Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

jeudi 4 septembre 2014

Partir ou rester, l’impossible dilemme des chrétiens d'Irak | La-Croix.com

Partir ou rester, l'impossible dilemme des chrétiens d'Irak | La-Croix.com

NE PAS QUITTER SON PAYS, «ONZIÈME COMMANDEMENT» DES CHRÉTIENS D'IRAK

« Tout le monde veut partir. C'est comme une hémorragie que rien ne pourrait arrêter. »Diacre, Yasin a pris en charge l'organisation du camp de déplacés installé autour de l'église syrienne-orthodoxe d'Oum an Nour (Mère de Lumière) à Ankawa, la banlieue d'Erbil.

Parmi les 87 familles abritées sous des tentes ou dans l'église en construction, la plupart, constate-t-il, ne veulent retourner à Mossoul que « pour vendre leurs biens et partir ».

« Tu ne quitteras point ton pays », le « 11e commandement » des Églises orientales, selon l'expression du P. Douglas, prêtre chaldéen responsable du sanctuaire Mar Elia à Ankawa, a vécu. Un commandement déjà contesté par les fidèles, d'autant que certains de ses défenseurs avaient eux-mêmes mis leurs familles en lieu sûr…

Cette fois, l'ampleur du désastre semble l'avoir rendu caduc. Responsable d'un camp dans une école publique kurde d'Ankawa, le P. Samer, prêtre syrien-catholique de Qaraqosh, avoue avoir « changé de discours ».

« Avant j'étais contre l'émigration, je disais à mes fidèles qu'ils ne pouvaient abandonner la terre de leurs ancêtres, même quand les bombardements se sont approchés de Qaraqosh. Mais aujourd'hui, je les aide à émigrer. »

un refuge kurde bien précaire

Leur refuge kurde apparaît à beaucoup bien précaire face aux assauts de l'État islamique (EI). Et les chrétiens ne s'y sentent pas chez eux. « Il faut les aider à partir, nous n'avons plus le choix », soutient aussi, très abattue, Mère Maria, supérieure des dominicaines en Irak, qui a dû quitter précipitamment son couvent de Qaraqosh.

Dans tous les camps, les dossiers jaunes distribués par le gouvernement kurde pour reconstituer papiers d'identité ou passeports volés par l'EI ont fleuri. Certains prêtres passent des journées entières à signer des certificats de baptême dont leurs fidèles espèrent qu'ils les aideront à obtenir un visa.

Certains déplacés sont conscients de la difficulté de l'exercice. Peu de pays, excepté la France, ont annoncé leur intention de les accueillir. Et encore, celle-ci devrait réserver cette possibilité aux déplacés qui ont déjà parents ou amis susceptibles de les accueillir, capables de travailler à brève échéance, ou encore à quelques-unes des victimes les plus « fragilisées », comme ces femmes yézidies violées par les djihadistes et considérées comme déshonorées par leurs proches.

certains rêvent de retourner dans leurs villages

Profondément attachés à leur terre et à leur Église, les chrétiens de la plaine de Ninive entrevoient aussi qu'à l'étranger leur vie pourrait ne pas être si simple. « Émigrer, ce n'est pas juste ouvrir une porte et cueillir des fleurs mais repartir en dessous de zéro », reconnaît Yasin, le diacre d'Oum an Nour.

Pour cette raison, lui et sa famille, installés à Ankawa depuis quelques années où ils ont trouvé un travail, ont décidé de « rester et se battre pour l'Irak ». Réfugiée à Souleymanié, Hanna, elle, a eu des nouvelles de ses neveux partis pour la France avec une quarantaine de réfugiés le 21 août. « Les premiers jours, ils étaient contents. Maintenant, ils disent qu'ils s'ennuient. »

Interrogés sur leur avenir, les déplacés ne cessent, au fond, d'osciller entre rêve d'émigration et rêve de regagner leurs villages « sécurisés par une force de protection internationale ».

« Ils sont tellement effrayés qu'ils ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent », estime aussi le P. Douglas, qui a choisi de ne pas « les culpabiliser davantage ». « Il est normal de penser à ses enfants, mais je leur demande de bien prendre leur décision en famille. »



Envoyé de mon Ipad 

Pour le pape François, l’Église doit défendre ses fils persécutés en Irak | La-Croix.com

Pour le pape François, l'Église doit défendre ses fils persécutés en Irak | La-Croix.com

Le pape François lors de son audience générale du mercredi 3 septembre 2014.

« L'Église souffre avec vous et est fière de vous », a lancé mercredi 3 septembre aux chrétiens d'Irak le pape François en arabe et en italien, en soulignant qu'ils étaient « au cœur de l'Église » qui se devait de « défendre » leurs droits.

S'adressant à 20 000 fidèles du monde entier réunis sur la place Saint-Pierre à Rome, le pape a souligné que l'Église se devait de « défendre ses fils persécutés et sans protection », sans pour autant citer directement les menaces des djihadistes de l'État islamique (EI).

« Aujourd'hui, je voudrais vous assurer spécialement la proximité de l'Église : vous êtes en son cœur ! L'Église souffre avec vous et est fière de vous, d'avoir des fils comme vous ! Vous êtes sa force et le témoignage concret et authentique de son message de salut, de pardon et d'amour. Que Dieu vous bénisse et vous protège toujours. Je vous embrasse tous, tous ! », a-t-il martelé au cours de l'audience générale hebdomadaire.

75 ans après l'invasion de la Pologne par les nazis, le pape s'adresse aux Polonais

Le pape François avait envoyé fin août un émissaire en Irak, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, et multiplié les appels aux Nations unies et au monde musulman, pour que l'EI soit clairement condamné et que les chrétiens et d'autres minorités d'Irak soient protégés et puissent rester chez eux.

 Il est légitime de « stopper l'agresseur injuste », avait-il dit, sans avaliser les frappes américaines, en soulignant qu'il avait à cœur la protection de toutes les minorités, pas seulement chrétiennes.

Certains évêques du Moyen-Orient voudraient que le Vatican en fasse plus, en particulier pour les chrétiens de Syrie, également menacés par l'EI. Les réseaux de Caritas et d'autres associations catholiques se sont mobilisés depuis longtemps pour les chrétiens des deux pays, en apportant une aide aux réfugiés au Liban et en Jordanie.

En s'adressant mercredi aux pèlerins polonais, le pape a aussi évoqué l'invasion de leur pays par les troupes nazies il y a 75 ans : « Aujourd'hui spécialement, nous avons besoin de la paix ! », a-t-il dit, ajoutant : « je confie à la miséricorde de Dieu ceux qui ont perdu la vie par amour de la patrie et de leurs frères ».



Envoyé de mon Ipad 

Alerte Google - Chrétiens d'Orient



Google
Chrétiens d'Orient
Mises à jour quotidiennes 3 septembre 2014
ACTUALITÉS
Les chrétiens d'Orient
Quant aux pays d'Europe occidentale, de plus en plus déchristianisés malheureusement, le sort des chrétiens d'Orient retient à peine leur attention, ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
Radio Vatican
François aux chrétiens d'Irak : l'Eglise "est fière de vous"
"L'Eglise souffre avec vous et est fière de vous", a lancé mercredi aux chrétiens d'Irak le pape François en arabe et en italien, en soulignant qu'ils ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
la Nouvelle République
Syrie : des chrétiens éprouvés mais déterminés
Syrie : des chrétiens éprouvés mais déterminés ... de se tourner vers les bénévoles de l'association française SOS Chrétiens d'Orient venus financer ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
Centre Presse
Des chrétiens éprouvés mais déterminés
Des chrétiens éprouvés mais déterminés ... avant de se tourner vers les bénévoles de l'association française SOS Chrétiens d'Orient venus financer ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
Nouvelles de France
Les patriarches orientaux réunis à Bkerké demandent « l'éradication » de l'EIIL
Fidèle à sa réputation de réactivité, SOS Chrétiens d'Orient parvient à organiser la livraison de 1300 douzaines de bouteilles d'eau d'un demi litre ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
Radio Notre Dame
"Il faut une milice armée pour protéger les chrétiens"
De retour d'Irak, le directeur général de l'Oeuvre d'Orient ne mâche pas ses mots : il faut "neutraliser" les djihadistes, les "traduire devant la justice ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent




mercredi 3 septembre 2014

Témoignages Irak | La-Croix.com-2/9/2014

Témoignages Irak | La-Croix.com

Hsain, Najat et Daoud ont fui l'État islamique.

Depuis début début août, la nouvelle avancée de l'Etat islamique a chassé sur les routes des centaines de milliers de réfugiés yézidis, chrétiens, mais aussi kakaï, chabak ou sabéens.

> Retrouvez notre reportage (édition abonnés)

Prévenus par leurs proches, certains sont parvenus à quitter leurs villes et villages à temps, mais ont souvent tout perdu, et même parfois la vie, dans leur fuite éperdue. Lorsqu'ils n'ont pu partir à temps, les yézidis ont été massacrés pour les hommes, enlevées et vendues comme esclaves à Mossoul pour les femmes. De leur côté, soumis à d'intenses pressions pour se convertir, la plupart des chrétiens ont eu, eux, la vie sauve à condition de partir.

> Retrouvez notre dossier spécial sur les chrétiens d'Orient  

Les déplacés vivent aujourd'hui dans des conditions misérables au Kurdistan irakien. L'aide internationale, qui a commencé à leur arriver, est encore insuffisante.

daoud

Daoud, à l'extrême-droite de la photo

 • Daoud : « J'ai vu la mort en face » 

  Daoud, un Chaldéen de Qaramlesh, est resté pour veiller sur ceux qui n'avaient pas pu fuir avant l'avancée de l'État islamique. Il partage désormais avec quatre familles une petite maison louée par ses proches à Ankawa.  

« J'avais quatre enfants, trois filles et un garçon, mais malheureusement j'ai perdu ma fille Amira, 8 ans, d'un cancer du foie et je n'ai même pas pu assister à ses obsèques. La veille du jour où l'État islamique (EI) est entré dans la plaine de Ninive, je l'avais amenée à Qaraqosh pour la faire soigner et je suis rentré à Karamlesh.

Lorsque les gens ont fui, dans la nuit du 6 au 7 août, un de ses oncles a porté Amira jusqu'à la frontière du Kurdistan pour l'emener à l'hôpital, mais hélas elle est décédée. Moi, j'ai décidé de rester avec un ami, Yasser, pour veiller sur ceux, âgés surtout, qui n'ont pu partir à temps.

Quand j'ai appris que ma fille allait être enterrée à Erbil, j'ai demandé aux gens de l'EI de me laisser y aller. Ils ont refusé en disant : "Nous aussi, on a quitté nos familles pour venir en Irak." C'était très dur pour moi.

Un jour, les gens de l'EI m'ont dit :"Tu es nazaréen". J'étais paralysé. J'ai répondu : "Non, chrétien". Ils m'ont dit : "Si tu es nazaréen, alors tu marches le long du mur". Ils m'ont dit qu'ils allaient fouiller les maisons et qu'il fallait partir. Quand j'ai fui, j'ai vu la mort en face : les hommes d'EI dans la rue et, au-dessus de nos têtes, les avions qui bombardaient… »

hsain

 • Hsain : « Beaucoup d'enfants sont morts de soif » 

  Yézidi, Hsain était fermier dans un village du nord du Sinjar. Il est arrivé à Souleymanié en passant par la Syrie, puis le nord du Kurdistan.  

« Le 3 août, lorsqu'on a vu les peshmergas (NDLR : les soldats kurdes) reculer, tout le monde s'est enfui dans la panique, dans des voitures, en tracteur, à dos d'âne ou à pied. Une immense foule. Moi, j'ai fui avec 31 personnes de ma famille.

Lorsque les voitures sont tombées en panne, les gens continuaient à pied. Il y avait des gens âgés, des petits enfants. Comme nous n'avions pas assez d'eau, nous ne donnions que le bouchon de la bouteille aux enfants pour qu'ils trempent leurs lèvres. Mais beaucoup sont morts de soif.

En voiture, on peut mettre environ cinq heures à rejoindre le Kurdistan, mais à pied, nous avons mis trois à quatre jours, en passant par la Syrie. Lorsque nos chaussures ont été trop abîmées, nous avons enroulé nos chemises autour de nos pieds pour continuer à marcher.

Quand nous sommes arrivés enfin à Dohouk (NDLR : dans le nord du Kurdistan), les Kurdes nous ont donné à boire, un peu d'argent. Aujourd'hui, certains de mes fils qui travaillent nous aident. Mais ce n'est pas suffisant. Nous devons vendre nos bijoux pour acheter de quoi manger. »

najat

 • Najat et Behnam : « Plutôt le martyre que la conversion » 

  Najat et Behnam tenaient une petite épicerie dans le village chrétien de Bartella, dans la plaine de Ninive. Parce qu'ils n'ont pu fuir à temps, ils ont passé plusieurs jours sous le joug  de l'État islamique.  

« Personne ne nous a dit de partir, le 6 août au soir. Lorsque je me suis réveillée le matin, il n'y avait plus personne. Vers 11 heures ou midi, une douzaine de combattants de l'État islamique sont entrés chez moi pour me demander de me convertir.

Ils m'ont dit que nous aurions tout ce qu'il nous faut si nous acceptions. Ils étaient masqués, portaient la barbe, une chemise noire et un pantalon noir. Tous les jours, ils sont revenus. À la fin, je leur ai dit : "Vous avez des armes, tuez-moi ! Je préfère être martyre que de me convertir". Je n'en pouvais plus.

Alors ils m'ont dit de venir, qu'ils allaient m'emmener à la frontière avec le Kurdistan. Ils ne m'ont rien laissé prendre. J'avais un chapelet dans mon sac, ils l'ont pris, m'ont demandé ce que c'était et l'ont détruit. Là, j'ai commencé à avoir peur.

Ils ont pris la clé de ma maison, je ne l'ai même plus. Aujourd'hui, nous dormons dans une salle de l'église évangélique de Souleymanié et le P. Ayman (NDLR : un curé chaldéen) nous a donné un peu d'argent. Mais je ne mange rien, je n'ai jamais faim. Et mon mari ne parle plus. »

mohammed

 • Mohammed : « C'est une éradication »

Mohammed, kakaï (religion anté-islamique), s'est réfugié avec 46 familles de son village dans le camp chrétien de Mart Shmouni à Ankawa

« Nous vivions dans un petit village, Kabarli, près de Qaraqosh. Il y a environ 6 ou 7 villages de Kakaïs dans la plaine de Ninive. Quand les peshmergas (NDLR : soldats kurdes) se sont retirés, on s'est enfui en même temps que les chrétiens parce que nous avions entendu dire que les combattants de l'État islamique tue des gens, enlèvent les femmes… Il n'y a plus aucun Kakaï dans nos villages. J'ai entendu dire que nos voitures avaient été volées par l'État islamique et nos troupeaux par nos voisins musulmans.

Pourquoi la France n'envoie-t-elle pas son armée ? C'est une éradication. Nous étions 20 000 Kakaïs en Irak. Un jour, il n'y en aura plus aucun… Nous travaillions avec les musulmans mais finalement, ils nous ont trahis. J'ai 60 ans, et je n'ai plus rien à part cette tente.

Nous voulons retourner dans nos villages avec une protection internationale permanente pour ne pas être attaqués de nouveau. Il faudrait expulser le village musulman qui s'est installé près de nous pour que nous puissions vivre en paix. Nous sommes nés en Irak et nous mourrons en Irak. Même s'il ne reste rien de nos maisons, nous les reconstruirons pierre après pierre. »

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


Envoyé de mon Ipad 

Au Vatican, la Théologie de la libération n’est plus persona non grata - L'Orient-Le Jour

Au Vatican, la Théologie de la libération n'est plus persona non grata - L'Orient-Le Jour

Au Vatican, la Théologie de la libération n'est plus persona non grata

La Théologie de la libération a-t-elle les faveurs du pape argentin ? Plus qu'une pleine réhabilitation, François entend surmonter une fracture qu'il juge dépassée en Amérique latine entre ses partisans et adversaires, en tendant la main vers les plus pauvres, jugent les observateurs du Vatican.
Plusieurs gestes récents ont semblé accréditer l'idée d'un rapprochement de l'Église vers ce courant de pensée chrétienne, née en Amérique latine dans les années 70, qui plaidait la cause d'une Église plus proche des pauvres et des déshérités. Mi-août, le pape a réaffirmé son soutien à la cause de béatification de l'archevêque de San Salvador, Oscar Romero, « un homme de Dieu », défenseur des paysans sans terre, assassiné en 1980 par un commando d'extrême droite. En juillet, il a levé l'interdiction de célébrer la messe au père Miguel d'Escoto Brockmann, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement marxisant (sandiniste) du Nicaragua.
Dans la presse vaticane, des experts ont rappelé que Jean-Paul II et Benoît XVI n'avaient jamais rejeté « l'option pour les pauvres » contenue dans cette théologie, mais ses dérives marxistes. Le Polonais Jean-Paul II, qui avait souffert du communisme, mettait durement au pas les « évêques rouges » et condamnait des théologiens coupables d'avoir choisi le marxisme et d'avoir parfois recommandé la lutte armée. Des évêques conservateurs remplaçaient certains progressistes. Les dictateurs militaires très catholiques n'étaient guère ou pas condamnés.

« Théologie du peuple »
Jorge Mario Bergoglio n'a, lui, jamais été d'un camp ou de l'autre : « Il n'était pas de ces évêques qui ont fait carrière dans la diabolisation de la Théologie de la libération. Les tiers-mondistes ont toujours trouvé un protecteur en Bergoglio. Mais il était tout aussi éloigné, imperméable, à tout intellectualisme, toute instrumentalisation idéologique des paroles évangéliques », explique Gianni Valente, vaticaniste du quotidien catholique Avvenire. Avant même l'avènement de la dictature en 1976, à Buenos Aires, le jeune provincial jésuite s'était montré critique envers les positions d'extrême gauche marxisantes de certains prêtres. Il mettait en même temps en pratique sa « théologie du peuple » dans les favelas, insistant sur la foi populaire. C'était une attitude, typiquement argentine, à « l'intérieur de la grande école de la Théologie de la libération », affirme Valente.
Depuis son élection, François a confirmé ses positions en flèche pour les droits économiques et sociaux, contre la corruption, « l'idolâtrie de l'argent », qu'il avait exprimées comme cardinal. Tout en restant intraitable dans son refus d'une vision marxiste de l'Évangile, il a appelé encore au Brésil en 2013 à surmonter les divisions du passé dans une Église proche des pauvres. « Ce que fait le pape n'est pas une réhabilitation de la Théologie de la libération. La réalité d'alors est dépassée. Il n'y a pas de nostalgie », estime Gianni Valente.
Dans ce contexte, le soutien du pape à la béatification de Mgr Romero n'est pas surprenant : comme lui, il était un évêque plutôt conservateur doctrinalement mais socialement courageux qui défendait les catégories défavorisées. « À travers les gestes et paroles de François, nous comprenons mieux que ce n'est pas la Théologie de la libération dans son ensemble qui a été condamnée, mais ses déviations », a estimé le vaticaniste du quotidien italien La Stampa, Andrea Tornielli. « Il faut être attentif cependant aux simplifications de ceux qui voudraient enrôler Bergoglio dans certaines batailles idéologiques », ajoute-t-il. Dans un éditorial récent, le quotidien The Guardian analysait : « François n'est pas un marxiste. S'il a des opinions politiques, elles sont tout au plus péronistes », inspirées du mouvement lancé par l'ancien président argentin Juan Domingo Peron, prônant davantage de justice sociale.
(Source : AFP)



Envoyé de mon Ipad