Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

dimanche 28 septembre 2014

Fin de la réunion orthodoxes catholiques à Amman

Envoyé de mon Ipad 

Cité du Vatican, 25 septembre 2014 (VIS). La XIII session plénière de la Commission internationale pour le dialogue entre les Eglises orthodoxe et catholique s'est achevée mardi à Amman (Jordanie). A l'invitation du Patriarche gréco-orthodoxe de Jérusalem SB Théophile III, y ont pris part des délégués de treize des quatorze Eglises autocéphales orthodoxes (absent le Patriarcat de Bulgarie) et vingt-trois représentants catholiques. Les travaux ont été présidés par le Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pour l'unité, et par le Métropolite Jean de Pergame. Le Prince jordanien Ghazi bin Muhammad, grand expert du dialogue inter-religieux, a été invité à assister à la session du 22. Comme d'habitude, les membres catholiques et orthodoxes se sont d'abord réunis séparément, la délégation orthodoxe discutant notamment le projet de texte préparé par le comité de coordination à la suite des réunions de Rome en 2011 et de Paris en 2012. Le plan de travail porte sur synodalité et primat La part catholique a amélioré le texte pour mieux répondre à l'aspect méthodologique. Face au grand nombre de questions soulevées, la Commission a décidé de revoir le texte provisoire en vue de la prochaine réunion du Comité de coordination, qui préparera la session plénière successive. Les participants, qui se sont rendus sur les lieux attachés au baptême de Jésus, ont exprimé leur grande préoccupation et leur solidarité envers les chrétiens et les autres minorités religieuses persécutées en Irak. Ils ont réaffirmé qu'aucun crime se saurait trouver sa justification dans l'invocation de Dieu ou sous prétexte de la religion, félicitant tous ceux qui assistent ces millions de réfugiés et tout particulièrement l'action du Roi Abdallah II . Suppliant les chefs religieux de la région de soutenir leurs fidèles dans la résolution de retourner dès que possibles dans leurs pays. Avec le soutien de la communauté internationale, c'est le seul moyen de protéger les persécutés et de garantir le maintien de la présence chrétienne dans la région. Relançant leur appel à la libération du Métropolitain d'Alep et de l'Evêque Boulos Yazi, et des autres personnes enlevées, prêtres, religieux et laïcs, les participants ont tenu à remercier l'Eglise locale pour son accueil, y compris la possibilité de travailler sereinement et de prier ensemble avec les fidèles locaux.

« Nous ne sommes pas très nombreux, mais notre foi est grande » - L'Orient-Le Jour

« Nous ne sommes pas très nombreux, mais notre foi est grande » - L'Orient-Le Jour

« Nous ne sommes pas très nombreux, mais notre foi est grande »

Menacés par l'avancée du groupe État islamique (EI), des chrétiens d'Irak commencent à former leurs propres milices, estimant que les forces kurdes ou fédérales ne les ont pas protégés face aux jihadistes qui ont pris plusieurs villes et villages chrétiens.

Sharafya, dans le nord de la plaine de Ninive. Les jihadistes qui avaient pris ce village en ont été délogés mi-août, mais un mois plus tard, ses rues sont toujours vides. Les combattants de l'EI ne sont qu'à quelques kilomètres, dans le village de Tel Kef, et seuls quelques hommes en uniforme arpentent le secteur. Au premier abord, ils ressemblent aux peshmergas, les forces kurdes : uniforme kaki et kalachnikov en bandoulière. Mais brodé sur la manche ou porté fièrement sur la poitrine, un écusson les distingue : le drapeau assyrien, barré de deux fusils.
Ces hommes appartiennent à une toute nouvelle brigade assyrienne, un peuple chrétien installé depuis des millénaires dans la plaine de Ninive. Formée le 11 août et baptisée Dwekh Nawsha (Futur martyr) dans le dialecte araméen local, elle compte une centaine d'hommes, selon le lieutenant-colonel Odicho. « Nous ne sommes pas très nombreux, mais notre foi est grande », dit-il, avant de retourner travailler à former les nouvelles recrues, pour l'heure loin d'être prêtes.
(Lire aussi : « Je ne veux pas y retourner. Nous avons vu la mort. Je veux partir en Europe »)
Chez les FL de Geagea
Selon le Mouvement démocratique assyrien, l'un des partis politiques assyriens de la région, 2 000 hommes se sont déjà portés volontaires pour combattre l'EI, un groupe extrémiste sunnite responsable de multiples exactions contre les minorités notamment chrétienne. Mais les armes, les uniformes et l'entraînement manquent.

Pour tenter de renforcer les rangs, une délégation d'Assyriens irakiens s'est rendue au Liban rencontrer les Forces libanaises (FL), la principale milice chrétienne durant la guerre civile au Liban (1975-1990), a indiqué une source au sein des FL à l'AFP. Samir Geagea, le chef des FL, a affirmé que son parti était prêt à « soutenir toute décision prise par les chrétiens d'Irak » pour rester dans ce pays, selon cette source.

La création de « brigades » chrétiennes en Irak rappelle en outre l'engagement des Assyriens en Syrie voisine, où ils ont formé le Conseil militaire syriaque, qui se bat activement au côté du parti YPG des Kurdes syriens, pour tenter de renverser le régime.
(Pour mémoire : Dix mille chrétiens ont déposé une demande de visa au consulat de France à Erbil)

À quelques kilomètres de Sharafya se trouve la ville chrétienne d'al-Qosh, posée à flanc de montagne, à l'ombre du monastère Rabban Hermizd. Aucun membre de l'EI n'y a posé un pied, mais la population a fui début août, quand les jihadistes se sont emparés de plusieurs villages en contrebas.
Au milieu des rues désertes, impossible de rater le bâtiment du Mouvement démocratique assyrien. Son violet (la couleur du parti) tranche avec la couche de sable qui recouvre une grande partie de la région. À l'intérieur du bâtiment, des hommes en uniforme, armes aux pieds, sont assis autour de thés fumants. Ils sont tous chrétiens, civils dans leur immense majorité, et ont décidé de rester pour défendre al-Qosh. À peine assis, leurs voix se mêlent les unes aux autres dans une litanie d'où ressort la même chose : si nous sommes là, c'est parce que les forces kurdes nous ont abandonnés.

Le récit est pareil : dans la nuit du 6 au 7 août, quand les jihadistes ont avancé vers les villages, les peshmergas sont partis, sans prévenir la population. « Ils ont laissé les hommes du village seuls », accuse Athra Kado. « Deux jours avant, ils nous avaient dit que nous n'avions pas besoin d'armes, qu'ils nous défendraient », renchérit un de ses compagnons. « Les Kurdes ne nous ont pas protégés, le gouvernement irakien ne nous a pas protégés », lance un troisième. Une centaine d'hommes en tout patrouillent de jour et restent alertes la nuit. Pourtant des peshmergas sont revenus et gardent désormais l'entrée du village. Mais « peut-être qu'ils vont fuir à nouveau, alors on reste », dit Athra Kado.
Lire aussi
François : Que personne ne pense pouvoir faire de Dieu un bouclier
Chrétiens d'Orient et musulmans de France lancent des appels contre l'Etat islamique


Envoyé de mon Ipad 

Manifestation place de la République-La CHREDO appelle à manifester dimanche pour défendre la civilisation contre la barbarie

> Coordination « Chrétiens d'Orient en Danger »
> CHREDO
> www.chretiens-dorient-en-danger.org
>
> La Coordination Chrétiens d'Orient en Danger (CHREDO) appelle à manifester dimanche 28 septembre à 14h30, Place de la République à Paris, pour rendre hommage à toutes les victimes de DAESH, aussi bien notre compatriote français lâchement assassiné, que les musulmans, les chrétiens d'Orient, et les minorités exposés à la barbarie quotidienne de terroristes sanguinaires.
>
> Patrick Karam, Président de la CHREDO, estime que: "Ce qui est en jeu aujourd'hui ce n'est pas la confrontation entre les civilisations arabo-musulmanes et la civilisation occidentale, ce n'est pas un affrontement entre pays chrétiens et pays musulmans. Ce qui est en jeu est tout simplement le combat de la civilisation contre la barbarie et l'obscurantisme, le combat du bien contre le mal."
> "L'assassinat de notre compatriote Hervé Gourdel par un groupuscule terroriste affilié à DAESH rappelle que cette organisation criminelle constitue aussi une menace non seulement pour l'Orient mais aussi pour notre sécurité nationale et celle du monde.
> La violence des mouvements terroristes aujourd'hui s'exerce principalement contre l'Irak et la Syrie, mais se propage dans toute la région : au Liban où depuis le mois d'août dernier l'armée libanaise a affronté des milices djihadistes et où avec la Jordanie le risque de déstabilisation est le plus grand et même dans le Sinai en Egypte où des pratiques inédites de décapitations commencent à être déployées. Le lâche assassinat de notre compatriote en Algérie, les prochains attentats promis par DAESH en Europe et particulièrement en France sont des métastases du déploiement d'un mouvement de lâches barbares qui a pris pour cible les populations civiles innocentes, en particulier les Chrétiens d'Orient et les minorités, y compris les musulmans eux-mêmes.
> La CHREDO rappelle qu'elle a saisi le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui a inscrit au rôle sa plainte pour crimes contre l'humanité et génocide contre DAESH et ses affidés.
> Patrick Karam, Président de la CHREDO, estime : "Il est temps d'aborder une autre étape : celle de la judiciarisation des atteintes graves qui peuvent être caractérisées comme 'crimes contre l'humanité', afin d'adresser un message sans ambiguïté aux terroristes et à leurs soutiens qu'il n'y aura aucune tolérance ni faiblesse dans la traque et la sanction.. Ceux qui se réfèrent à DAEH, sont automatiquement coupables de complicités de crime contre l'humanité et doivent répondre devant un Tribunal Pénal International et pas seulement des tribunaux nationaux."
>
> Contact: Patrick Karam: 06 79 08 81 70
>
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Le Liban, réponse historique à « l’État islamique » - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour 27/9/2014

Le Liban, réponse historique à « l'État islamique » - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour

Le Liban, réponse historique à « l'État islamique »

Pour maîtriser notre destin, il faut d'abord le comprendre. C'est surtout à la lumière de ce qui s'est passé depuis la Première Guerre mondiale que la chose est possible. Pour Martino Diez, directeur scientifique de la Fondation internationale Oasis, centre d'études créé par le cardinal Angelo Scola, « le Proche-Orient n'en finit pas de payer les conséquences de la disparition de l'Empire ottoman ».
Ces conséquences, précise Martino Diez, interrogé par Radio-Vatican, sont de deux ordres, territorial et religieux. Selon le chercheur, la disparition de l'Empire ottoman a ouvert une question territoriale qui a été réglée par l'accord Sykes-Picot. Or pour affaiblir l'Empire ottoman, les Alliés – France et Grande-Bretagne en tête – avaient fait beaucoup de promesses contradictoires. Ainsi, Lawrence d'Arabie avait, de bonne foi, promis aux Arabes la création d'un grand État les réunissant tous, en échange de leur soutien contre les Turcs. Il n'en sera rien. Les Palestiniens paieront, eux, le prix fort des promesses de création d'un foyer national juif en Palestine.
Le gouvernement français, pour sa part, a longtemps hésité sur ce qu'il ferait des territoires dont il a hérité : créer une grande Syrie ou bien morceler cet ensemble. Finalement, le Liban réclamé par les maronites verra le jour. Pour les Arméniens et les Assyriens, il en sera autrement. « On peut même dire que l'abysse des communautés chrétiennes a commencé justement après la Première Guerre mondiale », assure Martino Diez. « Le traité de Sèvres prévoyait la possibilité pour les Kurdes d'établir un véritable État. La perspective sera écartée », dit-il.
« Les espoirs, les craintes, les incompréhensions qui ont pu naître de la politique des deux puissances mandataires ont contribué au développement de courants de pensée politique au sein des populations arabes », souligne Diez. On pense au panarabisme de Nasser, à l'idéologie du parti Baas ou au nationalisme pan-syrien, etc.

L'abolition du califat
« Sur le plan religieux, l'abolition du califat par Kemal Atatürk (1923) fut un véritable choc, affirme ensuite Martino Diez. Muhammad Iqbal, un grand penseur pakistanais (même si le Pakistan n'existait pas encore), va écrire longuement sur le sujet. Les Frères musulmans en Égypte furent fondés juste après la guerre. Même si leur fondateur n'est pas explicite sur ce point, d'autres penseurs proches de lui, comme Rashid Rida, parleront beaucoup de la nouvelle création du califat. Il faut donc faire le lien entre la fin du califat et l'islam politique d'aujourd'hui. La résurgence d'un califat sous la houlette de "l'État islamique en Irak et en Syrie", même purement formel, apparaît, à la lumière de l'histoire, comme une énième tentative de solder les comptes du passé. » Aux musulmans de trouver à l'islam un autre visage que celui de la barbarie jihadiste.
Revenons maintenant à la proclamation du Grand Liban (1920), puis faisons un bond en avant de 94 ans, et atterrissons à la mosquée Mohammad el-Amine d'abord, ensuite à Dar el-Fatwa. Qu'y voit-on ? Quelles que soient les ambiguïtés et les hésitations réelles qui ont marqué sa naissance, quels que soient les manquements de ses fondateurs et les soubresauts qu'elle a connus, nous voyons une patrie libanaise qui a pris corps, qui a résisté aux séismes, qui a désormais des racines, une histoire et un avenir. Ce grand succès de l'histoire, il faut le reconnaître, est le succès d'un projet maronite, c'est-à-dire d'un projet chrétien. C'est là l'essence du pacte national passé entre les deux communautés maronite et sunnite, dans les années quarante, banquet auquel furent et continuent d'être invitées toutes les autres communautés.
Mais dire que le Liban est un projet maronite – ou chrétien, c'est égal –, a un corollaire, cela signifie que les chrétiens maronites n'ont pas d'autre projet que le Liban, que le Liban est leur seul et définitif projet.
C'est la raison pour laquelle le projet de loi électorale prévoyant que chaque communauté vote pour ses propres députés, approuvé au printemps dernier par des personnalités maronites, à Bkerké, était tellement choquant. C'était, d'une certaine façon, un douloureux constat d'échec du Liban. Admettons que ce fut le fruit d'un aveuglement provisoire. Car d'une façon ou d'une autre, ce projet, s'il était passé, aurait abouti à une rupture du pacte national. D'une façon ou d'une autre, les chrétiens y auraient décidé tacitement – ou ouvertement – qu'ils pourraient avoir d'autres projets que le Liban.
Certains ont vu luire à l'horizon de ce projet alternatif au Liban la doctrine de l'alliance des minorités. L'alliance des minorités est un projet fédérateur panarabe différent du pacte de convivialité libanais. Y adhérer, c'est tourner le dos à notre ou nos partenaires historiques pour leur préférer la sécurité – illusoire – d'un ensemble où les chrétiens ne seraient qu'une île, et non plus le levain dans la pâte et le sel de la terre.
Lors de sa visite de félicitations à Dar el-Fatwa, dans des propos dont l'importance n'a pas encore été assez soulignée, le patriarche maronite a parlé de la culture libanaise comme « instrument de salut » social et politique. C'est là une vision qui rejoint celle de Jean-Paul II, dont la patrie ne survécut que grâce à sa culture. Est désormais assignée à la culture libanaise, à la culture de la convivialité, la tâche d'absorber le « choc culturel » des deux fondamentalismes sunnite et chiite (le Hezbollah doit admettre sa part de responsabilité dans l'état de vulnérabilité où se trouve aujourd'hui le Liban), et d'en triompher, faisant ainsi triompher la diversité, qui est la loi même de la vie, et son corollaire politique, le pluralisme, la démocratie, l'alternance au pouvoir, la liberté.
Aujourd'hui, pour faire face au groupe « État islamique » qui cherche à habiller d'uniformité et de ténèbres le monde arabe et l'islam, notre seule réponse, comme Libanais, est le Liban, le succès de notre vocation historique. C'est la seule réponse susceptible d'être apportée non seulement à l'État islamique, mais à tous les fondamentalismes qui se proposeraient à nous, en particulier à cet État voisin dont Benjamin Netanyahu cherche à faire un État juif, un État au nom duquel il pourrait expulser de l'espace national tous les Arabes restés en Israël après 1948. Tout comme aujourd'hui l'État islamique expulse les chiites, les chrétiens, les yazidis et les Kurdes de son espace, pour construire quoi en définitive ? Un anti-Liban.



Envoyé de mon Ipad 

samedi 27 septembre 2014

Dar el-Fatwa parraine un engagement islamo-chrétien contre « la tyrannie et le terrorisme » - Sandra NOUJEIM - L'Orient-Le Jour

Dar el-Fatwa parraine un engagement islamo-chrétien contre « la tyrannie et le terrorisme » - Sandra NOUJEIM - L'Orient-Le Jour

Dar el-Fatwa parraine un engagement islamo-chrétien contre « la tyrannie et le terrorisme »

Le document élaboré hier lors du sommet islamo-chrétien à Dar el-Fatwa est fondamental. Il valorise l'essence de la pluralité du modèle libanais, en l'élargissant à la région. Il asseoit les normes de cette pluralité face à « la dualité du terrorisme et de la tyrannie ». Ces deux menaces à « l'État civil, seul garant de la diversité arabe », finiront par se dissiper, affirment en chœur les chefs d'Églises orientales, et les cheikhs musulmans et druzes, réunis hier sous l'égide du nouveau mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane.
Le communiqué lu à l'issue du sommet par le secrétaire général de la commission nationale du dialogue islamo-chrétien, Mohammad Sammak, a d'abord confié à la présidentielle libanaise une portée symbolique supranationale, liée directement à la maturation d'une citoyenneté arabe et plurielle.
Les dignitaires musulmans et chrétiens ont ainsi « exhorté le Parlement à accomplir son devoir constitutionnel fondamental en élisant immédiatement un président (...). Retarder l'élection du seul chef de l'État chrétien dans le monde arabe, à l'heure des souffrances extrêmes subies par les chrétiens d'Orient aux mains des forces terroristes fondamentalistes, paralyse le rôle du Liban dans l'accomplissement du message, à portée nationale et arabe, qui fait sa raison d'être ».
Le document a ensuite défendu, sans la mentionner explicitement, la politique de distanciation, qu'il a désignée par « l'éloignement du Liban des conflits extérieurs et des politiques des axes régionaux et internationaux ».
Le document a également appelé à une gestion « sage et responsable » du dossier des réfugiés syriens au Liban.

« Être fort par l'État, et non au détriment de l'État »
Redonnant un souffle au processus d'édification de l'État, le sommet a appelé à « ne pas paralyser les institutions, à être fort par l'État et non au détriment de l'État, (...) et à respecter le pacte de Taëf dans l'esprit et la lettre ».
Les dignitaires religieux ont « renouvelé leur engagement en faveur de la coexistence et de l'unité nationale, l'État étant la seule autorité habilité à résoudre les affaires nationales ».
Ils ont refusé « de tirer sa force de l'étranger, ou de se remettre aux armes à l'intérieur ».
Ils ont déclaré leur attachement au « dialogue national, comme base de la gestion de la pluralité ».

« Aucune cause ne devance la dignité humaine »
Transposant la teneur de ce discours au niveau régional, le sommet islamo-chrétien a déclaré qu'il « n'existe aucune cause sacrée au détriment de la dignité et des droits de l'homme ». De même, « il n'existe aucune guerre sacrée au nom de la religion », l'essence même de la religion étant la paix. « La paix est l'une des qualités de Dieu, et la cause la plus noble à laquelle tendent les vrais croyants. » « La paix est le sacré », a stipulé solennellement le document.
Le corollaire de ce principe serait notamment le respect de la liberté de culte et des propriétés privées et publiques. D'ailleurs, le discours d'investiture de cheikh Deriane, qui avait rejoint la déclaration d'al-Azhar en faveur des libertés publiques, a été salué hier.
Si le document élaboré hier a stigmatisé la violation de ces libertés, il a souligné que « les chrétiens et les musulmans, de Syrie et d'Irak, ont subi ensemble ces crimes contre l'humanité et la religion ».
En même temps, le document a mis sur un pied d'égalité les auteurs de ces actes, en évoquant « la dualité de la tyrannie et du terrorisme, longtemps subie par les sociétés arabes ». « Tirer les leçons de la crise sanglante et destructrice que ces sociétés traversent, c'est apprendre à défendre une gouvernance équitable, participative et favorable aux libertés », est-il indiqué. Deuxième stipulation-clé du document : « L'État civil, respectueux des religions et de la dignité humaine, est la seule formule ayant réussi à maintenir la stabilité et l'essor des États qui gèrent des sociétés plurielles, comme les sociétés arabes. »

Les droits des chrétiens arabes
C'est dans le cadre de ces constantes que s'inscrit la protection des chrétiens contre le fondamentalisme. « La stigmatisation des crimes d'agression et de déplacement forcé exercés par des fractions armées contre les chrétiens, les musulmans et d'autres, en Irak et en Syrie (...), impose de mettre en garde contre les conséquences de ces actes sur les chrétiens, ceux-ci étant amenés à se déraciner des patries dont ils sont le fondement depuis 2 000 ans. »
Le sommet appelle les victimes, « surtout les chrétiens, à rester attachés à leur terre », et annonce sa décision de « former une délégation islamo-chrétienne commune afin de sensibiliser les autorités religieuses, politiques et arabes à la violation des droits des chrétiens arabes ».
« Le crime contre l'humanité est le même, indépendamment de son auteur », a ajouté le document, associant « les atteintes contre les chrétiens de Syrie et d'Irak aux agressions israéliennes contre Gaza ».
Cheikh Mohammad Nokkari, membre du comité de dialogue islamo-chrétien, confirme à L'OLJ que ce document consacre « l'abandon de la logique des minorités, l'islam ne percevant que l'homme, égal de l'autre ». Il estime en outre que le sommet d'hier s'est démarqué d'autres sommets similaires par « l'accent mis sur les libertés ». C'est en cela d'ailleurs que le sommet « rejoint certainement la rencontre de Saydet al-Jabal », qui s'était tenue près d'un mois plus tôt.
L'une des figures de cette rencontre, et précurseur du vivre-ensemble, l'ancien député Samir Frangié, salue « l'excellente initiative de Dar el-Fatwa, qui rappelle le rôle, assumé il y a longtemps par l'Église maronite, à l'époque où les dirigeants politiques s'enfonçaient dans la léthargie ». L'autorité religieuse sunnite joue désormais un rôle essentiel dans la diffusion du « discours primordial de la modération », ajoute-t-il.
Le leader du Futur, Saad Hariri, a effectivement salué le document islamo-chrétien, qu'il a qualifié « de nouvelle charte de la coexistence et de puissant appel en faveur de l'entité libanaise ».



Envoyé de mon Ipad