Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mercredi 17 juillet 2013

Le Figaro.fr: Syrie : un afflux de réfugiés inédit depuis le génocide rwandais

Syrie : un afflux de réfugiés inédit depuis le génocide rwandais
Par Sunniva Rose, 17/07/2013 
(Crédits photo: Hussein Malla/ASSOCIATED PRESS)
Le conflit syrien, qui tue 5000 personnes par mois, pourrait déstabiliser la région entière. Il y aurait 1.8 million de réfugiés à l'extérieur du pays et 4 millions de déplacés à l'intérieur des frontières.

En Syrie, 5000 personnes meurent chaque mois, soit plus de 150 par jour. La population syrienne fuit en masse cette guerre meurtrière, qui dure depuis plus de deux ans. Ce qui a poussé Antonio Guterres, Haut commissaire aux réfugiés aux Nations-Unies, à pousser un cri d'alarme devant le Conseil de Sécurité, mardi à New York. Il a comparé la crise des réfugiés syriens à celle qu'a connue le Rwanda, lors du génocide de 1994. Plus de deux millions de Rwandais avaient alors fui le pays.

Selon M. Guterres, environ 6000 personnes fuient la Syrie chaque jour, et l'ONU a recensé 1.8 million de réfugiés syriens dans les pays voisins: le Liban, la Jordanie et la Turquie. Cela fait craindre l'embrasement de la région entière, comme l'a confirmé l'ambassadeur du Liban à l'ONU. «Les tirs et les incursions de plus en plus nombreuses de la Syrie au Liban menacent la sécurité et la stabilité de mon pays», a-t-il indiqué.

En Jordanie, l'autre pays qui accueille en masse les réfugiés, les Syriens sont aujourd'hui vus d'un mauvais œil. Le royaume, qui compte six millions d'habitants, héberge un demi-million de réfugiés. «Ils prennent les boulots les plus faciles, et il nous reste les plus durs. Ils acceptent tout pour parfois deux euros de moins. Du coup, ils prennent les emplois des Jordaniens. Et puis tout est devenu cher. Les loyers ont doublé», s'indignait en juin un habitant local au micro de RFI. Des émeutes secouent régulièrement le camp de Za'atari, qui accueille 120.000 réfugiés, comme l'explique l'IRIN (agence de presse rattachée à l'ONU).

Les humanitaires confrontés à des «restrictions considérables»

Plusieurs hauts fonctionnaires de l'ONU, dont Valérie Amos, responsable des affaires humanitaires, ont appelé les Nations-Unies à prendre des mesures plus fortes pour contrer cette guerre qui a fait plus de 100.000 morts. Un chiffre critiqué par l'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Bachar Jaafari. Il estime qu'il est «sourcé de manière non professionnelle».

Selon Mme Amos, il manque encore 3.1 milliards de dollars pour financer les opérations humanitaires en Syrie et hors de Syrie d'ici la fin de l'année. Elle a ajouté que les agences humanitaires sont confrontées à des «restrictions considérables», établies par le régime et les rebelles. Comme solution, du moins temporaire, Mme Amos a évoqué la nécessité de mener des opérations transfrontalières pour acheminer l'aide à l'intérieur de la Syrie et d'instaurer des «routes humanitaires prioritaires».

Des civils brûlés par des cuisinières

Médecins Sans Frontières (MSF) fait partie des agences humanitaires qui opèrent en Syrie, malgré l'interdiction du régime de Damas. Rentré récemment de Syrie, le Dr. Janssens, coordinateur médical pour MSF, s'alarme du nombre de victimes indirectes des combats, un phénomène qui accentue l'exode des populations. «L'attention est portée par la guerre dans les villes, mais il y a aussi la guerre dans les campagnes. Les déplacés sont obligés de bricoler des cuisinières, qui explosent et brûlent des familles entières très sévèrement», explique-t-il. Sur un mois, MSF a traité 600 cas de brûlures et 5000 personnes en consultation externe (diarrhées, fièvres, etc.).

Les déplacements internes dûs aux combats, couplés avec la pauvreté et le chômage, coupent les civils du système de santé déclinant. N'ayant plus accès à leurs médicaments, ils sont plus enclins à faire des AVC ou des complications liées au diabète, par exemple. «Ils se retrouvent à la campagne, dans des tentes précaires sous les oliviers», poursuit le Dr. Janssens. «Il est difficile de leur apporter une aide véritable parce qu'il faudrait construire des vrais camps, avec des puits et des latrines», conclut-il. Les déplacés internes avoisineraient les 4 millions, selon l'ONU.


Se... http://www.lefigaro.fr/international/2013/07/17/01003-20130717ARTFIG00255-syrie-un-afflux-de-refugies-inedit-depuis-le-genocide-rwandais.php



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Liban : Bkerké tente de réunir les pôles chrétiens | Dernières Infos | L'Orient-Le Jour

16/7/2013-Liban : Bkerké tente de réunir les pôles chrétiens

Le patriarcat maronite de Bkerké tente de réunir les pôles chrétiens du Liban, sous la houlette du patriarche Mgr Béchara Raï, afin de discuter des derniers développements sur la scène locale. Selon le quotidien al-Joumhouria, Bkerké s'efforce de garantir la présence du chef des Kataëb, Amine Gemayel, du chef du Courant Patriotique Libre, Michel Aoun, du chef des Forces Libanaises, Samir Geagea, et du chef des Marada Sleimane Frangié.

 Citant des sources informées, al-Joumhouria précise que plusieurs responsables ont demandé que les évêques maronites clarifient leur dernier communiqué sur la propagation des armes au Liban avant de décider de leur participation ou non à la réunion. Le quotidien ajoute qu'une réunion préliminaire pourrait se tenir vers la fin du mois de juillet et à laquelle prendront part des représentants des quatre principaux partis chrétiens pour préparer la rencontre de leurs chefs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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mardi 16 juillet 2013

Raï reçoit à Dimane des délégations d’émigrés | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

16/7/2013-Raï reçoit à Dimane des délégations d'émigrés


Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Boutros Raï, s'est entretenu hier, à Dimane, avec une délégation de la diaspora libanaise au Mexique qui était accompagnée de l'évêque Georges Abi Younès.
Il s'est également réuni avec une délégation de la diaspora libanaise au Brésil accompagnée de l'évêque Edgar Madi.
Mgr Raï s'est aussi entretenu avec une délégation de la fondation du patriarche Estephan Doueihy qui œuvre pour la béatification de ce dernier. Il s'est réuni également avec Roy Issa el-Khoury et Saïd Tok. M. Issa el-Khoury, qui a dénoncé les critiques faites à l'armée, a appelé à la formation d'un gouvernement.
Le patriarche maronite a reçu, en outre, des enfants d'Ehmej accompagnés du curé du village, Tanios Abi Ramia. Le groupe était en pèlerinage à Dimane et dans la vallée sainte.

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En Syrie, l’opposition en guerre avec ses groupes djihadistes | La-Croix.com

16/7/2013-En Syrie, l'opposition en guerre avec ses groupes djihadistes | La-Croix.com

Les heurts entre l'Armée syrienne libre (ASL) et d'autres groupes rebelles djihadistes, Jabat-Al-Nosra et les combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), se multiplient dans toutes les zones « libérées » par l'opposition.

La population syrienne manifeste de plus en plus son exaspération face à ces groupes djihadistes qui veulent imposer la charia et pratiquent les arrestations arbitraires.

Tout a éclaté au grand jour avec l'assassinat, jeudi 11 juillet, de Kamal Hamami, un chef rebelle de l'Armée syrienne libre (ASL) par des combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaida. Les versions divergent. Selon certains, il aurait été tué par les hommes de l'EIIL qui voulaient détruire un barrage de l'ASL, au nord de la ville côtière de Lattaquié.

De son côté, Abou Ahmad, lieutenant-colonel de l'ASL, affirme avoir été présent lors de l'incident et rapporte sur Facebook que Kamal Hamami et ses hommes avaient été arrêtés à un barrage de l'EIIL. Le chef de l'ASL aurait demandé aux djihadistes : « Vous venez dans notre pays pour nous aider ou pour nous créer des problèmes ? » Le chef de l'EIIL à Lattaquié, Abou Aymane, serait alors arrivé et aurait menacé de tuer Hamami qui lui aurait lancé : « Vous n'avez rien à voir avec l'islam. » C'est à ce moment que le djihadiste l'aurait tué.

Une hostilité croissante

D'autres incidents avaient éclaté auparavant, montrant les dissensions croissantes entre groupes rebelles. Lors de la libération du village chrétien de Bourj-Al-Kassab (nord), un djihadiste avait détruit une croix. Une altercation a éclaté alors entre le chef de l'ASL, Kamal Hamami, et les djihadistes. Quelques jours auparavant, un chef de brigade de l'ASL avait été décapité et son frère égorgé par l'EIIL, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Dans cette même région, frontalière avec la Turquie, par où ont transité nombre de djihadistes étrangers rejoignant la révolte, des dizaines de rebelles de l'ASL ont été tués dans une bataille contre les groupes affiliés à Al-Qaida, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
 Les combats ont éclaté après que des rebelles avaient protesté contre l'arrestation par les djihadistes d'un garçon de 12 ans accusé de blasphème.


La multiplication de ces incidents témoigne d'une hostilité croissante entre l'Armée syrienne libre, qui représente la rébellion modérée soutenue par les pays arabes et occidentaux, et les groupes affiliés à Al-Qaida, Jabat-Al-Nosra et EIIL qui ont prêté allégeance à son chef Ayman Al Zawahiri. Au début de la révolte en Syrie, les insurgés avaient accueilli à bras ouverts les djihadistes, aguerris, prêts à se battre jusqu'à la mort et dotés d'armes sophistiquées. Ils ont acquis une influence qui dépasse leur nombre en remportant des victoires contre le régime.


« Leur but est de prendre le contrôle de régions stratégiques »

L'EIIL est né en avril 2013 d'une scission avec Jabat-Al-Nosra. Il est formé à plus de 80 % de combattants étrangers (irakiens, libyens, tunisiens, etc.), souvent très jeunes, des « desperados » certes peu nombreux, mais qui haïssent l'Armée syrienne libre, qu'ils accusent d'être liée aux Saoudiens et aux Américains. C'est une organisation sectaire dirigée par un émir à qui les membres doivent prêter allégeance.

 « Ils se battent très peu contre le régime, mais leur but est de prendre le contrôle de régions stratégiques en s'emparant des points de passages – celui de Jarablous, à la frontière turque, ou celui avec l'ouest de la ville à Alep. Dans les zones qu'ils détiennent, ils imposent la charia et font régner un ordre très strict », explique Thomas Pierret, maître de conférence à l'université d'Édimbourg, pour qui « ils sont toutefois assez efficaces pour organiser la gestion et la distribution de nourriture ». 

Avec le Jabat-Al-Nosra, créé en janvier 2012, ils forment le gros des bataillons islamistes. Mais le Jabat-Al-Nosra n'obéit pas à la même logique, selon le chercheur. Lors de la scission entre les deux, Al‑Nosra s'est « syrianisé », poursuit-il, « il est devenu plus pragmatique avec la population, moins idéologique. Et ses militants combattants sont en première ligne dans les combats contre l'armée régulière syrienne ». À la différence de l'EIIL, Jabat-Al‑Nosra opère partout. Il n'a pas de territoire, sauf la ville de Derra, dans le Sud, qu'il contrôle.

Rejetés en raison de la forme extrême de leur islam

Mais la population syrienne supporte de moins en moins les djihadistes. En juin, à Alep, des combattants de l'EIIL n'avaient pas hésité à tuer un jeune garçon de 15 ans qui avait prononcé ironiquement le nom de Mohammed. « Ils sont de plus en plus considérés comme des parasites », estime le chercheur.

Dans la ville de Raqqah (sur l'Euphrate, au nord), seule capitale provinciale aux mains des rebelles, les deux groupes affiliés à Al-Qaida sont accusés de détenir des dizaines de prisonniers et d'être à l'origine de la disparition d'un opposant de la première heure et militant des droits de l'homme, Abdallah Al ­Khalil, qui voulait organiser des élections générales à Raqqa. Al‑Nosra était contre. Depuis, le militant n'a plus réapparu.

L'engouement du début pour ces combattants a laissé progressivement la place au rejet, en raison de la forme extrême de leur islam et d'arrestations arbitraires, auxquelles s'ajoutent les combats réguliers entre les groupes rebelles pour des questions de racket, de partage de butin ou d'application de la charia.


« Il est clair que la colère contre l'EIIL et les autres djihadistes –
il existe une multitude de groupuscules –, est en train de monter en Syrie », note le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
 Sentiment qui risque de s'amplifier avec l'arrivée des talibans pakistanais du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), mouvement lié à Al-Qaida qui lutte pour renverser le gouvernement d'Islamabad et imposer une vision rigoriste de l'islam – son siège est situé dans les zones tribales pakistanaises situées à la frontière avec l'Afghanistan.

Le TTP a déclaré avoir établi des bases et envoyé des centaines d'hommes en Syrie à la demande d'« amis arabes » pour lutter aux côtés de la rébellion contre les forces du président Bachar Al Assad. Il promet la diffusion prochaine de vidéos de « victoires ».

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Un tournant en Egypte


Par le père Rafic Greiche

ROME, 15 juillet 2013 (Zenit.org) - En Egypte, mais une chose est sûre : le pays arrive à un tournant crucial. Comme si s'ouvrait un deuxième acte la révolution des libertés et du refus des dictatures.

Selon des sources proches de l'armée égyptienne, après le renversement du président Mohamed Morsi, l'Egypte a connu la plus grande manifestation de son histoire.

Pour connaître d'un peu plus près la situation qui prévaut sur place, Zenit s'est entretenu avec le père Rafic Greiche, directeur de la communication de l'Eglise catholique en Egypte.

Père Greiche est aussi le curé de la paroisse Saint-Cyrille pour les melkites à Misr Al-Jadida et directeur éditorial de la revue chrétienne Hamel Al-Risala, (Le Messager).

Zenit - Les opinions sur les événements de ces deux dernières semaines sont multiples et souvent diamétralement opposées. En tant qu'homme d'Eglise et citoyen égyptien, quelle lecture faites-vous de ce qui se passe en Egypte ? 

P. Rafic Greiche - Vous avez raisons. Les opinions sont nombreuses et opposées. Ce qui s'est passé en Egypte n'est pas un coup d'Etat militaire contre le président, car il y a coup d'Etat militaire quand des membres de l'armée prennent l'initiative et s'emparent du pouvoir, rencontrant ensuite la faveur populaire. Un phénomène de ce genre est arrivé en Egypte le 23 juillet 1952, quand le Mouvement des Officiers Libres a fait un coup d'Etat, destituant le roi Farouk et obtenant le soutien populaire, qui a déclenché la dite révolution de 1952.

Ce qui s'est passé le 30 juin 2013 est une révolution massive qui s'est emparée de toutes les régions de l'Egypte. Trente trois millions d'égyptiens de toutes les religions et extractions, hommes, femmes, enfants, personnes âgées, tous sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère et leur désaccord contre le gouvernement des Frères Musulmans qui, en un an,  a privé la nation de tant de ressources et a appauvri divers secteurs, y compris celui du tourisme.

Un mandat qui a affaibli les infrastructures et attisé les dissensions et les rivalités interreligieuses. Le peuple s'est trouvé avec un président qui fomentait le feu de la guerre civile, qui a mis en liberté des terroristes et permis à d'autres d'entrer dans le pays.

Durant cette année de présidence, tant d'hommes de l'armée et de la police ont été tués. Les réserves pétrolifères ont connu plusieurs explosions. La sécurité civile était au plus bas, la sterling égyptienne à ses niveaux historiques les plus bas, et les tensions entre les divers pays arabes, occidentaux et africains s'aggravaient de manière inquiétante.

Face à un tel réveil populaire, l'armée a du répondre à l'appel de la population pour protéger la nation. Et ainsi l'armée, la police et le peuple sont devenus une seule main, et une seule réalité.

De quoi les chrétiens souffraient-ils le plus sous la présidence de Mohamed Morsi ?

Les chrétiens égyptiens, comme leurs compatriotes musulmans, ont souffert sous ce gouvernement dictatorial. Le niveau de pauvreté et de chômage est monté vertigineusement. L'ex président a reçu plusieurs fois les chefs chrétiens, prenant même des photos souvenirs avec eux, mais sur le terrain rien n'a changé, surtout en ce qui concerne les droits civils et les lois relatives aux lieux de culte. Au contraire, nous avons observé une aggravation des discriminations, de la marginalisation et une complicité dans les tensions interreligieuses qui s'est traduite par des incendies aux églises et des pillages.

Tant de familles ont du quitter leurs maisons et leurs biens, et un nombre préoccupant de jeunes chrétiennes ont été enlevées et forcées à quitter la religion chrétienne. L'attaque des hommes du mouvement des frères musulmans contre les scheiks d'Al-Azhar et contre la cathédrale Saint-Marc en Abbaseiah, a été le couronnement de tout.

Y a-t-il eu des restrictions qui ont frappé les catholiques de plus près ?

Les catholiques ont été frappés là où ils sont plus efficaces et actifs, c'est-à-dire l'école. Les programmes ont été changés et fortement islamisés. Les Frères musulmans sont devenus une partie des programmes.

Un autre coup dur a été subi par la Caritas et les associations de charité et de développement. Leurs fonds et les aides qu'elles reçoivent de l'étranger ont été congelés par le gouvernement. Nous parlons de sommes considérables, jadis réservées aux pauvres sans distinction de religion ou d'appartenance. Par ailleurs, des religieuses catholiques ont été agressées par ces fondamentalistes.

Maintenant que craignez-vous ?

Nous craignions que le pays ne glisse dans un cercle vicieux de luttes intestines causées par le courant religieux fondamentaliste, causant une situation d'instabilité pour le peuple égyptien en général, pour les chrétiens en particulier.

Mais les chrétiens doivent défendre leurs droits  de citoyens, les mêmes droits et devoirs de tous. Ils doivent aussi participer à la reconstruction  de la nation. Nous sommes tous plein de confiance et dans l'espérance que le calme revienne et que tous puissent vivre en liberté et dignité sans discrimination entre chrétien, musulman, homme et femme, ou entre les classes sociales.

Certaines factions qui soutiennent Mohamed Morsi manifestent en faveur de son retour. Peut-on s'attendre à une friction populaire qui peut dégénérer en guerre civile?

C'est exact. Il ya des courants islamiques, surtout les Frères Musulmans et leurs phalanges qui menacent la paix publique et la sérénité de la société. Nous l'avons vu, par exemple, le 5 juillet dans plusieurs régions comme Al-Gharbiya, Al-Daqhalia, Al-Sharqiya, Al-Manufiya. Mais ils  sont une minorité. 85 % du peuple est avec l'armée, et ils sont prêts à éteindre avec la police les feux de la discorde.

Nous entendons beaucoup parlé, peut-être trop, de « printemps arabe », mais aussi et à juste titre d' « automne arabe ». Que manque-t-il pour que cette période de printemps se stabilise ?

Au printemps arabe ce qu'il manque c'est la vraie liberté du citoyen afin qu'il puisse être pleinement capable d'exprimer ses opinions, ses idées, son appartenance religieuse et politique. Il lui manque la vraie démocratie qui ne marginalise personne pour sa religion, sa race ou son sexe. Il lui manque la confiance en elle, le travail assidu et la programmation d'un développement qui permet une vraie renaissance et un avenir durable pour les pays arabes, en particulier pour les pauvres. Nous sommes ouverts à l'Islam politique s'il prend le chemin de la démocratie et de la civilisation et n'utilise pas de systèmes violents à divers niveaux : verbal, physique et moral.

Quels sont vos vœux pour la prochaine saison présidentielle ?

J'espère que les chrétiens ne s'enfermeront, apeurés dans leurs églises et qu'ils s'insèreront de plus en plus dans le travail social et politique, qu'ils s'ouvriront à tous comme levain et participeront aux élections, qu'ils pourront s'exprimer en toute liberté.

J'espère aussi que les Eglises arriveront à une plus grande unité et qu'après cette période,  le dialogue œcuménique se poursuivra afin qu'il ne soit pas seulement le fruit de la crise mais devienne un style de vie habituel et permanent chez les chrétiens.

Traduction d'Océane Le Gall