20/6/2013- http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-multiplie-les-appels-en-faveur-des-refugies-syriens-2013-06-20-976145
Le pape François multiplie les appels en faveur des réfugiés syriens | La-Croix.comQu'a dit le pape François ?
Après ses deux appels en faveur du cessez-le-feu en Syrie, d'abord le 5 juin face aux acteurs humanitaires réunis au Vatican par le Conseil pontifical Cor Unum, puis lors de l'angélus du 16 juin, le pape François a adopté hier un ton grave et solennel, à l'occasion de la 86e assemblée de la Réunion des œuvres d'aide aux Églises orientales (Roaco). Il a lancé « un appel aux responsables des peuples et des organismes internationaux », mais aussi « aux croyants de toutes religions et aux hommes et femmes de bonne volonté », pour « mettre fin à toutes ces douleurs, ces violences, et aussi à toutes les discriminations religieuses, culturelles et sociales. »
Évoquant plus précisément les populations syriennes et « les réfugiés toujours plus nombreux », le pape s'est adressé particulièrement à « ceux qui souffrent » et leur a dit avec force : « Ne perdez jamais espoir ! L'Église est à vos côtés, vous accompagne et vous soutient. »
Quelles sont les positions des catholiques sur le terrain ?
Durant leur rencontre, cette semaine, les organismes d'aide aux Églises orientales ont tous manifesté leur profonde inquiétude, comme l'avaient fait récemment, également à Rome, les acteurs humanitaires convoqués par le Conseil pontifical Cor Unum. Deux patriarches orientaux élus en janvier 2013 étaient présents : le patriarche copte-catholique, S. B. Ibrahim Isaac Sidrak, et le patriarche chaldéen S. B. Raphaël Ier Sako. Les échanges ont essentiellement porté sur la situation en Syrie. Le nonce apostolique à Damas, Mgr Mario Zenari, le délégué apostolique à Jérusalem, Mgr Giuseppe Lazzarotto, et le responsable de la Custodie de Terre Sainte, le P. Pierbattista Pizzaballa, ont exprimé leurs préoccupations et leur désarroi face à la complexité de la situation.
Le manque de personnalités laïques catholiques aptes à préparer l'avenir de la Syrie a été souligné, soit qu'elles aient quitté la région, soit que l'effort de formation ait été localement insuffisant. L'objectif de la diplomatie vaticane, largement exprimé par le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, le cardinal Leonardo Sandri, notamment durant sa récente visite dans la région, est avant tout la cessation des combats et la promotion des efforts pour renouer un dialogue dans ce qui semble avant tout un affrontement entre musulmans.
Mais, dans certaines zones rebelles, comme à Homs, la situation des minorités chrétiennes est inquiétante. Les Églises locales sont elles-mêmes partagées entre certains responsables, nostalgiques de la sécurité fournie précédemment par le régime, et des religieux et des laïcs tentant de conserver une juste distance, notamment face à la diversité religieuse et idéologique des groupes rebelles. L'effondrement des structures civiles contribue à fragiliser encore plus ces minorités. Enfin, dans ce contexte, l'incertitude des positions diplomatiques occidentales inquiète les responsables sur le terrain.
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18/6/2013- Un soutien plus concret et direct aux chrétiens du Proche-Orient
La 86° assemblée de la ROACO, Réunion des Œuvres d'aide aux Eglises Orientales, s'est ouverte mardi au Vatican. Une vingtaine d'agences catholiques d'une dizaine de pays occidentaux sont représentées ; elles écouteront avec attention les interventions de Mgr Zenari, nonce apostolique à Damas, de S.B Mgr Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, et de S.B Ibrahim Isaac Sidrak, patriarche d'Alexandrie des coptes-catholiques, qui exposeront la situation des communautés chrétiennes dans leurs pays respectifs.Comme à chacune de ces assemblées, la situation en Terre Sainte ne sera pas oubliée. On compte d'ailleurs la présence du délégué apostolique à Jérusalem, Mgr Giuseppe Lazzarotto ainsi que celle du père Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte.
Nous avons rencontré S.B Mgr Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens. Il revient sur la situation des chrétiens en Irak, sur le rôle majeur et « historique » qu'ils sont appelés à jouer, en faveur de la réconciliation et de la paix.
Il appelle surtout le Saint-Siège à un soutien plus concret et plus direct des chrétiens du Moyen-Orient.
On l'écoute, au micro de Manuella Affejee :
Retranscription de l'entretien :
Tout d'abord, le Saint- Siege a un rôle à jouer, pas seulement rester comme ça, à regarder les choses soit en Irak, soit maintenant en Syrie. La politique de l'Occident est tout à fait pour ces conflits-là parce qu'il y a ici des intérêts économiques et politiques. Mais pour nous chrétiens, nous n'avons que le St Siège, qui doit nous soutenir, et nous encourager à rester, mais pas seulement par des secours, mais aussi par des choses concrètes : aider à la réconciliation, et aussi dire que les chrétiens sont là depuis toujours, et ne sont un danger pour personne. (…) Ils ont un rôle à jouer, et je crois même que nos politiciens musulmans attendent quelque chose de plus actif, plus positif de la part du Saint-Siège, donc ça c'est très important… Puis aussi le ROACO, ce n'est pas seulement aider ici et là, dans des cas d'émergences, mais il faut créer des petits projets surtout dans les petits villages chrétiens, pour donner plus d'espoir aux gens, et aider les gens à trouver un travail… Par exemple, améliorer l'agriculture : il y a beaucoup d'eau, beaucoup de terrains, et l'infrastructure… Ca aussi aidera les chrétiens à rester sur place, avec beaucoup plus d'espoir.
Vous insistez particulièrement sur le rôle des laïcs chrétiens… Tant dans le devoir de dialogue avec les musulmans, que dans le dialogue social, politique, également…pour résoudre la crise actuelle en Irak.
Je crois que c'est un ensemble… Donc il faut faire tout… Former un cadre politique, des politiciens chrétiens, qui peuvent jouer un véritable rôle, parce que ce que nous avons est faible… Des gens ici et là, qui sont membres des partis, qui n'ont pas beaucoup de formation et d'expérience, et là, ils ne peuvent pas changer, il n'y a pas d'impact. Mais s'il y a une classe bien formée, ils peuvent faire des miracles… Je crois.
J'ai invité tous les membres du gouvernement, du parlement , les chefs religieux à ce diner-là, et tous ont répondu ! Le Premier ministre était tout à fait touché, même les chefs religieux, qui ont dit «vous, vraiment, vous être autre chose»…
Cela veut dire que l'influence ne dépend pas du numéro : être majorité, ou minorité… Cela dépend de la préparation, et de la manière de faire. Il faut chercher une manière, qui peut faire bouger les hommes.
En gros, les chrétiens ont un rôle majeur à jouer pour l'avenir de l'Irak….
Moi je ne dis pas seulement de l'Irak… Peut-être en Irak, nous sommes beaucoup plus préparés (…) depuis plus de 10 ans de conflits et de guerre. Mais je crois aujourd'hui aussi que les autres chrétiens, c'est-à-dire en Syrie, en Egypte, au lieu de s'enfuir, il faut jouer leur rôle ! Et c'est un rôle historique… Nos pères ont joué ce rôle-là. Si nous restons un peu isolés, nous les chrétiens du Moyen-Orient, c'est fini, c'est fichu ! Mais si nous sommes unis, et si nous travaillons ensemble, -chaque pays a son particularisme-, je crois, on peut beaucoup faire.
Comment envisager le dialogue islamo-chrétien au Moyen-Orient aujourd'hui ? Est-ce que vous privilégiez de nouvelles approches, de nouvelles perspectives ?
Pour le dialogue avec les musulmans, je crois aussi, ça change maintenant. Moi, j'ai une longue expérience. Parfois on utilisait un peu le Coran, les données de l'Islam pour faire un dialogue islamo-chrétien. Aujourd'hui, eux, ils attendent de nous de présenter notre foi comme elle est, sans compromis, et sans chercher à la rendre, disons, un peu plus compatible à leurs concepts. Donc, dire, pour moi, comme chrétien, comment je crois que le Christ est Fils de Dieu ! Et non pas utiliser des versets coraniques, ou des mots de la tradition musulmane. Je crois aussi qu'il y a un travail à faire pour les théologiens, à faire des approches théologiques plus compréhensibles, pour les chrétiens orientaux, et les musulmans.

