Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mercredi 26 février 2014

"Ne vous laissez pas entraîner par des sentiments de désespoir", Gregorios III

Eglise Melkite: "Ne Vous Laissez Pas Entraîner Par Des Sentiments De Désespoir", Par Gregorios III

Lettre de carême sur la tradition spirituelle de l'Eglise catholique melkite

 ROME, 25 février 2014 (Zenit.org) - "Ne vous laissez pas entraîner par des sentiments de désespoir, de dépression, de désillusion, par la tentation de blasphémer, par la perte de confiance en Dieu, en sa Providence, en son amour et en sa miséricorde", demande Sa Béatitude Gregorios III, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem dans sa lettre de Carême 2014 consacrée à « La grâce du jeûne ». Une tradition spirituelle de l'Eglise catholique melkite.

Il souligne l'importance du jeûne dans le combat spirituel: "Nous avons besoin des armes du jeûne et de la prière plus que jamais. C'est ce que nous enseigne Notre Seigneur Jésus-Christ quand Il dit (Marc 9, 29) : « Cette espèce-là ne peut s'en aller que par la prière »."

C'est pourquoi le patriarche lance cette exhortation : "Nous vous invitons à recourir à l'arme de l'esprit, à l'arme de la foi, à l'arme de l'espérance, lorsque vous êtes devant l'écran de télévision ou prenez connaissance d'autres moyens de communication. Ne vous laissez pas entraîner par des sentiments de désespoir, de dépression, de désillusion, par la tentation de blasphémer, par la perte de confiance en Dieu, en sa Providence, en son amour et en sa miséricorde (…) Ne nous laissons pas vaincre par des sentiments qui détruisent l'âme et le corps. Cela est aussi une partie de la pratique du Carême : il doit susciter en nous espoir et confiance."

Le Patriarche rappelle la "sainteté" du temps du carême: "cette période de l'année et de notre vie chrétienne est une des plus saintes de l'année. Elle occupe une place privilégiée chez tous les fidèles de notre Église, malgré les nombreuses dispenses qui ont allégé le poids de l'aspect corporel de la loi du saint Carême."

Il indique les deux aspects du jeûne, "le jeûne corporel et le jeûne spirituel" en disant: "Il n'est pas permis de séparer le jeûne corporel du jeûne spirituel. De même, il n'est pas permis de préférer ou favoriser le jeûne corporel par rapport au jeûne spirituel, ou le spirituel par rapport au corporel. L'Écriture Sainte, la tradition chrétienne, la coutume ecclésiastique, la logique et la sagesse naturelles démontrent l'importance des deux sortes de jeûne. Tous les deux sont une obligation de la dévotion et une preuve de notre foi en Dieu, ainsi qu'un acte d'amour à l'égard de Dieu et du prochain, surtout le prochain pauvre, qui est dans le besoin ou faible. Malheureusement, certains disent : Moi, je fais l'aumône au pauvre, et cela me dispense du jeûne. Ou encore : Je cesse de fumer pendant le Carême, et cela me dispense du jeûne. Ou aussi : Je cesse de manger du chocolat pendant le Carême, et cela me dispense du jeûne. Toutes ces choses sont de belles œuvres de vertu, mais elles ne dispensent pas du jeûne corporel traditionnel, qu'elles complètent et expriment, car elles sont une partie du jeûne." 

Il affirme pour cela l'unité de l'âme et du corps en citant cette prière de la "Liturgie des Présanctifiés" (Proaghiasmena) : "Dieu grand et digne de louanges, qui, par la mort vivifiante de ton Christ, nous as fait passer de la corruption à l'incorruptibilité, libère tous nos sens des passions qui tuent et donne-leur pour bon guide la raison intérieure : que l'œil s'abstienne de tout regard mauvais, que l'oreille soit inaccessible aux paroles oiseuses, que la langue se nettoie de tout discours inconvenant. Purifie nos lèvres qui te louent, Seigneur ; fais que nos mains s'abstiennent de toute œuvre perverse et n'accomplissent que celles qui te plaisent. Affermis tous nos membres et notre entendement par ta grâce. Car à Toi convient toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles. Amin."

"De même, ajoute le patriarche, nous donnons l'onction de l'huile aux malades en invoquant pour eux « la guérison de l'âme et du corps »."

Il rappelle aussi la dimension corporelle de la prière: "L'Église nous invite à nous lever, à nous asseoir, à nous agenouiller, à incliner la tête et le corps, à plier les genoux, à pleurer, à nous exclamer, à nous frapper la poitrine, ... De même, nous donnons l'onction de saint Myron pour tous les sens et les membres de notre corps : le front, les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds. De la même manière, l'enfant est oint avec l'huile avant d'être plongé dans l'eau du baptême."

Il précise en quoi consiste le jeûne pour l'Eglise melkite: "La pratique de la vertu du jeûne et l'obligation du jeûne corporel consistent à s'abstenir de nourriture de minuit jusqu'à midi, ainsi que l'abstinence de certains aliments (viande et laitages), mais aussi en l'accomplissement de bonnes œuvres, l'aide aux pauvres et la solidarité avec les autres. Tous ces aspects sont liés, se complètent et constituent la pratique et le commandement du Carême et du jeûne."

Il rappelle aussi que les prières liturgiques constituent une véritable une "école spirituelle", un "guide vers la grâce du jeûne spirituel et corporel".

 Le Patriarche melkite catholique souligne les six principaux effets spirituels du jeûne: "le jeûne aide à l'élévation spirituelle. Le symbole en est le char d'Elie, qui avait jeûné pendant quarante jours avant son élévation au ciel sur un char de feu"; "la grâce du jeûne fait que l'homme pénètre en profondeur dans le sens de la Loi divine, des Dix Commandements"; "la grâce du jeûne a fortifié le prophète Daniel"; "la grâce du jeûne opère des miracles"; "la grâce du jeûne a fortifié les trois jeunes gens qui ont résisté aux flammes de la fournaise des Babyloniens et les ont éteintes"; "la grande grâce que la pratique du jeûne procure est qu'elle nous rend spécialistes de Dieu !"

J'appelle au jeûne communautaire. J'encourage les familles, les jeunes gens et les jeunes filles à jeûner. J'espère que le jeûne, uni à la prière et à la lecture de l'Écriture Sainte, pourra créer dans chaque maison une atmosphère de spiritualité familiale grâce à la participation de tous les membres de la famille, et ainsi renforcer et approfondir les liens spirituels familiaux et sociaux, et être un facteur d'unité. Cette unité est la base du bonheur de la famille et lui permet d'éviter les dangers qui la menacent aujourd'hui plus que jamais.

"Avec l'Église nous prions", conclut le patriarche : "Du Carême la grâce pleine de clarté a resplendi sur nous en ce jour plus brillante que le soleil ; répandant sur nos âmes son éclat, comme nuages elle chasse nos péchés ; aussi courons nous d'un cœur léger, joyeux de parcourir le stade divin, et dans l'allégresse crions au Seigneur : Sanctifie ceux qui l'accomplissent fidèlement" (Lucernaire de lundi du cinquième semaine du Carême).

Source : Zenith.org - Anita Bourdin

Texte intégral en arabe français et anglais disponible en ligne http://pgc-lb.org/



Envoyé de mon Ipad 

Irak : prière et jeûne pour stopper l'hémorragie des chrétiens - Le blog de Père Patrice Sabater

Appel de Mgr Sako pour l'entrée en Carême

 

ROME, 25 février 2014 (Zenit.org) - Le Patriarche de Babylone des Chaldéens, Louis Raphaël I Sako appelle à prier et jeûner pour stopper l'hémorragie des chrétiens en Irak.

A l'approche de l'entrée en Carême (3 mars 2014), il adresse un message aux membres de son Eglise et à tous les chrétiens d'Irak, rapporté par l'agence vaticane Fides.

Il rappelle que l'identité chrétienne est ancrée « dans les profondeurs de l'histoire et de la géographie irakiennes depuis 2000 ans » : quitter le territoire équivaut donc à « se séparer des attaches, des racines et sources limpides » qui les lient à leur pays.Pour le Patriarche, les chrétiens d'Irak doivent « persévérer et espérer », en évitant d'écouter ceux qui leur font peur et les poussent à quitter leur nation. Ces personnes « ne veulent pas votre bien. Nous sommes ici parce que Dieu le veut, et nous restons ici avec l'aide de sa grâce pour jeter des ponts et collaborer avec nos frères musulmans pour le développement de notre pays ».Je vous demande de jeûner et de prier afin que les chrétiens n'émigrent pas », peut-on lire dans le message. Le Patriarche demande également de prier pour la Syrie, pour le Liban et pour toute la région, afin que le temps de l'angoisse se termine.

En Irak, conclut-il, il est urgent d'ouvrir « une nouvelle page avec les prochaines élections », de manière à ce que le pays puisse retrouver « la paix et la sécurité, pour le bien de tous les citoyens ».

Source : Zenith.org - Traduction d'Océane Le Gall 




    Envoyé de mon Ipad 

    mardi 25 février 2014

    Dans la prière de Benoit 16 le Liban , Chef-d’œuvre en péril - de Fady Noun - L'Orient-Le Jour

    25/2/2014-Chef-d'œuvre en péril

    Le Liban est « dans la prière quotidienne » de Benoît XVI. Il l'a confié dimanche au patriarche Raï, selon une dépêche du siège patriarcal de Bkerké. Ce dernier a reçu cette confidence au cours de la première messe célébrée à Saint-Pierre, en présence des cardinaux nouvellement nommés. Les sièges du pape émérite et du patriarche maronite n'étaient pas éloignés l'un de l'autre, précise la dépêche.
    Cette extraordinaire fidélité de Benoît XVI dans la prière pour le Liban trouve ses racines dans la visite pastorale qu'il a effectuée au Liban, du 14 au 16 septembre 2012. C'était le dernier voyage pastoral du pape avant son incisive et clairvoyante décision de se retirer. La rencontre avec les chefs spirituels et les officiels, à Baabda, et surtout la rencontre avec les jeunes, à Bkerké, avaient constitué pour Benoît XVI « des moments inoubliables », selon ses proches. Le modèle libanais de la convivialité éclatait aux yeux du Saint-Père et l'enthousiasme contagieux de sa jeunesse l'avaient conquis.


    Au Liban, le pape était venu aussi plaider – déjà – pour la paix et la fin du conflit syrien. Il avait aussi mis en garde contre « le fondamentalisme religieux », qu'il avait qualifié de menace « mortelle », au moment où la région était secouée par des manifestations contre un film islamophobe.
    Dans l'Exhortation apostolique L'Église au Moyen-Orient qu'il a signée peu après son arrivée, Benoît XVI affirmait que ce fondamentalisme « afflige toutes les communautés religieuses et refuse le vivre-ensemble séculaire » qui a caractérisé des pays comme le Liban.
    Ces paroles restent d'une importance cruciale aujourd'hui, à quelques semaines d'un nouveau voyage apostolique qui doit mener le pape François cette fois, en Terre sainte et en Jordanie (24 mai 2014), dans la continuité de ceux que Benoît XVI et, avant lui, Jean-Paul II, ont effectués.
    Nous voyons le fondamentalisme, c'est-à-dire la manipulation du religieux à des fins politiques, à l'œuvre dans les attentats-suicide contre les régions chiites.


    Mais insidieusement, ce fondamentalisme, qui est exclusion spirituelle de l'autre, fait des ravages partout. Pour s'en convaincre, la lecture des journaux ou des bribes de conversations saisies au vol suffisent : le Liban sombre dans la mélancolie, le désespoir et l'exclusion.
    Dans les milieux chrétiens, et parmi les élites, on peut entendre désormais de grands esprits se désoler d'avoir « travaillé pour rien » et s'avouer amèrement qu'ils « se sont trompés en décidant de rester ». D'autres ne croient plus que l'islam consentira à leur totale liberté religieuse. Beaucoup parlent en connaissance de cause. Le clientélisme confessionnel fait des ravages dans l'administration. Quelque part, le pourrissement politique a fait son œuvre. En attendant que certains « préservent les acquis des chrétiens », des franges de la population ont été définitivement dégoûtées de leur patrie. Dix mois de crise gouvernementale sont venus à bout de tous les espoirs.


    Le pape François se rendra à Amman, Bethléem et Jérusalem. On ignorait hier si le petit mot lancé par le nonce était intentionnel. Gabriele Caccia a affirmé, en réponse à une question, que le Liban « ne figure pas pour le moment » sur l'itinéraire du pape, en mai prochain. Est-ce à dire qu'il pourrait l'être ? Il faut le souhaiter. Des mots de réconfort venus de l'une des plus hautes autorités morales contemporaines ne feront pas de mal à des Libanais qui doutent désormais de leur vocation.


    On ne le redira jamais assez : d'une certaine et très belle façon, le Liban est le chef-d'œuvre culturel des maronites et des autres communautés qui ont adhéré avec eux au projet de création du Liban, en 1920. Mais ce chef-d'œuvre de pluralisme n'est pas figé, il est en devenir. Il est aujourd'hui en péril et il serait bien dommage qu'un siècle après la création du Liban, chrétiens et musulmans y renoncent dans un moment de découragement, ou perdent confiance dans sa pérennité.


    Les chrétiens du Liban, a dit magnifiquement l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine, « sont la responsabilité des musulmans ». Il parlait de leur sécurité et de leur liberté. La réciproque est vraie. Les musulmans du Liban et du monde arabe sont, aujourd'hui, la responsabilité des chrétiens. Spirituellement. Aujourd'hui plus que jamais, les chrétiens, qu'ils soient au Liban ou dans toute autre partie du monde arabe, sont et doivent demeurer – spirituellement, mais jusqu'aux ultimes conséquences politiques de cette prise en charge – les agents d'une grande médiation, appelons-là celle de l'amour. C'est l'essence de leur foi. Par-delà la lettre de toutes les religions, où cette essence est pressentie, c'est dans le christianisme qu'elle se propose le plus clairement, et c'est à elle que les chrétiens doivent inébranlablement tenir, volant au secours de leurs patries respectives et de ce monde arabe déchiré qui leur est confié.



    Envoyé de mon Ipad 

    Chef-d’œuvre en péril - de Fady Noun - L'Orient-Le Jour 25/2/2014

    Chef-d'œuvre en péril

    Le Liban est « dans la prière quotidienne » de Benoît XVI. Il l'a confié dimanche au patriarche Raï, selon une dépêche du siège patriarcal de Bkerké. Ce dernier a reçu cette confidence au cours de la première messe célébrée à Saint-Pierre, en présence des cardinaux nouvellement nommés. Les sièges du pape émérite et du patriarche maronite n'étaient pas éloignés l'un de l'autre, précise la dépêche.
    Cette extraordinaire fidélité de Benoît XVI dans la prière pour le Liban trouve ses racines dans la visite pastorale qu'il a effectuée au Liban, du 14 au 16 septembre 2012. C'était le dernier voyage pastoral du pape avant son incisive et clairvoyante décision de se retirer. La rencontre avec les chefs spirituels et les officiels, à Baabda, et surtout la rencontre avec les jeunes, à Bkerké, avaient constitué pour Benoît XVI « des moments inoubliables », selon ses proches. Le modèle libanais de la convivialité éclatait aux yeux du Saint-Père et l'enthousiasme contagieux de sa jeunesse l'avaient conquis.


    Au Liban, le pape était venu aussi plaider – déjà – pour la paix et la fin du conflit syrien. Il avait aussi mis en garde contre « le fondamentalisme religieux », qu'il avait qualifié de menace « mortelle », au moment où la région était secouée par des manifestations contre un film islamophobe.
    Dans l'Exhortation apostolique L'Église au Moyen-Orient qu'il a signée peu après son arrivée, Benoît XVI affirmait que ce fondamentalisme « afflige toutes les communautés religieuses et refuse le vivre-ensemble séculaire » qui a caractérisé des pays comme le Liban.
    Ces paroles restent d'une importance cruciale aujourd'hui, à quelques semaines d'un nouveau voyage apostolique qui doit mener le pape François cette fois, en Terre sainte et en Jordanie (24 mai 2014), dans la continuité de ceux que Benoît XVI et, avant lui, Jean-Paul II, ont effectués.
    Nous voyons le fondamentalisme, c'est-à-dire la manipulation du religieux à des fins politiques, à l'œuvre dans les attentats-suicide contre les régions chiites.


    Mais insidieusement, ce fondamentalisme, qui est exclusion spirituelle de l'autre, fait des ravages partout. Pour s'en convaincre, la lecture des journaux ou des bribes de conversations saisies au vol suffisent : le Liban sombre dans la mélancolie, le désespoir et l'exclusion.
    Dans les milieux chrétiens, et parmi les élites, on peut entendre désormais de grands esprits se désoler d'avoir « travaillé pour rien » et s'avouer amèrement qu'ils « se sont trompés en décidant de rester ». D'autres ne croient plus que l'islam consentira à leur totale liberté religieuse. Beaucoup parlent en connaissance de cause. Le clientélisme confessionnel fait des ravages dans l'administration. Quelque part, le pourrissement politique a fait son œuvre. En attendant que certains « préservent les acquis des chrétiens », des franges de la population ont été définitivement dégoûtées de leur patrie. Dix mois de crise gouvernementale sont venus à bout de tous les espoirs.


    Le pape François se rendra à Amman, Bethléem et Jérusalem. On ignorait hier si le petit mot lancé par le nonce était intentionnel. Gabriele Caccia a affirmé, en réponse à une question, que le Liban « ne figure pas pour le moment » sur l'itinéraire du pape, en mai prochain. Est-ce à dire qu'il pourrait l'être ? Il faut le souhaiter. Des mots de réconfort venus de l'une des plus hautes autorités morales contemporaines ne feront pas de mal à des Libanais qui doutent désormais de leur vocation.


    On ne le redira jamais assez : d'une certaine et très belle façon, le Liban est le chef-d'œuvre culturel des maronites et des autres communautés qui ont adhéré avec eux au projet de création du Liban, en 1920. Mais ce chef-d'œuvre de pluralisme n'est pas figé, il est en devenir. Il est aujourd'hui en péril et il serait bien dommage qu'un siècle après la création du Liban, chrétiens et musulmans y renoncent dans un moment de découragement, ou perdent confiance dans sa pérennité.


    Les chrétiens du Liban, a dit magnifiquement l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine, « sont la responsabilité des musulmans ». Il parlait de leur sécurité et de leur liberté. La réciproque est vraie. Les musulmans du Liban et du monde arabe sont, aujourd'hui, la responsabilité des chrétiens. Spirituellement. Aujourd'hui plus que jamais, les chrétiens, qu'ils soient au Liban ou dans toute autre partie du monde arabe, sont et doivent demeurer – spirituellement, mais jusqu'aux ultimes conséquences politiques de cette prise en charge – les agents d'une grande médiation, appelons-là celle de l'amour. C'est l'essence de leur foi. Par-delà la lettre de toutes les religions, où cette essence est pressentie, c'est dans le christianisme qu'elle se propose le plus clairement, et c'est à elle que les chrétiens doivent inébranlablement tenir, volant au secours de leurs patries respectives et de ce monde arabe déchiré qui leur est confié.



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    Mediapart.fr : "Société civile en Syrie, une nouvelle génération" par Focus on Syria - Le blog de CJPP

    Mediapart.fr : "Société civile en Syrie, une nouvelle génération" par Focus on Syria

    De plus en plus souvent, au cours de l'année 2013, les observateurs internationaux ont ramené l'analyse de la crise syrienne à une simple dichotomie: d'un côté le régime de Bachar al Assad, policier, violent et dictatorial; de l'autre des groupes d'opposition armée, eux aussi violents, souvent indisciplinés, et inspirés de manière croissante par les idéologies islamistes radicales.

    Les opérations militaires des deux bords et les développements politiques sur le plan national et régional continuent à monopoliser l'attention des mass médias. De temps en temps, un article apparaît sur les réfugiés dans les pays voisins ou plus rarement sur la crise humanitaire dans le pays. Des mouvements d'opposition non-violente, des activistes civils, des associations caritatives locales, en revanche, on ne parle plus.

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    Un travailleur social syrien enquête sur les besoins d'une réfugié syrienne dans les rues de Erbil, au Kurdistan irakien.

    Où sont passés les milliers d'hommes et de femmes, parmi lesquels de nombeux jeunes, qui ont constitué le nerf du mouvement non-violent de 2011? L'impression générale est qu'il ne reste quasiment plus personne. Beaucoup ont été arrêtés ou assassinés par le régime, d'autres ont été victimes des groupes jihadistes, certains ont pris les armes, d'autres ont refusé et ont fui le pays, un nombre croissant a saisi l'occasion de demander l'asile politique dans un pays occidental et a définitivement quitté la région. Le peu qui sont restés, selon les analyses les plus communes, auraient perdu toute capacité d'influence.

    La société civile syrienne est donc au bord de l'extinction ? Les activistes non-violents ont été définitivement relégués à l'impuissance et à l'oubli ?

    L'observation sur le terrain révèle une situation diverse. Si beaucoup de militants pro-démocratie de 2011 sont aujourd'hui en prison ou en exil, de nombreux autres continuent leur travail sur le terrain, malgré la menace de représailles aussi bien de la part du régime que des groupes islamistes radicaux. Beaucoup d'entre eux se sont installés au Liban, en Turquie ou en Jordanie, et continuent de là-bas à travailler pour l'assistance humanitaire, pour l'information et les droits de l'Homme.

    En outre, petit à petit, une nouvelle génération de citoyens engagés a émergé en Syrie. De nombreuses personnes qui n'avaient jamais pris part aux manifestations, émues des dures conditions de vie des déplacés, ont commencé petit à petit à apporter de l'aide à leurs concitoyens en difficulté. Les volontaires de beaucoup d'associations locales n'ont pas ménagé leurs efforts pour visiter les logements collectifs et apporter de la nourriture, des matelas, des couvertures, des vêtements. Leur travail remédie en partie à l'insuffisance des aides humanitaires distribuées par le Croissant Rouge, les autres agences de l'Etat et les Nations Unies.

    Certaines de ces personnes sont contre le régime, mais de nombreuses autres n'ont pas de position politique bien définie, ils ne se sont rangés ni d'un côté ni de l'autre : ils tentent simplement d'apporter de l'aide et espèrent que la guerre finisse au plus vite. Même certains partisans de Bachar al Assad, apitoyés par la situation des déplacés, participent à ces activités informelles d'assistance, parfois directement, d'autres fois de manière indirecte, en fournissant des autorisations ou une couverture politique, ou en fermant les yeux sur le non-respect des règles strictes imposées par le régime. Ce sont des Syriens de toute extraction sociale et de toute confession, y compris des membres de la minorité chrétienne et alaouite.

    Un fonctionnaire des douanes accepte de faire passer un chargement de couvertures et de matelas sans aucune contrepartie. Un prête engage les jeunes de sa paroisse pour distribuer de l'aide aux personnes dans le besoin. Un médecin visite gratuitement les déplacés dans son ambulance privée. Une étudiante reçoit des fonds d'une organisation humanitaire et achète des médicaments à distribuer gratuitement. Un membre d'une organisation locale organise des séances de sensibilisation à l'hygiène et aux maladies infantiles pour les femmes déplacées.

    Les exemples pourraient être multipliés à l'infini. Ils sont des milliers. Ce sont des Syriens et des Syriennes qui, chaque jour, trouvent le courage d'assumer un risque pour venir en aide à leur prochain en difficulté, en faisant abstraction de sa confession ou de son opinion politique. Ce sont des personnes courageuses, endurcies par la souffrance partagée et l'engagement citoyen. Et dans ce conflit qui divise toujours plus brutalement, leur présence ne peut pas être oubliée.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/focusonsyria/190214/societe-civile-en-syrie-une-nouvelle-generation



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