Syrie : la souffrance de la population a dépassé toutes les limites
Veillée de prière pour la paix à Rome
Anita Bourdin
ROME, 14 mai 2014 (Zenit.org) - En Syrie, « la souffrance de la population a dépassé toutes les limites » c'est pourquoi une veillée de prière est organisée à Rome, demain, 15 mai, pour « la fin de l'horreur de la guerre et de la violence et la libération de toutes les personnes enlevées ».
L'évêque auxiliaire de Rome, Mgr Matthew Zuppi, présidera cette veillée de prière à 19h30, en l'église Saint-Robert Bellarmin.
L'initiative est promue par le Centre pour la Coopération Missionnaire entre les Eglises et le Bureau de la pastorale des migrants du diocèse de Rome avec cette paroisse, les communautés catholiques orientales de Rome.
L'animation est confiée à la communauté grecque-melkite, au Collège pontifical arménien et à la communauté syrienne d'Antioche de Rome.
Mgr Zuppi explique les raisons de cette intiatives : "Face à la tragédie qui se déroule en Syrie qui a provoqué la fuite de milliers de réfugiés , dont beaucoup sont ensuite morts dans des bateaux de l'espoir, le pape Francis et le diocèse de Rome ne se lassent pas d'invoquer le don de la paix. La souffrance de la population a dépassé toutes les limites et l'ensemble de la Syrie est devenue un champ de bataille."
Il invite à entendre leur « appel à l'aide », et leur « quête de justice », pour réclamer, avec toutes les communautés chrétiennes orientales de Rome « la fin de l'horreur de la guerre et de la violence et la libération de toutes les personnes enlevées ».
Mgr Zuppi est responsable de la coopération missionnaire entre les Eglises du diocèse de Rome, il invite les catholiques à participer à la veillée.
«Je ne me lasse pas de prier pour eux », confie-t-il expliquant que tous les aspects de la démocratie, les droits humains, la liberté, la citoyenneté, ont été perdus dans l'indifférence générale, comme le déplore le patriarche Gregorios III Laham, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melkites.
Il rappelle que « la crise en Syrie a tué des milliers de civils, de soldats, de membres de l'opposition, hommes, femmes, enfants, clercs musulmans et chrétiens prêtres » que « tout a été détruit : le monde du travail, l'innocence des enfants, les familles, les maisons, les écoles, les lieux de culte, les hôpitaux ».
« Cette petite nation qui porte le lourd fardeau de l'image de Jésus en Croix, a besoin de notre sympathie et nos prières », ajoute-t-il.
Témoignage
Syrie: crise de l'eau, une situation humanitaire dramatique à Alep
Nouvelles du terrain
Anita Bourdin
ROME, 14 mai 2014 (Zenit.org) - L'eau est coupée dans la ville d'Alep, à plus de 300 km au Nord de Damas, depuis plus d'une semaine, la centrale étant occupée, et les habitants s'empoisonnent en buvant de l'eau polluée. Un témoin qui souhaite garder l'anonymat tire le signal d'alarme auprès de Zenit.
Les habitants commencent à "désespérer": rien pour se laver, pour les lessives, ménages… Et rien surtout pour boire. Le prix des bouteilles d'eau est devenu exorbitant.
Le gouvernement a demandé aux mosquées et aux églises qui ont des puits de faire des distributions gratuites. Les queues s'en finissent pas, avec de maigres résultats.
Les hôpitaux sont surchargés de gens rendus malades par de l'eau polluée: la situation est "dramatique".Ceux qui bénéficient d'un puits artésien réduisent leur consommation au maximum, par solidarité, et parce que les puits ne sont pas intarissables, après plus d'un an de sécheresse, elle aussi dramatique, et que les moteurs qui tirent l'eau doivent être ménagés.
A Pâques, la situation s'est encore dégradée, avec de violents combats notamment dans le quartier de l'université. Les routes ayant été coupées à l'entrée de la ville, les denrées alimentaires ne passaient plus. Les prix ont grimpé, laissant les pauvres "de plus en plus désemparés"… Les coupures d'électricité ont repris, parfois pour plusieurs jours, comme au moment du triduum pascal.
Mais la même source décrit aussi la solidarité des habitants pour accueillir les familles de réfugiés et évoque des "témoignages de foi, de pardon, d'entraide rayonnent, discrètement mais efficacement, témoignant de la charité qui anime un nombre infini de cœurs".
Le Jeudi Saint qui a été "très violent dans les quartiers chrétiens d'Alep et des célébrations ont dû être supprimées", mais les autres jours ont été "assez calmes et les foules sont revenues dans les églises".
Le Frans van der Lugt, jésuite d'origine néerlandaise, assassiné à Homs le 7 avril, "reste pour tous un bel exemple" déclare la même source: "jusqu'au bout, le Père Frans a voulu être un témoin de paix et de réconciliation : puisse son sacrifice, joint à ceux d'innombrables personnes, connues ou inconnues, qui offrent leur vie pour le pays, donner enfin, unis au Sacrifice rédempteur du Christ, des fruits de paix et de vie pour cette chère Syrie".
La visite de Raï en Terre sainte vise à "dépasser les frontières"
La visite du patriarche maronite libanais Mgr Béchara Raï en Terre sainte la semaine prochaine vise à affirmer l'identité chrétienne dans la région et "dépasser les frontières", a déclaré mercredi un haut dignitaire maronite en Israël.
La visite de Mgr Raï, patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient, qui doit accompagner le pape François pour son premier pèlerinage en Terre sainte, a soulevé des critiques au Liban, toujours techniquement en guerre avec Israël.
Les Libanais qui se rendent en Israël peuvent être poursuivis pour haute trahison. Mais selon un accord tacite avec les autorités libanaises, les hommes et femmes de religion sont autorisés à aller "en mission" en Terre sainte.
"Cette visite a pour but d'assurer et de confirmer la présence et l'identité des chrétiens face à toutes les tentatives de l'affaiblir au Moyen-Orient, là où le christianisme a éclos et s'est propagé", a affirmé Mgr Moussa El Hage, archevêque maronite de Terre sainte, lors d'une conférence de presse à Haïfa dans le nord d'Israël. "Sa Béatitude le cardinal Béchara Raï a pour objectif de dépasser les frontières", a ajouté l'archevêque libanais.
(Lire aussi: Un pèlerinage politique et semé d'embûches pour François en Terre sainte)
Le patriarche maronite sera présent pour accueillir le pape François lors de son pèlerinage en Terre sainte -Jordanie, Territoires palestiniens et aussi en Israël -, du 24 au 25 mai, une première pour un dignitaire religieux libanais de ce rang depuis la création d'Israël en 1948.
Mgr Raï, qui prolongera sa visite de cinq jours après le pèlerinage papal, visitera deux villages maronites dont les habitants ont été chassés par l'armée israélienne en 1948, lors de la première guerre israélo-arabe, a ajouté Mgr El Hage.
Il rencontrera également des anciens membres chrétiens de l'Armée du Liban Sud (ALS, milice formée et financée par Israël), qui se sont installés dans ce pays après le retrait militaire israélien du Liban-Sud en 2000.
(Pour mémoire : Raï ne fait pas partie de la délégation officielle qui se rend en Terre sainte, rappelle le Vatican)
Mgr Raï avait expliqué début mai à l'AFP à Beyrouth que sa visite était religieuse et non politique: "Le pape va dans le diocèse du patriarche, c'est normal que le patriarche l'accueille".
L'Eglise maronite trouve son origine au IVe siècle avec le moine Saint Maron, qui trouva refuge dans la vallée de la Qadicha, dans le nord de l'actuel Liban, après avoir fui les persécutions byzantines.
La Jordanie veut promouvoir son tourisme religieux grâce à la visite papale