Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

jeudi 23 mai 2013

Raï concélèbre la messe avec le pape et lui demande de prier pour le Liban | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

23/5/2013-Raï concélèbre la messe avec le pape et lui demande de prier pour le Liban
Arrivé la veille à Rome, à l'issue d'une tournée pastorale en Amérique latine entamée le 13 avril dernier, et qui s'est achevée par la Colombie, le patriarche maronite Béchara Raï a concélébré la messe hier matin avec le pape François, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, au Vatican. 

Le patriarche était accompagné de Mgr François Eid, vicaire patriarcal à Rome, de son adjoint, le P. Tony Gibran, et du responsable du service de presse à Bkerké, Walid Ghayad.
Dans son homélie, le pape a parlé des vertus de sainte Rita, patronne des cas impossibles, dont c'était la fête liturgique hier, réclamant son intercession pour « tout ce qui paraît impossible à changer dans nos vies ».
Après la messe, une réunion en tête à tête a eu lieu entre le pape et le patriarche Raï. Ce dernier a rapidement brossé un tableau de la situation au Liban et dans la région, et abordé avec lui aussi bien le sujet de la présence chrétienne dans cette partie du monde que sa dernière visite en Amérique latine.
Le chef de l'Eglise maronite a demandé au pape d'accorder sa bénédiction au Liban.
Plus tard dans la journée, le patriarche a participé aux travaux du congrès du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, qui portera, durant trois jours, sur l'affaire « des migrations forcées ».
Il en a profité pour attirer l'attention des présents sur « la situation au Moyen-Orient et sur les réfugiés palestiniens, irakiens et syriens au Liban ».
En soirée, le patriarche a rencontré le cardinal Lenoardo Sandri, président du Conseil pontifical pour les Églises orientales, pour une séance de travail au Collège maronite de Rome.
Le chef de l'Église maronite est attendu au Liban demain. 

mercredi 22 mai 2013

A-t-on oublié les Chrétiens d’Orient? | Conflictualités et médiations


A-t-on oublié les Chrétiens d'Orient?

10794_orient_440x260

En Egypte, depuis le début de la révolution entre 60 000 et 100 000 coptes (plus grande communauté chrétienne d'Egypte) auraient fui. Lors de la chute de Saddam Hussein, les chrétiens d'Irak étaient environ 1,2 million, aujourd'hui ils seraient moins de 500.000, et beaucoup continuent de partir. En Syrie, la situation est similaire, en démontre le récent enlèvement de deux évêques syriens. Cet exode en direction, principalement des Etats-Unis et du Canada, rappelle des heures biens sombres de notre histoire.

La diplomatie vaticane a mis l'accent sur la situation d'urgence dans laquelle se trouvent les Chrétiens d'Orient. Lors de son voyage au Liban le pape Benoit XVI, a remis aux évêques du Moyen-Orient ainsi qu'aux autorités religieuses musulmanes l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente qui est non seulement le fruit des réflexions du Synode des évêques pour le Moyen-Orient (octobre 2010) mais aussi et surtout « un document qui répond à l'actualité et à la situation de détresse des minorités chrétiennes au Moyen-Orient »[1]. Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux, interrogé, le 6 avril 2012 par la chaîne qatari Al-Jazeera[2], sur les raisons qui poussent actuellement les chrétiens à fuir le Moyen-Orient a souligné l'importance de leur présence pour la région. « Les chrétiens partagent le destin des peuples de la région. Et là où la paix n'existe pas, ils souffrent. Leur grande tentation est d'émigrer, parce que le processus de paix n'avance pas. Mais si les chrétiens quittent le Moyen Orient, ce sera une tragédie, parce qu'ils quitteront la terre qui les a vu naître. Les chrétiens ont toujours vécu au Moyen Orient. S'ils s'en vont, les Lieux Saints deviendront un musée et ce sera une catastrophe ». Il est urgent de stopper ce qu'il qualifie d' « hémorragie » encouragée par le sentiment, parmi les minorités chrétiennes, d'être considérés comme des « citoyens de seconde classe ». Le danger principal vient de « l'analphabétisme religieux » : « Nous sommes parvenus à éviter le choc des civilisations, évitons le choc des ignorances ». Sans connaissance de soi et de l'autre, aucun dialogue n'est possible. Cependant les mouvements de soulèvements populaires du « Printemps arabes » pourraient éclaircir un avenir bien sombre : « ces aspirations, nées chez des jeunes en recherche de dignité, de liberté et de travail, sont bonnes et partagées tant par les chrétiens que par les musulmans ».

C'est malheureusement sans compter sur l'évolution du « Printemps arabe ». Ce mouvement populaire n'est pas religieux, il est avant tout basé sur des revendications sociales, ce n'est que plus tardivement que les mouvements fondamentalistes religieux musulmans s'y sont insérés, faisant tourner la confusion et l'anarchie à leur avantage. Les Chrétiens en tant que minorités sont pris entre deux feux. Souvent identifiés comme soutien du régime, et donc montrés du doigt tel est le cas en Syrie, parce que leur statut de minorité était protégé, ils sont aussi menacés par l'essor des groupes islamistes dont les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes. Victimes collatérales ou véritable « nettoyage ethnique » ? Ce qui est certain est que les chrétiens, en tant que minorité, sont un facteur de stabilité, leur présence est un signe visible d'un relatif « espace de liberté ». Une présence signe de liberté et d'espoir, comparable, dans la nature, à la présence de certaines plantes ou de certains oiseaux qui nous indique l'état de la faune et de la flore.

Par cette urgence, qui ne semble pas véritablement mobiliser des actions concrètes de la part de la communauté internationale, on est en droit de se poser des questions sur la stratégie française. Où sont les orientalistes français ? Quelle place leur accorde-t-on ? Pour tenter de comprendre la prise de position indécise de la France, je renvoie à un article du bloc de Georges Malbrunot[3]. Comment ne pas s'indigner avec passion, à l'image de Gilles Kepel[4], orientaliste de renom dont le réseau d'élève essaime aujourd'hui un peu partout, qui  « n'oublie pas la dissolution de la chaire "monde arabe" à Sciences Po en décembre 2010, au moment même où Mohamed Bouazizi s'immolait en Tunisie »[5]. Situation des plus absurdes ! La France avait une « chance » de s'impliquer dans le conflit syrien de par son histoire[6] et ses liens culturels, mais aussi et surtout par son statut de protecteur des chrétiens d'Orient. Le patriarche maronite libanais, le cardinal Béchara Raï, célébrait le 1er avril 2013, l'amitié franco libanaise en présence de l'ambassadeur de France au Liban. A cette occasion, dans l'un de ses discours il rappelait l'origine de cette tradition française qui prend racine dans une charte du roi saint Louis envoyée le 24 mai 1250 au patriarche maronite. Cette charte avait été réaffirmée en 1649 par Louis XIV tandis que, en 1919, le président du Conseil Georges Clemenceau assurait au patriarche Elias Hoyek « que le gouvernement de la République demeurait invariablement attaché aux traditions de mutuel dévouement établies depuis des siècles entre la France et le Liban »[7]. Force est de constater que cette tradition a été rompue, et que l'indécision française a essuyé un échec : « Lors d'une récente visite à des communautés chrétiennes de Syrie, l'ambassadeur de France à Damas, Eric Chevalier a été accueilli par une forêt de drapeaux russes, une façon de lui signifier que la France avait perdu au profit de la Russie son statut de protectrice des Chrétiens d'Orient. [8]»

En sera-t-il de même compte tenu de la situation humanitaire catastrophique ?

Laurent Tessier


[1] Conférence de l'Institut pontifical d'études arabes et d'islamologie (PISAI), 17 mai 2013, intitulée  « The Arab Spring outside in » tenue par S.E.R. Michael L. Fitzgerald., président émérite du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux (2002-2006) et nonce apostolique en Egypte et délégué auprès de la Ligue arabe à partir de 2006.

[4] C.f.  Passion arabe. Journal, 2011-2013, de Gilles Kepel, Gallimard, ("Témoins") : récit de voyage au cœur du « Printemps arabe », témoignage passionnant et éclairant, absolument recommandé

[6] La Syrie fut placée par la Société des Nations sous mandat français de 1920 à 1946.

Vatican: le pape François lance Missio, son application sur iPhone et Android | Actualites | Softonic


Objet: Vatican: le pape François lance Missio, son application sur iPhone et Android | Actualites | Softonic

Vatican: le pape François lance Missio, son application sur iPhone et Android

C'est la semaine passée que le pape François a lancé l'application du Vatican sur iOS (iPhone, iPad et iPod touch) et Android. Baptisé "Missio", l'appli est gratuite et reprend les dépêches de l'agence Fides, l'organe de presse officiel du Saint-Siège.

Les deux applis ont été inaugurées par le pape lui-même au cours de l'audience aux participants de l'assemblée des Oeuvres pontificales missionnaires (POM) le 17 mai dernier. François a alors cliqué sur une touche d'une tablette portant l'inscription latine "Evangelisantur" ("Qu'ils soient évangélisés" en français).

L'appli gratuite est disponible en 8 langues (français, arabe, anglais, espagnol, italien, allemand, portugais et chinois). Les utilisateurs sauront alors tout des dernières nouvelles de l'Eglise Catholique mondiale, partout et tout le temps. Articles et vidéos quotidiennes sont ainsi accessibles.

Missio est présentée par le Vatican dans ces termes par le Vatican: "Conçue pour les catholiques comme les non catholiques, l'application est un compagnon parfait pour la vie spirituelle de chacun."

Télécharger gratuitement Missio sur iPhone

Télécharger gratuitement Missio sur Android



Envoyé de mon iPad jtk

mardi 21 mai 2013

Conférence de presse au CCI pour annoncer le premier congrès des chretiens d'Orient



المطران سمير مظلوم يعلن عن التحضيرات لعقد المؤتمر الأول العام لمسيحيي المشرق بتاريخ 25-26-27 تشرين الأول 2013
المركز الكاثوليكي للإعلام 21 أيار 2013 الحادية عشرة قبل الظهر

جل الديب, 21 مايو 2013 (زينيت) - عقد قبل ظهر اليوم، الأمين العام للقاء مسيحي المشرق، المطران سمير مظلوم، مؤتمراً صحافياً، أعلن خلاله عن التحضيرات لعقد المؤتمر الأول العام لمسيحيي المشرق في25- 26-27 تشرين الأول 2013، في "المركز العالمي لحوار الحضارات- لقاء"، الربوة، مجمّع البطريرك غريغوريوس الثالث، المتن، لبنان، لدراسة أوضاع المسيحيين في مختلف بلدان هذه المنطقة ".......

كلمة المطران مظلوم : "نلتقي وإياكم في هذا النهار، غداة عيد العنصرة بحسب الروزنامة الغربية، وغداة عيد القيامة بحسب الروزنامة الشرقية، ولكن أعيادنا هذه السنة  ترافقها مسحة من الحزن والقلق والخوف ، بسبب ما يجري عندنا وحولنا من حروب وقتل ودمار، ومن تهجير وعنف وعدم احترام أبسط حقوق الإنسان".

تابع: "ويؤلمنا بصورة خاصة  حدث اختطاف اخوينا في الأسقفية  المطران بولس اليازجي والمطران يوحنا ابراهيم، اللذين حرما من فرحة الإحتفال مع أبناء أبرشيتيهما بقيامة الرب يسوع المسيح من بين الأموات، وما زالا مجهولي المصير.  إننا إذ نستنكر أشدّ الإستنكار هذا التعدي على راعيين جليلين من رعاة الكنيسة، كرّسا حياتهما لخدمة الإنسان ونشر السلام والإلفة بين الناس من مختلف الأديان والإنتماءات، نسأل الله أن ينير عقول المسؤولين ويليّن قلوبهم كي يبذلوا كل جهودهم لأجل إطلاق سراح المطرانين، وإعادتهما سالمين الى ذويهما وأبناء كنيستيهما".

أضاف: "في هذا الحدث نموذجا مما عاناه في التاريخ ويعانيه اليوم في مختلف بلدان هذه المنطقة من العالم، الأقليات الإتنية والدينية، ولا سيما  المسيحيون المشرقيون الذين هم أبناء هذه المنطقة الأصيلون، ومن بناة حضاراتها وتألقها عبر العصور، والذين يرون وجودهم ودورهم يتقلصان ويصبحان مهددين بالزوال. وقد وعت الكنيسة أهمية الحفاظ على هذا الوجود الفاعل، وواجب الشهادة لإيمانها بالمسيح الفادي، فأطلقت عدة مبادرات في السنوات الأخيرة، ولا سيما عقد دورة خاصة لسينودس الأساقفة لأجل مسيحيي الشرق الأوسط، وزيارة قداسة البابا بنديكتوس السادس عشر الى لبنان، وتوقيعه الإرشاد الرسولي بعنوان " الكنيسة في الشرق الأوسط : شركة وشهادة "، وتسليمه للكنيسة في هذه المنطقة للعمل بموجبه".    

تابع: "وكما تعلمون، منذ ثلاث سنوات قام ممثلو البطاركة ورؤوساء الكنائس المشرقية، بالتعاون مع عدد من العلمانيين والإكليريكيين المعنيين بالوجود المسيحي المشرقي، بإنشاء "لقاء مسيحيي المشرق"، وحددوا أهدافه في الوثيقة التأسيسية، وخلال هذه السنوات الثلاث، إنكب أعضاء اللقاء على دراسة وضع المسيحيين المشرقيين في العراق، سوريا، الأردن، فلسطين، مصر ولبنان". وبعد مباحثاتٍ ولقاءاتٍ عديدة برزت الضرورة للقيام بعملٍ جامعٍ يهدف إلى تعزيز الوجود المسيحي المشرقي، والى تمكين أهلنا في مختلف دول المشرق من الثبات في ديارهم، ومتابعة  المشاركة الفعالة في حياة هذه البلدان الإجتماعية، الثقافية، الاقتصادية والسياسية".

تابع: "إننا إذ ننظر إلى ما يجري من حولنا من تدميرٍ وخرابٍ وقتلٍ وتشريد، من وحشيةٍ في التعامل بين الإنسان وأخيه الإنسان، من كبت وظلم يواجههما ظلمٌ وكبتٌ أكبر، نشعر أن من واجبنا، حفاظاً على إنسانية الانسان، وحفاظاً على الحضارة المشرقية المشتركة التي بنيناها على مدى العصور نحن المسيحيون مع أخوانٍ لنا مسلمين، نرى من واجبنا القيام بهذا العمل الجامع".

أضاف: "إن المدعوين للمشاركة في هذا المؤتمر هم رجال علم ورجال فكر من مختلف دول المشرق، ومن المشرقيين المقيمين في بلاد الانتشار. وسوف يعقد هذا المؤتمر بمباركة ومشاركة رؤساء كنائسنا المشرقية". و"يهدف المؤتمر إلى وضع الأسس لجهد مشترك بين المجتمع المدني والمؤسسات الكنسية، لدرء الأخطار المميتة التي تحدق بالمسيحية المشرقية خصوصا، وبالمجتمعات المشرقية عموما".

ورأى أنه "يجب ألاّ ننسى أن المسيحيين كانوا، وعلى مدّ العصور، ملائكة هذا الشرق، يبثون فيه روح المحبة والغفران، ويعملون من أجل حرية الإنسان وينتجون العلم والفكر والحضارة". و"علينا اليوم، أكثر من أي وقت مضى، أن نكون مصدر الحكمة، والمنارة الساطعة التي ترشد مجتمعاتنا المشرقية إلى غدٍ آمن".

تابع: "وإذ ندعو إلى هذا المؤتمر، لا يغيب عن بالنا أن مجتمعنا المشرقي مهد الديانات السماوية على اختلافها واختلاف مذاهبها، لكنها بالنهاية كلها موجودة لتمجيد الخالق تعالى ولخدمة الانسان في حياته الدنيوية".

,أمل بأن "يكون المؤتمر حافزاً لمؤتمرات لاحقة يشترك فيها ممثلون عن باقي الديانات المشرقية فنبحث فيها معاً، وبهدوء، مستقبل مجتمعنا المشرقي".

وجواباً على سؤال عن تهجير المسيحيين في الشرق وطلب الكنيسة من السفارات عدم إعطاء فيزا ((Visa أجاب مظلوم: الكنيسة لم تطلب من السفارات عدم إعطاء تأشيرات دخول فهم ينظمون الهجرة بقدر ما يحتاجون". . "أما بالنسبة للمسيحيين في المشرق، نحن نمر بمرحلة صعبة ولكن خلال تاريخنا كان هناك مراحل أصعب بكثير مما نمر به اليوم، صار في حروب، اضطهاد للمسيحيين، آلاف المسيحيين ذبحوا مباشرة،  ومع ذلك بقينا في وطننا، ويجب علينا البقاء. فهذا الشرق هو بلدنا والله وضعنا لأنه عندنا "رسالة" وهو يريد منا شيء، وبالرغم من  كل الصعوبات علينا أن نصمد ونثبت ولنساعد المسيحيين على الصمود، و العمل على تحريك الرأي العام والضغط على الدول للتخفيف من هذا الضغط، والقيام بمشاريع معينة تساعد مادياً أو معنوياً أو روحياً المسيحيين في كل بلد من البلدان".

وبدوره المطران سفر قال: هذا اللقاء لا يمثل الكنائس وإن كنا حاضرين وإنما أكثر ما يمثل الفعاليات المدنيّة والعلمانية المسيحية الموجودة في هذا الواقع المشرقي. اليوم ليس فقط الكنيسة عليها أن تتحرك، وهذا أكيد من واجباتها ولكن المجتمع المدني والمنظمات والحركات المدنية المسيحية أيضاً لها دورها في تحديد مستقبلها وتوعية الناس".

ورأى "أن اليوم أي حراك يبدأ من توعية، يبدأ من وضع المشاكل، وضع الخطط السياسية الاقتصادية على الورق لتعطي نتيحة، فليس هناك عصا سحرية في يد مؤتمر أو لقاء أو كنيسة، ويجب أن يكون هناك محاولات وخاصة في بلد مثل لبنان المسيحيين عندهم ملء الحرية وباستطاعتهم إيصال الصوت المسيحي المشرقي لكل هذا العالم".

وختم المؤتمر مع الدكتور فؤاء أبو ناضر فقال: " يهمنا أيضاً أن يصبح لدينا هوية مسيحية مشرقية موجودة عندنا كلنا، فإذا كان هناك مشكلة مع الأقباط  في مصرمثلاً نتركهم يحلوا مشكلتهم، أو الكلدان في العراق، او مشكلة خطف المطرانين في سوريا اليوم.  نحن هدفنا اليوم أن يخلق هذا التجمع حقيقةً وعي مسيحي مشرقي موحد، نفكر كلنا سوية يتفكير واحد وقلب واحد ".

Les éclats de rage et d’espoir de Paolo Dall’Oglio pour la Syrie | Paris planète


POSTÉ PAR JEAN-CHRISTOPHE PLOQUIN LE 18 MAI 2013


Les éclats de rage et d'espoir de Paolo Dall'Oglio pour la Syrie

« Il n'y pas de raison de croire que l'islam profond, l'islam civilisationnel, ne serait pas capable d'adapter la démocratie »

P. Paolo Dall'Oglio, fondateur de la communauté Al Khalil de Mar Moussa, en Syrie

Jeudi 16 mai, au centre Sèvres

 « Il faut promouvoir une entente entre l'intelligentsia sécularisée et les clercs islamiques du monde arabe. Il faut bâtir un compromis historique, au nom de la démocratie. L'éducation à la démocratie se fera de façon dialectique« .

Lorsque le P. Paolo Dall'Oglio a demandé à l'assistance venue l'écouter, jeudi 16 mai au centre Sèvres, qui était déjà allé au monastère de Mar Moussa, en Syrie, plus des trois quarts des gens ont levé la main. Le jésuite italien était donc en terrain de connaissance. A la tribune, à sa gauche, se trouvait l'essayiste Régis Debray, qui avait préfacé en 2009 son ouvrage, Amoureux de l'Islam, croyant en Jésus, et qui expliqua d'emblée être venu « par amitié, par admiration, par respect » pour ce prêtre « adepte de la franchise, à l'opposé du pharisianisme« .Paolo Dall'Oglio vient de publier un nouveau livre, La Rage et la lumière, dans lequel il commente la guerre civile en cours en Syrie depuis deux ans et où il explique les raisons de son engagement au côté des révoltés contre le régime de Bachar Al Assad. Il décrit les conditions de son exil de ce pays où il aura vécu près de 30 ans et comment il y est retourné clandestinement pour tenter de préparer les conditions d'un dialogue entre des factions farouchement opposées. La rencontre de jeudi soir était organisée en lien avec la parution de ce livre, parfois brouillon et désorienté.

C'est peu dire que Paolo Dall'Oglio, qui explique dans son dernier livre avoir été poussé tout au long de sa vie – il a 59 ans – par deux forces : la rage – « l'impossibilité d'accepter le monde tel qu'il est » – et la lumière – « la foi » , a décontenancé une partie des deux cents personnes réunis. Un homme a quitté la salle en colère. Une Syrienne qu'il a connue quand elle avait deux ans l'a invité d'une voix émue à plus d'équilibre dans ses prises de position. Régis Debray, lui-même, a fini par marquer clairement ses distances, notamment sur la question d'une intervention occidentale en Syrie. Lui est contre tandis que le jésuite italien appelle à un appui militaire déterminant.

« Une nouvelle petite guerre froide »

« La Syrie est au carrefour des grandes tensions régionales« , constate le P. Dall'Oglio. « Le Moyen Orient est plongé dans une nouvelle petite guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. Et il est divisé par la guerre familiale interne à l'islam, celle qui oppose les chiites et les sunnites« .

« Les mêmes bruits de botte qu'en Hongrie en 1956 et en Tchéquoslovaquie en 1968″

« Depuis mars 2011, la révolution n'a pas trouvé l'appui international sur lequel elle aurait pu s'appuyer« , déplore-t-il. « Si au moins la communauté internationale nous avait dit : 'ne vous risquez pas à la révolte. Nous ne sommes pas en mesure de vous protéger de même que nous n'avons pas pu protéger les démocrates de la révolution verte à Téhéran ou ceux de Ramallah'. Mais on nous faisait de petites promesses, toujours un peu plus, chaque jour. On a cru qu'on ne serait pas abandonné aux chars et aux missiles. Aujourd'hui, on entend les mêmes bruits de bottes qu'en 1956 en Hongrie ou qu'en 1968 en Tchéquoslovaquie. Et le même silence international« .

« L'aide des démocrates européens a été inefficace »

« Qui est venu à l'aide de la révolution syrienne ? », interroge Paolo Dall'Oglio. « La Turquie, en partie, mais elle a été gênée par son appartenance à l'Otan; une partie des démocrates européens mais de façon inefficace; une partie de la Ligue arabe mais qui était soumise aux lignes rouges américaines; de nombreux Syriens de l'étranger; et des éléments de l'islamisme radical international qui, par leurs aspects violents, sournois et antidémocratiques, ont piégé la révolution. Certains sont d'ailleurs manipulés par Damas et par Téhéran, qui avaient déjà, durant l'invasion américaine de l'Irak, envoyé dans ce pays des jeunes radicaux instrumentalisés pour y appuyer les réseaux du terrorisme islamiste plus ou moins rattachés à Al Qaïda« .

« Sécuriser une bande de territoire au nord de la Syrie »

« Aujourd'hui, la somalisation de la Syrie est une hypothèse réaliste. Alors, que faire?« , lance le prêtre géopoliticien. « Des batteries de missiles anti-missiles Patriots ont été déployés dans le cadre de l'Otan le long de la frontière syrienne. Dans une même logique de protection contre l'aviation du régime de Bachar Al Assad, on pourrait sécuriser une bande de 20 ou 30 kilomètres de large le long de la frontière, à l'intérieur du territoire syrien« .

« Permettre l'émergence de responsables civils qui marginalisent les groupes terroristes »

« Cela permettrait à l'Armée syrienne libre (ASL) d'y créer un commandement unifié, à qui l'on pourrait demander des comptes« , poursuit-il. « Ce gouvernement temporaire de la région Nord favoriserait l'émergence de responsables civils organisant la vie de la population. Les groupes terroristes perdraient pied car les gens feraient confiance à l'ASL. Puis il y aurait une avancée militaire au nord vers la grande ville d'Alep, et au sud vers la ville de Deraa, en partant de la Jordanie, avec l'aide de l'Arabie saoudite ».

« Vers une Syrie fédérale, sur le modèle suisse »

« À ce moment, la Russie et l'Iran ressentiront la nécessité de protéger leur allié par un repli sur la montagne alaouite et sur la bande côtière syrienne, autour de Tartous et Lattaquié. Washington et Moscou auront chacun intérêt à une division du pays. L'ONU soutiendra l'entrée de forces internationales envoyées par la Ligue arabe qui se déploieront le long du fleuve Oronte pour séparer les deux camps. On aurait deux régimes, une situation à la chypriote. La Syrie devrait supporter sa division le temps de négocier une nouvelle constitution, sur une base fédérale. D'ici 5 ans, on pourrait aboutir à une réconciliation et à la fin définitive du régime de Bachar« .

« Les Kurdes sont l'avant-garde démocratique de la région »

« Les Kurdes joueront un grand rôle dans cette période de transition« , explique le jésuite italien, dont la communauté de Mar Moussa a ouvert un lieu de rencontre et de prière à Souleymanieh, au Kurdistan d'Irak. « Les Kurdes de la région ( Turquie, Irak, Iran, Syrie) sont engagés dans une dialectique démocratique puissante, du fait de leur diversité. Ils sont l'avant garde démocratique dans cette région et il faut qu'ils entraînent leurs compatriotes sur cette voie. Ils poussent pour s'organiser en fédération, au sein des Etats où ils sont présents, et entre eux. Sous leur impulsion, la Syrie pourrait s'organiser sur un modèle beaucoup plus semblable à la Suisse qu'à la France« .

« La démocratie est comme la roue, tout le monde va l'adopter »

« Certains en Europe associe la démocratie aux valeurs occidentales« , analyse Paolo Dall'Oglio. « Mais la démocratie n'a pas toujours été chrétienne ! Les catholiques ont eu beaucoup de difficultés à l'accepter de façon sincère. L'Islam souhaite lui aussi élaborer un projet démocratique, selon ses principes. La tolérance, le pluralisme font partie de la tradition longue de cette civilisation. Et à l'échelle du monde, la démocratie est comme la roue : un jour, quelqu'un l'a inventé et tout le monde l'a adoptée. La démocratie est un don de Dieu« .

« La Turquie choisit clairement un islam non salafiste »

« Le 17 décembre dernier, le premier ministre turc Erdogan est allé sur le tombeau de Djalal ad-Din Rumi, mystique musulman persan enterré à Konya« , rappelle le jésuite italien, qui a ressenti très tôt dans sa jeunesse que sa mission religieuse serait tournée vers la recherche d'une entente islamo-chrétienne. « Tout l'establishment turc était là mais aussi des envoyés du gouvernement iranien et des représentants des religions chrétiennes et juive. Le message était clair : c'était que la Turquie choisissait un islam non salafiste, un islam attaché à la culture d'Asie centrale. C'était un message pour les Turcs et pour tous les peuples de la région. Un projet néo-ottoman d'harmonie à l'intérieur d'un cadre démocratique civil moderne« .

« Nous devons être profondément relativistes »

« Le 7 avril, j'étais à Marseille et j'ai reçu un appel téléphonique de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes du gouvernement français« , poursuit Paolo Dall'Oglio.  » Elle m'a dit : 'nous nous opposons au relativisme culturel'. Elle pensait sans doute au droit des femmes dans l'Est et le Sud du bassin méditerranéen. Je comprends sa préoccupation, mais va-t-on exporter au sud les questions non résolues du Nord? Nous devons veiller à témoigner des valeurs qui nous sont chers mais sans jeter les populations du sud dans la guerre civile, dans une lutte violente entre islamistes et laïques. Nous avons besoin d'être profondément relativistes pour accompagner l'expérience islamiste de la démocratie« .

« Je choisis l'Evangile, je renonce à la tribu »

Paolo Dall'Oglio, qui est en opposition frontale avec la hiérarchie des Eglises catholiques en Syrie, a bien sûr été interrogé sur l'avenir des chrétiens dans ce pays, notamment par le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Pèlerin, Antoine d'Abbundo, qui animait les débats. « Quant aux chrétiens, je choisis l'Evangile, je renonce à la tribu« , assène-t-il d'emblée. « Et je voudrais d'abord saluer le sacrifice de ceux parmi les chrétiens qui ont passé de longues années dans les prisons des Assad, père et fils. Je voudrais saluer l'honneur des jeunes chrétiens qui partent des mosquées pour manifester pour la liberté et la démocratie. Il serait injuste de faire chrétiens de Syrie seulement des collabos« .

« Des hommes d'Eglise donnent crédibilité aux mensonges du régime »

« Pour les autres, je suis dur, je le reste« , explique le prêtre, qui a été ordonné dans le rite syriaque catholique en 1984. « Il y a des hommes d'Eglise qui se promènent dans les chancelleries occidentales pour donner une crédibilité aux mensonges homicides du régime. L'Allemagne et l'Italie, par exemple sont paralysées par les manipulations du régime qui affirment qu'il n'y a pas de révolution mais un terrorisme islamiste anti-chrétien« .

« J'espère qu'il restera assez de chrétiens pour une Syrie plurielle »

« Ces évêques, ces prêtres, ces religieuses, qui se prêtent ainsi à la propagande le font, pour certains, par engagement personnel« , assure Paolo Dall'Oglio. « D'autres, à cause d'un anti-islamisme viscéral, qui leur fait penser que le régime de Bachar est un mal mineur. D'autres manquent de réflexion ou d'analyse sur le long terme. Mais il y a à côté, certains qui s'engagent dans des actions humanitaires avec un courage infini, qui veulent sauver, avant tout, des vies et des relations humaines. Ceux-là seront l'Eglise de demain. J'espère qu'il restera assez de chrétiens pour que la Syrie reste plurielle« .

« La diplomatie vaticane est sclérosée »

« Oui, je suis en opposition frontale avec le Saint Siège sur la question de la livraison d'armes à l'Armée syrienne libre« , martèle le prêtre. « La diplomatie vaticane est sclérosée, paralysée. La question syrienne y semble banale à côté d'autres préoccupations. Le Vatican fait confiance à la hiérarchie sur place. Or celle-ci est compromise, ou enserrée dans le carcan du régime, depuis 40 ans. Le voyage de Benoît XVI l'an dernier au Liban a été géré par un groupe de protecteurs de Bachar Al Assad« .

« Deux évêques orthodoxes kidnappés »

« Il n'y a pas eu de massacre de chrétiens en Syrie« , rappelle Paolo Dall'Oglio, qui reconnait que pour les islamistes les plus durs, « les takfiris, tout chrétien appartient à un monde chrétien occidental considéré comme ennemi« . « Deux évêques orthodoxes ont été kidnappés par des groupes islamistes dont l'agenda n'a rien à voir avec celui de l'Armée syrienne libre« , reconnait-il. « Ce sont des groupes clandestins à l'intérieur de la Syrie libérée, des criminels al qaidistes infiltrés par Damas et par Téhéran. L'un des évêques, Mgr Iohanna Ibrahim, avait fait des ouvertures timides vers l'opposition. Je sais que des combattants de l'ASL sont prêts à les libérer au péril de leur vie. Mais de son côté, l'Occident va-t-il enfin bouger? »

 Pour aller plus loin :

- la présentation du monastère de Mar Moussa sur le site www.jesuites.com;

- le site de l'association des amis de Mar Moussa

- l'interview du P. Dall'Oglio, sur le dialogue islamo-chrétien, réalisé par Céline Hoyeau de La Croix, deux ans avant la guerre civile en Syrie;

- les récentes rencontres et les points de vue contrastés, sur le blog Paris planète, avec le patriarche maronite Raï (11 avril 2013), le responsable kurde Abdel Hakim Bashar (5 mars 2013) et le responsable chrétien assyrien Bassam Ishak (14 février 2013), ainsi que le précédent blog avec le P. Paolo Dall'Oglio le 26 septembre 2012 et la rencontre avec le superviseur général adjoint des Frères musulmans syriens Farouk Tayfour le 8 juillet 2012

 Source:http://paris-planete.blogs.la-croix.com/les-eclats-de-rage-et-despoir-de-paolo-dalloglio-pour-la-syrie/2013/05/18/

Envoyé de mon iPad jtk