Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mardi 25 février 2014

Chef-d’œuvre en péril - de Fady Noun - L'Orient-Le Jour 25/2/2014

Chef-d'œuvre en péril

Le Liban est « dans la prière quotidienne » de Benoît XVI. Il l'a confié dimanche au patriarche Raï, selon une dépêche du siège patriarcal de Bkerké. Ce dernier a reçu cette confidence au cours de la première messe célébrée à Saint-Pierre, en présence des cardinaux nouvellement nommés. Les sièges du pape émérite et du patriarche maronite n'étaient pas éloignés l'un de l'autre, précise la dépêche.
Cette extraordinaire fidélité de Benoît XVI dans la prière pour le Liban trouve ses racines dans la visite pastorale qu'il a effectuée au Liban, du 14 au 16 septembre 2012. C'était le dernier voyage pastoral du pape avant son incisive et clairvoyante décision de se retirer. La rencontre avec les chefs spirituels et les officiels, à Baabda, et surtout la rencontre avec les jeunes, à Bkerké, avaient constitué pour Benoît XVI « des moments inoubliables », selon ses proches. Le modèle libanais de la convivialité éclatait aux yeux du Saint-Père et l'enthousiasme contagieux de sa jeunesse l'avaient conquis.


Au Liban, le pape était venu aussi plaider – déjà – pour la paix et la fin du conflit syrien. Il avait aussi mis en garde contre « le fondamentalisme religieux », qu'il avait qualifié de menace « mortelle », au moment où la région était secouée par des manifestations contre un film islamophobe.
Dans l'Exhortation apostolique L'Église au Moyen-Orient qu'il a signée peu après son arrivée, Benoît XVI affirmait que ce fondamentalisme « afflige toutes les communautés religieuses et refuse le vivre-ensemble séculaire » qui a caractérisé des pays comme le Liban.
Ces paroles restent d'une importance cruciale aujourd'hui, à quelques semaines d'un nouveau voyage apostolique qui doit mener le pape François cette fois, en Terre sainte et en Jordanie (24 mai 2014), dans la continuité de ceux que Benoît XVI et, avant lui, Jean-Paul II, ont effectués.
Nous voyons le fondamentalisme, c'est-à-dire la manipulation du religieux à des fins politiques, à l'œuvre dans les attentats-suicide contre les régions chiites.


Mais insidieusement, ce fondamentalisme, qui est exclusion spirituelle de l'autre, fait des ravages partout. Pour s'en convaincre, la lecture des journaux ou des bribes de conversations saisies au vol suffisent : le Liban sombre dans la mélancolie, le désespoir et l'exclusion.
Dans les milieux chrétiens, et parmi les élites, on peut entendre désormais de grands esprits se désoler d'avoir « travaillé pour rien » et s'avouer amèrement qu'ils « se sont trompés en décidant de rester ». D'autres ne croient plus que l'islam consentira à leur totale liberté religieuse. Beaucoup parlent en connaissance de cause. Le clientélisme confessionnel fait des ravages dans l'administration. Quelque part, le pourrissement politique a fait son œuvre. En attendant que certains « préservent les acquis des chrétiens », des franges de la population ont été définitivement dégoûtées de leur patrie. Dix mois de crise gouvernementale sont venus à bout de tous les espoirs.


Le pape François se rendra à Amman, Bethléem et Jérusalem. On ignorait hier si le petit mot lancé par le nonce était intentionnel. Gabriele Caccia a affirmé, en réponse à une question, que le Liban « ne figure pas pour le moment » sur l'itinéraire du pape, en mai prochain. Est-ce à dire qu'il pourrait l'être ? Il faut le souhaiter. Des mots de réconfort venus de l'une des plus hautes autorités morales contemporaines ne feront pas de mal à des Libanais qui doutent désormais de leur vocation.


On ne le redira jamais assez : d'une certaine et très belle façon, le Liban est le chef-d'œuvre culturel des maronites et des autres communautés qui ont adhéré avec eux au projet de création du Liban, en 1920. Mais ce chef-d'œuvre de pluralisme n'est pas figé, il est en devenir. Il est aujourd'hui en péril et il serait bien dommage qu'un siècle après la création du Liban, chrétiens et musulmans y renoncent dans un moment de découragement, ou perdent confiance dans sa pérennité.


Les chrétiens du Liban, a dit magnifiquement l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine, « sont la responsabilité des musulmans ». Il parlait de leur sécurité et de leur liberté. La réciproque est vraie. Les musulmans du Liban et du monde arabe sont, aujourd'hui, la responsabilité des chrétiens. Spirituellement. Aujourd'hui plus que jamais, les chrétiens, qu'ils soient au Liban ou dans toute autre partie du monde arabe, sont et doivent demeurer – spirituellement, mais jusqu'aux ultimes conséquences politiques de cette prise en charge – les agents d'une grande médiation, appelons-là celle de l'amour. C'est l'essence de leur foi. Par-delà la lettre de toutes les religions, où cette essence est pressentie, c'est dans le christianisme qu'elle se propose le plus clairement, et c'est à elle que les chrétiens doivent inébranlablement tenir, volant au secours de leurs patries respectives et de ce monde arabe déchiré qui leur est confié.



Envoyé de mon Ipad 

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