Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mardi 10 novembre 2015

« Nous en appelons avec François pour l’arrêt de la guerre et l’instauration d’une paix régionale juste, globale et permanente », plaide Raï - L'Orient-Le Jour

« Nous en appelons avec François pour l'arrêt de la guerre et l'instauration d'une paix régionale juste, globale et permanente », plaide Raï - L'Orient-Le Jour

« Nous en appelons avec François pour l'arrêt de la guerre et l'instauration d'une paix régionale juste, globale et permanente », plaide Raï

« La coopération pastorale entre les Églises orientales catholiques au Liban. » C'est sur ce thème d'actualité, compte tenu des circonstances, que se tient la 49e session ordinaire de l'Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban. Présidée par le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, celle-ci s'est ouverte hier, à Bkerké, en présence notamment des patriarches grec-catholique Grégoire III, syriaque-catholique Youssef II Younan et arménien-catholique Grégoire Bedros XX Ghabroyan. Elle se poursuivra jusqu'à samedi et se conclura par la publication d'un communiqué final.
« L'union fait la force, la complémentarité des efforts permet de servir de plus grands ensembles géographiques et humains, et peut servir de modèle pour l'action de la société civile », a souligné en ouverture des travaux le patriarche maronite, qui a établi les grands axes de la réflexion synodale.

Questions nationales
Comme il le fait d'habitude, le patriarche a profité de l'occasion pour aborder les grandes questions d'importance nationale qui se posent en ce moment au Liban.
« Il est de notre devoir d'Église d'en appeler toujours à la Constitution et au pacte, ainsi qu'à l'élection d'un président de la République, afin de relancer les activités parlementaires, l'exécutif et les institutions publiques », a-t-il affirmé.
« Le Parlement doit se limiter à prendre des dispositions techniques, a ajouté le patriarche, avalisant ainsi la réunion législative des 12-13 novembre, et dans l'impossibilité qu'il est d'avoir une activité législative normale, voter les lois financières qui sont exigées par la communauté internationale depuis cinq ans. »
Au passage, le chef de l'Église maronite a précisé qu'il « déplore » la manière avec laquelle les blocs parlementaires traitent des questions nationales essentielles, et comment « les intérêts particuliers et communautaires prévalent sur l'intérêt général ».
En ce qui concerne l'insistance de certains blocs parlementaires à voir la loi électorale inscrite à l'ordre du jour des séances législatives des 12-13 novembre, le patriarche a jugé « qu'il n'y a aucune raison pour compliquer les choses », sachant par ailleurs que « la promulgation d'une loi par le Parlement exige le contreseing du chef de l'État » (articles 51 et 56 de la Constitution).Par ailleurs, le patriarche a pris fait et cause pour le projet de loi sur la récupération de la nationalité par les émigrés, relevant qu'il n'est pas à confondre avec le thème de l'acquisition de la nationalité, qui doit faire l'objet d'une loi indépendante.
Sur le plan régional, le patriarche a affirmé : « Nous élevons la voix avec le pape François pour demander aux gouvernants du monde arabe et du monde d'arrêter la guerre qui ravage nos pays, et pour trouver des solutions pacifiques et politiques afin d'y instaurer une paix juste, globale et permanente. »


(Lire aussi : Durcissement de certaines positions et flou artistique du CPL et du courant du Futur)

Quatre têtes de chapitre
Pour en revenir à la session, elle examinera quatre têtes de chapitre : les orientations définies par le synode sur la famille qui vient de se tenir au Vatican (4-25 octobre) ; le Jubilé de la miséricorde qui s'ouvre le 8 décembre prochain ; l'enseignement officiel de l'Église et les pratiques de piété ; le motu proprio du pape sur la réforme des règles canoniques dans les procès pour annulation du mariage.
La session de l'Apecl écoutera, sur ce thème, les explications de monsignor Pio VitoPinto, doyen du tribunal de la Rote domaine, qui explicitera pour ses auditeurs les intentions du Saint-Père et les objectifs recherchés.
À ces grands sujets s'ajoutera en particulier l'examen des activités et de la situation de Caritas-Liban, à la lumière de l'extension de situations de pauvreté au Liban et de l'afflux de plus d'un million et demi de réfugiés.
Sensible aux conditions de vie de plus en plus difficiles des Libanais, le patriarche a affirmé que « les Églises ne doivent pas se contenter de la pastorale sociale de Caritas, mais aller au-delà, et proposer les services de ses institutions éducatives, hospitalières et sociales ».
L'Apecl va également examiner le projet de « cité des médias » conçu par Télé-Lumière.

Coopération dans tout le Machrek
Enfin, le patriarche maronite a fait valoir que, « s'agissant de coopération entre les Églises orientales, il n'est pas possible de la limiter au Liban, mais qu'elle doit s'étendre à tout le Machrek ».
« Nous n'y sommes pas présents comme des communautés religieuses minoritaires, mais comme l'Église du Christ une dans la diversité de ses traditions spirituelles, liturgiques, culturelles et historiques », a-t-il souligné.
« Nous sommes le corps mystique du Christ dans ces pays du Machrek dont il nous faut préserver l'existence et dynamiser la mission, et dont nous sommes les citoyens d'origine. Nous voulons y préserver le vivre-ensemble avec les musulmans dans l'égalité, le respect mutuel, la coopération et l'édification de nos patries et de notre identité moyen-orientale. Le Liban a un rôle dynamique à jouer sur ce plan de par sa situation géographique sur la rive est de la Méditerranée, son régime politique et sa longue expérience. »

Lire aussi
Caccia : Le message du Liban reste valable pour l'avenir



Jtk

lundi 9 novembre 2015

Première visite officielle du nouveau patriarche des syriaques-orthodoxes au Liban - L'Orient-Le Jour

Première visite officielle du nouveau patriarche des syriaques-orthodoxes au Liban - L'Orient-Le Jour

Première visite officielle du nouveau patriarche des syriaques-orthodoxes au Liban

Le patriarche syriaque-orthodoxe Ignace Ephrem II a conclu hier sa première visite officielle au Liban par une messe solennelle en l'église Saint-Ephrem (Sioufi), en présence de représentants de toutes les personnalités officielles libanaises.
Le patriarche était arrivé vendredi au Liban venant de Sadad (Syrie), l'une des plus anciennes villes de présence syriaque d'Orient, menacée par l'avancée des combattants du groupe État islamique. Il avait interrompu une tournée aux États-Unis pour s'y rendre d'urgence.
Venu encourager les fidèles de son Église à rester attachés à l'Orient, le patriarche connaît bien le Liban. Né en 1965 à Kamichli, en Syrie, c'est en effet au couvent de Atchaneh (Metn) qu'il a entamé ses études de théologie, poursuivies en Égypte d'abord, puis en Irlande et en Grande-Bretagne. C'est également à Atchaneh que le synode de son Église l'a choisi pour succéder au patriarche Zakka II Iwas, le 31 mars 2014.
La messe s'est tenue notamment en présence du député Bassem Chab (représentant le président de la Chambre), du ministre Arthur Nazarian (représentant le Premier ministre), des députés Serge Torsarkissian (représentant Saad Hariri), Nadim Gemayel (représentant Amine Gemayel) et Hagop Pakradounian, chef du parti Tachnag, du nonce apostolique et d'une foule de personnalités religieuses et civiles de la communauté.
L'office divin a été l'occasion pour le patriarche d'appeler à l'élection rapide d'un nouveau président de la République au Liban, ainsi que de lancer un appel afin que musulmans et chrétiens libanais « œuvrent dans un esprit de partenariat et de fraternité à sauvegarder le Liban et son unité ».
« La région du Moyen-Orient est chère à nos cœurs. Nous y avons été enracinés et nous y avons grandi, et nous y resterons jusqu'à la fin des temps », a-t-il notamment affirmé dans son homélie.
« Comment pouvons-nous vivre sans voir la présence de Dieu sur chaque visage humain ?
Pourquoi œuvrons-nous à éliminer l'autre, plutôt qu'à l'élever et le sublimer ? » a-t-il encore dit, avant de prier pour que « les droits de l'homme et sa dignité soient respectés ».
Par ailleurs, après avoir félicité l'Église assyrienne pour la libération récente de 37 de ses fidèles pris en otages par Daech et libérés après le paiement de fortes rançons, le patriarche a prié pour le retour des évêques d'Alep, Boulos Yazigi (grec-orthodoxe) et Youhanna Ibrahim (syriaque-orthodoxe), enlevés en Syrie depuis 18 mois et dont les traces semblent perdues.

Responsables civils et religieux
Samedi, le patriarche Ignace Ephrem II avait effectué une tournée des responsables civils et religieux libanais. Il avait été reçu par Nabih Berry et Tammam Salam, ainsi que par les cheikhs Abdellatif Deriane, mufti de la République, Abdel Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur chiite, et Naïm Hassan, cheikh Akl de la communauté druze. La journée s'était achevée par un dîner communautaire dans un grand hôtel de Beyrouth. Le chef de l'Église syriaque-orthodoxe avait saisi l'occasion pour faire l'apologie du Liban, qui, en langue syriaque, signifie « cœur de Dieu », avant d'en faire l'éloge comme « pays refuge de tous ceux qui aspirent à la liberté ».
« Nous voulons que ce pays demeure le pays de l'ouverture au monde et de l'ouverture de tout Libanais à son compatriote », a-t-il plaidé, avant de souhaiter que les Libanais sachent « se solidariser et faire leur intérêt, à commencer par l'élection d'un nouveau chef de l'État ».
Après avoir exprimé l'ambition de voir élus ou choisis des députés et des ministres syriaques, le patriarche avait ajouté : « Notre mission en Orient est celle du serviteur, et non celle du maître. Travaillons pour la paix, chrétiens et musulmans de la région. Nous avons vécu ensemble pendant des centaines d'années et n'avons d'autre choix que de vivre ensemble dans l'esprit de famille et de l'amour fraternel mutuel. »
Après sa visite à Dar el-Fatwa, le patriarche Ignace Ephrem II a assuré : « Notre visite ici est plus que protocolaire. Elle vise à consolider les liens de cordialité et d'amour qui existent entre l'Église syriaque et les musulmans, en particulier dans ce quartier (Mousseitbé) qui abrite le siège de l'évêché de Beyrouth où se dresse la plus ancienne église syriaque contemporaine. »
Vendredi, le patriarche avait célébré la messe en l'église Saints-Pierre-et-Paul à Mousseitbé et béni l'une des deux stèles qui y ont été érigées pour commémorer le génocide de 1915 dont les syriaques, avec les Arméniens, les chaldéens et les assyriens ont été les victimes. La seconde a été installée dans l'église Saint-Ephrem.



Jtk

SYRIE - Remise en liberté de 37 autres otages assyriens de la vallée du Khabur de la part des djihadistes du prétendu « Etat islamique »



Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 9 novembre 2015 10:48:13 UTC+2
ASIE/SYRIE - Remise en liberté de 37 autres otages assyriens de la vallée du Khabur de la part des djihadistes du prétendu « Etat islamique »

Hassakè (Agence Fides) – Au moins 37 chrétiens assyriens ont été libérés ce jour par les miliciens du prétendu « Etat islamique » après avoir été pris en otage à compter du 23 février dernier, lorsque les djihadistes les avaient capturés au cours de l'offensive lancée sur les 35 villages assyriens présents le long de la vallée du Khabur, dans la province syrienne nord orientale d'Hassaké. Selon ce qu'indique l'Assyrian Information News Agency, les personnes remises en liberté – 27 femmes et 10 hommes – sont arrivées depuis quelques heures seulement dans la ville de Tel Tamar.
Les chrétiens assyriens de la vallée du Khabur pris en otage par les djihadistes en février dernier étaient plus de 250. Depuis lors, différentes remises en liberté de groupe de prisonniers se sont succédées. Pour le moment, les otages de ce groupe demeurant encore entre les mains des djihadistes du prétendu « Etat islamique » sont au nombre d'au moins 168. Au début du mois d'octobre, sur les sites djihadistes avait été diffusé la vidéo de l'exécution de trois chrétiens assyriens de la vallée du Khabur (voir Fides 08/10/2015). Le document, tourné selon les rituels macabres suivis également dans d'autres cas analogues par la propagande djihadiste, affirmait que les exécutions d'otages auraient continué jusqu'au versement de la somme demandée comme rançon en vue de leur libération. (GV) (Agence Fides 07/11/2015)

vendredi 6 novembre 2015

/LIBAN - Assemblée des Evêques maronites

Début du message transféré :

Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 6 novembre 2015 14:00:35 UTC+2

ASIE/LIBAN - Assemblée des Evêques maronites

Beyrouth (Agence Fides) – La perspective – depuis longtemps envisagée – d'un démembrement sur base sectaire de la Syrie préoccupe les Evêques maronites, qui proposent de prendre en considération le modèle institutionnel libanais pour tenter de neutraliser les poussées centrifuges sectaires qui alimentent le conflit syrien, risquant de déchirer le pays. Telles sont les clefs de lecture de la crise syrienne ayant émergé de l'Assemblée des Evêques maronites, qui s'est réunie hier au siège patriarcal de Bkerkè, pour sa rencontre périodique, sous la présidence du Patriarche d'Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Boutros Bechara Rai.
« Les rumeurs concernant les hypothèses d'une nouvelle carte de la Syrie – peut-on lire dans le communiqué final de la rencontre parvenu à l'Agence Fides – ne laissent présager rien de bon quant à l'avenir de la paix dans la région. La solution proposée n'est pas bonne ». De leur côté, les Evêques suggèrent que les négociateurs engagés dans la recherche d'une solution au conflit syrien prennent en considération l'expérience historique de coexistence vécue au Liban, qui, malgré toutes ses limites, ses crises et ses contradictions, a permis à toutes les communautés religieuses d'être impliquées dans la gestion de la chose publique. Seule la recherche de systèmes institutionnels capables de garantir un équilibre entre les différentes réalités ethniques et religieuses – affirment les Evêques maronites – pourra sauver l'ensemble de la région de la perspective usante d'un conflit permanent et généralisé.
Dans leur communiqué, les Evêques réaffirment également leur soutien plein et entier à l'armée et à toutes les forces de sécurité libanaises, joignant de nouveau leur voix à celle du Patriarche qui a lancé d'innombrables appels à sortir de l'impasse politique s'étant créée autour de l'élection du nouveau Chef de l'Etat. (GV) (Agence Fides 06/11/2015)

EGYPTE - Déclaration finale du Comité exécutif du Conseil des églises chrétiennes du Proche-Orient

Début du message transféré :

Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 6 novembre 2015 14:00:35 UTC+2
AFRIQUE/EGYPTE - Déclaration finale du Comité exécutif du Conseil des églises chrétiennes du Proche-Orient

Le Caire (Agence Fides) – Le chemin en vue de la promotion de l'unité des chrétiens comporte également l'adoption de mesures concrètes comme l'unification de la date de la célébration de Pâques. C'est le point programmatique important contenu dans la déclaration finale du Comité exécutif du Conseil des églises chrétiennes du Proche-Orient qui a achevé ses travaux au travers d'un moment de prière en l'église de Mar Girgis, faubourg d'Héliopolis.
A la réunion de travail, qui a eu lieu au centre copte Saint Marc, dans le district de Nasr City, ont pris part des membres éminents des Eglises du Proche-Orient dont le Patriarche d'Antioche des syro-catholiques, S.B. Ignace Youssef III Younan, le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, le Catholicos de la Grande Maison de Cilicie des Arméniens, Aram I, et le Patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III. Le niveau des délégations présentes à la rencontre laisse penser que, sur le thème de l'unification de la date de la célébration de Pâques se fait progressivement un consensus entre les différentes Eglises et communautés chrétiennes présentes au Proche-Orient.
Dans la déclaration conclusive de la rencontre, parvenue à l'Agence Fides, sont énumérées les plaies qui affligent tant de communautés chrétiennes locales au Proche-Orient, aux prises non seulement avec les conflits armés en cours dans différents pays mais également avec des attaques ciblées, des persécutions et des enlèvements, souvent perpétrés dans l'indifférence générale des responsables politiques. Dans le document, les chefs des Eglises du Proche-Orient rappellent l'urgence de continuer à approfondir le dialogue entre les chrétiens et les musulmans, qualifié de « pilier fondamental » de la coexistence entre les chrétiens du Proche-Orient et leurs compatriotes musulmans.
A propos des situations d'urgence politique qui affligent la scène régionale, la déclaration rappelle également la paralysie politique en cours au Liban, où notamment l'opposition entre les partis chrétiens empêche de trouver un accord pour élire le nouveau Président de la République. Dans le texte, les Patriarches et autres représentants chrétiens présents à la rencontre expriment également leur gratitude au Pape François pour la sollicitude pastorale démontrée par l'Evêque de Rome envers les souffrances des chrétiens d'Orient. (GV) (Agence Fides 06/11/2015)

jeudi 5 novembre 2015

IRAQ - Chrétiens eux aussi mobilisés à Erbil contre la loi sur l’islamisation des mineurs

Début du message transféré :

Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 5 novembre 2015 13:51:58 UTC+2
ASIE/IRAQ - Chrétiens eux aussi mobilisés à Erbil contre la loi sur l'islamisation des mineurs

Erbil (Agence Fides) – Des centaines de membres non islamiques de la société irakienne ont irakienne qui dispose le passage automatique à la religion islamique des mineurs même lorsque seul l'un des parents se convertit à l'islam. La mobilisation a vu converger des militants de différents partis et mouvements politiques, des représentants d'organisations de la société civile et des groupes de chrétiens, de yézidis, de mandéens et de sabéens.
Selon ce qu'indique le site Internet irakien ankawa.com, une délégation de manifestants a été reçue par les fonctionnaires de l'ONU, auxquels a été remis un mémorandum dans lequel est documenté le caractère anticonstitutionnel de la loi en question. Les fonctionnaires de l'ONU ont, de leur côté, promis d'exercer des pressions sur le parlement irakien afin de chercher à obtenir une modification de la loi en question.
Le 27 octobre dernier (voir Fides 28/10/2015), le parlement irakien avait rejeté à une vaste majorité la proposition visant à modifier la loi avancée par les représentants chrétiens et soutenue par des parlementaires appartenant à des coalitions diverses. Cette proposition demandait d'ajouter au paragraphe de la loi concernant les mineurs une phrase permettant d'établir qu'en cas de conversion à l'islam de l'un des parents, les mineurs demeurent dans la religion originaire d'appartenance jusqu'à leurs 18 ans, pour choisir ensuite la religion à laquelle ils veulent appartenir en pleine liberté de conscience. (GV) (Agence Fides 05/11/2015)

mardi 3 novembre 2015

Chaldéens : la tragédie des réfugiés du Moyen-Orient | ZENIT - Le monde vu de Rome

Chaldéens : la tragédie des réfugiés du Moyen-Orient | ZENIT - Le monde vu de Rome

Chaldéens : la tragédie des réfugiés du Moyen-Orient

Message du synode de l'Église chaldéenne

Rome, (ZENIT.org) Marina Droujinina | 156 clics

Le patriarche de l'Église chaldéenne Louis Raphaël Ier Sako salue le travail des évêques et des prêtres dans la sensibilisation du public face à la tragédie des réfugiés et des migrants en Syrie.

Il remercie le clergé dans le document final du synode de l'Église chaldéenne qui a terminé son travail le 29 octobre à Rome.

Le message final du synode chaldéen constate la « détérioration » de la sécurité en Irak et au Moyen-Orient, en particulier en Syrie. Il souligne la nécessité de continuer le travail pour fournir de l'aide « matérielle et morale » aux réfugiés et aux migrants, forcés de fuir leurs maisons à cause de la violence et des attaques de Daesh.

Dans ce contexte, le patriarche Louis Raphaël Ier Sako a remercié tous « ceux qui avaient fourni de l'assistance à ce jour ».

Le message aborde également la question de l'unité et de la réconciliation au sein de l'Église chaldéenne. Les Pères synodaux espèrent qu'à l'avenir, des prêtres et des moines ne quitteront plus leurs diocèses et leurs monastères en Irak, sans l'autorisation de leurs supérieurs, pour s'installer dans les pays occidentaux où se trouve la diaspora chaldéenne.

Le synode chaldéen souhaite également un renforcement de la présence des laïcs dans la vie de l'Église chaldéenne et souligne le principe de la « transparence financière » dans la gestion de chaque diocèse. Un « système uniforme » pour tous les diocèses chaldéens dans le monde sera préparé sous la direction des évêques Sarhad Jammu et Michel Kassarji.

Le patriarche et les évêques ont mis en place un comité pour l'octroi de bourses, ils encouragent le repos sabbatique pour approfondir les études et la prière, ainsi que d'autres activités telles que l'étude d'une langue étrangère.

Le synode chaldéen demande en outre de ne pas publier d'articles et de textes apportant de la « confusion » mais d'encourager les ouvrages sur « la propagation de la foi et de la conscience morale ».

Enfin, les évêques font appel au soutien de la Ligue chaldéenne, instrument de l'action politique et sociale des chrétiens dans leurs terres natales.

Le synode de l'Église chaldéenne qui s'est déroulé du 24 au 29 octobre à Rome avait d'abord été convoqué pour le 22 septembre dernier à Ankawa, un quartier chrétien d'Erbil, dans le Kurdistan irakien, où sont accueillies de nombreuses personnes qui ont fui la plaine de Ninive face à l'avancée des djihadistes. L'assemblée synodale a ensuite été reportée à Rome où sa nouvelle convocation a rendu plus facile le voyage pour les évêques provenant des États-Unis, du Canada et d'Australie.

L'Église chaldéenne connaît une période de difficulté exacerbée par la guerre qui a ravagé la Syrie et l'Irak, pays où vivent la plupart des fidèles. La violence et les conflits ont favorisé la fuite à l'étranger, un exode qui a réduit de moitié la population chrétienne dans la région.



Jtk

Synode de l'Église syro-catholique : nouvel appel à la paixRadio Vatican

Synode de l'Église syro-catholique : nouvel appel à la paixRadio Vatican

Synode de l'Église syro-catholique : nouvel appel à la paix

Le patriarche Ignace Youssef Younan, ici au Vatican en décembre dernier avec le Pape François - EPA

(RV) Le synode de l'Église syro-catholique s'est tenu à Harissa au Liban ces derniers jours, l'occasion pour les évêques présents de lancer un nouvel appel à la paix en Syrie et en Irak, et plus largement de revenir sur les différentes crises qui touchent le Proche et Moyen Orient.

Réunis sous la présidence du patriarche Ignace Youssef Younan, les participants à ce synode ont dénoncé une nouvelle fois la « barbarie » des membres de l'État islamique, condamnant en particulier les destructions et la profanation de tombes chrétiennes ou la transformation d'églises en mosquées.

Dans leur document final, les évêques syro-catholiques se réjouissent en revanche de la libération récente du père Jacques Mourad, qui a pu retourner auprès de son peuple après 4 mois passés aux mains de ses ravisseurs, dans le Nord-Est de la Syrie, mais demandent que soient relâchés toux ceux qui sont encore otages des djihadistes, en particulier les deux évêques orthodoxes d'Alep enlevés au mois d'avril 2013.

Le document final du synode est aussi un appel à la responsabilité des leaders politiques, en particulier en Irak, pour que les liens entre les différentes communautés du pays soient traités « à travers le dialogue et la compréhension », mais aussi aux Nations Unies pour que les chrétiens, une fois revenus sur leurs terres, puissent y vivre en sécurité et retrouver leurs biens.

Les évêques syro-catholiques font enfin part de leurs prières pour que tout effort soit entrepris afin de trouver une issue au conflit israélo-palestinien. Sur la crise politique libanaise, les membres du synode appellent enfin les responsables politiques à prendre des « initiatives sérieuses » afin de permettre l'élection d'un président. Le pays est en effet sans chef d'État depuis plus d'un an.

(OB-AG)



Jtk

Actualités- patriarche maronite


Début du message transféré :

Expéditeur: Google Alerts <googlealerts-noreply@google.com>
Date: 2 novembre 2015 16:01:10 UTC+2


... 18 mois, et par conséquent le chômage du Parlement et la paralysie de l'action gouvernementale » a été dénoncée hier par le patriarche maronite, ...
Google Plus Facebook Twitter Signaler comme non pertinent
Le patriarche maronite, Béchara Boutros Rahi, a indiqué dimanche que ... Le patriarche a déploré la conjoncture 

lundi 2 novembre 2015

le destin incertain des assyriens

http://religion.info/french/entretiens/article_670.shtml#.Vjc54tIrI_4


french:Entretiens
Proche-Orient: le destin incertain des assyriens, chrétiens oubliés entre État Islamique et nationalisme kurde - Entretien avec Christine Chaillot




Les événements survenus ces dernières années au Proche-Orient ont placé sur l'avant-scène de l'actualité plusieurs minorités. Mais dans les turbulences qui agitent la région, certains groupes n'attirent guère l'attention. Dans la seconde partie de cet article, Christine Chaillot répond à nos questions et évoque le sort des chrétiens assyriens. 

Se confondant presque avec le rocailleux paysage environnant, le célèbre monastère fondé par un moine assyrien Rabban Hormizd au 7e siècle, aujourd'hui monastère chaldéen catholique (© 2015 Christine Chaillot).


Dans son édition du 26 octobre 2015, le quotidien arabophone Al-Akbar a publié un article de Jean Aziz sur la situation des chrétiens dans le nord-est de la Syrie, placés dans une situation difficile, entre Kurdes et État Islamique. Une traduction de cet article en anglais nous a été fournie par l'utile service de presseMideastWire, que Religioscope recommande à toutes les personnes souhaitant suivre de près l'actualité du Proche-Orient telle qu'elle est relatée par la presse de cette région.

Comme on le sait, l'actuelle situation chaotique en Syrie est mise à profit par une partie des Kurdes pour essayer de constituer en petit État territorialement cohérent: ce qu'ils considèrent être le Kurdistan syrien, au nord-est de la Syrie. Les Kurdes sont ainsi présents à Hassaké et à Kameshli (ou encore Kamishli ou Qamishli, où ils se retrouvent aux côtés de populations chrétiennes et arabes musulmanes. Selon Jean Aziz, si les Kurdes considèrent ces deux villes comme le cœur du Kurdistan syrien, ils ne sont pas dominants démographiquement dans cette région du gouvernorat de Hassaké, à la différence des villes de Kobani et Afrin (nom arabe local, Efrin en kurde), situées géographiquement dans le gouvernorat d'Alep, également au nord de la Syrie.

Dans le gouvernorat de Hassaké, les Kurdes représenteraient environ 20% de la population, tandis que les chrétiens, répartis entre différents groupes (chrétiens assyriens, syriaques et autres), constitueraient environ 15 % de la population, selon Aziz, et sans doute moins dans la réalité actuelle.

En effet, des équilibres démographiques sont en train de changer à la faveur du conflit: un nombre important de chrétiens n'ont trouvé leur salut que dans la fuite, tandis que la part des Kurdes déplacés eux-mêmes depuis d'autres zones augmente.

Carte de la région (sélection à partir de Google Maps, mise à disposition dans la section cartographique du site Assyrian Information).


Les Kurdes ont un avantage supplémentaire: leur équipement militaire et le financement qu'ils reçoivent depuis le Kurdistan irakien et d'ailleurs. Les chrétiens, en revanche, se trouvent dans une situation d'assiégés, de déplacés ou d'exilés et n'ont guère de contacts avec l'extérieur ni d'appuis leur permettant de se défendre efficacement.

Selon l'article d'Aziz, les autorités kurdes tentent d'imposer aux populations chrétiennes un service militaire obligatoire dans leurs troupes. Les chrétiens sont réservés, car ils soupçonnent des chefs kurdes de tourner les yeux d'un autre côté quand des villages chrétiens sont attaqués par l'État Islamique.

Dans la guerre de propagande qui fait rage au Proche-Orient, il est difficile d'y voir clair. Afin d'en savoir plus, Religioscope a interrogé Christine Chaillot, une citoyenne suisse qui prête attention depuis plusieurs décennies aux différentes communautés chrétiennes orientales historiques et a écrit plusieurs ouvrages documentaires à ce sujet. Elle s'est rendue en septembre 2015 dans le Gouvernement régional du Kurdistan (selon l'appellation officielle irakienne), ou Kurdistan irakien (selon les Kurdes), pour y rencontrer des communautés chrétiennes.

Religioscope - Outre les chrétiens dits «syriaques», c'est-à-dire l'Église en communion avec les autres communautés «préchalcédoniennes» (arméniennes, coptes, éthiopiennes, érythréennes), l'article mentionne aussi des chrétiens «assyriens». Qui sont-ils?

Christine Chaillot - Dans les montagnes du Hakkari, qui se trouvent entre la région du lac de Van (aujourd'hui en Turquie du Sud-est) et le nord de l'Irak, se situait le patriarcat des chrétiens de l'Église assyrienne d'Orient, dite aussi nestorienne, mais cette appellation est comprise négativement de nos jours.

Cette Église apostolique et extraordinairement missionnaire évangélisa jusqu'en Inde, en Chine et en Mongolie. Cet élan s'interrompit au 14e siècle, lorsque Tamerlan les obligea à se réfugier dans les montagnes difficilement accessibles du Hakkari où leur patriarche s'installa à Kotchanes, à environ 20 km de la ville de Hakkari, le chef-lieu (entre Van et Erbil). Là, au cours des siècles, les relations entre Kurdes et Assyriens chrétiens n'ont pas toujours été faciles.

Religioscope - Pourquoi se sont-ils notamment installés dans le nord-est de la Syrie actuelle, revendiqué par les Kurdes comme «Kurdistan syrien»?

Christine Chaillot - Au cours du génocide de 1915, ce ne furent pas seulement les chrétiens arméniens qui se trouvèrent déportés et massacrés, mais aussi les chrétiens de langue syriaque, dont les Assyriens. De la région montagneuse du Hakkari, ils s'enfuirent à l'est, en Perse (aujourd'hui Iran), en particulier dans la ville d'Ourmia. Là, ils furent à nouveau massacrés et ceux qui purent échapper vinrent se réfugier en Irak, alors sous mandat britannique. À la fin de la Première Guerre mondiale, plus de la moitié de la population assyrienne avait été massacrée - par des Ottomans turcs et aussi des Kurdes.

En 1933, certains chrétiens assyriens décidèrent d'aller s'établir près de la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, pays alors sous mandat français. Certains furent alors massacrés sur ordre du gouvernement irakien à Simele, à quelques kilomètres de Duhok. Cette vague meurtrière atteignit 63 autres villages assyriens dans les régions de Duhok et de Mossoul, et conduisit à la mort d'environ 3 000 villageois assyriens.

Finalement, ceux qui réussirent à s'établir dans des villages le long de la rivière Khabour, au sud de la ville de Hassaké, pensaient vivre tranquilles et oubliés, car loin de tout, dans leurs 35 villages.

Religioscope - Mais une fois de plus, les turbulences historiques de la région les ont rattrapés...

Christine Chaillot - Oui, au moment où Daech installa sa capitale à Rakka, pas très loin, et s'empara des territoires environnants. Le 23 février 2015, Daech kidnappa un groupe de 253 chrétiens assyriens. Le 23 septembre 2015, ils en exécutèrent trois, comme le montre une vidéo libanaise (voir aussihttp://www.aina.org/news/20151008022445.htm) et menacent d'en exécuter davantage s'ils ne reçoivent pas une rançon exorbitante.

De tout cela, les médias occidentaux n'ont presque pas parlé: pourquoi? Parce qu'il s'agit d'une toute petite communauté chrétienne, qui n'est soutenue par personne de puissant? Et alors? Comme l'a écrit Claire Weibel Yacoub dans son livre Le rêve brisé des Assyro-Chaldéens. L'introuvable autonomie (Paris, 2011, p. 285), la question est celle de la place des faibles dans l'histoire. Pour l'Irak, quand on parle des chrétiens on parle surtout des catholiques chaldéens, très majoritaires il est vrai, et qui disposent de contacts nombreux et bien placés, y compris dans les médias. Mais les chrétiens assyriens sont oubliés et n'ont malheureusement pas de porte-parole international.

Rappelons au passage que les chaldéens sont des assyriens devenus catholiques, principalement depuis la fin du XIXe siècle (suite à la nomination du patriarche chaldéen Joseph VI Audo en 1848), qui jouissent jusqu'à présent du puissant soutien du Vatican et de contacts diplomatiques au plus haut niveau. Sous l'Empire ottoman, les chaldéens ont été soutenus par la France qui appuyait les communautés chrétiennes catholiques au Moyen-Orient.

Il faut surtout souligner ici le fait que, le 27 septembre 2015, le nouveau patriarche de l'Église assyrienne d'Orient, Mar Gewargis III Sliwa, a été consacré à Erbil, où est à présent rétabli le nouveau siège de l'Église d'Orient, exilé à Chicago depuis 1940. Cette décision très courageuse a été prise pour que le patriarche assyrien se trouve à nouveau proche de ses fidèles en Irak et pour les soutenir dans des circonstances politiques difficiles et souvent dangereuses.

Le nouveau patriarche de l'Eglise d'Orient, Mar Gewargis, le jour de la consécration à Erbil, le 27 septembre 2015 (© 2015 Christine Chaillot).


Rappelons que l'Église d'Orient est la première Église locale (et «nationale», dirait-on aujourd'hui) de l'Irak actuel: c'est une Église apostolique (sa dénomination officielle est d'ailleurs «L'Église apostolique assyrienne de l'Orient»), dont le premier siège fut à Séleucie-Ctésiphon (près de Bagdad), puis déplacé à Bagdad, Mossoul et ailleurs selon les aléas de l'histoire. Leur célèbremonastère fondé par le moine Hormizd au 7e siècle a été la résidence des patriarches assyriens du 16e au 18e siècle; puis il est passé sous juridiction chaldéenne catholique.

Religioscope - Si les chrétiens de la région se montrent prudents, c'est aussi en raison du souvenir historique de l'hostilité de populations kurdes envers eux...

Christine Chaillot - En effet. Durant le génocide de 1915, certains Kurdes ont participé aux massacres de nombreux chrétiens dans la région et aussi en Perse nord-occidentale (près d'Ourmiah, Iran actuel). En 2015, alors que de nombreux articles et manifestations et conférences ont eu lieu à travers le monde pour commémorer le génocide de 1915, qui a touché non seulement les Arméniens mais aussi au moins un tiers des chrétiens de tradition et langue syriaques, presque aucun média ne l'a rappelé. En 1933, suite aux massacres des Assyriens par des soldats irakiens à Simele et alentours, certains Kurdes vinrent ensuite piller les villages. Les médias chantent l'héroïsme des Kurdes, en particulier depuis l'été 2014. Mais les descendants de ces chrétiens n'ont pas oublié l'histoire. Il s'agit en effet de leur propre histoire, qui est un véritable cercle infernal.

Religioscope - Que peut-on dire au sujet des tentatives d'extension du contrôle territorial entrepris par des groupes kurdes, selon l'article de Jean Aziz?

Christine Chaillot - Les Kurdes essaient depuis des décennies d'agrandir «leur» territoire, dans l'attente de la reconnaissance irakienne et internationale de leur futur Kurdistan indépendant. C'est sans doute ce qui les a aussi poussés à attaquer Daech pour reprendre des villages chrétiens à leurs frontières, au nord de l'Irak: pas tant pour aider les chrétiens que pour se préparer une part du gâteau aussi grande que possible lorsque viendra le moment de finaliser les frontières de leur futur Kurdistan qui, ils l'espèrent, pourrait alors inclure des territoires en Syrie, voire en Turquie et peut-être même un jour en Iran où vivent également des Kurdes.

Pour cela il faut donner une bonne image de soi à l'étranger, y compris en accueillant de nombreux déplacés (et non pas réfugiés, car ils viennent tous d'Irak), principalement de Bagdad et de Mossoul et ses environs - en majorité chrétiens, mais il y a aussi des musulmans. Et cela explique pourquoi les Kurdes vont aussi se battre jusqu'au nord-est de la Syrie, par exemple à Kamichli, ville stratégique à la frontière turque, ou à Hassaké, aux sous-sols très riches en pétrole (tout comme à Kirkouk, ville irakienne prise par les Kurdes en juin 2014).

Religioscope - Vous dites «les Kurdes». Mais il ne s'agit pas d'un groupe monolithique: on connaît leurs divisions politiques, par exemple entre le mouvement dirigé par Jalal Talabani et celui qui a pour chef Massoud Barzani. Et sur le plan religieux aussi, les Kurdes ne sont pas tous sur la même ligne.

Christine Chaillot - Vous avez raison de le souligner. Pour ma part, j'ai été particulièrement frappée par le développement de courants islamistes dans une fraction de la population kurde, ce qui vient ajouter un élément de complexité supplémentaire à une situation déjà délicate.

Par exemple, certains Kurdes se battent aux côtés de Daech en Syrie du Nord-est, ce que les médias ne racontent guère. Il faut aussi préciser qu'il y a environ 15 % de Kurdes islamistes au Parlement de la région du Kurdistan irakien, de plusieurs tendances (il y a aussi au Parlement des sièges pour les représentants des minorités, y compris chrétiennes). Un bon nombre de mosquées y ont été construites ces dernières années, et l'on voit de plus en plus de femmes complètement voilées en noir, ce qui contraste avec la vision assez «laïque» que certains journalistes donnent à l'étranger de cette région du Kurdistan irakien et de son gouvernement.

Au Kurdistan irakien, les Kurdes proclament être 5 millions, ce qui paraît être un chiffre exagéré; la majorité est sunnite et on compte aussi quelques chiites. A cause des va-et-vient des déplacés chrétiens, il est impossible d'avoir des statistiques précises. À l'automne 2015, on parlait de 200 ou 300 000 chrétiens. On y trouve aussi d'autres minorités, par exemple les yézidis.

Religioscope - Finalement, c'est la Realpolitik qui dicte les choix des Kurdes...

Les Kurdes se battent pour eux et pour leurs intérêts, et pour personne d'autre. Pourquoi se battraient-ils pour les chrétiens? Il est naïf de le penser.

Lorsque j'ai visité Erbil et Dohuk en septembre 2015, j'ai demandé à différentes personnes combien d'années il faudrait pour voir l'émergence d'un Kurdistan indépendant. Si certains ont dit que cela se ferait dans quelques années assez proches, d'autres pensent qu'il s'agit d'un processus de longue haleine, à cause des relations avec le gouvernement de Bagdad, et aussi des nouvelles situations géopolitiques découlant de la prise de Mossoul par Daech en été 2014, sans oublier les réactions et bombardements de l'État turc sur des positions kurdes en Syrie du Nord et au nord du Kurdistan irakien en juillet 2015; et puis aussi il ne faut pas oublier certaines difficultés internes au sein du gouvernement du Kurdistan irakien.

Au nord de la Syrie, mes amis chrétiens ont remarqué ces deux dernières décennies la venue de Kurdes descendus de leurs villages pour venir s'installer en grand nombre, à Kamishli, par exemple.

L'entrée du nouveau patriarcat de l'Église assyrienne d'Orient à Erbil (© 2015 Christine Chaillot).


Religioscope - L'avenir de ces communautés chrétiennes semble bien sombre...

Christine Chaillot - Au nord de la Syrie, au Khabour, il ne reste aujourd'hui que 3 000 sur 20 000 Assyriens. Leur évêque Aprem reste jusqu'à ce jour fidèlement aux côtés de ses fidèles dans la ville proche de Hassaké où se trouve son évêché. Dans son village d'origine au Khabour sur les 500 personnes qui y habitaient il y a encore peu de temps, il n'en restait que 50 en septembre 2015. Ceux qui n'ont pas fui vont partir et s'exiler quand ils le pourront. Très bientôt il n'y aura sans doute plus de chrétiens en Irak: leur nombre a diminué en dix ans de 1,3 million à environ 300 000 en 2015. Leur avenir en Syrie est aussi hypothéqué.

Au nord-est de la Syrie, le gouvernorat moderne de Hassaké était un des territoires historiquement peuplés par des chrétiens, depuis le début du christianisme. La ville syrienne moderne de Kameshli avoisine la ville turque de Nusaybin, l'ancienne ville de Nisibe célèbre pour son école théologique. Au sud-ouest de Rakka, l'actuelle capitale de Daech, se trouvent les ruines du célèbre site chrétien de Resafa, autrefois nommé Sergiopolis, un grand centre de pèlerinage au IVe siècle dédié à Saint Serge. Aujourd'hui les chrétiens sont devenus très rares dans la région.

Il ne faut pas non plus oublier le rôle négatif des grandes puissances au XXe siècle: elles n'ont vu que leurs propres intérêts dans la région (comme c'est encore le cas aujourd'hui), y compris déjà pour l'exploitation du pétrole découvert en 1927 près de Kirkouk. Après le génocide, puis la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne et la France avaient fait miroiter des promesses d'autonomie territoriales aux chrétiens assyriens et chaldéens dans le nord de l'Irak. Mais les deux puissances n'ont pas tenu leurs promesses. En septembre 1937 le Conseil de la SDN exprima «son regret» pour n'avoir pas réussi à réinstaller les Assyriens qui voulaient quitter l'Irak. Les instances internationales ont alors classé la question assyro-chaldéenne.

Récemment, certains espéraient voir la mise en place d'un espace réservé aux minorités et surtout aux chrétiens près de Mossoul dans la dite plaine de Ninive, mais ce projet semble bien compromis depuis la prise de Mossoul et des ses environs en 2014.

Il faudrait encore expliquer bien d'autres choses. Il reste encore beaucoup à dire et écrire à ce sujet. Cela montre bien la nécessité d'informations complémentaires et objectives sur ce qui se passe dans cette région...

Parmi les ouvrages de Christine Chaillot, signalons en particulier, en langue française:Vie et spiritualité des Églises orthodoxes orientales des traditions syriaque, arménienne, copte et éthiopienne (Paris, Éd. du Cerf, 2011); Les Coptes d'Égypte: discriminations et persécutions (1970-2011) (rééd, Paris, L'Harmattan, 2013); L'Église orthodoxe en Europe orientale au XXe siècle (Paris, Éd. du Cerf, 2009).




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