Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

vendredi 24 mai 2013

Raï remet au pape un rapport sur les chrétiens au Moyen-Orient | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

24/5/2013-Raï remet au pape un rapport sur les chrétiens au Moyen-Orient

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a remis au pape François mercredi un rapport sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient, pour l'aider à agir sur ce dossier, a-t-il confié lui-même à l'agence d'informations du Vatican I.Media, rapporte une dépêche AFP datée du Saint-Siège.
« Le pape cherche toujours des moyens pour agir » mais « a besoin de connaître la vérité objective des choses », a expliqué le cardinal, au terme de la messe quotidienne concélébrée à la Maison Sainte-Marthe.
Il s'agit d'un « rapport détaillé sur la situation des communautés (chrétiennes) et sur la situation au Moyen-Orient », a-t-il précisé, alors que l'élection de François a suscité chez celles-ci des espoirs d'une initiative du Saint-Siège, même si sa marge de manœuvre est extrêmement limitée.
Interrogé sur la crise syrienne et plus globalement sur le Moyen-Orient, Mgr Raï a affirmé que si l'on persiste « à approvisionner les différents groupes fondamentalistes musulmans en argent, en armes », on court « le grand risque de voir les musulmans qui sont dans leur grande majorité modérés passer du côté fondamentaliste ».
« Les chrétiens du Moyen-Orient ont le grand rôle de garantir la modération musulmane. Mais, étant donné qu'ils s'affaiblissent à cause de la situation de guerre, de la situation économique et émigrent, (...) on est en train d'obliger les musulmans modérés à passer du côté fondamentaliste », a dit le patriarche. « On est en train de jouer avec le feu et on risque de se brûler », a-t-il répété à I.Media.
Concernant le problème des migrations massives de Syriens vers les pays frontaliers, dont le Liban, Mgr Raï a assuré que son pays ne fermerait « jamais » ses frontières, « même si nous avons au Liban 1,5 million de Palestiniens et 1,2 million de Syriens » aujourd'hui.
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Appel pour "une paix véritable en Terre Sainte"


Conférence oecuménique sur les chrétiens au Moyen-Orient

Anne Kurian

ROME, 23 mai 2013 (Zenit.org) - Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, appelle la communauté internationale « à une action sérieuse pour une paix véritable en Terre Sainte ».

Cette action, estime-t-il, est nécessaire car « le problème palestinien est au centre de tous les conflits au Moyen-Orient depuis les cent dernières années ».

Le patriarche est intervenu au cours de la conférence œcuménique sur la présence et le témoignage des chrétiens au Moyen-Orient, qui a lieu au Liban, à Beyrouth du 21 au 25 mai 2013. 

Selon un communiqué du patriarcat, la conférence – organisée par le Conseil œcuménique des Eglises (COE) – réunit près de 150 participants venus du Moyen-Orient et d'au-delà, représentant des Eglises ainsi que des organisations œcuméniques régionales et internationales. Ils se penchent notamment sur les thèmes du pouvoir, de l'injustice sociale, de la menace de l'extrémisme et des relations christiano-musulmanes.

Mgr Fouad Twal a rappelé que « Nous, les chrétiens du Moyen-Orient en général, et les chrétiens de la Terre Sainte en particulier, ne sommes pas des pèlerins sur cette terre, mais nous faisons partie intégrante de son identité et de son terroir. »

Alors que la période historique dite du « Printemps arabe » inscrit le Moyen-Orient dans « un tournant périlleux » et sanglant, le patriarche a exprimé sa solidarité à « chaque famille de réfugiés et à chaque cher martyr, à chaque propriétaire d'une maison démolie dans toute la région, en particulier au cours de ces jours dans notre bien-aimée Syrie. Nous, les enfants de la Terre Sainte, comprenons que trop bien le sens des mots 'déplacement', 'expulsion', 'assassinat', 'injustice', 'déracinement' et 'exil'. »

Pour le patriarche, « il ne fait aucun doute que le problème palestinien est au centre de tous les conflits au Moyen-Orient depuis les cent dernières années ». Mais, a-t-il déploré, « les  médias et la communauté internationale ont cessé de se rappeler de notre situation et tourné tout leur intérêt vers la situation syrienne ».

C'est pourquoi il a souhaité que la communauté internationale ne « contourne pas cette vérité ». Le patriarche a appelé « à une action sérieuse pour une paix véritable en Terre Sainte, avec l'élimination de l'injustice historique qui a frappé le peuple palestinien sur la base de la justice, la vérité, l'amour et la liberté, conformément aux résolutions de la légitimité internationale qui est piétinée jour après jour, ainsi que les droits de l'homme légitimes, à commencer par le droit à l'autodétermination. »

Cette aventure nommée USJ | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

http://www.lorientlejour.com/article/815824/cette-aventure-nommee-usj.html
24/5/2013-Cette aventure nommée USJ | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

«L'USJ est l'œuvre ininterrompue de l'acte d'espérer.» La proposition est du P. Salim Daccache, son recteur. Elle a été prononcée lors d'une soirée festive, vendredi dernier, marquant le centenaire de trois des facultés de l'Université Saint-Joseph, celle de médecine, fondée en 1883, et celles de droit et d'ingénierie, fondées toutes deux en 1913, à la veille de la Première Guerre mondiale.

Pour sortir le passé de l'USJ de la brume et en réaliser la grandeur, peut-être faudrait-il faire comme Fadi Geara, le doyen de la faculté d'ingénierie, qui a déclaré ce soir-là: «Quand on dit centenaire, a-t-on véritablement en tête la période concernée? Sommes-nous capables d'imaginer les gros titres des journaux de l'époque? Ceux qui annonçaient le début de la Première Guerre mondiale, la révolution russe ou encore le naufrage du Titanic et la remise du prix Nobel de chimie à Marie Curie?»

Oui, à ces épisodes de l'histoire ayant frappé l'imagination de plusieurs générations, il faudrait, du moins pour nous, ajouter la naissance de l'USJ, un événement sans aucun doute d'égale importance pour le Liban, et même plus largement pour un Levant dont l'USJ fut, et reste, un espace pédagogique privilégié.

Des premiers pas de ce monument culturel forgé par l'espérance, les beaux édifices abritant l'église Saint-Joseph et le campus des sciences médicales témoignent avec éloquence. Ceux-là, au moins, ne seront pas remplacés par des tours, et continueront à témoigner de la mémoire d'un temps qui n'est passé que comme les racines sont le passé d'un arbre. 

Une alliance paradoxale
Mais l'USJ, c'est avant tout des hommes. L'université, dont on célèbre le souvenir exceptionnel cette année, c'est à l'origine l'histoire d'une alliance paradoxale entre la Compagnie de Jésus et la très anticléricale IIIe République, à l'initiative d'un juriste visionnaire nommé Paul Huvelin. Une alliance où les deux parties devaient, finalement, trouver leur compte, les jésuites dans la consolidation du catholicisme au Levant et l'existence de ce joyau qu'est l'USJ; la France dans l'éclatant rayonnement d'une francophonie qui vient d'être couronnée par l'entrée d'un Libanais, Amin Maalouf, à l'Académie française, et qui résonnera à jamais des strophes de Georges Schéhadé, Fouad Gabriel Naffah et Nadia Tuéni.

Tout au long de l'année, l'Université rendra hommage à ces pères fondateurs, à ces tuteurs qui permirent à la pousse de grandir droit. Des réalisations spéciales marqueront les trois centenaires. La somme magistrale du père Jean Ducruet, ses trois Livres d'or qui nous valent de connaître la genèse des trois facultés centenaires, sera rééditée et mise à jour. Des achèvements marquants prévus ressortent déjà les initiatives prises par la faculté de droit, avec, entre autres, la création du prix «Beyrouth, nourricière des lois», doté d'une récompense d'un million de dollars, le lancement d'un fonds de trois cents bourses universitaires et la publication d'une monumentale traduction arabe du code civil.

Un appel à la solidarité
La proposition du recteur Salim Daccache a été exprimée devant un parterre de personnalités politiques, diplomatiques et académiques venues se réjouir de l'événement, au campus de l'innovation et du sport, rue de Damas. «L'USJ, tout comme les trois facultés que nous célébrons aujourd'hui, est l'œuvre ininterrompue de l'acte d'espérer», a-t-il déclaré dans son discours d'ouverture. Un acte particulièrement opportun durant la longue guerre libanaise (1975-1990), quand certains ont cru, pour reprendre les termes du recteur, «que l'USJ et ses facultés allaient péricliter», oubliant qu'un géant nommé Jean Ducruet, adossé à une communauté universitaire solidaire, veillait au grain.
Jalousement attaché, comme tout Libanais, à sa liberté, le recteur Salim Daccache a ajouté à son acte d'espérer un nouvel acte de foi, dans la liberté cette fois: «Croyez-moi, c'est la mission éducative, qui s'est appelée depuis longtemps libanaise, qui sera attractive, car l'éducation est un acte de libération. Comme l'USJ a emporté ce combat dans le passé, toujours elle l'emportera!» a-t-il dit.

Comme l'ont fait tous ses prédécesseurs, le P. Daccache a fait suivre son discours d'un appel à la solidarité, au don. «N'ayez pas peur de donner!» a-t-il lancé à l'adresse de la communauté universitaire, en particulier les anciens, qu'il a invités à raviver leur sentiment d'appartenance à leur alma mater et à le traduire en actes. «Ces actes de solidarité de la part d'anciens et d'amis viennent annuellement au secours d'au-delà de 2500 étudiants, a-t-il précisé. Aujourd'hui encore, je lance l'appel pour que cette aide continue et prospère.»

Un modèle d'innovation
S'exprimant au nom des aînées des trois facultés, celle de médecine, fondée en 1883, Roland Tomb, son doyen, a affirmé ce soir-là: «Célébrer un anniversaire, c'est aussi (...) regarder devant soi. Notre faculté, longtemps seule avec sa sœur rivale américaine, doit composer actuellement avec un paysage beaucoup plus éclaté, une compétition des plus vives à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. (...). Mais à aucun moment nous ne perdons de vue que l'université n'est pas un centre d'apprentissage technique, mais un espace de liberté et de responsabilité. C'est pourquoi, les sciences humaines, l'éthique et la bioéthique occupent une place considérable dans cet enseignement.»

Famille et institution
Pour Fayez Hage-Chahine, doyen de la faculté de droit et de sciences politiques, «l'autonomie de chaque faculté s'insère dans le cadre de l'unité de l'université». Une unité qui revêt deux dimensions complémentaires, puisqu'elle est à la fois familiale et institutionnelle, et qu'elle est «liée par le devoir de servir le Liban en tant que patrie définitive à tous ses fils».

Quant au Pr Fadi Geara, doyen de la faculté d'ingénierie, à son rappel historique cité plus haut il a ajouté: «Aujourd'hui, après avoir connu une longue histoire d'innovations, de créativité et de réformes, l'ESIB est toute tournée vers l'avenir, bénéficiant d'un renforcement marqué de son potentiel de recherche et d'une implication nouvelle dans les formations doctorales.»

Un féérique son et lumière, œuvre de l'Institut d'études scéniques de l'USJ (Iesav), a clôturé la soirée en beauté, avec une ballerine qui a fait son apparition derrière la baie vitrée de l'auditorium et qui, comme par enchantement, s'est transportée sur les murs futuristes des édifices du campus où une succession d'images a ramené les spectateurs aux heures héroïques qui ont jalonné et rendu possible cette aventure nommée USJ. Une exposition de photos, dans le hall d'entrée du campus, est là aussi comme aide-mémoire.

 Pour mémoire

Huvelin, microcosme du Liban

 L'USJ à Shanghai

 L'USJ crée un « Prix Berytus nutrix legum » d'un million de dollars

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jeudi 23 mai 2013

Conférence œcuménique consacrée à la situation des chrétiens au Moyen-Orient | Patriarcat latin de Jérusalem


22/5/2013-Conférence œcuménique consacrée à la situation des chrétiens au Moyen-Orient

coe_logo_2_webBEYROUTH - Le pouvoir, l'injustice sociale, la menace de l'extrémisme et les relations christiano-musulmanes sont parmi les principaux thèmes de la conférence qui se tient actuellement à Beyrouth (21 – 25 mai) sur la présence et le témoignage des chrétiens au Moyen-Orient. Le Patriarche y est intervenu.
La conférence – organisée par le Conseil œcuménique des Eglises (COE) – réunit près de 150 participants venus du Moyen-Orient et d'au-delà, représentant des Eglises ainsi que des organisations œcuméniques régionales et internationales.
Le Comité central du COE  fait écho à la préoccupation exprimée en 2011 indiquant que le COE « a toujours vu le Moyen-Orient comme une région d'intérêt particulière, étant le berceau du judaïsme, du christianisme et de l'islam… Sans cette présence chrétienne, la convivialité entre les peuples de différentes religions, cultures, civilisations, ce qui est un signe de l'amour de Dieu pour toute l'humanité, sera en danger. »
« Il ne fait aucun doute que le problème palestinien est au centre de tous les conflits au Moyen-Orient »
Parmi les intervenants, on compte le Patriarche latin qui est intervenu ce matin (voir discours en anglais) rappelant que « Nous, les chrétiens du Moyen-Orient en général, et les chrétiens de la Terre Sainte en particulier, ne sommes pas des pèlerins sur cette terre, mais nous faisons partie intégrante de son identité et de son terroir. » Alors que la période historique dite du « Printemps arabe » inscrit le Moyen-Orient dans « un tournant périlleux » et sanglant, Mgr Fouad Twal a exprimé sa solidarité à « chaque famille de réfugiés et à chaque cher martyr, à chaque propriétaire d'une maison démolie dans toute la région, en particulier au cours de ces jours dans notre bien-aimée Syrie. Nous, les enfants de la Terre Sainte, comprenons que trop bien le sens des mots 'déplacement', 'expulsion', 'assassinat', 'injustice', 'déracinement' et 'exil'. »
A ce sujet, le Patriarche qui assure qu' « il ne fait aucun doute que le problème palestinien est au centre de tous les conflits au Moyen-Orient depuis les cent dernières années », et juge « de plus en plus pénible » que « les  médias et la communauté internationale ont cessé de se rappeler de notre situation et tourné tout leur intérêt à la situation syrienne » dit-il. Pour lui, la communauté internationale ne doit pas « contourner cette vérité. » Et d'ajouter : « Nous appelons à une action sérieuse pour une paix véritable en Terre Sainte, avec l'élimination de l'injustice historique qui a frappé le peuple palestinien sur la base de la justice, la vérité, l'amour et la liberté, conformément aux résolutions de la légitimité internationale qui est piétinée jour après jour, ainsi que les droits de l'homme légitimes, à commencer par le droit à l'autodétermination. »
Christophe Lafontaine

Qui sont les ravisseurs des deux évêques d’Alep? | Une foi par semaine

http://religion-gaulmyn.blogs.la-croix.com/qui-sont-les-ravisseurs-des-deux-eveques-dalep/2013/05/22/
22/5/2013-Qui sont les ravisseurs des deux évêques d'Alep?   Triste anniversaire. Voilà juste un mois, le 22 avril, deux hommes, Mgr Paul Yazigi et Mgr Yohanna Ibrahim, responsables d'Eglise en Syrie ont été enlevés. Le premier est évêque grec orthodoxe d'Alep, le second évêque syrien-orthodoxe de la même ville.

 Enlevés par qui ? Pourquoi ? Certes, on peut soupçonner un crime crapuleux, motivé par l'appât du gain, tant le territoire, aujourd'hui désorganisé, est en proie aux violences en tout genre. Mais il ne faut pas se tromper : la portée de cet enlèvement va, malheureusement, bien au-delà de la « seule » vie des otages. Il ne doit rien au hasard : à travers eux, les ravisseurs s'attaquent à un symbole lourd de sens.

Diversité culturelle

Tout d'abord, ils visent une histoire et une culture. Mgr Paul Yazigi appartient à une vieille famille de Lattaquié, une ville côtière au nord de la Syrie. Une famille qui est depuis toujours dans ces terres là, et entretient une tradition lettrée et intellectuelle. Une famille qui s'est aussi investi dans les luttes nationales du début XXe. Paul Yazigui a fait une partie de ses études en Grèce, il est helléniste, ouvert, à la frontière entre l'Europe et l'Asie. Son père spirituel est l'un des moines les plus connus  du mont Athos. La famille Yazigi est le témoin vivant de la diversité culturelle et confessionnelle de ces terres, une diversité que beaucoup aimerait voir disparaître aujourd'hui.

 Contre un repli identitaire

 A travers ces hommes, les ravisseurs ont aussi voulu atteindre une certaine idée du rôle des religions au Moyen-Orient, une idée qui dérange trop de monde. Mgr Paul Yazigi est l'un des espoirs de la plus grosse Eglise chrétienne en Syrie, l'Eglise grec-orthodoxe. Il fait partie de cette génération qui veut en finir avec la conception communautariste de leur Eglise, à qui il reproche de s'être réfugié dans une posture minoritaire et identitaire, dépendant d'appuis extérieurs : que ce soit autrefois avec la Russie tsariste, l'empire ottoman, les puissances coloniales anglaise ou française, ou, depuis les années 60, le pouvoir minoritaire Alaouite. Un repli dont la hiérarchie religieuse, sous la chape de plomb de Hafez Al-Assad, s'est fait complice.

Mgr Paul est de cette génération que l'on voit émerger aussi chez les coptes d'Egypte, ou les chrétiens d'Irak, à la faveur des révoltes arabes, et qui souhaite nouer un dialogue avec les autres composantes du pays, non pas sur une base confessionnelle, mais citoyenne. Une génération qui refuse de voir son sort dépendre de la protection d'un camp contre l'autre, et qui pourrait se retrouver aussi dans l'exhortation apostolique de Benoît XVI pour le Moyen Orient…

Cette vision dérange trop de monde. Le camp  alaouite, dont le pouvoir de terreur repose sur une gestion des minorités; celui des fondamentalistes sunnites, dont le projet n'est autre qu'une épuration religieuse radicale de tous ceux qui ne sont pas comme eux.

Le jeu de la Russie

Mais elle heurte aussi les grandes puissances qui, comme la Russie, continuent de vouloir s'appuyer sur la hiérarchie orthodoxe, leur faisant de nouveau jouer ce rôle combien dangereux de « minorité sous protection ». Le récent voyage au Liban du vice-ministre des affaires étrangères russe, Mikhaïl Bogdanov, en a apporté la preuve éclatante. Que l'on soupçonne, derrière l'enlèvement des deux évêques, l'action de groupe tchétchène venu importer leur combat contre la Russie en Syrie n'a rien de rassurant.

 « s'accrocher à notre citoyenneté »

 Le patriarche Jean d'Antioche, primat de l'Eglise grec-orthodoxe d'Antioche, et qui n'est autre que le frère de Mgr Paul, ne s'y est pas trompé, dans l'homélie courageuse adressée, le 20 mai dernier, de l'église Sainte Croix de Damas, à l'opinion internationale: « Que nous soyons tués, que nous soyons enlevés, que nos demeures soient détruites, tout cela ne va pas atteindre, ni réduire notre détermination à s'accrocher à notre citoyenneté et à la coexistence, à s'accrocher à notre terre, et à réclamer la justice dans nos contrés (…) loin de tout alignement politique ».

 Citoyens à part entière, ces chrétiens d'Orient rejettent une vision misérabiliste de leur situation et de leur avenir. Ils refusent d'être otages d'intérêts qui les dépassent. Des otages, et pas seulement au sens figuré…      

 Isabelle de Gaulmyn

Voir le site orthodoxie.com, « chroniques antiochiennes » pour toute information sur cette région.


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