (Zenit.org) - Continuer à demander l'aide de la communauté internationale pour mettre fin à la violence, mais aussi à « prier » : c'est ce que le Saint-Siège entend faire avec constance pour trouver une solution à la situation irakienne.

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à Genève, est intervenu hier, 25 août 2014, au Meeting de Rimini, où il a lancé un appel à la communauté internationale à mettre fin aux violences des djihadistes contre les minorités en Irak et dans d'autres zones.

« Dans ce contexte de violence et de tragédie, la tâche de l'Église est difficile mais constante », estime-t-il au micro de Radio Vatican : « Le témoignage du Saint-Père est clair : il faut continuer de lancer des appels à la communauté internationale pour trouver la voie de la paix, invitant à la négociation et invitant les Nations-Unies à arrêter l'agresseur. »

Il faut également que tous les croyants continuent à « prier » à cette intention, ajoute l'archevêque. Pour le pape François en effet, « il faut prier, [car] la paix est un don ». S'il faut « dire à l'humanité que la voie de la négociation, du dialogue, est importante », il y a aussi « celle de la prière. C'est un pas fondamental dans l'attitude humaine », un pas qui « ouvre une porte... et le Seigneur regarde cette porte » (cf. Zenit du 20 août 2014).

Mgr Tomasi rapporte par ailleurs que « les évêques d'Irak, les patriarches orthodoxes et catholiques des différents rites – syriaque, chaldéen, melkite – se sont réunis il y a quelques jours et ont formulé clairement des pistes d'action ».

Ils encouragent notamment à « exiger l'aide de la communauté internationale pour arrêter la violence et le massacre [des minorités]. Pensons que des chrétiens sont décapités... ce sont des choses inouïes, vraiment inacceptables ! ».

Les responsables chrétiens demandent aussi « qu'une présence internationale garantisse le retour des chrétiens dans leurs villages et dans leurs maisons : on ne peut accepter qu'ils soient automatiquement condamnés à l'exil ».

Les Irakiens chrétiens « ont le droit de vivre chez eux, là où il sont présents depuis 1.700 ans, avant même l'arrivée de l'islam, non seulement parce que c'est leur droit naturel, mais aussi parce que leur présence aide à diversifier le contexte social et peut favoriser une démocratie respectueuse de l'identité de toutes les personnes », conclut Mgr Tomasi.

Avec une traduction de Constance Roques

mardi 26 août 2014

« Au nom de l’humanité (1) », intervenons en Irak ! | La-Croix.com-26/8/2014-

« Au nom de l'humanité (1) », intervenons en Irak ! | La-Croix.com

« Au nom de l'humanité », intervenons en Irak !

Le 7 mars 1936, Hitler lançait son premier coup de dés et donnait l'ordre aux troupes allemandes d'entrer en Rhénanie démilitarisée. Une action militaire terrestre concertée entre la France et la Grande-Bretagne, pour assurer l'application du traité, aurait alors prévenu de nombreuses tragédies ultérieures, y compris en Allemagne. Mais la désunion entre alliés, la crise économique et le manque de vision eurent raison de la volonté de certains hommes politiques français plus clairvoyants. Le prestige de Hitler en sortait décuplé, en particulier au sein de ses troupes, galvanisées par ce succès et par la glaçante prescience de leur leader, interprétée comme surhumaine, alors que le scepticisme était très majoritaire jusqu'au sein de son propre état-major.

En 2014, en Irak, pays frontalier de la Turquie, elle-même frontalière de l'Union européenne, laisserons-nous l'État islamique au Levant se repaître de ses atrocités et se griser de ses succès, assurant par là même la pérennité du recrutement de ses noires brigades, jusqu'au cœur de nos villes ?

La situation est suffisamment grave pour que des voix traditionnellement hostiles au recours aux armes en appellent à la force. En 1937, Pie XI s'était exprimé « avec une brûlante inquiétude » (Mit Brennender Sorge). « C'est le cœur lourd et plein d'angoisse » que le pape François a écrit aux Nations unies le 13 août dernier. Comment ne pas être saisi par le parallèle entre ces textes, comme par la pratique commune consistant à marquer des bâtiments d'un signe distinctif et à en expulser ses habitants, sans parler des massacres ?

La France est certes une puissance moyenne, frappée, comme dans les années 1930, par une grave crise économique et sociale. Mais quand il s'agit de défendre la justice et la survie de populations millénaires, martyrisées à nos portes, l'Histoire a montré que notre pays a su se dépasser et trouver les moyens de mobiliser le meilleur de lui-même, avec ses partenaires.

La France peut susciter l'élan qui emportera l'adhésion de nos concitoyens et des populations irakiennes, avec lesquelles nous partageons des liens si particuliers et qui doivent reprendre en main leur défense et conduire vigoureusement la contre-attaque.

Il en va aussi de notre sécurité nationale. Nous ne pouvons pas laisser perdurer à nos portes un « califat » qui pousse à leur paroxysme les pires extrémités de l'islam le plus obscur. Ne doutons pas qu'un « État islamique » ainsi constitué devienne à brève échéance une base arrière pour frapper l'Europe. Nous ne pouvons plus nous contenter de largages incertains ou de trop lointaines attaques de drones. Le cas de la Libye nous a prouvé que c'est inefficace à long terme.

Nous sommes conscients de la gravité de notre demande, mais la folle montée en puissance en Irak de nos adversaires et leur politique de terreur décomplexée nécessitent l'intervention urgente de troupes terrestres, sous mandat de l'ONU. Avec humilité et persévérance, convainquons nos partenaires européens. Au-delà, adressons-nous à nos partenaires arabes, dont les autorités politiques et religieuses doivent clairement dénoncer cette situation et la folie de ces « djihadistes » qui blessent, en invoquant le même Dieu, les musulmans qui vivent leur foi en paix.

C'est une intervention de long terme, au contact rugueux du terrain, que nous ne pourrons pas mener seuls ; mais notre devoir est de la susciter. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses voix s'élèvent pour que la France s'engage.

Nos hommes politiques avaient eu la sagesse de dénoncer l'intervention malheureuse de George Bush et Tony Blair en Irak et surtout la gestion désastreuse de l'après-guerre, qui ont entaché durablement le crédit des Américains et des Britanniques dans la région. Malgré les risques, le président de la République a également eu la sagesse de faire intervenir promptement et avec succès les troupes françaises au Mali, aux côtés de Maliens et avec le concours du Tchad. Nous savons intervenir dans le respect des populations locales et avec leur concours. N'ayons pas peur de nous mobiliser pour l'Irak.

Que notre voix particulière au Conseil de sécurité de l'ONU, le maillage de notre réseau diplomatique et le professionnalisme reconnu de notre armée soient mis au service d'une large coalition ayant pour but d'intervenir militairement sur le terrain et d'aider à la reconstruction de l'Irak, aux côtés des Irakiens.

Une victoire collective est aujourd'hui possible, sans avoir à mobiliser une démesure contre-productive de moyens dont nous ne disposons pas. Cette victoire aura des répercussions positives sur les pays limitrophes, en particulier en Syrie. Agissons avant qu'il ne soit trop tard et que la situation ne devienne incontrôlable. 



Envoyé de mon Ipad 

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité » - L'Orient-Le Jour-26/8/2014

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité » - L'Orient-Le Jour

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité »

La Ligue maronite a tenu en juillet dernier au Palais des Congrès de Dbayé un séminaire sur le thème : « Ma terre, mon identité ». Certes, le sujet épineux de la vente des terres, qui entraîne une perte progressive de l'identité socioculturelle du pays, n'est pas nouveau en soi. Il est même devenu récurrent au fil des années de guerre, avec les changements démographiques et géographiques qui ont touché le pays du Cèdre : déplacements internes, afflux des réfugiés, ventes des terres soit entre Libanais, soit aux non-Libanais... L'action menée jusque-là pour endiguer ce fléau est restée limitée. Mais aujourd'hui ce problème a atteint un tel degré de gravité qu'il risque de transformer totalement l'identité même du Liban, pays convivial, creuset de cultures et de civilisations, et « pays message » tel que l'a défini le pape Jean-Paul II.
Tout au long d'une journée bien remplie, le thème du congrès a été abordé par d'éminents conférenciers et en présence d'un impressionnant parterre, sous ses différents angles, posant ainsi l'ensemble des problèmes dans toute leur acuité et préconisant l'action urgente à entreprendre pour mettre un terme à tout ce qui peut mener à la perte totale de l'identité libanaise.
Après avoir développé le lien sacré entre l'être humain et la terre, Me Samir Abillamaa, président de la Ligue maronite, a abordé la situation concrète des maronites de nos jours et la grande inquiétude de l'Église face à cet état de fait.
«Les statistiques, a-t-il affirmé, montrent que les Libanais chrétiens ont perdu au cours de ces derniers années une grande partie de leurs terres et certaines régions sont presque vides de toute présence chrétienne, de vastes étendues de terre ayant été vendues soit volontairement, soit de force ou du fait des offres alléchantes. » Il a souligné que la Ligue a, depuis des années, accordé un intérêt majeur à cette question, à travers des études sur la vente de vastes superficies et sur la nécessité d'amender la loi d'appropriation par des étrangers.
«Ce congrès, a poursuivi Me Abillamaa, n'est pas une réaction impulsive mais un appel à une réflexion approfondie sur les questions existentielles. Le Liban, confronté à de graves crises politiques et économiques, est menacé aujourd'hui dans son identité humaine, culturelle et géographique. La moitié de la population est désormais constituée de non-Libanais. « Ma terre, mon identité », nous le voulons un congrès scientifique, s'appuyant sur des faits, des chiffres et des lois définissant, sans alarmisme mais en toute objectivité, les dangers qui nous menacent. »
Farès Abi Nasr, secrétaire général de la Ligue maronite, est allé dans le même sens, affirmant : « Oui, la terre et l'identité sont en danger et s'il n'en avait pas été ainsi nous ne serions pas réunis ici même pour en parler. » Il a énuméré les multiples dangers : afflux des réfugiés du fait des guerres au Proche-Orient, loi sur la naturalisation que la Ligue maronite a refusée et dont le Conseil d'État a demandé la révision, non-adoption de la loi accordant aux Libanais non résidents sur le sol national le droit de voter, et non-adoption de la loi permettant aux expatriés libanais de récupérer leur identité. Que dire aussi de la manipulation dans la vente des terrains à des prix qui dépassent tout entendement ?
L'évêque Antoine Andary, représentant le patriarche maronite, a insisté sur le lien sacré entre l'homme et la terre, rappelant que dès le début de leur existence, les maronites ont pris conscience de la valeur de la terre, l'ont aimée et y ont incrusté leurs racines. D'ailleurs, a-t-il rappelé, le Conseil patriarcal maronite avait insisté sur cet aspect, déclarant : « Si le maronite gagne le monde entier et perd la terre sur laquelle s'est formée son identité historique, il aura perdu son âme. »
À la première séance, qui avait pour titre : « Les changements démographiques et géographiques au Liban », les statistiques avancées par Rabih Habre, spécialiste en la matière, sont plus qu'alarmantes. Il en a été de même pour les données présentées par Béchara Karkafi, ancien directeur général des services du cadastre, sur le mouvement des biens fonciers. Le député Nehmétallah Abi Nasr a proposé des restrictions à la vente des terres. La deuxième séance a porté sur les lois et décrets relatifs à ce sujet. Les présidents Maurice Khawam et Salim Sleiman, ainsi que le Dr Antoine Antoine Saad ont évoqué la nécessité d'apporter des amendements aux lois et décrets en vigueur, et l'adoption de nouveaux projets de loi proposés en vue de protéger la propriété.
Lors de la troisième séance, il a été question du développement équilibré de toutes les régions du pays à travers la création de zones économiques libres, de coopératives spécialisées, le jumelage entre les municipalités, etc. La dernière séance a porté sur les sources de financement par la Banque centrale, le Plan Vert, le CDR, des organismes privés dont Kafalat, et sur le rôle des municipalités dans le développement continu. Maintenant que le mal est diagnostiqué, que les remèdes sont proposés, reste à passer à l'action. La tâche est ardue dans la conjoncture présente interne et régionale en l'absence d'un président de la République, avec un Parlement qui s'auto-renouvelle et une situation régionale explosive dont le Liban subit les retombées au quotidien. Mais il ne faut pas se laisser gagner par le désespoir. Une mobilisation globale est nécessaire car le fléau de la vente des terres, qui touche en priorité les maronites, se répercute sur l'ensemble de la population et c'est le Liban entier, dans toutes ses familles spirituelles, dans toutes ses composantes et richesses historiques, culturelles et valeurs fondamentales, qui sera le grand perdant. Qui voudrait d'un Liban monochrome ?



Envoyé de mon Ipad