Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mercredi 23 juillet 2014

L'appel à l'aide des chrétiens chassés de Mossoul peine à mobiliser

L'appel à l'aide des chrétiens chassés de Mossoul peine à mobiliser

L'appel à l'aide des chrétiens chassés de Mossoul peine à mobiliser

Une chrétienne ayant fui Mossoul assiste à une messe à Qaraqosh, le 19 juillet 2014.

Les chrétiens d'Irak appellent la communauté internationale à «prendre ses responsabilités vis-à-vis des minorités» du pays. Mais celle-ci peine à réagir, au-delà de condamnations formelles.

«C'est un appel vibrant et pressant que nous lançons», écrit Mgr Casmoussa, auxiliaire du patriarche syro-catholique d'Antioche et de tout l'Orient. Dans une lettre ouverte, il appelle la communauté internationale à «prendre ses responsabilités vis-à-vis des minorités religieuses et ethniques» en Irak. Samedi, les dernières familles chrétiennes ont quitté Mossoul à l'issue de l'ultimatum posé par l'Etat islamique qui tient la ville depuis le 10 juin. Les insurgés les ont mis face à un choix «injuste, inique et inhumain», dénonce Mgr Casmoussa: se convertir à l'Islam, payer la Jizia (l'impôt des non-musulmans), quitter la ville ou mourir.

Malgré des condamnations fortes, la communauté internationale est restée immobile jusqu'à présent. Le Conseil de sécurité a condamné les persécutions dans une déclaration adoptée lundi soir par les 15 pays membres. Ils ont rappelé que de tels agissements étaient «susceptibles de constituer un crime contre l'humanité». De son côté, l'Organisation de la coopération islamique (OCI) a parlé de «crime intolérable», proposant son aide humanitaire pour les déplacés. En France, le Quai d'Orsay s'est dit mobilisé «pour que les droits des communautés chrétiennes soient respectés».

Mais personne n'est encore passé des mots aux actes. «La Cour pénale internationale doit être saisie sur ce qui s'est passé à Mossoul», estime Patrick Karam, président de la coordination des chrétiens d'Orient en danger, et conseiller régional UMP. «A terme, il faut une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU qui protège les chrétiens d'Orient et responsabilise la communauté internationale sur le sujet. Il faut reconnaître que leur présence dans le berceau du christianisme est essentielle.»

Purification religieuse planifiée

«L'absence de réaction internationale concrète à ce drame pose une vrai question: est-on prêt à voir émerger un régime théocratique totalitaire aux portes de l'Europe?», s'interroge Faraj Benoît Camurat, président de l'association Fraternité en Irak qui lance un appel aux dons pour leur venir en aide aux déplacés. «A Mossoul, nous sommes face à une purification religieuse bel et bien planifiée par l'Etat islamique. L'exemple concret, c'est que les chrétiens ont été systématiquement fouillés et détroussés aux checkpoints de sorties de la ville.» Actuellement, les minorités chassées de leurs territoires par l'Etat islamique trouvent refuge au Kurdistan, dans le Nord de l'Irak, où ils bénéficient de la protection des peshmergas. «Les forces armées kurdes sécurisent bien la région, notamment Qaraqosh, mais aussi la zone autour de Sinjar où de nombreux yésidis ont trouvé refuge», explique un spécialiste de la région. «Ils sont les garants de la sécurité de ces déplacés. Mais ils ne se battent pas à arme égale avec les jihadistes, dont l'équipement est bien plus moderne.»



Envoyé de mon Ipad 

Irak : la semaine de calvaire des chrétiens de Mossoul

Irak : la semaine de calvaire des chrétiens de Mossoul

Irak : la semaine de calvaire des chrétiens de Mossoul

Une chrétienne de Mossoul a trouvé refuge dans l'église d'une ville proche, dimanche.

INFOGRAPHIE - Menacés par les djihadistes, les 3000 derniers fidèles de la ville se sont réfugiés dans la province kurde voisine.

Entre la valise et le cercueil, Yohanna n'a guère eu le choix: «J'ai tout laissé derrière moi: mes meubles, mon travail et même mes vêtements», se lamente ce chrétien de Mossoul, joint au téléphone dans le village voisin de Qosh, où il s'est réfugié avec les siens. «Nous avons eu très peur en quittant la ville samedi dernier», poursuit-il. Il est parti avec quelque 300 autres familles chrétiennes, cédant aux injonctions des djihadistes qui ont instauré un califat sur le «pays sunnite», après s'être emparés de Mossoul le 10 juin.

En une semaine, la vie des 3.000 derniers chrétiens de Mossoul a tourné au cauchemar. Et Yohanna en est d'autant plus surpris qu'au cours du premier mois sous le règne des djihadistes lui et de nombreux autres fidèles étaient plutôt rassurés. «Des chrétiens ayant fui Mossoul après la conquête djihadiste étaient même revenus», dit-il.

Mais, à partir du dimanche 13 juillet, des informations alarmistes ont commencé à circuler. Des fonctionnaires chrétiens n'ont pas été payés, et, à la mosquée, où se fait la distribution des bons d'achat de bombonnes de gaz, les chrétiens devaient soudainement attendre pour les obtenir. Mardi, deux jours plus tard, c'est la stupeur: les maisons des chrétiens sont taguées de la lettre «N», comme nassarah (chrétiens). Puis, le lendemain matin, les notables sont convoqués par les djihadistes à l'archevêché syriaque catholique pour leur expliquer de «nouvelles règles de vie». Flairant le piège, ils n'y vont pas. «C'était humiliant de s'entendre dire dans une église comment on devait vivre dans une ville où nos ancêtres habitent depuis deux mille ans», fait valoir un autre chrétien, qui préfère rester anonyme.

«L'épée entre nous et vous»

Les nouveaux maîtres de la ville sont furieux qu'on leur résiste. Le soir même, des haut-parleurs, hissés sur des véhicules circulant dans les quartiers chrétiens, expliquent ces «nouvelles règles de vie»: «Devenez musulmans et sujets du califat, ou alors payez la jyziah (l'impôt que les mécréants doivent payer aux musulmans), ce qui n'empêchera pas les hommes de devoir combattre avec nous. Sinon, partez, sans emporter quoi que ce soit. Et si vous ne respectez aucune de ces conditions, entre vous et nous, il n'y aura que l'épée.» C'est-à-dire la mort assurée.

Les chrétiens ont jusqu'à samedi midi pour quitter Mossoul. Et, pour que le message soit bien compris, le vendredi matin, une lettre est distribuée chez de nombreux chrétiens. Mais, comme personne ne bouge, le soir même, vers 19 h 30, des représentants du califat reviennent en colère à l'archevêché: «Comment osez-vous nous désobéir et ne pas venir à la réunion à laquelle on vous avait conviés?» Des djihadistes s'emparent alors de portraits d'évêques de Mossoul dans la salle du diwan, avant de les incendier. Depuis, on ignore dans quel état se trouve l'archevêché syriaque. Alertés, des voisins musulmans auraient alors tenté de s'opposer aux exactions contre l'Église, avant de se faire tancer: «Bande de mécréants! De quoi vous plaignez-vous, on veut transformer cette église en mosquée!»

Un couvent occupé

En fuyant Mossoul vendredi et samedi, de nombreux chrétiens se sont fait rançonner aux barrages, y compris des femmes qui ont été dépouillées de leurs bijoux par d'autres femmes, mais djihadistes, celles-là. «C'est bien la preuve de l'existence d'un plan de sortie des chrétiens de Mossoul», souligne Faraj Benoit Camura, de l'ONG Fraternité en Irak, qui vient en aide aux chrétiens de l'ancienne Mésopotamie. Depuis, d'autres rumeurs courent dans les camps de réfugiés de Qosh et Qaraqosh, où d'autres familles se sont repliées. Le couvent Saint-Georges, sur les hauteurs de Mossoul, aurait été occupé. La porte du couvent dominicain de l'Horloge - offerte par l'impératrice Eugénie - a été défoncée. Mais on ignore s'il y a eu des dégradations à l'intérieur.

Ce qui est sûr, en revanche, ce sont les départs forcés avant-hier de trois moines et d'autant de familles ayant trouvé refuge au couvent de Mar Behnam, non loin de Mossoul. Et à pied, sans avoir le droit de prendre leurs voitures. Comme une ultime humiliation. Et pourtant, ce calvaire n'est rien par rapport à celui que doivent endurer une poignée de chrétiens qui n'ont pas pu ou pas voulu quitter Mossoul. Ils seraient cachés chez des amis ou des voisins musulmans. «Mais vous savez, dans le drame que vit l'Irak, nous sommes encore chanceux par rapport aux Yazidis qui ont été kidnappés ou tués», soupire Yohanna. Occupé à aider les réfugiés de Qosh, le père Gabriel, qui a quitté Mossoul il y a un mois, lance un SOS: «Face à ces monstres, la présence chrétienne est en danger. Nous réclamons une force militaire internationale pour protéger les chrétiens d'Irak. Sinon, nous allons continuer de souffrir et probablement disparaître.»



Envoyé de mon Ipad 

Chrétiens de Mossoul : passage en revue d'une situation dramatique

Mgr Casmoussa interpelle la communauté internationale

Mgr Georges Casmoussa

ROME, 22 juillet 2014 (Zenit.org) - L'auxiliaire du patriarche syro-catholique dresse le bilan provisoire d'une situation dramatique tant sur le plan humain que patrimonial dans la plaine de Ninive.

Lettre ouverte de Mgr Georges Casmoussa

Chers amis,

C'est de Rome que je vous écris…Les évènements se précipitant en Iraq, et a Mossoul même. Dans un climat de tristesse, de consternation et d'indignation je vous fais part de mon angoisse:

Jeudi 16.7. , l'Etat Islamique (ISIS) a décrété, avec hauts parleurs,  renchéris par quelques mosquées, que les Chrétiens de Mossoul, pour survivre, devaient choisir entre trois possibilités:

soit de se convertir à l'Islam,

soit de payer la jiziah (impôt impose aux non musulmans),

soit de quitter la ville sans rien prendre.

Leurs biens  appartenaient à l'Etat Islamique.

Suite à ce décret les chrétiens qui restaient dans la ville (entre 100 et 200 familles, car déjà ravages par d'autres exodes successives) quittaient la ville précipitamment avec simplement ce qu'ils pouvaient importer. Ils furent, toutefois, molestés par les ISIS aux barrages en sortant de la ville. Certains furent pillés, frappés, dépouillés de leurs argent, bijoux, téléphones portables. Des passeports furent déchirés.

D'autres faits sur le terrain ont eu lieu depuis samedi 18.7. à Mossoul: Evêché syriaque catholique: rumeurs sur sa mise à feu. Ce qui est sûr, d'après Mgr Mouche : les ISIS ont fait irruption, fait descendre les portraits des patriarches et les ont brulées devant l'Evêché.

Quatre églises (Syriaque cath., syriaque orth., armeniennes orth.) donnent sur la cour de l'évêché, dont notre ancienne cathédrale remontant au XIIe s. Eglise Mar Thomas : irruption dans l'église, prise du Musée, musée qui contient des manuscrits précieux, des pièces racontant l'histoire de la ville de Mossoul.

Monastère Mar Behnam a 15 km au S.O. de Qaraqosh pris par les ISIS, les moines chassés, leurs téléphones cellulaires confisqués. Ce monastère abrite une église et le mausolée du Martyre, chef-d'œuvre de la sculpture chrétienne en Mésopotamie.

Monastère Mar Gorguis a la périphérie nord de Mossoul: saccagé par les ISIS. Descente de croix. Comme ils l'avaient déjà fait dans d'autres églises de Mossoul. Déjà les ISIS avaient pris les évêchés syriens orthodoxes et chaldéen.

On craint beaucoup pour le patrimoine artistique de Mossoul, ou l'ISIS a déjà démoli des mausolées de la ville et des monuments érigés en l'honneur de personnalités culturelles ou artistiques civiles, ainsi qu'une statue de la Vierge qui dominait l'ancien évêché chaldéen, déjà miné et bombardé en 2006. Le climat est très lourd dans la ville.

Certains témoignages reflètent la désapprobation des musulmans de la ville, mais aucune réaction des chefs religieux Sunnites de l'Iraq. Silence médiatique. Malgré quelques échos faibles. Un Futur incertain pour les chrétiens. Déjà le 10 Juin dernier, à la prise de la ville par ISIS, un premier exode massif de chrétiens avait eu lieu vers les villes chrétiennes de la Plaine de Ninive.

Les 26,27, 28 du même mois, à  la suite des affrontements entre les forces kurdes qui gardaient Qaraqosh et les jihadistes sunnites qui assaillaient de la ville, 45000 chrétiens, c.à.d. la presque totalité de la ville, avaient fui leur ville vers le Kurdistan. 

Ici à Rome, où se trouve le patriarche syriaque catholique, Joseph III YOUNAN : Samedi 19 juillet, accompagné de son Auxiliaire Mgr Casmoussa et de l'archevêque  de Bagdad, Mgr Abba, S.B. a eu une audience précipitée à la Secrétairerie d'Etat.

Le patriarche a proposé au chef du Dicastère des relations avec les Etats Mgr Dominique Mamberti, de convoquer le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siege pour l'inciter à une action commune et urgente en faveur de la minorité chrétiennes d'Iraq soumise à la persécution déclaré des islamistes fanatiques de l'ISIS.

Cette même proposition, S.B. l'a réitéré au Saint-Père qui l'a appelé personnellement au téléphone l'après-midi du Dimanche. Pendant 10 minutes, il a expliqué a Sa Sainteté, la situation critique des chrétiens en Iraq. Le Saint Père, a l'angélus de ce même dimanche, avait parlé clairement et avec angoisse de la souffrance et de la persécution des chrétiens en Iraq.

A Bagdad, S.B. le Patriarche Louis  Sako a lancé un appel vibrant en faveur du respect des droit des chrétiens irakiens et de leur survie.  Il a invité les évêques catholiques et orthodoxes d'Iraq a une session extraordinaire  de l'AEI a Ankawa lundi ou mardi. Avec la chasse aux Chrétiens, il y a eu la chasse aux chiites à Mossoul et ses environs.

Dans plusieurs villages mixtes des alentours de Mossoul, les ISIS ont mené une vraie épuration religieuse, ou ils ont molestés les communautés chiites et les ont chassées vers le Kurdistan. Des centaines de familles démunies de tout, furent accueillies dans des camps de fortune, sous un soleil torride. Les autorités kurdes les ont accueillies puis acheminées vers le sud, vers les villes chiites.

Au nom des Droits de l'Homme; au nom de l'homme, de la femme et de l'enfant chrétiens en Iraq  soumis à la discrimination, chassés de leurs maisons et de leurs villes;  acculés  a un choix injuste, inique et inhumain soit de se convertir à l'Islam, soit à payer la Jizia, soit à quitter leurs villes sans rien emporter… c'est un appel vibrant et pressant que nous lançons à la Communauté Internationale, aux Etats arabo-musulmans, au Secrétaire de l'ONU , au Congrès Islamique Mondial, à Al-Azhar, aux gouvernements et parlements de la CE… pour prendre leurs responsabilités vis-à-vis des minorités religieuses et ethniques en Iraq, notamment les Chrétiens d'Iraq  qui sont menacés d'extermination ou voués au départ.

C'est une persécution directe et ouverte de la part des Jihadistes Islamiques (ISIS) en Iraq.

Ceux-ci menacent non seulement les chrétiens, en tant que groupe social, mais menacent la civilisation, le patrimoine culturel, artistique et historique de l'Iraq.

Leur idéologie biffe 1400 ans de l'histoire de l'humanité en détruisant tout apport culturel, artistique et historique de notre pays, pour remettre nos peuples à l'obscurantisme du début du 7ème s. C'est une vraie menace pour la civilisation humaine tout court.

+ B. Georges Casmoussa

Archev. Auxilliaire Patriarcal Syr. Cath.

Rome 21.7.2014

mardi 22 juillet 2014

Le monde redoute une « purification religieuse » de l’Irak | La-Croix.com

Le monde redoute une « purification religieuse » de l'Irak | La-Croix.com

Le monde redoute une « purification religieuse » de l'Irak

Églises, évêchés, monastères font l'objet d'assauts et de destructions systématiques, alors que Mossoul a été quasiment vidée de ses chrétiens.

Des exactions qualifiées de « crimes contre l'humanité » par la communauté internationale.

Alors que les voix s'élèvent à l'international pour condamner les persécutions menées par les djihadistes de l'État islamique (EI) contre les chrétiens en Irak, les exactions se poursuivent sur le terrain.

« Vous n'avez plus de place ici, vous devez quitter les lieux immédiatement »

Dimanche 20 juillet 2014, les insurgés de ce groupe ultra-radical sunnite ont fait irruption dans l'un des lieux les plus anciens et révérés du christianisme en Irak, le monastère de Mar Behnam, non loin de la ville chrétienne de Qaraqosh. « Vous n'avez plus de place ici, vous devez quitter les lieux immédiatement », ont-ils intimé à la communauté de moines syriens-catholiques qui y résidait. Chassée de chez elle à pied, sans rien pouvoir emporter, la petite dizaine de religieux a été prise en charge par des Peshmergas kurdes qui les ont conduits vers Qaraqosh.

Un autre monastère, Mar Gorguis, à la périphérie nord de Mossoul, a également été saccagé par les hommes de l'EI, qui occupent par ailleurs les évêchés syriens-orthodoxes et chaldéens.

Escalade de violence

Depuis Rome, où le pape François consulte de nombreux évêques orientaux – il a reçu mardi 22 juillet 2014 le nonce apostolique en Irak – Mgr Georges Casmoussa, ancien archevêque syrien-catholique de Mossoul, raconte l'assaut mené samedi 19 juillet 2014 par les hommes de l'EI contre son ancien archevêché. « Ils ont fait descendre les portraits des patriarches et les ont brûlés devant le bâtiment. Quatre églises (syrienne-catholique, syrienne-orthodoxe et arménienne-orthodoxe) donnent sur la cour de l'évêché, dont notre ancienne cathédrale remontant au XIIe  siècle. » Depuis, des rumeurs difficilement vérifiables font état d'un incendie ayant ravagé tout le bâtiment.

« Nous craignons beaucoup pour le patrimoine artistique de Mossoul, où l'EI a déjà démoli des mausolées ainsi qu'une statue de la Vierge qui dominait l'ancien évêché chaldéen », déplore Mgr Casmoussa.

Sur les 35 000 chrétiens vivant à Mossoul avant le début de l'offensive de l'EI, presque tous ont fui la ville avant l'expiration de l'ultimatum lancé contre eux la semaine dernière. Les djihadistes leur ont laissé quelques heures pour « se convertir à l'islam, payer une taxe spéciale ou quitter la ville », sous peine de périr par « l'épée ».

« Purification religieuse »

Faraj-Benoît Camurat, président de l'association Fraternité en Irak, particulièrement active dans la plaine de Ninive, n'hésite pas à parler de « purification religieuse », l'EI et son calife autoproclamé cherchant à instaurer une théocratie où tout le monde pratique le même islam, réputé pur et intégral. « La présence des minorités, en particulier des chrétiens, gêne l'EI dans la réalisation de cet objectif », ajoute-t-il.

Au chapitre des réactions, le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé mardi 22 juillet 2014 un « un crime contre l'humanité pour lequel les responsables devront rendre des comptes ». La veille, l'Organisation de la coopération islamique (OCI) condamnait depuis Djeddah (Arabie saoudite) un « crime intolérable » de la part de l'EI, dont « les pratiques n'ont rien à voir avec l'islam et ses principes de tolérance et coexistence ».

> Relire l'édito de notre édition du lundi 21 juillet 2014 : Un « califat » de violences, par Dominique Greiner

Tout en soulignant le lien idéologique et économique entre l'islam wahhabite de l'Arabie saoudite et l'islam « violent et rétrograde » de l'EI, Antoine Fleyfel, spécialiste du Proche-Orient à l'Université catholique de Lille, juge cette déclaration bienvenue.

« Le monde musulman, en particulier au Proche-Orient, n'a qu'une réaction extrêmement timide alors que les chrétiens palestiniens, irakiens ou syriens n'hésitent jamais à monter au créneau quand leurs pays sont en difficulté. » Cela n'empêche pas que des musulmans de la rue ouvrent leurs portes aux réfugiés chrétiens, comme le rapportent des médias arabes en Irak et au Liban.



Envoyé de mon Ipad 

Le martyre des chrétiens d’Orient | Le blogue de Mathieu Bock-Côté 21/7/2014

Le martyre des chrétiens d'Orient | Le blogue de Mathieu Bock-Côté

Le martyre des chrétiens d'Orient

La persécution des chrétiens dans le monde est massive, et pourtant, elle se mène dans l'indifférence affichée des médias occidentaux, qui y accordent de temps en temps un article distrait, sans jamais prendre le phénomène au sérieux. C'est qu'une croyance est profondément ancrée dans le système médiatique: l'Islam, aujourd'hui, serait la seule religion persécutée, et l'Occident serait à mettre en accusation. On dénonce systématiquement une hypothétique «islamophobie», en amalgament sous cette catégorie la critique philosophique de l'Islam, la caricature de ses symboles, l'inquiétude suscité par le communautarisme islamique, la lutte contre l'islamisme et les propos authentiquement haineux contre les musulmans, que personne ne niera, mais qui demeurent marginaux. Quoi qu'en disent ceux qui s'usent les genoux dans une exaspérante manie pénitentielle, l'Islam, même si sa présence suscite manifestement un malaise identitaire en Europe comme en Amérique du nord, n'est pas la cible de persécutions.

Inversement, l'indifférence au sort des chrétiens d'Orient est renversante. Elle nous rappelle une chose: il y a, pour le système médiatique dominant, de bonnes et de mauvaises victimes. Les premières permettent de mettre en accusation la civilisation occidentale, pas les secondes. Les premières entrent dans le schéma général de la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme, hérité de la gauche la plus radicale, et très populaire dans certains milieux intellectuels, qui l'utilisent pour juger le monde et arbitrer ses conflits. Manifestement, les chrétiens d'Orient entrent dans la deuxième catégorie de victimes, celles qui ne suscitent pas notre sollicitude, qui n'existent pas dans notre système mental. Les persécutions antichrétiennes ne font pas pleurer même si l'ONU, finalement, vient de se réveiller, mais pour combien de temps?

Ils sont pourtant victimes d'authentiques vexations, de persécutions massives. C'est ce qui arrive actuellement en Irak, où l'État islamique a réussi à pousser à l'exode les chrétiens de Mossoul. On les invite à déguerpir. En fait, on les y oblige. Sinon, ils risquent la mort. Ils ne sont plus les bienvenus chez eux, même s'ils sont là depuis toujours. On les traite comme les représentants d'une religion fondamentalement étrangère à la région, dont il faudrait désormais chasser les derniers représentants, alors que le christianisme trouve pourtant dans ce coin du monde son berceau. On détruit même leurs lieux de culte, pour effacer jusqu'à la mémoire de leur présence, ou alors, on cherche à les convertir. C'est l'équivalent de l'épuration ethnique: l'épuration religieuse. Les chrétiens d'Orient sont pourtant les témoins du premier christianisme. On connaît leur liturgie aussi diverse que magnifique, qui touchera tous ceux qui ne sont pas imperméabilisés contre la beauté des rituels sacrés. Il ne s'agit pas de les idéaliser, évidemment, mais de refuser cette étrange idée qu'ils n'appartiennent pas à la civilisation arabe, et que leur rejet serait en quelque sorte naturel, programmé.

Il faut dire que si ce phénomène d'exode s'amplifie avec la crise irakienne, il n'est pas neuf: en Syrie, en Égypte, et même au Liban, ce dernier étant pourtant leur havre, avec son identité multiconfessionnelle, les Chrétiens s'exilent. L'islamisme qui progresse depuis quelques décennies a créé un environnement radicalement inhospitalier envers eux? D'autant que ceux qui se faisaient un devoir de les protéger, au fil des siècles, ont progressivement renoncé à ce rôle. La France avait cette mission. Elle n'y tient manifestement plus. C'est inévitable, diront certains, dans la mesure où l'Occident cherche lui-même à arracher ses racines chrétiennes. C'est au point où la Russie de Poutine, qui n'est pas exactement une démocratie exemplaire, pour le dire d'un euphémisme, mais qui cherche à se donner une politique de civilisation, prétend désormais s'occuper de cette mission.

Il devrait pourtant y avoir une solidarité profonde entre les nations occidentales, qui héritent du christianisme, et les Chrétiens d'Orient. Une solidarité profonde, ou pour détourner une formule d'un contexte à un autre, une relation particulière. Et pourtant, cette solidarité est empêchée car, comme je le disais plus haut, pour des nations qui ne veulent plus se rappeler qu'elles ont été chrétiennes et qu'elles le sont peut-être encore un peu, la manifester consisterait à renouer avec une part étouffée de leur propre identité. Cette solidarité ne saurait non plus se réduire à l'appel aux droits de l'homme, même s'il est nécessaire. Chose certaine, les questions identitaires, quoi qu'en pensent les esprits légers, structurent plus que jamais la politique internationale, et s'aveugler devant les identités profondes, c'est se condamner à ne rien comprendre à la marche du monde.

Catégories: Politique

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