Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

vendredi 10 août 2018

SYRIE - Réouverture du Monastère Sainte Thècle à Maalula

 
Maalula (Agence Fides) – Le Monastère orthodoxe Sainte Thècle, sis dans la petite ville syrienne de Maalula, sera bientôt rouvert également aux visites des pèlerins et des touristes. En effet, les travaux de reconstruction et de restauration sont désormais presque achevés, tentant de réparer les graves dégâts infligés au lieu de culte au cours de la période allant de septembre 2013 à mars 2014 pendant laquelle le village rupestre de Maalula a été sous le joug des milices islamiques antigouvernementales, dans le cadre de l’une des phases les plus intenses du conflit syrien.
Ainsi que cela avait été indiqué en son temps par l’Agence Fides (voir Fides 09/06/2018), une contribution importante à la reconstruction du Monastère Sainte Thècle est parvenue de l’Association des anciens combattants russe Boevoe Bratstvo (Fraternité militaire). Des moyens de communication russes indiquent que les religieuses sont déjà retournées au monastère, désormais habitable à 90% et que les travaux de reconstruction et de restauration seront achevés au cours de ces prochaines semaines.
Maalula, sise à 55 Km au nord-est de Damas, est connue dans le monde entier comme l’un des endroits où est encore parlé l’araméen, la langue de Jésus. Elle comprend tant le Monastère Sainte Thècle que le sanctuaire dédié aux Saints Serge et Bacchus, qui dépend de l’Eglise gréco-catholique de rite melkite. Le 3 décembre 2013, 13 religieuses gréco-orthodoxes de Sainte Thècle avaient été enlevées de leur monastère en compagnie de trois de leurs collaboratrices. L’enlèvement se conclut heureusement le Dimanche 9 mars 2014 lorsque les religieuses et leurs trois salariées furent libérées en territoire libanais. La libération intervint notamment grâce à la médiation des services de renseignement libanais et du Qatar et eut comme contrepartie la remise en liberté de 153 femmes détenues dans des prisons syriennes.
 (GV) (Agence Fides 10/08/2018)

vendredi 13 juillet 2018

TERRE SAINTE - Vers la disparition des baptisés de la ville natale de Jésus selon le Curé

 
 
 

 
Bethléem (Agence Fides) – Dans la ville natale de Jésus, le nombre des baptisés diminue de manière impressionnante et ce alors que se multiplient dans le monde entier les groupes qui collectent des offrandes en utilisant le nom de Bethléem sans ensuite faire parvenir aucune aide aux chrétiens de Terre Sainte. Tel est le cri d’alarme lancé par le Père Rami Asakrieh OFM, de la Custodie de Terre Sainte, Curé à Bethléem de la Paroisse Sainte Catherine, près le Sanctuaire de la Nativité. « Ma propre Paroisse – indique le prêtre à l’Agence Fides – fait face à de graves problèmes. Le nombre des familles catholiques à Bethléem se réduit. Maintenant, notre Paroisse compte seulement 1.479 familles palestiniennes. Les chrétiens constituent 17% de la population de la ville alors que par le passé, ils étaient 90% de cette même population ». La diminution vertigineuse de la présence chrétienne à Bethléem – ajoute le Curé – est liée surtout à l’exode des jeunes chrétiens qui émigrent en direction d’autres pays. Nous tentons – indique le religieux – pour notre part de freiner l’émigration en cherchant à fournir une aide à de nombreuses situations de besoin ». Cependant l’actuelle situation politique et économique de la ville, entourée par les colonies israéliennes, voit se multiplier le cas de fidèles « au chômage, déprimés et noyés sous les dettes ». A tout cela – indique encore le franciscain – s’ajoute le fait que « nombreuses sont les organisations qui demandent des ressources financières au nom de Bethléem mais aucun de nos paroissiens ne reçoit un centime provenant de ces organisations ». (GV) (Agence Fides 06/07/2018)

HEZBOLLAH ET SES ENJEUX

L’APPAREIL SOCIAL DU HEZBOLLAH ET SES ENJEUX DE 1990 À NOS JOURS : L’EXPRESSION D’UNE « LIBANISATION » EN TROMPE-L’ŒIL ? (2/2) 
ARTICLE PUBLIÉ LE 13/07/2018

Par Léo Ruffieux

L’appareil social du Hezbollah : une mobilisation par les ressources et par le sens

Compte tenu de la fragilité de l’État libanais et d
ambitions socio-économiques du Hezbollah, beaucoup d’observateurs s’inquiètent de la capacité du mouvement à prendre en charge les risques sociaux pour les transformer en ressource de mobilisation potentiellement contestataire (1). Cette thèse est principalement défendue par le sociologue Waddah Charara, qui considère que les institutions sociales du Hezbollah constituent des « institutions parallèles à celles de l’État » en vue de bâtir une « contre-société » ou un « État dans l’État » (2). Waddah Charara reprend ici le concept élaboré par Annie Kriegel pour décrire le Parti communiste français en tant qu’organisation largement dédiée à la gestion quotidienne d’une société coupée du système capitaliste et non véritablement à l’exercice du pouvoir (3). Judith Palmer Harik, professeur de science politique à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), postule que le Hezbollah « doit essentiellement sa popularité au fait qu’il a été capable de fournir davantage d’aide publique et sociale dans les zones musulmanes que tous les autres partis » et ce, grâce à l’« aide massive de la République islamique d’Iran » (4).

https://www.lesclesdumoyenorient.com/L-appareil-social-du-Hezbollah-et-ses-enjeux-de-1990-a-nos-jours-l-expression-d-2701.html

L’APPAREIL SOCIAL DU HEZBOLLAH ET SES ENJEUX DE 1990 À NOS JOURS : L’EXPRESSION D’UNE « LIBANISATION » EN TROMPE-L’ŒIL ? (1/2) 
ARTICLE PUBLIÉ LE 12/07/2018

Par Léo Ruffieux
Dès sa création en 1985 en pleine guerre civile, le Hezbollah, appendice socio-politique de la Résistance islamique au Liban (RIL), a déployé un réseau complexe d’institutions sociales en vue de conscientiser la population chiite sous le modèle de la Révolution islamique khomeyniste et de lutter à la fois contre l’ordre social et politique dominant et la présence israélienne. Bénéficiaire de la nouvelle conjoncture régionale suite aux accords de Taëf, le Parti est entré dès 1992 dans un processus d’intégration politique – libanisation – en participant aux élections parlementaires. Il décide alors d’abandonner son programme révolutionnaire et d’ériger « une société de résistance », patriotique, entièrement dirigée vers l’effort de guerre contre Israël. Dans cette optique, selon certains observateurs, le Hezbollah utiliserait consciemment son réseau de prestations de services pour instaurer une « contre-société » ou un « État dans l’État » et ce, pour répondre à l’impératif d’un « Axe de la Résistance » guidé par Téhéran et Damas.
Dans cet article en deux parties, nous revenons brièvement sur cette problématique en nous interrogeant sur l’usage de l’appareil d’action sociale par le mouvement à des fins de mobilisations. Cependant, nous heurtant à un sujet sensible et hautement politisé d’une part, et complexe – la question des financements – d’autre part, il sera davantage question ici d’une réflexion étant donné la difficulté de trouver des sources sur le financement du Parti.

SYRIE - Appel à la levée des sanctions contre la Syrie de la part du Patriarcat syro orthodoxe

 
Damas (Agence Fides) – Il faut mettre en œuvre des initiatives afin de demander la levée des sanctions économiques mises en place par la communauté internationale contre la Syrie présidée par Bashar el-Assad, sanctions qui frappent non pas le gouvernement et ses organes politiques et militaires mais la population civile et ses capacités d’accès aux médicaments, aux soins médicaux et aux denrées alimentaires. Telle est l’urgence rappelée par le Patriarche syro orthodoxe, Ignace Ephrem II, dans son intervention à la récente rencontre de Bari qui a vu se réunir le 7 juillet dernier les Chefs et représentants d’une vingtaine d’Eglises et communautés chrétiennes pour réfléchir et prier ensemble sur les problèmes du Proche-Orient. C’est ce qu’indiquent les sources officielles de ce même Patriarcat qui ont diffusé une synthèse des considérations exposées par le Patriarche en personne au cours des plus de deux heures de dialogue à huis clos en la Basilique Saint Nicolas que le Pape François et les chefs et représentants des Eglises et communautés chrétiennes présents ont réservé aux urgences du Proche-Orient et des communautés chrétiennes de la région. Entre autres choses – indiquent les sources du Patriarcat – le Patriarche syro orthodoxe a reconnu ses difficultés à comprendre l’approche de l’Occident et des Eglises en Occident elles-mêmes concernant les problèmes des chrétiens du Proche-Orient. Ignace Ephrem II a insisté sur le fait que la mission de l’Eglise n’est pas d’appuyer ou d’attaquer les gouvernements et autorités politiques mais qu’elle œuvre toujours pour le bien de la population – sans faire de discriminations de caractère religieux et confessionnel – et en faveur de la justice.
Au début de septembre dernier, ainsi que l’indiquait l’Agence Fides (voir Fides 08/09/2017), le siège temporaire du Monastère syro orthodoxe de la Sainte Croix, en voie de construction dans la ville de Saydnaya, a été visité par le Président syrien, Bashar el-Assad accompagné de son épouse, Asma, et d’autres membres de sa famille. Il a été accueilli par le Patriarche syro orthodoxe, Ignace Ephrem II, d’autres Evêques syro orthodoxes, ainsi que par les moines de la communauté. En cette occasion, Bashar el-Assad et son épouse, accompagnés par le Patriarche, ont également rencontré des enfants accueillis au sein de la Maison du Petit Ange, un orphelinat soutenu par l’Eglise syro orthodoxe, prenant leur déjeuner en leur compagnie, avec les moines et les moniales du Monastère. Dans ce contexte, le Patriarche a informé le Président « des projets que le Patriarcat mène actuellement à bien dans la région ». (GV) (Agence Fides 13/07/2018)

mardi 10 juillet 2018

Depuis Bari, le cri de paix des chrétiens pour le Proche-Orient

Tel un vol de colombes, un appel à la paix pour le Proche-Orient est monté au ciel depuis 

Bari (sud de l’Italie). La cité de saint Nicolas, si vénéré par l’Orient chrétien, accueillait en
 effet, samedi 7 juillet, la rencontre œcuménique de réflexion et de prière à laquelle le
 pape François avait convié les responsables d’Églises du Proche-Orient.
La plupart d’entre eux avaient répondu à l’appel pour ce sommet, inédit jusqu’ici à ce niveau.Pour la paix au Moyen-Orient, les patriarches des Églises orientales réunis par le pape à Bari
« Cela suffit, les oppositions obstinées ! »
« Il faut que cette guerre s’arrête »
« Que les réfugiés reviennent »
« Nous devons d’abord parler contre la violence »
Au bord de la mer Adriatique, vers cet Orient déchiré par la guerre, les patriarches ont prié dans toutes leurs langues, de l’arabe au syriaque en passant par l’arménien et l’assyrien, pour que Dieu « inspire des choses bonnes dans les cœurs de ceux qui veulent la guerre et pacifie leurs esprits tourmentés », ainsi que l’a imploré l’orthodoxe Bartholomeos Ier de Constantinople.
Une « région splendide », où se trouvent « les racines mêmes de nos âmes », avait rappelé en introduction le pape François, mais où « s’est condensée (…) une couche épaisse de ténèbres ».
Mettant en cause « le silence de tant et la complicité de beaucoup », le pape a dénoncé « l’indifférence qui tue », posant les chefs d’Églises qui l’entouraient en une « voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence », soulignant notamment « le risque que la présence de nos frères et sœurs dans la foi soit effacée ».
Au Proche-Orient, les chrétiens qui représentaient encore 20 % de la population à la veille de la Première Guerre mondiale n’y sont plus que 4 %, rappelle d’ailleurs le Vatican.

Cette question devait être au cœur de la rencontre à huis clos à laquelle tous les chefs d’Église ont ensuite participé dans la nef de la sobre basilique Saint-Nicolas. À la sortie, entouré de tous les patriarches, il a, dans un discours fort, dénoncer sans ambages toutes les responsabilités dans les conflits du Moyen-Orient, n’épargnant personne.
« Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre ! 
Cela suffit, l’occupation de terres qui lacèrent les peuples !
 Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens ! 
Cela suffit, l’utilisation du Moyen-Orient à des profits étrangers au Moyen-Orient !, a-t-il lancé.
 Cela suffit, les oppositions obstinées ! 
Cela suffit, la soif de profit qui ne prend personne en compte, cherchant uniquement à accaparer les gisements de gaz et de combustible, sans égard pour la maison commune et sans scrupule sur le fait que le marché de l’énergie dicte la loi de la cohabitation entre les peuples ! ».

Rappelant aux potentats de la région qu’« il faut que celui qui détient le pouvoir se mette enfin et résolument au vrai service de la paix, et non pas de ses propres intérêts », il a aussi rappelé que, à Jérusalem, « le statu quo exige d’être respecté selon ce qui a été décidé par la Communauté internationale » et la nécessité d’une « solution négociée entre Israéliens et Palestiniens ».
Au cours de la rencontre à huis clos, il devait aussi être question des réfugiés du conflit syrien. « Bien sûr, il faut que cette guerre s’arrête pour que nos malheurs s’arrêtent, explique Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite melkite d’Alep (Syrie). Mais si je pleure sur ce qui a été détruit, je suis plus préoccupé encore par l’émigration. »
Jeudi, plusieurs patriarches catholiques et orientaux de Syrie et du Liban, se sont d’ailleurs concertés pour appuyer sur ce thème, crucial à leurs yeux, dans les discussions.

« Il faut absolument séparer la question du retour des réfugiés de celle du règlement politique en Syrie », plaide le cardinal Béchara Raï qui a accueilli cette réunion dans son Patriarcat maronite de Bkerké et dont le pays, le Liban, voit les réfugiés (palestiniens et syriens) constituer aujourd’hui plus de la moitié de la population.
« Ces camps de réfugiés sont un terreau pour le fondamentalisme et la violence », met-il en garde.
« Il est important que les réfugiés reviennent que les gens rentrent chez eux », martèle le patriarche syrien-orthodoxe Ignace-Ephrem II, qui plaide pour une aide financière au retour de la part des Occidentaux.

« Ceux qui ont passé la mer ne reviendront jamais, reconnaît-il. Mais il y a les autres, dans les pays autour de la Syrie. Nous avons besoin d’eux. » « Je leur assure que le retour est sûr », continue le patriarche, qui siège à Damas et qui, tout en reconnaissant que le régime syrien a ses défauts, souligne qu’il est largement préférable à une domination islamiste.
« Mais nous devons d’abord parler contre la violence : si nous semblons appuyer un côté ou un autre dans le conflit, ça ne marchera pas, explique-t-il. Aussi, même si notre message n’est pas politique, il s’agit aussi d’envoyer un message aux responsables politiques. Une parole commune des chrétiens d’Orient et d’Occident a beaucoup de poids. »
Nicolas Senèze, à Bari (sud de l’Italie}

LIBAN - Nouvelle statue de grandes dimensions de Saint Charbel prochainement inaugurée sur les hauteurs d’Hammana Beyrouth (Agence Fides) – La nouvelle statue du saint libanais Charbel qui sera installée dans les prochains jours sur les hauteurs du village d’Hammana est haute de 16 mètres. Elle dominera à terme les villages environnants et sera visible également depuis la zone de Beyrouth. Le transfert de la statue, de Mar Moussa au lieu de sa prochaine installation, a suscité curiosité et surprise parmi la population locale à cause des grandes dimensions de la sculpture dont la création a demandé cinq mois de travail de la part de main-d’œuvre spécialisée. La sculpture a été financée par Charles Barmaki, alors que la municipalité d’Hammana a mis à disposition le terrain où elle sera placée. A la cérémonie d’installation et d’inauguration de la statue, prévue pour le Dimanche 22 juillet, devrait être présent le Patriarche d’Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Béchara Boutros Raï. La petite ville d’Hammana occupe une position stratégique. La statue de Saint Charbel aura un grand impact visuel pour les usagers de l’autoroute nationale reliant l’est à l’ouest du pays, reliant également le Liban au réseau autoroutier du Proche-Orient qui arrive jusqu’en Arabie Saoudite. Charbel Makhluf (1828-1898), prêtre et moine de l’Ordre libanais maronite, figure chère aux chrétiens libanais pour sa spiritualité austère, connu pour les miracles de guérison lui ayant été attribués notamment après sa mort, fut canonisé par le Bienheureux Pape Paul VI en 1977. A l’été dernier, une autre statue de Saint Charbel, plus grande encore, puisque haute de 27 mètres, a été installée sur les hauteurs de Kesrouan, alors qu’en mars dernier (voir Fides 17/03/2018) la première statue dédiée au Pape François au Liban et dans l’ensemble du Proche Orient a été inaugurée à Hadath, municipalité du district de Baabda, considérée comme faisant partie des faubourgs sud de la capitale, Beyrouth. Des sources locales expliquent à l’Agence Fides que la multiplication des statues et images de saints et de symboles chrétiens dans des lieux publics et visibles à tous, veut être un signe visant à encourager les chrétiens locaux à ne pas renoncer à manifester visiblement leur identité, en continuant à offrir leur contribution originale à la coexistence avec les diverses communautés religieuses dans le cadre d’une citoyenneté commune. (GV) (Agence Fides 09/07/2018)


Au Liban-Sud, « sur un foyer de guerre, construire un foyer de paix »


https://www.lorientlejour.com/article/1121074/-sur-un-foyer-de-guerre-construire-un-foyer-de-paix-.html


À Qaouzah, une laïque consacrée française édifie, sur un terrain de l’archevêché maronite, une maison d’accueil couleur arc-en-ciel.
15/06/2018
Près du village de Qaouzah (Liban-Sud), la forêt Saint-Joseph est un havre de silence. Entre les arbres, on aperçoit une vallée verdoyante semée d’arbustes en fleurs et d’arbres qui dispensent une ombre bienfaisante. Voilà la frontière entre Israël et le Liban. En juillet 2006, ce paradis était devenu un enfer, lieu de conflit et de discorde. Béatrice, une consacrée (une personne qui dédie sa vie à Dieu hors d’un ordre religieux) française dynamique a une ambition : faire de ce foyer de guerre un foyer de paix. Le nom du village porte en lui tout le projet : Qaouzah signifie arc-en-ciel. Le but est de construire un arc-en-ciel entre les différentes communautés du Proche-Orient, de bâtir un pont entre chrétiens et musulmans.
En 2009, la Délégation catholique pour la coopération (DCC) envoie Béatrice au Liban comme volontaire. Pendant deux ans, elle enseigne le théâtre et la musique aux enfants du collège Saint-Joseph des sœurs des Saints-Cœurs, dans le village de Aïn Ebel. Les classes dont elle s’occupe sont mixtes, composées d’élèves chrétiens et musulmans. À travers l’enseignement, elle découvre que le dialogue entre membres de religions différentes est possible et se rend compte de combien il peut être riche et fécond.
En 2011, le synode des Églises orientales exprime son inquiétude quant au déclin de la vie contemplative en Orient. Ce constat ravive chez Béatrice l’appel à la vie monastique reçu dans son enfance. Elle a une conviction : tout homme doit apporter à sa vie une dimension contemplative afin de retrouver une paix intérieure. Elle aspire également à « vivre et rayonner la paix au Proche-Orient ». Elle élabore alors le projet d’un lieu où chacun, chrétien comme musulman, pourra venir chercher l’apaisement et prier pour la paix.
En exposant son idée à l’archevêque maronite de Tyr, Chucrallah Nabil el-Hage, elle ne savait pas encore qu’elle répondait à une aspiration profonde du prélat. Ce désir de construire la paix au Proche-Orient est ancré en lui depuis longtemps. Le jour même de son ordination, Mgr Hage avait fait écrire sur le carton d’invitation : « Nabil el-Hage, prêtre pour la paix au Proche-Orient ». Fruit de la collaboration entre ces deux apôtres de la conciliation, l’Arche de la paix commence à s’édifier sur la colline Saint-Joseph qui appartient à l’archevêché de Tyr. 

Une arche refuge
En juin 2015, de petits ermitages furent achevés. Régulièrement, des retraitants viennent y passer un week-end ou quelques jours afin de retrouver la paix. « À l’écart de ce monde qui nous fait courir à perdre haleine, ils trouvent un lieu calme où se ressourcer », explique « sœur » Béatrice. Tous furent bâtis dans le style traditionnel avec un intérieur très simple : une table basse, des poufs et des tapis en constituent tout l’ameublement. Béatrice souhaite, en effet, que ce projet soit avant tout celui des Libanais. Elle s’efforce donc d’y associer les villageois de Qaouzah et des environs. « Je le leur répète sans cesse : ces ermitages sont pour vous, ce sont les vôtres ! Je veux réveiller ici l’amour du Proche-Orient et la volonté d’y amener la paix. »

Quant à l’arche elle-même, sa construction a débuté il y a maintenant deux ans. Elle comprendra une chapelle pour l’exercice du culte ainsi que plusieurs salles où se tiendront des séminaires et des conférences. Ce sera un lieu d’accueil, d’hospitalité et de dialogue. Sœur Béatrice souhaite faire venir des intervenants spécialistes de la religion chrétienne et de l’islam. Ils exposeront la notion de paix dans la Bible et dans le Coran. L’objectif est que tous les croyants puissent discuter ensemble, dans une volonté commune de réconciliation et de construction de la paix. Elle projette aussi de mettre en place d’autres ateliers (une initiation à la danse sacrée par exemple), dont certains seront animés à plusieurs voix par des psychothérapeutes et des théologiens. Elle rappelle en effet que « la première paix que chacun doit chercher est la paix intérieure. Il pourra ensuite la transmettre ». 

Le jardin de la paix
Autour de l’arche en construction s’étend un vaste parc en cours d’aménagement. Dans ce labyrinthe de rochers, de plantes et de bassins, beaucoup d’animaux ont trouvé leur place. Si leur rôle est d’abord utilitaire (le chien garde la propriété, les poules pondent des œufs, les brebis contribuent à débroussailler la forêt), leur présence a aussi une valeur symbolique : des colombes sont là pour symboliser la paix ; un dromadaire blanc insuffle au lieu l’énergie du désert. Cette joyeuse ménagerie marque enfin une volonté de réconciliation entre l’homme et la nature, entre Adam et le jardin d’Éden.

Pour achever ce beau projet, Béatrice a besoin de toutes les bonnes volontés. Certains paroissiens de Qaouzah et des villages voisins viennent parfois lui donner un coup de main. L’association chiite Verts sans frontières a également proposé son aide pour débroussailler la forêt. Le jardin de la paix est donc déjà l’œuvre de chrétiens et de musulmans. Sœur Béatrice y a planté une espérance : « De ce terreau multiconfessionnel émergera l’olivier de la paix. »

jeudi 5 juillet 2018

LIBAN - Aggravation de la crise des écoles catholiques après la démission de 500 enseignants



Beyrouth (Agence Fides) – La crise des écoles catholiques libanaises semble entrée dans une phase d’ultérieure aggravation, qui a eu pour manifestation éclatante le licenciement de la part des établissements scolaires catholiques de 500 de leurs enseignants. Le nombre important d’enseignants auquel le contrat n’a pas été renouvelé a été rendu public aux alentours du 5 juillet, délai limite pour l’inscription des élèves et pour la présentation des effectifs du corps enseignant des établissements scolaires au titre de l’année 2018-2019. Le grand nombre de licenciements alimente les préoccupations et la méfiance au sein des familles, un malaise qui se reflète également dans la diminution des inscriptions d’élèves auprès des établissements les plus touchés par la crise.
En ce 5 juillet, au siège du Patriarcat d’Antioche des Maronites, à Bkerkè, a été convoquée une réunion d’urgence des responsables des établissements scolaires afin d’affronter l’état de crise avec le Patriarche, S.Em. le Cardinal Bechara Boutros Rai. Des sources locales indiquent à l’Agence Fides que les établissements ont tenté de suivre des critères raisonnables en ce qui concerne la restriction de leur corps enseignant, en ne renouvelant pas le contrat surtout à des professeurs proches de l’âge de la retraite ou à ceux qui n’enseignaient que quelques heures. Chaque établissement applique également d’autres mesures pour faire face à la crise, comme le regroupement des classes ayant peu d’élèves. Entre temps, les syndicats d’enseignants devront décider au cours des prochaines heures quelles initiatives prendre face à l’aggravation de la crise alors que le Père Boutros Azar, actuel Secrétaire général des écoles catholiques, se plaint de la passivité des institutions nationales, demeurées inertes face aux cris d’alarme répétés lancés dès l’automne dernier concernant la gravité de la crise qui met désormais en danger la survie de nombres écoles privées.
Ce qui pose problème est la possible exclusion des enseignants du secteur privé des contributions publiques prévues pour garantir l’application des nouvelles normes en matière de grille salariale, approuvées par le gouvernement libanais en août 2017 (voir Fides 02/09/2017). De telles dispositions, appliquées aux enseignants des écoles privées, ont mis immédiatement en difficultés les établissements d’enseignement privés, appelés à trouver les ressources pour financer une augmentation analogue des niveaux de salaires de leurs propres enseignants. Les responsables des écoles catholiques ainsi que de hauts représentants de l’Eglise maronite ont demandé à plusieurs reprises aux institutions politiques de prendre en charge au moins partiellement les coûts du financement de l’application des nouvelles grilles salariales des enseignants des écoles privées, qui accueillent actuellement plus des deux tiers des élèves libanais.
Les interventions ecclésiales concernant la crise du secteur scolaire privé ont toujours rappelé la contribution décisive fournie par ces mêmes écoles à la construction de l’identité nationale. (GV) (Agence Fides 05/07/2018)

Le pape reçoit la chrétienté orientale à Bari

Le pape reçoit la chrétienté orientale à Bari

03.07.2018 par I.MEDIA
De nombreux responsables catholiques, orthodoxes et luthériens prieront avec le pape François, à Bari le 7 juillet 2018, a annoncé le Saint-Siège le 3 juillet. Seront ainsi présents le patriarche œcuménique Bartholomée Ier et le métropolite Hilarion, au nom du Patriarcat de Moscou.
Le pape François se rendra à Bari, accompagné du cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales. L’invitation à cette journée de prière a été lancée le 25 avril dernier.
Cette journée, a détaillé Greg Burke, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, portera “sur la situation dramatique au Moyen-Orient qui afflige tant de frères et sœurs dans la foi”. Les chrétiens sont en effet une des principales cibles des conflits et du terrorisme islamiste qui sévissent dans cette région du monde, en particulier en Syrie et en Irak ainsi qu’en Egypte.
Les catholiques seront au rendez-vous

L’Eglise orthodoxe également représentée
L’orthodoxie orientale a répondu présent
Protestantisme et Conseil des Eglises
La ville des reliques de saint Nicolas



L’Eglise copte catholique sera représentée par son patriarche, Mgr Ibrahim Isaac Sidrak. De même Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient participera à cette journée en tant que primat de l’Eglise catholique syriaque. Le cardinal Bechara Boutros Raï, sera également présent comme patriarche maronite.
Le cardinal Louis Raphaël I Sako, qui a reçu la barrette rouge le 28 juin dernier, participera en tant que patriarche chaldéen. L’Eglise catholique arménienne sera elle aussi présente via son patriarche, Grégoire Pierre XX Ghabroyan.
L’Eglise grecque-catholique melkite sera représentée par Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque d’Alep (Syrie). Il viendra à Bari au nom de Mgr Joseph Absi, patriarche de cette Eglise. Cette Eglise catholique du Moyen-Orient sera donc la seule à ne pas être représentée par son patriarche. Enfin, l’Eglise latine au Moyen-Orient sera représentée par Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem.
L’Eglise orthodoxe sera elle aussi représentée à son plus haut niveau, par Bartholomée Ier, patriarche œcuménique de Constantinople, primus inter pares des patriarches orthodoxes. Le 28 juin, dans un discours, le pape François s’était dit “sincèrement reconnaissant” envers Bartholomée pour avoir “immédiatement accepté” l’invitation à Bari.
Le Patriarcat orthodoxe de Moscou, le plus important par son nombre de fidèles et l’étendue de son territoire, sera également présent avec le métropolite Hilarion. Directeur du département des relations extérieures, il représentera le patriarche Cyrille.
Le patriarche orthodoxe d’Alexandrie, Theodore II se rendra à Bari. Le patriarche orthodoxe de Jérusalem sera pour sa part représenté par l’archevêque Nektarios d’Anthedon, vicaire-patriarcal. Tandis que le primat de l’Eglise orthodoxe de Chypre enverra le métropolite Vasilios.
Les Eglises orthodoxes orientales – aussi dites ‘non-chalcédoniennes’ car ne reconnaissant pas le Concile de Chalcédoine (451) – seront également présentes. A commencer par Tawadros II, patriarche copte orthodoxe. Ignace Ephrem II Karim, primat de l’Eglise syriaque orthodoxe, se rendra également à Bari. De même que deux responsables de l’Eglise apostolique arménienne: Aram Ier Kechichian, catholicos de la Grande Maison de Cilicie, et l’évêque Hovakim. Ce dernier représentera Garéguine II Nersissian, le patriarche suprême.
L‘Eglise apostolique assyrienne de l’Orient, fondée selon la tradition par l’apôtre saint Thomas, sera représentée au plus haut niveau par son patriarche Gewagris II.
Côté protestant Sani Ibrahim Azar, évêque luthérien-évangélique de Jordanie et en Terre Sainte, participera à la journée de prière. Enfin, le Conseil des Eglises du Moyen-Orient, qui regroupe la plupart de ces confessions, enverra sa secrétaire général par intérim, Souraya Bechealany. Catholique, elle sera la seule femme participant à la rencontre.
Le choix de la ville de Bari, dans la région italienne des Pouilles, a été fait car il s’agit de la “fenêtre sur l’Orient qui garde les reliques de saint Nicolas”. Ce saint est en effet particulièrement vénéré en Orient, tant par les catholiques que les orthodoxes. Ces reliques avaient été prêtées au patriarcat orthodoxe de Moscou de mai à juillet 2017. Cette venue en Russie des reliques de saint Nicolas avait attiré des centaines de milliers de fidèles.
Ville portuaire sur l’Adriatique, Bari est également liée à l’histoire commune entre chrétiens d’Occident et d’Orient: c’est de ce port que les navires partaient pour les Croisades. (cath.ch/imedia/acp/xln/bh)
Les chrétiens d’orient: une situation complexe
Auteur d’une Géopolitique des chrétiens d’Orient parue en 2013, Antoine Fleyfel a dressé à l’Université de Fribourg, le 27 mars dernier, le tableau complexe de la situation des chrétiens dans les divers pays du Proche-Orient arabe. A la dénomination très large de chrétiens d’Orient, il préfère celle plus précise de chrétiens arabes présents dans six pays: Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Israël-Palestine et Egypte. Au-delà de leurs diversités évidentes, ces chrétiens partagent trois traits communs: la culture et la langue arabe, la cohabitation avec l’islam et la cause palestinienne.

mardi 3 juillet 2018

SYRIE - Démenti d’un transfert du Patriarcat syro orthodoxe de Damas en direction du Liban


 

 
Damas (Agence Fides) – Le du Patriarcat syro orthodoxe d’Antioche a officiellement démenti les rumeurs et reconstructions journalistiques qui prévoyaient un imminent transfert du siège patriarcal de Damas à Atchaneh, au Liban. Le Patriarcat syro orthodoxe – a indiqué le bureau des communications de ce dernier – restera en Syrie malgré les nombreux facteurs qui, au cours des sept années de conflit, induisaient à transférer le siège patriarcal dans d’autres pays.
Les indiscrétions concernant un possible transfert au Liban du Patriarcat syro orthodoxe ont notamment été alimentées par la récente inauguration d’un siège détaché de ce même Patriarcat à Atchaneh. Le siège du Patriarcat syro orthodoxe d’Antioche a toujours été situé dans la capitale de la Syrie, d’abord à Antioche – actuellement en territoire turc – puis à Damas. Une antenne du Patriarcat syro orthodoxe – font remarquer les responsables de la communication patriarcale – a été ouverte au Liban dès les années 1970 dans le but d’assurer principalement le service pastoral aux syro orthodoxes présents dans ce pays. Le Liban représente une partie inséparable des territoires d’enracinement historique des communautés syro orthodoxe. L’inauguration d’un nouveau centre patriarcal syro orthodoxe au Liban – remarquent les sources du Patriarcat – représente selon le Patriarche syro orthodoxe Ignace Ephrem II « une réponse à tous ceux qui ont œuvré pour affaiblir la présence chrétienne au Proche-Orient ». Entre temps, l’initiative prise par l’Eglise syro orthodoxe visant à instituer une Université privée – la Akhtal Private International University, à Qamishli, dans la province syrienne d’Hassaké, au nord-est du pays, avec une antenne dans le village de Maarat Saidnaya, où se trouver le Monastère Saint Ephrem, siège du Patriarcat syro orthodoxe, confirme indirectement qu’il n’existe aucun projet visant à transférer le siège principal du Patriarcat syro orthodoxe hors des frontières syriennes. (GV) (Agence Fides 02/07/2018)

mercredi 27 juin 2018

Patienter, tenir bon et agir », les trois mots-clés du patriarche Sako

Proche du pape François, le chef de l’Église chaldéenne sera créé cardinal le 29 juin.
L"Orient -Le Jour
26/06/2018 Fady NOUN | OLJ

    Bien connaître le patriarche Sako, c’est d’abord mesurer la modestie d’un homme à la voix basse et aux manières affables, qui s’est dressé contre les traditions et convenances du clergé de son temps et a tenu à se faire ordonner le 1er mai, fête du Travail, pour dire une fois pour toutes qu’il est, comme prêtre, le frère des ouvriers et un ouvrier lui-même.
    « Plus de poids » 
    Comment le patriarche Sako envisage sa nouvelle mission de cardinal ? « Cela me donnera plus de poids pour porter les sujets de justice sociale, d’égalité et de citoyenneté », a-t-il déclaré à l’agence du Vatican, aussitôt après avoir appris la nouvelle. Pour lui, tout est dans ce « poids » supplémentaire que le titre de cardinal lui vaudra et dont il espère que le Vatican saura jouer. Il espère aussi que cette nouvelle fonction aide à accélérer, après les années d’éclatement, le mouvement vers la réunification de l’Irak et le retour des fidèles de son Église. Mais s’il croit au dialogue, ce n’est « pas au dialogue des salons », mais à un dialogue véritable qui encourage les chrétiens d’Irak à rester dans leur pays ou à y rentrer, faute de quoi, « et en deçà d’un certain nombre, leur présence n’aura plus aucun effet ». 
    Coefficient d’ouverture
    À la présence des chrétiens d’Irak, le patriarche Sako affecte un important coefficient d’ouverture. Il s’agit, pour eux, « d’aider l’islam à l’ouverture, de l’aider à élaborer une nouvelle lecture des textes sacrés, une lecture réaliste qui les replace dans leur contexte historique et culturel ». Pour cela il compte sur des « réveils ici et là » et rend un particulier hommage à des ulémas comme Hani Fahs, dont il déplore qu’il n’ait pas fait école. Il apprécie également les apports d’al-Azhar à un aggiornamento de l’islam, ainsi que la personne et la pensée de l’ayatollah Ali Sistani. « Nous nous devons de rester proches de tous ces efforts, dans le souci de les défendre, d’enrayer les préjugés et l’islamophobie », prévient-il. 
    Les deux fronts
    Au lendemain des élections législatives de mai 2018 qui ont recomposé le paysage politique irakien, l’Église chaldéenne aura à lutter sur deux fronts, national et ecclésial. Sur le plan national, se tenant soigneusement à l’écart de la politique politicienne, le patriarche Sako plaide pour une réforme constitutionnelle qui privilégie la citoyenneté et renforce la liberté de religion. Il reste conscient aussi de la différence entre la foi vécue et la foi identitaire, cette dernière pouvant conduire au fanatisme et au fondamentalisme. 
     « L’expérience irakienne nous a beaucoup appris, nous confie-t-il. Certes, l’Église doit rester sensible aux grands enjeux politiques, mais elle doit se garder d’être politisée. Voyez l’islam. Sa politisation a été sa perte. La politisation d’une religion finit par dénaturer cette religion. Je crois en une Église servante, à l’image de celle du pape François, en une Église pauvre, simple, une Église des périphéries. »
    Appelant à tirer des « leçons de l’histoire », il plaide au contraire pour un engagement au sein des forces régulières comme l’armée irakienne officielle ou les peshmergas kurdes. « Nous devons réaliser que notre destin est lié à celui de tous les Irakiens, et c’est la seule façon d’assurer notre avenir ensemble », écrit-il dans ce document, appelant les chrétiens à « rester dans le même bateau que le reste de la nation pour arriver à bon port ». 
     « Notre ambition est de construire (…) une société civile démocratique, capable de gérer la diversité, de respecter la loi, de protéger les droits et la dignité de chaque citoyen, indépendamment de leur appartenance ethnique, religieuse ou du poids de leur communauté dans la population totale », conclut le texte auquel il renvoie.
    Le plan ecclésial
    Sur le plan ecclésial, la tâche du patriarche Sako n’en est pas moins ardue. Tout en étant conscient que l’appel de l’Occident est irrésistible pour beaucoup, le chef de l’Église chaldéenne lutte pour que la grande marée humaine qui a fui Mossoul, Qaraqosh et la plaine de Ninive, par une nuit de terreur indicible, reflue vers les territoires abandonnés et ne déferle pas sur le monde de l’émigration. Il cherche aussi à convaincre une partie de son clergé qui a fui l’insécurité, dans une espèce d’insubordination très peu chrétienne, de rentrer au pays pour se remettre au service des fidèles. Le « souci de toutes les Églises » qui obsédait saint Paul est omniprésent dans sa vie. Il déplore que son clergé « ne prie pas assez », plaide pour une réforme liturgique qui mette la foi à la portée du fidèle du XXIe siècle et redoute le contact du relativisme et la « dissolution » qu’elle entraîne pour son troupeau arrivé en Occident. Il constate que ses fidèles sont tellement fascinés par le confort matériel et les droits civils qu’ils y trouvent qu’ils en oublient le relativisme moral triomphant et son effet destructeur sur ce qui est la prunelle de ses yeux : la famille, plus encore, le sens et les valeurs de la famille. « Les perdre serait tout perdre », prévient-il. 
    Signes des temps
    Le discours du patriarche Sako invite enfin à une lecture des signes des temps. « La voix du prêtre, dit-il, doit avoir un souffle prophétique pour que la liturgie soit chargée d’âme et d’espérance. Le prêtre doit humaniser les choses. » 
    « J’ai beaucoup appris du pape François en ce qui concerne la simplicité, la proximité, dit le patriarche Sako, qui n’a pas que des amis dans une Église encore très cléricale et formaliste. C’est à ces prix-là que nous pourrons rester en Irak et que notre présence prendra tout son sens. Nous devons aussi nous entraider pour rester. » « J’ai l’intime conviction dans le Seigneur que, tôt ou tard, la liberté religieuse viendra et deviendra de règle. En attendant, nous devons patienter, tenir bon et agir », conclut-il.

    C’est la fine fleur du clergé des Églises orientales, le « colombe » de Mossoul, que le pape François doit officiellement élever au rang de cardinal le 29 juin, avec 14 autres évêques. Pour le patriarche Louis Raphaël Sako, le chef de l’Église chaldéenne d’Irak (70 ans), il s’agira d’un titre honorifique tant que le pape vit ; mais ce titre, qu’il partage avec le patriarche maronite Béchara Raï, l’associe au collège électoral qui élira le prochain pape si François disparaît d’ici à cinq ans.
    Certes, aujourd’hui, l’organisation État islamique a territorialement disparu, et la ville emblématique de Mossoul rendue, à prix fort, à sa population, mais le patriarche Sako continue à trembler parce que l’éclatement de son pays ne s’est pas encore complètement résorbé et parce que ses fidèles – il a beau hausser la voix ! – refusent toujours de rentrer en Irak, jugeant, souvent à juste titre, que le virus du fanatisme continue de la miner, même si les anticorps guerriers semblent en avoir eu raison.
    Hostile à l’image des chrétiens d’Orient comme « groupe minoritaire », le patriarche Sako nous renvoie aux termes d’une lettre en forme de bilan publiée en 2015 dans laquelle il avait pris fermement position contre les milices « assyriennes » actives en Irak et en Syrie. Il ne faut pas « penser que la solution dépend de la création de factions armées isolées qui se battent pour nos droits », dit-il comme mise en garde.

    Pour mémoire

    https://www.lorientlejour.com/article/1122656/-patienter-tenir-bon-et-agir-les-trois-mots-cles-du-patriarche-sako.html

    في قراءة لحفل تدشين المقر الجديد لبطريركية السريان في العطشانة

    باقلامهم - الثلاثاء 26 حزيران 2018 - 06:08 - مازن ح. عبّود

    lundi 25 juin 2018

    LIBAN - Considérations du Chef de l’Etat sur la réalité libanaise





    LIBAN - Considérations du Chef de l’Etat sur la réalité libanaise
    Beyrouth (Agence Fides) – Il est erroné de s’obstiner à interpréter la réalité ethnique et religieuse libanaise selon les catégories de majorité et de minorité. Cet usage a fini par priver certaines composantes de la société libanaise « de leurs droits politiques et de l’accès aux charges publiques ». C’est ce qu’a reconnu le Président libanais, Michel Aoun, en faisant référence en particulier aux chrétiens libanais qui appartiennent à des Eglises et communautés ecclésiales non maronite. L’invitation à surmonter les concepts de minorité et de majorité et à reconnaître la physionomie plurielle et dans le même temps unitaire de la société libanaise a été exprimée par le Chef de l’Etat à l’occasion de la Divine liturgie célébrée le 22 juin par le Patriarche syro orthodoxe Ignace Ephrem II dans le contexte des événements organisés pour l’inauguration du nouveau siège de son Patriarcat, sis à Atchaneh. Le Liban – a réaffirmé le Président Aoun dans son intervention – a été, depuis l’aube de son histoire, une terre « de peuples et de groupes religieux fuyant les persécutions à la recherche d’un refuge », un destin qui a souvent concerné des chrétiens appartenant à diverses traditions théologiques et liturgiques. « Les chrétiens d’Orient – a remarqué le Général – ne sont pas des intrus sur cette terre. Au contraire, c’est à partir d’ici qu’a débuté l’Evangélisation du monde entier ». Après des massacres et des persécutions subis par le passé, « aujourd’hui encore, les chrétiens d’Orient continuent à être victimes de violences. Nombre d’entre eux se sont éloignés de leur patrie, une hémorragie humaine qui doit cesser ».

    Aux événements liés à l’inauguration du nouveau siège du Patriarcat de l’Eglise syro orthodoxe ont participé une représentation qualifiée de Patriarches et chefs des Eglises d’Orient, dont le Patriarche d’Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Bechara Rai, le Patriarche d’Antioche des grecs melkites, S.B. Youssef Absi, le Patriarche d’Antioche grec orthodoxe Yohanna X Yazigi, le Catholicos arménien apostolique Aram I et le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II. (GV) (Agence Fides 25/06/2018)

    dimanche 24 juin 2018

    Chrétiens d’Orient: le cri du cœur du pape François


    Discours improvisé pour l’audience à la ROACO (1/2)
    JUIN 22, 2018 21:18 PAPE FRANÇOIS
    Le pape François exprime sa « grande » préoccupation pour la situation au Moyen-Orient, ce « carrefour de situations difficiles et douloureuses ». « Au Moyen-Orient, dit-il, il y a le risque… d’effacer les chrétiens. Un Moyen-Orient sans chrétiens … Ce ne serait pas le Moyen-Orient. » Il a aussi dénoncé un « grand péché ».
    Le pape François a délaissé le discours prévu pour parler de ses inquiétudes pour les chrétiens d’Orient en s’adressant, ce vendredi 22 juin 2018, aux participants de la 91e assemblée plénière de la Réunion des œuvres d’aide aux Eglises orientales (ROACO), indique Vatican News en italien.
    L’assemblée qui s’est déroulée du 19 au 22 juin, à la Congrégation pour les Églises orientales, présidée par le cardinal Leonardo Sandri, coïncide cette année avec le 50e anniversaire de la fondation de l’organisation.
    « Le Moyen-Orient souffre aujourd’hui, pleure, a dit le pape, et les puissances mondiales regardent le Moyen-Orient sans tant de préoccupation pour la culture, la foi, la vie de ces peuples, mais oui, ils le regardent, pour prendre du poids et avoir plus de domination. »
    « La souffrance est forte », a repris le pape, c’est pourquoi « beaucoup » de chrétiens « ne veulent pas revenir » sur leurs terres.
    Le pape a ensuite parlé du problème de la migration : il a cité le Liban qui accueille tant de réfugiés syriens, la Jordanie, la Turquie et l’Europe, en évoquant sa visite au camp de réfugiés de Lesbos, en Grèce.
    « Il y a un grand péché au Moyen-Orient, a-t-il dit, et les pauvres gens en souffrent. Le péché de la volonté du pouvoir, le péché de la guerre, chaque fois, plus fort, plus fort … Aussi avec des armements sophistiqués. Et les gens souffrent, les enfants. »
    Au Moyen-Orient, a poursuivi le pape, il y a peu d’écoles aujourd’hui, peu d’hôpitaux « parce que les bombardements détruisent tout. C’est le grand péché de la guerre ». Mais il existe encore un autre péché, a dit le pape, « le péché de l’incohérence entre la vie et la foi ».
    « Il y a, a expliqué le pape, – peut-être pas beaucoup, mais il y en a … – des prêtres, certains évêques, certaines congrégations religieuses, qui professent la pauvreté, mais vivent aussi riches … que les riches. Et la ROACO reçoit aussi de l’argent des veuves, comme l’a dit le cardinal-préfet, comme un symbole : le peu des humbles. Mais j’aimerais que ces épulons – religieux, chrétiens, certains évêques ou certaines congrégations religieuses – se dépouillent davantage en faveur de leurs frères, de leurs sœurs. »
    Dans son discours, le pape a aussi remercié la ROACO pour son travail. Combien de richesses, s’est-il exclamé, y a-t-il dans les Églises du Moyen-Orient, leur théologie, les liturgies ! Nous devons garder cette grande tradition et nous battre pour cela. C’est « aussi, a poursuivi le pape, le jus – pour ainsi dire – qui vient des racines pour donner vie à notre âme » en Occident, enseignant le chemin de la contemplation, de la sainteté, indique la même source.
    En concluant, le pape a dit : « Le Seigneur ne nous laissera pas seuls et pour cette raison je dis que le Moyen-Orient est une espérance : une espérance que nous devons cultiver. »



    Chrétiens d’Orient: le pape remercie la ROACO de sa «solidarité concrète»

    Discours préparé pour l’audience à la ROACO (2/2)
    Le pape François remercie les membres de la « Réunion des œuvres d’aide aux Églises orientales » (ROACO) pour le travail qui permet aux chrétiens orientaux de « rendre témoignage à l’Évangile ». « La solidarité concrète que vous avez manifestée, écrit-il, a aidé à faire face à des situations d’urgence… mais surtout à assurer l’existence même des Églises. »
    Ce sont les paroles du discours préparé, publié par le Saint-Siège, mais que le pape n’a pas prononcé devant les participants de l’assemblée générale de la ROACO.
    Le pape François a en effet délaissé ce discours prévu pour exprimer dans un discours improvisé un cri du cœur et ses inquiétudes pour les chrétiens d’Orient, en s’adressant ce vendredi 22 juin 2018 aux participants de la 91e assemblée plénière de la ROACO.
    L’assemblée qui s’est déroulée du 19 au 22 juin, à la Congrégation pour les Églises orientales, présidée par le cardinal Leonardo Sandri, coïncide cette année avec le 50e anniversaire de la fondation de l’organisation.
    « La solidarité concrète » de la part de la ROACO, écrit le pape, « manifeste le visage de l’Église du Christ, qui proclame l’Évangile dans l’action et dans la parole, rendant ainsi présente la charité de Dieu pour l’humanité ».
    Le pape cite les paroles de « la prophétie » de Joël prononcées par l’apôtre Pierre le jour de la Pentecôte, et que lui même commente régulièrement : « Je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. » Notant que cette prophétie lui est « si chère », le pape écrit que « les Églises catholiques orientales, en tant que témoins vivants de leurs origines apostoliques, sont appelées d’une manière spéciale pour protéger et transmettre une étincelle de feu pentecôtiste ». Les catholiques orientaux « sont appelés quotidiennement à découvrir à nouveau leur propre présence prophétique dans tous les lieux où ils habitent en tant que pèlerins. »
    Le pape note qu’« aujourd’hui, cette mission est plus urgente que jamais ». Il cite l’exemple de Jérusalem, « la ville sainte, dont l’identité et la vocation particulière doivent être sauvegardées au-delà de tensions et de conflits politiques différents » et dans laquelle « les chrétiens, bien que présents comme un petit troupeau, tirent leur force de l’Esprit pour leur mission de témoignage ».
    Le pape souhaite aussi « que les fils et les filles des Églises orientales catholiques chérissent leur charge prophétique pour proclamer l’Évangile de Jésus, même dans des milieux souvent plus sécularisés » comme en Occident où « ils viennent en tant qu’immigrés ou réfugiés ». « Ces hommes et ces femmes », poursuit le pape, « peuvent témoigner à nous, dont les cœurs sont souvent émoussés, qu’il vaut toujours la peine de vivre et de souffrir pour l’Évangile, même en tant que minorité ou objet de persécution, car l’Évangile est la joie et la vie des hommes et des femmes de tous les âges ».
    Le témoignage des chrétiens orientaux, souligne le pape, « a été sévèrement éprouvé, souvent au milieu des souffrances et des persécutions, d’abord par les régimes totalitaires d’Europe de l’Est puis, plus récemment, par des fondamentalismes et fanatismes prétendument religieux, sans parler de conflits apparemment interminables, notamment au Moyen-Orient ».
    En évoquant le 50e anniversaire de la ROACO, le pape « invite » ses membres « à réfléchir avec gratitude sur les années qui se sont écoulées, et surtout sur les visages de tant de personnes – dont certaines ont déjà terminé leur pèlerinage terrestre – qui ont travaillé dans la Congrégation » et dans les « différentes agences à l’appui » de l’œuvre de charité.
    Le pape rappelle que, « selon les Écritures », « chaque cinquantième année », le shofar (la corne biblique encore utilisée aujourd’hui par la communauté juive) annonçait « l’année de la liberté des esclaves, l’annulation de la dette, la restitution des terres » : tout cela était fondé « sur la reconnaissance par le peuple du don gracieux de l’Alliance et de la terre qui était son signe ».

    En concluant, le pape écrit que « grâce au travail de la ROACO, grâce à l’attention et aux actes de charité qui soutiennent la vie des Églises orientales, le successeur de Pierre peut aussi continuer sa mission de poursuivre les chemins possibles vers l’unité visible de tous les chrétiens »

    https://docs.google.com/document/d/1qkqY4KT75pYCb30URTGzhv_V9HWYKzHWvS2qOg74DfI/edit