Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

jeudi 23 mai 2013

Qui sont les ravisseurs des deux évêques d’Alep? | Une foi par semaine

http://religion-gaulmyn.blogs.la-croix.com/qui-sont-les-ravisseurs-des-deux-eveques-dalep/2013/05/22/
22/5/2013-Qui sont les ravisseurs des deux évêques d'Alep?   Triste anniversaire. Voilà juste un mois, le 22 avril, deux hommes, Mgr Paul Yazigi et Mgr Yohanna Ibrahim, responsables d'Eglise en Syrie ont été enlevés. Le premier est évêque grec orthodoxe d'Alep, le second évêque syrien-orthodoxe de la même ville.

 Enlevés par qui ? Pourquoi ? Certes, on peut soupçonner un crime crapuleux, motivé par l'appât du gain, tant le territoire, aujourd'hui désorganisé, est en proie aux violences en tout genre. Mais il ne faut pas se tromper : la portée de cet enlèvement va, malheureusement, bien au-delà de la « seule » vie des otages. Il ne doit rien au hasard : à travers eux, les ravisseurs s'attaquent à un symbole lourd de sens.

Diversité culturelle

Tout d'abord, ils visent une histoire et une culture. Mgr Paul Yazigi appartient à une vieille famille de Lattaquié, une ville côtière au nord de la Syrie. Une famille qui est depuis toujours dans ces terres là, et entretient une tradition lettrée et intellectuelle. Une famille qui s'est aussi investi dans les luttes nationales du début XXe. Paul Yazigui a fait une partie de ses études en Grèce, il est helléniste, ouvert, à la frontière entre l'Europe et l'Asie. Son père spirituel est l'un des moines les plus connus  du mont Athos. La famille Yazigi est le témoin vivant de la diversité culturelle et confessionnelle de ces terres, une diversité que beaucoup aimerait voir disparaître aujourd'hui.

 Contre un repli identitaire

 A travers ces hommes, les ravisseurs ont aussi voulu atteindre une certaine idée du rôle des religions au Moyen-Orient, une idée qui dérange trop de monde. Mgr Paul Yazigi est l'un des espoirs de la plus grosse Eglise chrétienne en Syrie, l'Eglise grec-orthodoxe. Il fait partie de cette génération qui veut en finir avec la conception communautariste de leur Eglise, à qui il reproche de s'être réfugié dans une posture minoritaire et identitaire, dépendant d'appuis extérieurs : que ce soit autrefois avec la Russie tsariste, l'empire ottoman, les puissances coloniales anglaise ou française, ou, depuis les années 60, le pouvoir minoritaire Alaouite. Un repli dont la hiérarchie religieuse, sous la chape de plomb de Hafez Al-Assad, s'est fait complice.

Mgr Paul est de cette génération que l'on voit émerger aussi chez les coptes d'Egypte, ou les chrétiens d'Irak, à la faveur des révoltes arabes, et qui souhaite nouer un dialogue avec les autres composantes du pays, non pas sur une base confessionnelle, mais citoyenne. Une génération qui refuse de voir son sort dépendre de la protection d'un camp contre l'autre, et qui pourrait se retrouver aussi dans l'exhortation apostolique de Benoît XVI pour le Moyen Orient…

Cette vision dérange trop de monde. Le camp  alaouite, dont le pouvoir de terreur repose sur une gestion des minorités; celui des fondamentalistes sunnites, dont le projet n'est autre qu'une épuration religieuse radicale de tous ceux qui ne sont pas comme eux.

Le jeu de la Russie

Mais elle heurte aussi les grandes puissances qui, comme la Russie, continuent de vouloir s'appuyer sur la hiérarchie orthodoxe, leur faisant de nouveau jouer ce rôle combien dangereux de « minorité sous protection ». Le récent voyage au Liban du vice-ministre des affaires étrangères russe, Mikhaïl Bogdanov, en a apporté la preuve éclatante. Que l'on soupçonne, derrière l'enlèvement des deux évêques, l'action de groupe tchétchène venu importer leur combat contre la Russie en Syrie n'a rien de rassurant.

 « s'accrocher à notre citoyenneté »

 Le patriarche Jean d'Antioche, primat de l'Eglise grec-orthodoxe d'Antioche, et qui n'est autre que le frère de Mgr Paul, ne s'y est pas trompé, dans l'homélie courageuse adressée, le 20 mai dernier, de l'église Sainte Croix de Damas, à l'opinion internationale: « Que nous soyons tués, que nous soyons enlevés, que nos demeures soient détruites, tout cela ne va pas atteindre, ni réduire notre détermination à s'accrocher à notre citoyenneté et à la coexistence, à s'accrocher à notre terre, et à réclamer la justice dans nos contrés (…) loin de tout alignement politique ».

 Citoyens à part entière, ces chrétiens d'Orient rejettent une vision misérabiliste de leur situation et de leur avenir. Ils refusent d'être otages d'intérêts qui les dépassent. Des otages, et pas seulement au sens figuré…      

 Isabelle de Gaulmyn

Voir le site orthodoxie.com, « chroniques antiochiennes » pour toute information sur cette région.


Envoyé de mon iPad jtk

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