Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

jeudi 18 septembre 2014

Le cardinal Filoni : L'Etat islamique est "l'œuvre du diable" - Aleteia

L'Etat islamique est "l'œuvre du diable" - Aleteia

L'Etat islamique est "l'œuvre du diable" - Aleteia

Une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis est en train de s'organiser pour aider le gouvernement irakien à lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique. Le Pape François avait appelé à agir pour protéger les populations civiles menacées par l'avancée de ces islamistes ces dernières semaines. Pour témoigner de sa solidarité, il a envoyé le cardinal Filoni, ancien nonce apostolique à Bagdad et actuel préfet de la Congrégation pour l'Evangélisation des peuple, en visite en Irak. Le cardinal Filoni a pu ainsi voir en août dernier, les ravages que causait l'EI, notamment au Kurdistan où il s'est rendu. Depuis, il témoigne du péril que représente l'organisation islamique.

Une interview sur CNN
Alors que les bombardements américains sur les positions de l'Etat islamique se multiplient sur le territoire irakien, l'appel à la défense des civils devient de plus en plus pertinent. Le cardinal Filoni, qui a pu se rendre compte par lui-même des besoins des populations irakiennes, notamment dans le Nord, ne cesse depuis son retour d'alerter les autorités internationales sur ce qui se passe en Irak, n'ayant pas de mots assez durs pour décrire ce que représente l'Etat islamique comme il l'a déclaré dans une interview télévisée à la chaîne américaine CNN :  "Personne ne peut utiliser le nom, ou agir au nom de Dieu pour faire quelque chose comme cela. C'est vraiment l'œuvre du Diable."

Pour le salut de l'humanité
C'est pourquoi le cardinal Filoni rappelle qu'il est urgent d'agir, non pas en faisant la guerre, mais en défendant les plus faibles : "C'est notre premier devoir, au nom des droits de l'Homme, pour le salut de l'humanité, que ces gens soient défendus et aidés. Nous faisons partie de ces gens, ils sont une partie de notre humanité, ils sont chrétiens, yazidis, ils sont des minorités, peu importe, ils ont tous besoin de notre aide." Or, si la communauté internationale se mobilise, c'est d'abord et avant tout pour mettre sur pied une coalition militaire. Et amplifier les bombardements aériens déjà en cours.

 


Envoyé de mon Ipad 

mercredi 17 septembre 2014

Le nouveau grand mufti du Liban stigmatise les affrontements entre chiites et sunnites | La-Croix.com

Le nouveau grand mufti du Liban stigmatise les affrontements entre chiites et sunnites | La-Croix.com

Le nouveau grand mufti du Liban stigmatise les affrontements entre chiites et sunnites

Mardi 16 septembre, le nouveau mufti du Liban, le cheik Abdel Latif Derian, élu en août dernier, a été investi au cours d'une cérémonie qui a eu lieu à la mosquée Mohammad el-Amin. Le patriarche d'Antioche des maronites, le cardinal Boutros Bechara Rai, était présent, rapporte l'agence Fides. Le cheik Abdel Latif Derian, âgé de 61 ans, est considéré comme un homme de dialogue clairvoyant. Selon ce qu'indique la presse libanaise citée par l'agence Fides, son investiture rend possible l'organisation d'une rencontre interreligieuse visant à définir un front commun des responsables des différentes communautés religieuses libanaises contre le danger de déstabilisation du pays de la part des groupes djihadistes sévissant au Moyen-Orient. Le nouveau mufti libanais, dans ses premiers discours après son élection, a explicitement stigmatisé l'affrontement entre chiites et sunnites, qui contribue fortement à ensanglanter et à déstabiliser l'ensemble de la zone. Il a également condamné le déracinement forcé des communautés chrétiennes locales. « Les rapports entre chiites et sunnites au Liban ne sont pas ce qu'ils devraient être, a-t-il estimé. Ce que nous nous faisons les uns les autres, en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen ou en Libye, dépasse ce que les Israéliens ont pu faire à Gaza et en Palestine. »

Au cours de la cérémonie d'investiture, le premier ministre libanais, Tammam Salam, musulman sunnite, a pris la parole, évoquant le rôle et la place irremplaçables des chrétiens dans le monde arabe, mais surtout au Liban, rapporte le quotidien l'Orient le Jour. « Le Liban perd beaucoup de son sens chaque fois que la présence chrétienne recule dans la vie nationale », a-t-il notamment affirmé, invitant musulmans et chrétiens à s'engager « dans la bataille de l'enracinement des chrétiens sur leurs terres ». « Au Liban, les chrétiens sont chez eux en propriétaires », a-t-il ajouté.



Envoyé de mon Ipad 

Des évêques syrien et irakien demandent une réaction plus forte des États et du Vatican | La-Croix.com

Des évêques syrien et irakien demandent une réaction plus forte des États et du Vatican | La-Croix.com

L'évêque auxiliaire de Bagdad, Mgr Schlemon Warduni, à Rome mardi 16 septembre 2014.

Deux évêques du Moyen-Orient ont appelé mardi 16 septembre depuis Rome à sauver chrétiens et musulmans modérés face à la menace que font peser sur eux les djihadistes en Irak et Syrie. L'un d'eux a clairement désapprouvé toute intervention en Syrie sans l'accord de Damas.

Deux évêques chaldéens, Mgr Antoine Audo, évêque d'Alep (nord de la Syrie), et Mgr Schlemon Warduni, évêque auxiliaire de Bagdad, se trouvaient à Rome pour une réunion du réseau Caritas Internationalis, principale structure caritative de l'Eglise catholique, convoquée d'urgence pour faire face aux défis en Irak, en Syrie et à Gaza.

Mgr Warduni a déploré que les interventions en Irak soient « venues très tard, trop tard ». Il y a quelques mois, Daech (acronyme arabe pour l'organisation terroriste État islamique, EI) était encore faible et « cela aurait été très facile, mais la communauté internationale dormait d'un sommeil très profond », a-t-il déploré.

« Nous voulons une intervention, mais rapidement et tous unis, Europe et Amérique ensemble… Où sont l'ONU, l'Europe, le Parlement européen ? », a-t-il demandé, reprochant aux Européens de « ne pas vouloir entendre les chrétiens ». « S'il y a vraiment l'Europe, elle doit vite exercer une pression pour libérer nos villages », a-t-il martelé.

Les djihadistes se comportent comme des « bêtes », a estimé l'évêque irakien, dénonçant en particulier ceux qui « vendent au marché une fille qui n'est pas la leur pour 150 dollars ». « Ce qu'ils ont fait est contre toutes les religions, toutes les cultures du XXIe siècle ».

De son côté, l'évêque de la grande ville syrienne d'Alep, Mgr Audo, interrogé sur le point de savoir si des frappes extérieures pourraient viser aussi l'EI en Syrie, a adressé une mise en garde : « Vouloir mettre une limite à la violence et à l'influence de Daech, tout à fait d'accord. Mais la Syrie rappelle toujours que cela ne peut se faire en dehors de sa souveraineté. C'est sacré pour la Syrie, le message est bien clair.»

« On ne voit pas beaucoup d'efficacité dans toutes ces déclarations ! »

Selon Mgr Audo, la prise de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, par l'EI a provoqué à Alep « une peur générale parmi les chrétiens, qui disent : aujourd'hui c'est Mossoul, demain ce sera Alep ». Il a estimé que « la moitié des chrétiens » avaient « déjà quitté la Syrie ». « La position officielle de l'Église est de dire aux chrétiens de rester ». Mais, « personnellement, je n'obligerais personne à rester. Je leur laisserais la liberté », a-t-il dit.

L'évêque d'Alep a laissé transparaître sa déception sur la réaction de l'Église : « Franchement, avec tout ce qui est arrivé en Irak, à Mossoul, on est un peu découragé, on ne voit pas beaucoup de résultats, d'efficacité dans toutes ces déclarations ! Les chrétiens ne cessent de regarder vers le pape. Même le monde musulman a généralement un grand respect pour ce que la papauté représente en tant qu'autorité morale », a-t-il rappelé.

Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis, a expliqué que cette réunion d'urgence sur les actions caritatives à entreprendre entendait aussi adresser « un message sur l'importance des communautés chrétiennes, non pas seulement pour elles-mêmes mais en tant que signes de la diversité et d'une société ouverte que souhaitent de nombreux musulmans ».

Il a qualifié les défis des nouvelles crises au Moyen-Orient de « démesurés » pour le réseau Caritas.



Envoyé de mon Ipad 

Geneve- les patriarches mettent contre le danger de Daech et jugent tiède la position des gouvernements de la région

بطاركة الشرق يحذّرون من خطر "داعش" ويعتبرون ردّ فعل حكومات المنطقة "فاتراً" | الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة- لبنان
Annahar du 17/9/2014

بطاركة الشرق يحذّرون من خطر "داعش" ويعتبرون ردّ فعل حكومات المنطقة "فاتراً"

بطاركة الشرق يحذّرون من خطر

حض أمس بطاركة الشرق الحكومات والمرجعيات الدينية في الدول الاسلامية على التنديد باعتداء تنظيم "داعش" على الاقليات الدينية وأخذ زمام المبادرة في اجتثاث قوته في العراق وسوريا.
ورأى البطاركة في مؤتمر صحافي في جنيف ان ردود فعل الدول العربية على قتل وطرد مئات الآلاف من المسيحيين والمجازر التي استهدفت جميع الاقليات الدينية والعرقية كانت "فاترة".
وقال بطريرك السريان الكاثوليك الانطاكي اغناطيوس يوسف الثالث يونان ان وضع المسيحيين والاقليات الاخرى من جراء المجازر والفظائع التي ترتكبها "الدولة الاسلامية" مزر، مشيرا الى ان مستقبل المسيحيين في المنطقة بات على المحك. وحض زعماء الدول العربية والجامعة العربية على المواجهة والاقدام على شيء ما.
ودعا المراقب الدائم للكرسي الرسولي في مقر الامم المتحدة في جنيف المطران سيلفانو توماسي الى المؤتمر السابع والعشرين لمجلس الامم المتحدة لحقوق الانسان تحت عنوان: "المسيحيون في الشرق الاوسط… المواطنة، حقوق الانسان والمستقبل".
ويعقد المؤتمر في الفترة من 15 أيلول الى 17 منه.
وقال بطريرك بابل على الكلدان لويس روفائيل الأوّل ساكو أن نحو 10 آلاف مسيحي في العراق قتلوا على أيدي المسلحين المتشددين بينما طرد 170 الفا آخرون من موطنهم في الشمال.
وحافظ المسيحيون على وجود كبير في الشرق الأوسط طوال نحو الفي سنة.
غير أن "الدولة الإسلامية" أجبرت نحو نصف مليون مسيحي على مغادرة الأراضي الخاضعة لسيطرتها في سوريا والتي عاشوا فيها دوما بسلام مع جيرانهم المسلمين.
وقال البطريرك ساكو: "نحن نطلب من الزعماء الدينيين في دول الشرق الأوسط اصدار فتوى شرعية تحرم قتل أي شخص وليس فقط غير المسلمين. حتى الآن كان صوتهم فاترا جدا".

خطر عالمي
وفي بيان مواز قال تجمع بطاركة الشرق إن عقيدة "الدولة الاسلامية" مناهضة لحقوق الانسان وهي تشكل خطرا على النسيج الاجتماعي في الشرق الأوسط وفي كل أنحاء العالم. واضاف: "إذا لم يتم تدمير هذه الجماعة بفاعلية وتستنكر أعمالها بقوة فان هذه العقيدة ستدمر النظام الكامل لحقوق الانسان". ولفت إلى أن الأولوية القصوى هي لهزيمة الدولة الاسلامية و"التخلص من سياساتها الاجرامية".

النهار 17/8/2014



Envoyé de mon Ipad 

A Mardin, les réfugiés chrétiens veulent retourner en Syrie | La-Croix.com

A Mardin, les réfugiés chrétiens veulent retourner en Syrie | La-Croix.com

Ces femmes, chrétiennes syriaques, réfugiées en Turquie, sur la terre de leurs ancêtres, espèrent pourtant repartir en Syrie, leur pays (Mélinée LE PRIOL).

Après avoir compté tous les noms du registre sur lequel il est penché, le P. Gabriel Akyüz lève les yeux. Sa tête est surmontée d'une calotte noire. Au sein de l'Église assyrienne d'Orient, ce prêtre appartient à la branche des syriaques orthodoxes. Défronçant les sourcils, il souffle enfin : « 103 ! » C'est le nombre de Syriens qu'accueille, en ce mois d'été, la paroisse des Quarante Martyrs de Mardin, à moins de cinquante kilomètres de la frontière syrienne. Cent trois, soit une part infime des deux millions de déplacés qui ont gagné la Turquie ces trois dernières années, pour fuir les combats qui ravagent la Syrie depuis le printemps 2011.

La nuit estivale n'en finit pas de tomber sur l'élégante église syriaque aux pierres jaunes. Nichée au fond d'une vaste cour, elle se fait presque oublier tant les alentours sont animés. Une quarantaine de réfugiés achèvent leur repas, offert par la paroisse. Dans quelques heures, chacun retrouvera la famille chrétienne qui l'accueille. En attendant, pas question de se séparer. D'un improbable terrain de volley s'échappent des cris d'enfants. Adossés à des murets, les hommes fument par petits groupes, les femmes discutent autour d'une fontaine asséchée. Elles n'ont qu'un mot à la bouche : Syrie.

Mardin, splendide cité mésopotamienne et lieu d'exil

Ces réfugiés viennent pour la plupart de la ville de Hassaké, à une petite centaine de kilomètres de là. Mardin, splendide cité mésopotamienne bâtie à flanc de colline et qui devrait bientôt entrer au patrimoine mondial de l'Unesco, n'est pas une destination d'exil parmi d'autres. « Mon père venait d'ici, explique simplement Marcelle Azar, 46 ans, un peu à l'étroit dans son tee-shirt rose. Mes grands-parents avaient survécu aux massacres, mais ils ont quand même décidé de fuir la région en 1932, direction la Syrie. Mon père avait 6 ans. »

Ces « massacres » furent ceux commis par le régime turc, pendant la Première Guerre mondiale, contre toutes les minorités chrétiennes de l'Empire ottoman. C'est de Mardin qu'est originaire Mgr Ignace Maloyan, évêque arménien tué en 1915 et béatifié en 2001 par Jean-Paul II. Mais outre les Arméniens, de nombreux syriaques orthodoxes furent massacrés ou déportés entre 1914 et 1920. Aujourd'hui, les familles réunies autour de la fontaine sont leurs descendants.

Tur Abdin, berceau historique des syriaques

Cette région du nord de la Mésopotamie est actuellement peuplée majoritairement par des Kurdes. Elle a toujours abrité des chrétiens, et en particulier des syriaques : elle constitue même leur berceau historique. Son nom, Tur Abdin, signifie littéralement « la Montagne des serviteurs de Dieu ».

Au centre de l'arc de cercle qui entoure la fontaine, une quinquagénaire en impose. Appartenant à l'élite culturelle en Syrie, comme la plupart des réfugiés qui l'accompagnent, Rowida Kawriah parle d'une voix calme. Son fils Jack traduit l'arabe mélodieux de sa mère en un anglais plutôt fluide. « L'histoire se répète, affirme cette brune aux traits tirés. Il y a cent ans, mes grands-parents étaient chassés d'ici par l'armée turque, qui ne voulait plus de chrétiens dans le pays. Les soldats entraient dans les maisons pour couper les têtes et enlever les plus jolies filles… »

Bien qu'associée à ces souvenirs terrifiants, la région de Mardin n'a jamais cessé d'habiter la mémoire des grands-parents de Rowida. Les lieux revêtaient, dans leurs récits d'exilés, les contours d'un paradis perdu. En 2009, flanquée de son mari et de son fils, elle passe pour la première fois la frontière et découvre, émue, l'ancienne maison familiale, aujourd'hui habitée par des Turcs. « Je voyais enfin ces murs dont ma grand-mère m'avait tant parlé ! Je ne pouvais pas deviner qu'on reviendrait ici, pour fuir la guerre dans notre nouveau pays. »

Le monastère de Deyrulzafaran

Marcelle Azar aussi, est consciente de l'amère ironie de la situation. « Mes grands-parents ont toujours voulu revenir à Mardin, confie-t-elle. Mais ils sont morts sans avoir pu y remettre les pieds. Nous, maintenant, on y est, mais on ne peut pas rester là. » Car pour Marcelle, la Turquie n'est pas un pays d'avenir, pas même une terre d'asile. « Ici, on est en enfer », lâche-t-elle sans nuance, avant d'ajouter qu'« en tant que chrétien, on ne peut pas vivre en Turquie ».

Le constat semble dur, quand on sait ce que vivent, au même moment, les chrétiens des pays voisins. Mais Marcelle insiste. « Il y a trop de divisions ici entre les chrétiens et les musulmans. Le président Erdogan promet des choses, mais il ne fait rien pour nous. » De son côté, Rowida renchérit : « En tant que chrétienne, je suis contente d'être née en Syrie plutôt qu'en Turquie. »

À six kilomètres, un majestueux monastère défie l'aridité du paysage. Avec ses pierres dorées au soleil, ses clochers transperçant l'azur du ciel et son vaste cloître parsemé de plantes fuchsia, Deyrulzafaran n'a rien de « l'enfer » turc évoqué par Marcelle.

Les chrétiens sont très minoritaires en Turquie

L'évêque syriaque qui y vit, Mgr Saliba Özmen, sourit légèrement, la tête et les oreilles recouvertes d'une calotte noire ornée de motifs blancs. « Des réfugiés syriens, nous en avons logé pendant un an et demi au monastère. Ils étaient une cinquantaine. » Et même si ces familles vivent aujourd'hui à Mardin, l'évêque n'a pas oublié ses nouveaux voisins venus de Syrie. Il va régulièrement à l'église de la vieille ville de Mardin pour leur rendre visite.

On sent pourtant comme un regret dans sa voix : cette poignée de réfugiés a encore du mal à se mêler à la communauté syriaque. « Même si nous partageons la même foi, les différences culturelles posent problème, déplore Mgr Saliba Özmen. Avoir la même religion, cela aide à rapprocher les gens, mais cela ne suffit pas toujours. » Énigmatique, l'évêque change de sujet.

En vacances au monastère de Deyrulzafaran, Abdul Massih Saadi n'est pas surpris d'apprendre qu'à Mardin, les syriaques de Turquie et de Syrie se heurtent à leurs différences. La quarantaine déjà grisonnante, il enseigne l'araméen dans une université du Texas : « En Turquie, les chrétiens représentent à peine 1 % de la population, alors qu'ils étaient 10 % en Syrie en 2011. Les syriaques de Mardin sont tellement minoritaires qu'ils ont appris à être prudents, discrets, à toujours faire des compromis avec les musulmans. Bref, à survivre. C'est un choc pour les familles réfugiées ici. »

Retourner en Syrie à tout prix

Car quand elles étaient en Syrie, elles éprouvaient moins de difficultés à vivre leur foi. C'est ce que confirment les femmes assises autour de la fontaine vide des Quarante Martyrs. « Chez nous, on pouvait enseigner ou travailler dans la fonction publique, se souvient Rowida Kawriah. Alors qu'ici, en Turquie, un chrétien n'en a pas le droit. » Son fils Jack, ingénieur informatique hautement qualifié, n'a pas trouvé d'emploi correspondant à ses compétences, depuis son arrivée à Mardin, il y a bientôt deux ans.

Peu importe que leurs racines soient ici. Cent ans après leur départ pour la Syrie, ces familles n'attendent qu'une chose : repasser la frontière dans l'autre sens. « Après la guerre, quoiqu'il arrive, on retournera en Syrie, assure Marcelle Azar avec aplomb. C'est notre pays. Et s'il est détruit, tant pis, on le reconstruira. »

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REPÈRES

Le Tur Abdin, foyer des syriaques orthodoxes

Les syriaques orthodoxes appartiennent à l'Église assyrienne d'Orient, tout comme les chaldéens, les syriaques catholiques et les assyriens protestants. Ils sont environ 3 000 dans la région du Tur Abdin.

La présence des chrétiens dans cette région est très ancienne. Leur exil a commencé en 1895 et s'est amplifié lors de la Première Guerre mondiale. Près de 500 000 syriaques auraient perdu la vie lors  des massacres perpétrés en même temps que le génocide des Arméniens.

Chrétiens orthodoxes, ils dépendent du Patriarche d'Antioche, dont la résidence est à Damas, en Syrie. Depuis le début des combats en 2011, certains ont demandé que le siège soit transféré à Mardin.

Dans leur liturgie, les syriaques utilisent une langue dérivée de l'araméen, parlée du temps du Christ.

CÉCILE JANICOT et MÉLINÉE LE PRIOL (à Tur Abdin, en Turquie)  


Envoyé de mon Ipad