Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

mardi 30 octobre 2018

Genève: Mgr Garmou témoigne de la vie difficile des chrétiens d'Iran

Genève: Mgr Garmou témoigne de la vie difficile des chrétiens d'Iran

29.10.2018 par Jacques Berset, cath.ch

Quand Mgr Ramzi Garmou vient en Europe, les gens souvent s’étonnent: “Un évêque en Iran… Y aurait-il encore des chrétiens dans cette République islamique ?” L’archevêque assyro-chaldéen de Téhéran confirme: malgré de réelles difficultés, une petite minorité chrétienne de 60’000 âmes, appartenant aux Eglises reconnues par la Constitution de 1979, subsiste au milieu d’une population de 82 millions d’Iraniens, en grande majorité musulmans chiites.

Grand témoin de la Journée nationale pour les chrétiens persécutés et discriminés organisée par l’œuvre d’entraide catholique “Aide à l’Eglise en Détresse” (AED-ACN), Mgr Ramzi Garmou présidait la messe dimanche 28 octobre 2018 à la paroisse Notre-Dame des Grâces, au Grand-Lancy, dans le canton de Genève.
Mgr Garmou préside la messe en compagnie de Mgr Pierre Farine, Pascal Desthieux, vicaire épiscopal, et l’abbé Philippe Matthey |© Jacques Berset

Une Eglise fondée par l’apôtre Thomas

Invité par Roberto Simona, responsable de l’antenne romande et tessinoise d’AED, l’archevêque de la capitale iranienne a apporté dans une église comble son témoignage sur la situation d’une des plus anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient, puisque l’Eglise de Perse a, selon la tradition, été fondée par l’apôtre Thomas.
“Quand on parle de l’Iran, effectivement, on pense immédiatement à la République islamique et à son régime, et on oublie une présence chrétienne de 2’000 ans, sans interruption! Les chrétiens sont ici chez eux depuis les temps apostoliques. Thomas, l’un des douze apôtres, a évangélisé la Mésopotamie puis la Perse, l’Iran d’aujourd’hui, avant d’aller fonder l’Eglise en Inde”.

Persécution et martyre

Expliquant l’histoire de l’Eglise en Perse, Mgr Garmou rappelle que dans les premiers siècles,  le christianisme dans cette région était caractérisé par une vie centrée sur la prière et la contemplation. “A cette époque, des monastères pouvaient abriter jusqu’à 1’000 moines…”
Cathédrale arménienne Vank, dédiée à saint Joseph d’Arimathie, à Ispahan |© Jacques Berset
Les chrétiens ont ensuite connu l’expérience du martyre, sous le règne de certains empereurs sassanides, adeptes de la religion zoroastrienne. Ayant pris une épouse chrétienne, certains étaient favorables au christianisme, mais d’autres, comme Shapour II, au IVe siècle, ordonna la persécution des chrétiens, car ils refusaient d’adorer le feu, sacré pour les zoroastriens. “Cette persécution a duré quarante ans, peut-être la plus longue dans l’histoire chrétienne. Mais la souffrance est source de fécondité pour l’Eglise. Une Eglise qui n’a pas de martyrs est comme un arbre sec, un arbre sans fruits…”

Une Eglise missionnaire

Cette Eglise d’Orient a également été une Eglise missionnaire: elle est allée prêcher l’Evangile jusqu’en Chine, en passant par l’Inde, la Mongolie, la Corée, rappelle l’évêque d’origine irakienne, qui vit en Iran depuis 1976. “Il y a eu à une époque, sous l’égide des patriarches d’Orient, jusqu’à 80 millions de fidèles dans ces régions, avec 250 évêques et archevêques…”
Les chrétiens ont émigré en nombre après l’arrivée au pouvoir de la République islamique en 1979: près de 2/3 des chrétiens ont quitté le pays, pour s’installer aux Etats-Unis mais aussi en Europe occidentale (quelque 70’000 fidèles, notamment en Suède  – 20’000 environ -, en France – le même nombre -, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark ou en Belgique. 180 à 200 familles chaldéennes catholiques vivent en Suisse, soit environ un millier de personnes, mais la plupart sont irakiennes, et pas iraniennes.
Cathédrale arménienne Vank, dédiée à saint Joseph d’Arimathie, à Ispahan |© Jacques Berset
Dans un français parfait – il a étudié au séminaire dominicain de Mossoul, en Irak, puis à l’Institut du Prado, près de Lyon -, Mgr Garmou estime que tant qu’il n’y aura pas de liberté de religion dans le pays, la situation restera difficile pour les chrétiens en Iran. Ces derniers ont certes une liberté de culte, mais elle ne peut s’exercer que dans les églises reconnues par le gouvernement. S’il parle le farsi, tout comme aussi l’arabe, l’évêque utilise avec ses fidèles le syriaque de l’Est, un dialecte araméen, la langue qu’utilisait le Christ.

Prosélytisme interdit sous peine de mort

Les minorités religieuses implantées dès les origines en Iran, comme l’Eglise arménienne d’Iran et les Eglises assyrienne et assyro-chaldéenne, sont reconnues par la Constitution de 1979. Président de la Conférence épiscopale catholique iranienne, archevêque de Téhéran depuis 1999, Mgr Garmou est né il y a 71 ans à Zakho, ville du Kurdistan irakien, près de la frontière turque. Ses permis de séjour et de travail doivent être renouvelés chaque année et il ne doit s’adresser qu’aux chrétiens pour ne pas encourir le reproche de faire du prosélytisme auprès des musulmans, “ce qui est strictement interdit !”
Mgr Ramzi Garmou, archevêque assyro-chaldéen de Téhéran |© Jacques Berset
Les églises sont ouvertes pour le culte, pour la catéchèse, l’enseignement, les conférences. “Mais tout doit se passer à l’intérieur des édifices reconnus par le régime. Pas question d’avoir des activités religieuses à l’extérieur, car il est interdit de proclamer l’Evangile dans l’espace public. Le portier de l’église connaît nos fidèles, et ne laisse pas entrer les musulmans… Beaucoup de musulmans chiites aspirent  devenir chrétiens, mais nous devons compter avec l’absence de liberté religieuse dans les pays islamiques. Ceux qui se convertissent au christianisme en Iran encourent la peine de mort. Mais ils sont nombreux à vouloir devenir chrétiens. Des musulmans convertis ont été tués, et ces martyrs sont une source de grâce nouvelle pour l’Eglise”.

Sous surveillance constante

Mgr Garmou, sous surveillance constante des organes de sécurité, a dû signer un document lui interdisant tout prosélytisme envers les musulmans. Il a été convoqué par la police secrète, qui lui a rappelé qu’il n’avait pas le droit de travailler avec des Persans, sous peine d’expulsion du pays.
L’archevêque ne peut accueillir des musulmans dans sa résidence que s’ils ont reçu la permission écrite du Ministère de la Culture et de la Guidance islamique. Ce sont des personnes qui étudient la religion chrétienne. La loi islamique iranienne  réprime sévèrement le prosélytisme et l’apostasie. La République islamique est sensible au fait que les conversions au christianisme sont de plus en plus nombreuses, influencées notamment par des émissions religieuses télévisées réalisées aux Etats-Unis par des convertis iraniens.

Les sanctions de Trump touchent avant tout les pauvres

En raison des nouvelles sanctions imposées à l’Iran par Donald Trump, qui vont être renforcées le 1er novembre 2018, “tout le monde va souffrir et souffre déjà, chrétiens comme musulmans, avec l’effondrement de la monnaie, la cherté des produits de première nécessité. Le chômage augmente, et beaucoup de gens ne peuvent faire face, la pauvreté augmente, et cela peut faire croître la criminalité, simplement pour survivre… Les gens réagissent, manifestent contre la vie chère, mais cela ne donne rien, le régime tient bon. Il garde le contrôle de la situation et réduit au silence les contestataires”.
Mgr Garmou à l’église de Notre-Dame des Grâces, au Grand-Lancy |© Jacques Berset

Aucun régime n’est éternel

Les Assyro-Chaldéens et les Arméniens, en majorité, désirent quitter le pays, mais les nouveaux convertis de l’islam vont peut-être former la nouvelle Eglise d’Iran. De l’avis de Mgr Garmou, l’islam sera amené un jour à reconnaître la liberté religieuse, “un droit humain personnel que personne ne peut nier… Aucun régime n’est éternel: regardez l’URSS, elle n’a duré que sept décennies!” JB

60’000 chrétiens restés en Iran

Actuellement, sur les 60’000 chrétiens qui restent en Iran, la majorité, soit quelque 50’000, appartiennent à l’Eglise apostolique arménienne (grégorienne), dont le berceau historique est la ville d’Ispahan, où ils avaient été déportés sur ordre de Shah Abbas Ier  au XVIe  siècle. Outre l’Eglise apostolique assyrienne (dite aussi ‘nestorienne’), il existe encore trois Eglises catholiques. L’Eglise assyro-chaldéenne compte les diocèses de Téhéran (350 familles) et d’Ourmia (350 familles), ainsi que l’administration patriarcale d’Ahwaz (une quinzaine de familles). L’Eglise arménienne catholique compte un diocèse à Ispahan et l’Eglise latine un diocèse dans la même ville. Au sein des minorités, il existe encore des Eglises protestantes reconnues. Quant aux Eglises évangéliques, accusées de faire du prosélytisme envers les citoyens parlant persan, le farsi – ces derniers sont censés être tous musulmans -, elles sont durement réprimées. Les chrétiens, issus des minorités, doivent prêcher à l’église en arménien ou en syriaque de l’Est, un dialecte araméen, et ne pas utiliser le farsi. JB

Le Père Humblot poursuit sa mission à Paris

Prêtre du Prado, comme Mgr Garmou, le Père Pierre Humblot, qui a vécu a vécu en Iran de 1969 à 2010, dirigeait le Centre St-Jean à Téhéran, au service des chrétiens d’Iran d’origine persane. “C’était un travail illégal du point de vue du régime”. Il a dû quitter le pays et anime depuis à Paris le Centre St-Jean qui, discrètement, regroupe des Iraniens, amis des chrétiens. Il poursuit sa mission, tant par internet que directement, auprès de ceux qui ont dû quitter l’Iran ou l’Afghanistan, à cause de leur foi.

Des déçus du régime se convertissent

Des Iraniens font le choix de devenir chrétiens parce qu’ils ont déçus du régime, de ses promesses non tenues. Certains regrettent même le temps du shah. Ils disent en avoir marre de la République des mollahs ou estiment que l’islam dans le pays été travesti.
Le prêtre français affirme qu’il y a eu en Iran une vague importante de convertis, principalement des jeunes, “qui en ont assez d’un certain type d’islam qui leur est imposé”. L’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani à la présidence en 2013 avait pourtant fait souffler un vent d’espoir pour les chrétiens d’Iran qui ont très majoritairement voté pour le candidat modéré. Dès novembre 2013, le président fraîchement élu avait multiplié les signes d’ouverture, comme en témoignent ses échanges de tweets avec le pape François portant sur le dialogue interreligieux. Cela n’a pourtant pas entraîné de réels changements dans la vie quotidienne des chrétiens.   (cath.ch/be)

https://www.cath.ch/newsf/geneve-mgr-garmou-temoigne-de-la-vie-difficile-des-chretiens-diran/

vendredi 10 août 2018

SYRIE - Réouverture du Monastère Sainte Thècle à Maalula

 
Maalula (Agence Fides) – Le Monastère orthodoxe Sainte Thècle, sis dans la petite ville syrienne de Maalula, sera bientôt rouvert également aux visites des pèlerins et des touristes. En effet, les travaux de reconstruction et de restauration sont désormais presque achevés, tentant de réparer les graves dégâts infligés au lieu de culte au cours de la période allant de septembre 2013 à mars 2014 pendant laquelle le village rupestre de Maalula a été sous le joug des milices islamiques antigouvernementales, dans le cadre de l’une des phases les plus intenses du conflit syrien.
Ainsi que cela avait été indiqué en son temps par l’Agence Fides (voir Fides 09/06/2018), une contribution importante à la reconstruction du Monastère Sainte Thècle est parvenue de l’Association des anciens combattants russe Boevoe Bratstvo (Fraternité militaire). Des moyens de communication russes indiquent que les religieuses sont déjà retournées au monastère, désormais habitable à 90% et que les travaux de reconstruction et de restauration seront achevés au cours de ces prochaines semaines.
Maalula, sise à 55 Km au nord-est de Damas, est connue dans le monde entier comme l’un des endroits où est encore parlé l’araméen, la langue de Jésus. Elle comprend tant le Monastère Sainte Thècle que le sanctuaire dédié aux Saints Serge et Bacchus, qui dépend de l’Eglise gréco-catholique de rite melkite. Le 3 décembre 2013, 13 religieuses gréco-orthodoxes de Sainte Thècle avaient été enlevées de leur monastère en compagnie de trois de leurs collaboratrices. L’enlèvement se conclut heureusement le Dimanche 9 mars 2014 lorsque les religieuses et leurs trois salariées furent libérées en territoire libanais. La libération intervint notamment grâce à la médiation des services de renseignement libanais et du Qatar et eut comme contrepartie la remise en liberté de 153 femmes détenues dans des prisons syriennes.
 (GV) (Agence Fides 10/08/2018)

vendredi 13 juillet 2018

TERRE SAINTE - Vers la disparition des baptisés de la ville natale de Jésus selon le Curé Rami Asakrieh OFM

 
 
 

 
Bethléem (Agence Fides) – Dans la ville natale de Jésus, le nombre des baptisés diminue de manière impressionnante et ce alors que se multiplient dans le monde entier les groupes qui collectent des offrandes en utilisant le nom de Bethléem sans ensuite faire parvenir aucune aide aux chrétiens de Terre Sainte. Tel est le cri d’alarme lancé par le Père Rami Asakrieh OFM, de la Custodie de Terre Sainte, Curé à Bethléem de la Paroisse Sainte Catherine, près le Sanctuaire de la Nativité. « Ma propre Paroisse – indique le prêtre à l’Agence Fides – fait face à de graves problèmes. Le nombre des familles catholiques à Bethléem se réduit. Maintenant, notre Paroisse compte seulement 1.479 familles palestiniennes. Les chrétiens constituent 17% de la population de la ville alors que par le passé, ils étaient 90% de cette même population ». La diminution vertigineuse de la présence chrétienne à Bethléem – ajoute le Curé – est liée surtout à l’exode des jeunes chrétiens qui émigrent en direction d’autres pays. Nous tentons – indique le religieux – pour notre part de freiner l’émigration en cherchant à fournir une aide à de nombreuses situations de besoin ». Cependant l’actuelle situation politique et économique de la ville, entourée par les colonies israéliennes, voit se multiplier le cas de fidèles « au chômage, déprimés et noyés sous les dettes ». A tout cela – indique encore le franciscain – s’ajoute le fait que « nombreuses sont les organisations qui demandent des ressources financières au nom de Bethléem mais aucun de nos paroissiens ne reçoit un centime provenant de ces organisations ». (GV) (Agence Fides 06/07/2018)

mardi 10 juillet 2018

Depuis Bari, le cri de paix des chrétiens pour le Proche-Orient

Tel un vol de colombes, un appel à la paix pour le Proche-Orient est monté au ciel depuis 

Bari (sud de l’Italie). La cité de saint Nicolas, si vénéré par l’Orient chrétien, accueillait en
 effet, samedi 7 juillet, la rencontre œcuménique de réflexion et de prière à laquelle le
 pape François avait convié les responsables d’Églises du Proche-Orient.
La plupart d’entre eux avaient répondu à l’appel pour ce sommet, inédit jusqu’ici à ce niveau.Pour la paix au Moyen-Orient, les patriarches des Églises orientales réunis par le pape à Bari
« Cela suffit, les oppositions obstinées ! »
« Il faut que cette guerre s’arrête »
« Que les réfugiés reviennent »
« Nous devons d’abord parler contre la violence »
Au bord de la mer Adriatique, vers cet Orient déchiré par la guerre, les patriarches ont prié dans toutes leurs langues, de l’arabe au syriaque en passant par l’arménien et l’assyrien, pour que Dieu « inspire des choses bonnes dans les cœurs de ceux qui veulent la guerre et pacifie leurs esprits tourmentés », ainsi que l’a imploré l’orthodoxe Bartholomeos Ier de Constantinople.
Une « région splendide », où se trouvent « les racines mêmes de nos âmes », avait rappelé en introduction le pape François, mais où « s’est condensée (…) une couche épaisse de ténèbres ».
Mettant en cause « le silence de tant et la complicité de beaucoup », le pape a dénoncé « l’indifférence qui tue », posant les chefs d’Églises qui l’entouraient en une « voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence », soulignant notamment « le risque que la présence de nos frères et sœurs dans la foi soit effacée ».
Au Proche-Orient, les chrétiens qui représentaient encore 20 % de la population à la veille de la Première Guerre mondiale n’y sont plus que 4 %, rappelle d’ailleurs le Vatican.

Cette question devait être au cœur de la rencontre à huis clos à laquelle tous les chefs d’Église ont ensuite participé dans la nef de la sobre basilique Saint-Nicolas. À la sortie, entouré de tous les patriarches, il a, dans un discours fort, dénoncer sans ambages toutes les responsabilités dans les conflits du Moyen-Orient, n’épargnant personne.
« Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre ! 
Cela suffit, l’occupation de terres qui lacèrent les peuples !
 Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens ! 
Cela suffit, l’utilisation du Moyen-Orient à des profits étrangers au Moyen-Orient !, a-t-il lancé.
 Cela suffit, les oppositions obstinées ! 
Cela suffit, la soif de profit qui ne prend personne en compte, cherchant uniquement à accaparer les gisements de gaz et de combustible, sans égard pour la maison commune et sans scrupule sur le fait que le marché de l’énergie dicte la loi de la cohabitation entre les peuples ! ».

Rappelant aux potentats de la région qu’« il faut que celui qui détient le pouvoir se mette enfin et résolument au vrai service de la paix, et non pas de ses propres intérêts », il a aussi rappelé que, à Jérusalem, « le statu quo exige d’être respecté selon ce qui a été décidé par la Communauté internationale » et la nécessité d’une « solution négociée entre Israéliens et Palestiniens ».
Au cours de la rencontre à huis clos, il devait aussi être question des réfugiés du conflit syrien. « Bien sûr, il faut que cette guerre s’arrête pour que nos malheurs s’arrêtent, explique Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite melkite d’Alep (Syrie). Mais si je pleure sur ce qui a été détruit, je suis plus préoccupé encore par l’émigration. »
Jeudi, plusieurs patriarches catholiques et orientaux de Syrie et du Liban, se sont d’ailleurs concertés pour appuyer sur ce thème, crucial à leurs yeux, dans les discussions.

« Il faut absolument séparer la question du retour des réfugiés de celle du règlement politique en Syrie », plaide le cardinal Béchara Raï qui a accueilli cette réunion dans son Patriarcat maronite de Bkerké et dont le pays, le Liban, voit les réfugiés (palestiniens et syriens) constituer aujourd’hui plus de la moitié de la population.
« Ces camps de réfugiés sont un terreau pour le fondamentalisme et la violence », met-il en garde.
« Il est important que les réfugiés reviennent que les gens rentrent chez eux », martèle le patriarche syrien-orthodoxe Ignace-Ephrem II, qui plaide pour une aide financière au retour de la part des Occidentaux.

« Ceux qui ont passé la mer ne reviendront jamais, reconnaît-il. Mais il y a les autres, dans les pays autour de la Syrie. Nous avons besoin d’eux. » « Je leur assure que le retour est sûr », continue le patriarche, qui siège à Damas et qui, tout en reconnaissant que le régime syrien a ses défauts, souligne qu’il est largement préférable à une domination islamiste.
« Mais nous devons d’abord parler contre la violence : si nous semblons appuyer un côté ou un autre dans le conflit, ça ne marchera pas, explique-t-il. Aussi, même si notre message n’est pas politique, il s’agit aussi d’envoyer un message aux responsables politiques. Une parole commune des chrétiens d’Orient et d’Occident a beaucoup de poids. »
Nicolas Senèze, à Bari (sud de l’Italie}

LIBAN - Nouvelle statue de grandes dimensions de Saint Charbel prochainement inaugurée sur les hauteurs d’Hammana Beyrouth (Agence Fides) – La nouvelle statue du saint libanais Charbel qui sera installée dans les prochains jours sur les hauteurs du village d’Hammana est haute de 16 mètres. Elle dominera à terme les villages environnants et sera visible également depuis la zone de Beyrouth. Le transfert de la statue, de Mar Moussa au lieu de sa prochaine installation, a suscité curiosité et surprise parmi la population locale à cause des grandes dimensions de la sculpture dont la création a demandé cinq mois de travail de la part de main-d’œuvre spécialisée. La sculpture a été financée par Charles Barmaki, alors que la municipalité d’Hammana a mis à disposition le terrain où elle sera placée. A la cérémonie d’installation et d’inauguration de la statue, prévue pour le Dimanche 22 juillet, devrait être présent le Patriarche d’Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Béchara Boutros Raï. La petite ville d’Hammana occupe une position stratégique. La statue de Saint Charbel aura un grand impact visuel pour les usagers de l’autoroute nationale reliant l’est à l’ouest du pays, reliant également le Liban au réseau autoroutier du Proche-Orient qui arrive jusqu’en Arabie Saoudite. Charbel Makhluf (1828-1898), prêtre et moine de l’Ordre libanais maronite, figure chère aux chrétiens libanais pour sa spiritualité austère, connu pour les miracles de guérison lui ayant été attribués notamment après sa mort, fut canonisé par le Bienheureux Pape Paul VI en 1977. A l’été dernier, une autre statue de Saint Charbel, plus grande encore, puisque haute de 27 mètres, a été installée sur les hauteurs de Kesrouan, alors qu’en mars dernier (voir Fides 17/03/2018) la première statue dédiée au Pape François au Liban et dans l’ensemble du Proche Orient a été inaugurée à Hadath, municipalité du district de Baabda, considérée comme faisant partie des faubourgs sud de la capitale, Beyrouth. Des sources locales expliquent à l’Agence Fides que la multiplication des statues et images de saints et de symboles chrétiens dans des lieux publics et visibles à tous, veut être un signe visant à encourager les chrétiens locaux à ne pas renoncer à manifester visiblement leur identité, en continuant à offrir leur contribution originale à la coexistence avec les diverses communautés religieuses dans le cadre d’une citoyenneté commune. (GV) (Agence Fides 09/07/2018)


Au Liban-Sud, « sur un foyer de guerre, construire un foyer de paix »


https://www.lorientlejour.com/article/1121074/-sur-un-foyer-de-guerre-construire-un-foyer-de-paix-.html


À Qaouzah, une laïque consacrée française édifie, sur un terrain de l’archevêché maronite, une maison d’accueil couleur arc-en-ciel.
15/06/2018
Près du village de Qaouzah (Liban-Sud), la forêt Saint-Joseph est un havre de silence. Entre les arbres, on aperçoit une vallée verdoyante semée d’arbustes en fleurs et d’arbres qui dispensent une ombre bienfaisante. Voilà la frontière entre Israël et le Liban. En juillet 2006, ce paradis était devenu un enfer, lieu de conflit et de discorde. Béatrice, une consacrée (une personne qui dédie sa vie à Dieu hors d’un ordre religieux) française dynamique a une ambition : faire de ce foyer de guerre un foyer de paix. Le nom du village porte en lui tout le projet : Qaouzah signifie arc-en-ciel. Le but est de construire un arc-en-ciel entre les différentes communautés du Proche-Orient, de bâtir un pont entre chrétiens et musulmans.
En 2009, la Délégation catholique pour la coopération (DCC) envoie Béatrice au Liban comme volontaire. Pendant deux ans, elle enseigne le théâtre et la musique aux enfants du collège Saint-Joseph des sœurs des Saints-Cœurs, dans le village de Aïn Ebel. Les classes dont elle s’occupe sont mixtes, composées d’élèves chrétiens et musulmans. À travers l’enseignement, elle découvre que le dialogue entre membres de religions différentes est possible et se rend compte de combien il peut être riche et fécond.
En 2011, le synode des Églises orientales exprime son inquiétude quant au déclin de la vie contemplative en Orient. Ce constat ravive chez Béatrice l’appel à la vie monastique reçu dans son enfance. Elle a une conviction : tout homme doit apporter à sa vie une dimension contemplative afin de retrouver une paix intérieure. Elle aspire également à « vivre et rayonner la paix au Proche-Orient ». Elle élabore alors le projet d’un lieu où chacun, chrétien comme musulman, pourra venir chercher l’apaisement et prier pour la paix.
En exposant son idée à l’archevêque maronite de Tyr, Chucrallah Nabil el-Hage, elle ne savait pas encore qu’elle répondait à une aspiration profonde du prélat. Ce désir de construire la paix au Proche-Orient est ancré en lui depuis longtemps. Le jour même de son ordination, Mgr Hage avait fait écrire sur le carton d’invitation : « Nabil el-Hage, prêtre pour la paix au Proche-Orient ». Fruit de la collaboration entre ces deux apôtres de la conciliation, l’Arche de la paix commence à s’édifier sur la colline Saint-Joseph qui appartient à l’archevêché de Tyr. 

Une arche refuge
En juin 2015, de petits ermitages furent achevés. Régulièrement, des retraitants viennent y passer un week-end ou quelques jours afin de retrouver la paix. « À l’écart de ce monde qui nous fait courir à perdre haleine, ils trouvent un lieu calme où se ressourcer », explique « sœur » Béatrice. Tous furent bâtis dans le style traditionnel avec un intérieur très simple : une table basse, des poufs et des tapis en constituent tout l’ameublement. Béatrice souhaite, en effet, que ce projet soit avant tout celui des Libanais. Elle s’efforce donc d’y associer les villageois de Qaouzah et des environs. « Je le leur répète sans cesse : ces ermitages sont pour vous, ce sont les vôtres ! Je veux réveiller ici l’amour du Proche-Orient et la volonté d’y amener la paix. »

Quant à l’arche elle-même, sa construction a débuté il y a maintenant deux ans. Elle comprendra une chapelle pour l’exercice du culte ainsi que plusieurs salles où se tiendront des séminaires et des conférences. Ce sera un lieu d’accueil, d’hospitalité et de dialogue. Sœur Béatrice souhaite faire venir des intervenants spécialistes de la religion chrétienne et de l’islam. Ils exposeront la notion de paix dans la Bible et dans le Coran. L’objectif est que tous les croyants puissent discuter ensemble, dans une volonté commune de réconciliation et de construction de la paix. Elle projette aussi de mettre en place d’autres ateliers (une initiation à la danse sacrée par exemple), dont certains seront animés à plusieurs voix par des psychothérapeutes et des théologiens. Elle rappelle en effet que « la première paix que chacun doit chercher est la paix intérieure. Il pourra ensuite la transmettre ». 

Le jardin de la paix
Autour de l’arche en construction s’étend un vaste parc en cours d’aménagement. Dans ce labyrinthe de rochers, de plantes et de bassins, beaucoup d’animaux ont trouvé leur place. Si leur rôle est d’abord utilitaire (le chien garde la propriété, les poules pondent des œufs, les brebis contribuent à débroussailler la forêt), leur présence a aussi une valeur symbolique : des colombes sont là pour symboliser la paix ; un dromadaire blanc insuffle au lieu l’énergie du désert. Cette joyeuse ménagerie marque enfin une volonté de réconciliation entre l’homme et la nature, entre Adam et le jardin d’Éden.

Pour achever ce beau projet, Béatrice a besoin de toutes les bonnes volontés. Certains paroissiens de Qaouzah et des villages voisins viennent parfois lui donner un coup de main. L’association chiite Verts sans frontières a également proposé son aide pour débroussailler la forêt. Le jardin de la paix est donc déjà l’œuvre de chrétiens et de musulmans. Sœur Béatrice y a planté une espérance : « De ce terreau multiconfessionnel émergera l’olivier de la paix. »

mardi 3 juillet 2018

SYRIE - Démenti d’un transfert du Patriarcat syro orthodoxe de Damas en direction du Liban


 

 
Damas (Agence Fides) – Le du Patriarcat syro orthodoxe d’Antioche a officiellement démenti les rumeurs et reconstructions journalistiques qui prévoyaient un imminent transfert du siège patriarcal de Damas à Atchaneh, au Liban. Le Patriarcat syro orthodoxe – a indiqué le bureau des communications de ce dernier – restera en Syrie malgré les nombreux facteurs qui, au cours des sept années de conflit, induisaient à transférer le siège patriarcal dans d’autres pays.
Les indiscrétions concernant un possible transfert au Liban du Patriarcat syro orthodoxe ont notamment été alimentées par la récente inauguration d’un siège détaché de ce même Patriarcat à Atchaneh. Le siège du Patriarcat syro orthodoxe d’Antioche a toujours été situé dans la capitale de la Syrie, d’abord à Antioche – actuellement en territoire turc – puis à Damas. Une antenne du Patriarcat syro orthodoxe – font remarquer les responsables de la communication patriarcale – a été ouverte au Liban dès les années 1970 dans le but d’assurer principalement le service pastoral aux syro orthodoxes présents dans ce pays. Le Liban représente une partie inséparable des territoires d’enracinement historique des communautés syro orthodoxe. L’inauguration d’un nouveau centre patriarcal syro orthodoxe au Liban – remarquent les sources du Patriarcat – représente selon le Patriarche syro orthodoxe Ignace Ephrem II « une réponse à tous ceux qui ont œuvré pour affaiblir la présence chrétienne au Proche-Orient ». Entre temps, l’initiative prise par l’Eglise syro orthodoxe visant à instituer une Université privée – la Akhtal Private International University, à Qamishli, dans la province syrienne d’Hassaké, au nord-est du pays, avec une antenne dans le village de Maarat Saidnaya, où se trouver le Monastère Saint Ephrem, siège du Patriarcat syro orthodoxe, confirme indirectement qu’il n’existe aucun projet visant à transférer le siège principal du Patriarcat syro orthodoxe hors des frontières syriennes. (GV) (Agence Fides 02/07/2018)

vendredi 15 juin 2018

IRAQ - Vœux du Patriarche de Babylone des Chaldéens aux musulmans pour la fête de l’Aid al Fitr et participation à un dîner marquant la fin du ramadan

IRAQ - Vœux du Patriarche de Babylone des Chaldéens aux musulmans pour la fête de l’Aid al Fitr et participation à un dîner marquant la fin du ramadan
 
Bagdad (Agence Fides) – Dans la soirée du 14 juin, le Patriarche de Babylone des Chaldéens, S.B. Louis Raphaël I Sako, a participé à un dîner organisé près l’église chaldéenne de Mar Korkis, sise à Bagdad, à l’occasion de la fin du ramadan. Ce repas marquant la fin du jeûne quotidien a vu la participation de chrétiens, de musulmans, de mandéens et de sabéens, ainsi que de représentants des autorités locales et de l’Ambassadeur de l’Etat de Palestine en Irak.Ce dîner a ouvert la fête de l’Aid al Fitr, qui marque la fin du ramadan. Le Patriarche de Babylone des Chaldéens a également, au cours de ces dernières heures, adressé, « au nom de l’Eglise », un Message de félicitations « aux sœurs et frères musulmans » à l’occasion de cette fête. Dans ce message, diffusé par les moyes de communication officiels du Patriarcat et parvenu à l’Agence Fides, le Patriarche de Babylone des Chaldéens – qui sera créé Cardinal par le Pape François le 28 juin prochain – fait également appel aux vainqueurs des élections législatives du 12 mai dernier en leur demandant d’être « prêts à se sacrifier par amour pour l’Irak et pour la population irakienne » et de prendre leurs responsabilités « afin de sauver notre pays de la crise politique et sociale actuelle qui est dangereuse ». S.B. Louis Raphaël I Sako demande en outre à ce que soit surmonter l’impasse post-électorale et que soit résolues les controverses issues des accusations et soupçons de fraudes électorales, qui risquent de paralyser la vie institutionnelle et politique du pays. « Les chrétiens – a-t-il affirmé – prient actuellement dans toutes les églises afin qu’existe bientôt un gouvernement solide, capable de conduire l’Irak vers le port de la paix ». (GV) (Agence Fides 15/06/2018

Emmanuel Macron a rencontré l’archevêque de Mossoul

Emmanuel Macron a rencontré l’archevêque de Mossoul

Le Président s’est entretenu aujourd’hui avec Mgr Petros Mouche, archevêque syriaque catholique de Mossoul, sur l’avenir des chrétiens d’Orient et de l’Irak. Un thème qu’il abordera dans sa visite du 26 juin au pape François.

La rencontre n’était pas inscrite à l’agenda officiel. Elle a même été organisée à la dernière minute. Vendredi 15 juin, vers 9h, Emmanuel Macron a rencontré l’archevêque de Mossoul et de Qaraqosh, Yohanna Petros Mouche, dans son bureau.
« C’était une rencontre intime, pas du tout formelle »a confié à La Vie l’évêque syriaque, à l’issue de ce rendez-vous. Cet entretien n’est pas dû au hasard : il s’inscrit dans la préparation de la rencontre entre le Président et le pape François au Vatican, le 26 juin prochain. Car parmi les dossiers que le chef de l’État compte aborder avec le souverain pontife, celui du destin des chrétiens d’Orient trône au-dessus de la pile. Même si, depuis le printemps 2017 et la défaite de Daech dans la région, la population a pu peu à peu rentrer dans les villages, la situation dans la zone n’est pas encore totalement stabilisée.
Durant les vingt minutes d’entretien, Mgr Petros Mouche a d’abord rappelé au locataire de l’Élysée les liens historiques qui unissent la France et les chrétiens d’Orient, puis a remercié tous les Français qui ont contribué, au sein de la coalition internationale, à la libération de la plaine de Ninive et de Mossoul. Le Président s’est montré très à l’écoute. Il a même pris son temps. Le directeur de cabinet de Matignon et le chef d’État major, qui devaient ensuite voir Emmanuel Macron, ont dû patienter dans l’antichambre.
À la fin de la rencontre, l’évêque irakien a invité le président français à venir en Irak pour admirer le monastère de Mar Behnam. Un lieu chargé de symboles et d’histoire pour les différentes communautés de la région. Situé dans un village sunnite, le mausolée – détruit par l’État islamique en mars 2015 puis rénové – abrite les reliques de saint Behnam, l’un des martyrs les plus importants de la chrétienté orientale. Musulmans et yézidis viennent aussi y prier.
En cadeau, l'archevêque de Mossoul a offert à Emmanuel Macron une page tirée d’un livret de messe retrouvé dans les ruines d'une église de la ville de Sinjar et que les islamistes n’avaient pas brûlée. Visiblement touché, Emmanuel Macron lui a demandé de lui lire ce qui y était écrit en arabe. Il s’agissait de la prière du Notre Père. Puis il a enbrassé Mgr Petros Mouche.
http://www.lavie.fr/actualite/politique/emmanuel-macron-a-rencontre-l-archeveque-de-mossoul-15-06-2018-90843_813.php

jeudi 14 juin 2018

افتتاح معرض البطاركة الموارنة عبر التاريخ في زغرتا

افتتاح معرض البطاركة الموارنة عبر التاريخ في زغرتا14 يونيو,2018 
أحيا دير مار يعقوب في كرم سده قضاء زغرتا، بمناسبة عيد القديس أنطونيوس البادواني، سلسلة نشاطات في أرجاء الدير استهلت بافتتاح معرضا بعنوان: “البطاركة الموارنة عبر التاريخ”، تضمن صورا للبطاركة الموارنة عبر التاريخ، وكتبا دينية ومنتوجات بلدية.
إفتتح المعرض راعي أبرشية طرابلس المارونية المطران جورج بو جوده ممثلا البطريرك الماروني الكاردينال مار بشاره بطرس الراعي، في حضور رئيس إكليريكية كرمسدة المونسنيور أنطون مخايل، وعدد من الآباء والكهنة والعلمانيين من أبناء المنطقة والجوار، وكان شرح من قبل الخوري عبود جبرايل عن تاريخ الموارنة باختصار ودور البطاركة عبر التاريخ.
وترأس عشية العيد رئيس الدير المونسنيور أنطوان مخائيل قداسا احتفاليا في كنيسة مار أنطونيوس البادواني في الدير، عاونه فيه وكيل الدير الخوري عزت الطحش، الخوري ادوار الشالوحي ومشاركة لفيف من كهنة الابرشية وحضور حشد من أبناء المنطقة.
والقى المونسنيور مخايل عظة في المناسبة تحدث فيها عن “صفات القديس البادواني، ومسيرة حياته”. ثم انتقل الجميع الى الباحة الخارجية للدير حيث بارك المونسنيور مخايل دسوت الهريسة، في حضور ومشاركة راعي الابرشية المطران جورج بو جوزه، والنائب البطريركي العام على رعيتي زغرتا وبشري المطران جوزاف نفاع، ولفيف الكهنة، وتشارك الجميع لقمة العيد وتبادلوا التهاني.
يذكر أن المعرض كان من تنظيم جمعية “ابوستوليكا” بإشراف المطران عاد ابي كرم ومن إعداد الأب عبدو بدوي.

Chrétiens d’Orient, défense ou présence ?


Pour le journaliste Luc Balbont, spécialiste du Moyen-Orient, la présence – et non la défense – des chrétiens, contribue à renforcer la diversité et la capacité de « vivre ensemble ». Cette diversité est la richesse de l’Orient arabe. La disparition des Églises orientales serait un malheur pour l’ensemble des populations et notamment pour les majorités musulmanes.
C’est le propos qu’il… défendra lors de sa prochaine conférence, le 18 juin 2018, 18h30, salle Garbis Manoukian, Église apostolique arménienne de Lyon, 40 rue d’Arménie, 69003 (métro D, station Garibaldi ou Saxe-Gambetta). Cet événement est organisé par Chrétiens de la Méditerranée, le réseau citoyen des acteurs de paix, en partenariat avec L’Œuvre d’Orient.
Luc Balbont vit depuis près de 20 ans entre la France et le Liban. Administrateur de Chrétiens de la Méditerranée, il collabore régulièrement avec L’Œuvre d’Orient (conférences, articles). Il publie également un blog : Rencontres orientales.
La conférence sera animée par Pascal Maguesyan, photographe et ancien journaliste, auteurs de nombreux ouvrages sur les chrétiens d’Orient. Chef de projet Mesopotamia Héritage, il rédige toutes les notices en français, participe au processus d’identification des sites explorer et accompagne la plupart des missions en Irak. Le projet Mesopotamia Héritage est notamment soutenu par la Fondation Saint-Irénée, laquelle organise une représentation du spectacle Hourra ! (flyer téléchargeable ici) le 27 juin prochain à Lyon, au profit du jumelage Lyon – Mossoul
http://www.chretiensdelamediterranee.com/chretiens-dorient-defense-ou-presence/

Luc Balbont est journaliste et spécialiste du Moyen-Orient. Arabisant, il vit depuis 1989 entre la France et le Liban, pays où réside sa famille. Membre du CA de Chrétiens de la Méditerranée, il collabore aussi à la revue de L'Œuvre d'Orient, et donne pour elle de nombreuses conférences. Il a reçu, en 2006, le prix « Reporter d’espoir » pour des reportages effectués en Égypte et en Palestine. Il est actuellement correspondant à Beyrouth pour le quotidien francophone algérien Liberté. Auteur de plusieurs livres, il a reçu le prix littéraire de L’Œuvre d’Orient en 2012, pour le livre écrit avec Joseph Alichoran : Jusqu’au bout (Nouvelle Cité), entretiens avec Mgr Casmoussa, alors archevêque syriaque catholique de Mossoul. Pour Luc Balbont, la présence - et non la défense - des chrétiens, contribue à renforcer la diversité et la capacité de "vivre ensemble". Cette diversité est la richesse de l'Orient arabe. La disparition des Églises orientales serait un malheur pour l'ensemble des populations et notamment pour les majorités musulmanes. Pascal Maguesyan est auteur de plusieurs livres sur les chrétiens d’Orient, Chrétiens d’Orient : ombres et lumières et de Sur le chemin de Guiragos. photographe et ancien journaliste. Pascal Maguesyan est chef de projet de Mesopotamia Héritage. Il rédige toutes les notices en français, participe au processus d’identification des sites à explorer et accompagne la plupart des missions de terrain en Irak. Né en 2005, le réseau Chrétiens de la Méditerranée se veut au service de l’information et la formation, du dialogue et des partenariats entre les chrétiens de l’espace méditerranéen. Œuvre d’Église, l’Œuvre d’Orient est au service des chrétiens d’Orient depuis plus de 160 ans. Elle donne aux prêtres et aux communautés religieuses les moyens d’accomplir leurs missions – au service de tous - éducation, santé, aide sociale et pastorale – dans 23 pays, principalement au Moyen-Orient

samedi 9 juin 2018

SYRIE - Soutien du Patriarche grec orthodoxe d’Antioche aux thèses du Patriarcat de Moscou sur la question ukrainienne ?


SYRIE - Soutien du Patriarche grec orthodoxe d’Antioche aux thèses du Patriarcat de Moscou sur la question ukrainienne ?
 
Damas (Agence Fides) – Le Patriarche grec orthodoxe d’Antioche, Yohanna X Yazigi, a exprimé son soutien à l’Eglise orthodoxe russe, se déclarant substantiellement contraire à la reconnaissance d’une Eglise orthodoxe nationale autocéphale en Ukraine, pleinement soustraite à la juridiction du Patriarcat de Moscou. La position du Patriarche grec orthodoxe sur la question ukrainienne qui, depuis longtemps, alimente discussions et tensions à l’intérieur des Eglises orthodoxes, a été référée par le parlementaire russe Dmitry Sablin, après une rencontre qu’il a eu à Damas avec Yohanna X Yazigi. « Le Patriarche – a déclaré D. Sablin aux moyens de communication russes – a déclaré que l’Eglise d’Antioche soutient l’Eglise russe et est contraire au schisme en Ukraine ». Au cours de l’entretien – a ajouté le député de la Douma – le Patriarche grec orthodoxe d’Antioche s’est attardé sur la situation des chrétiens en Syrie et sur les souffrances qu’ils ont subi durant les années du conflit syrien, exprimant sa gratitude vis-à-vis de la Russie et de son Eglise, mentionnant en particulier ses récentes rencontres à Moscou avec le Patriarche de Toutes les Russies, Cyrille, et le Président, Vladimir Poutine. Yohanna X Yazigi a également remercié l’Association des anciens combattants russes « Fraternité militaire » pour leur contribution à la restauration du Couvent de Sainte Thècle sis à Maalula, gravement endommagé durant les mois pendant lesquels, entre 2013 et 2014, le village rupestre avait été pris par les milices islamistes antigouvernementales. Ainsi que cela a été indiqué par l’Agence Fides (voir Fides 14/01/2017), dès le début de 2014, des représentants officiels de l’islam syrien, accompagnés de fonctionnaires du Ministère syrien pour les dotations et affaires religieuses avaient adressé au Patriarche de Moscou une invitation à visiter la Syrie.
Durant le conflit syrien, le Patriarcat de Moscou a renforcé ses liens avec les Eglises orthodoxes du Proche-Orient, y compris en se servant de ses ressources matérielles. Ainsi, dès août 2013, avait été rendue publique la donation de 1,3 millions d’USD provenant de l’Eglise orthodoxe russe au Patriarcat d’Antioche afin de secourir le peuple bouleversé par le conflit. (GV) (Agence Fides 09/06/2018)

تتزايد في الآونة الأخيرة حوادث سرقة الكنائس والمزارات.


من جبيل حتى كسروان وصولاً إلى زحلة وبعلبك، ومختلف المناطق اللبنانية، تتزايد في الآونة الأخيرة حوادث سرقة الكنائس والمزارات. أفراد وعصابات متنقلة ومتخصصّة بفنون كسر وخلع صناديق النذورات من أمام الكنائس وداخلها. أضف الى سرقة الأواني الذهبية والموجودات الثمينة، حتى وصل الأمر بهؤلاء الى سرقة جرس الكنيسة الذي يزن مئة كيلو ويقدر ثمنه بنحو 3500 دولار، كما حصل في احدى الكنائس الشمالية سابقا. أمام هذه المعضلة، هل باتت حماية الكنائس لنفسها أمراً متوجباً عبر نشر رجال أمن خاصة لحراستها؟

على الرغم من تحرّك القوى الأمنية الفوري للقبض على السارق وتوقيفه، وملاحقة القضية، تكرار هذه الحالات تدق ناقوس الخطر وتهدد أمن زوّار الكنائس، خصوصاً أن الملاحقة الأمنية الرسمية تجري بعد حصول الحادثة، وبالتالي، فإن استباق عمليات الشغب أمر بديهي لحماية دور العبادة. 


في السياق، أشار مدير المركز الكاثوليكي للإعلام الاب عبدو ابو كسم في حديثه لـ"ليبانون ديبايت" الى ان هذه الحوادث تتزايد ولم تعد مقبولة، خصوصا ان السارق بات يشرّع لنفسه سرقة الكنائس والمزارات تحت تبرير ان الأموال المسروقة تعود الى وقف الكنائس الذي باعتقاد السارق ألا مصاريف ومسؤوليات عليه. 

تدفع الضيقة الاقتصادية الصعبة التي يمر بها لبنان نحو السرقة، بحسب أبو كسم. ورأى انه من غير اللائق وضع عناصر من القوى الأمنية أمام الكنائس لحراسة المزارات لما قد يزرع ذلك من قلق وخوف في نفوس المواطنين. الّا انه لا ينكر أهمية تشديد الاحتياطات لاستباق تكرار هذه الحوادث، معترضا على صناديق النذورات الموضوعة على الطريق أمام بعض المزارات، اذ اعتبر ان من السهولة التعرض لها وخصوصا في الليل.

وفي ما يتعلّق بالكنائس التي تتعرّض محتوياتها وصناديق التبرعات والنذورات فيها للسرقة، لفت أبو كسم الى ان السبب الأبرز هو ترك أبواب بعض الكنائس مفتوحة ليلا وتسمح بدخول الزوار اليها. وسلط الضوء على الكنائس البعيدة عن الأحياء السكنية وعملية السطو عليها سهلة ولا تخضع لأية رقابة.

من هنا، شدد ابو كسم على ضرورة التنسيق بين البلدية ورعية الكنيسة لتأمين الحراسة في محيط الكنائس والحرص على ضبط الأمن. ورأى انه من حق الكنائس الحصول على الحراسة اللازمة من قبل عناصر شرطة البلدية لأن وقف الكنائس يلتزم بدفع الرسوم والضرائب المتوجبة عليه كسائر المواطنين.

أضف الى وضع كاميرات مراقبة داخل وأمام الكنائس لرصد أي من أنواع التحركات المشبوهة منعا لتعرض الكنيسة لأي خطر. وخلال النهار على الشمّاس الموجود داخل الكنيسة الانتباه أكثر ومراقبة التحركات داخل الكنيسة لعدم وقوع أي مشكلة أو سرقة، بحسب أبو كسم.

وبعد ما شهد شهر أيار وحده على عشرات السرقات للكنائس والمزارات، طالب أبو كسم المعنيين كافة من قوى أمنية وبلديات تشديد الحراسة على أماكن العبادة لمنع التعرض لها وسرقتها. وأشار الى ان هناك تفاوتاً بين البلديات من حيث الاهتمام بتأمين حراسة خاصة لدور العبادة، منها من يشدد على هذا الأمر وبعضها لا يكترث.

حتى اليوم لا وجود لأي بروتوكول تعاون بين وقف الكنائس والبلديات تلزم الأخيرة بوضع حراسة أمام الكنائس في المناطق. والتنسيق يقتصر على اتفاق بين خوري الرعية ورئيس البلدية، على أمل انشاء بروتوكول تعاون بين المطرانية والمحافظ في كل منطقة للالتزام بفصل حراسة للكنائس، وفقاً لمدير المركز الكاثوليكي.

وبعد القاء القبض على عصابة سرقت صناديق نذورات، في الفترة الأخيرة، من داخل كنائس ضمن محافظة جبل لبنان بواسطة الكسر والخلع من بينها جبيل ولحفد ومستيتا وبشلي، علّق رئيس اتحاد بلديات جبيل فادي مرتينوس في حديث لـ"ليبانون ديبايت" ان التنسيق بين بلديات قضاء جبيل ووقف الكنائس موجود ووثيق. وتختلف درجاته بحسب تعاون عناصر شرطة البلدية مع كل رعية. 

لكن مع تزايد حوادث سرقة الكنائس في المنطقة، أكد مرتينوس ان البلديات ستعقد اجتماعات لوضع خطة استباقية لمنع تكرار الحوادث من هذا النوع. وتحتاج لتنفيذ الأمر، التعاون مع القوى الأمنية ووقف كل رعية في المنطقة.

كريستل خليل ليبانون ديبايت 
2018 -حزيران -09

jeudi 7 juin 2018

Publication évènement : Monseigneur Youssef Rizk (1780-1865), Disciple de Aïn Waraka

Publication évènement : Monseigneur Youssef Rizk (1780-1865), Disciple de Aïn Waraka

Lire la suite: https://libnanews.com/publication-evenement-monseigneur-youssef-rizk-ain-waraka/



A la suite de la brillante soutenance de sa thèse de doctorat, le prêtre savant et chercheur, père Michaël Kambar a signé le 1er juin 2018 son livre, à acquérir de toute urgence, publié par le Centre de Recherches et de Publications de l’Orient Chrétien(CERPOC) avec les éditions de l’USJ. Ce travail de recherche, incontournable reprend la situation de l’enseignement gratuit, mixte et obligatoire, accompli grâce au clergé maronite, dans l’ensemble de la montagne libanaise. Ce mouvement déterminant a été à l’origine, de la renaissance culturelle et éducative du Liban au XIX siècle. Il décrit avec précision et de manière fort documentée, le rôle de L’institution de Aïn Waraka, qui fut l’institution mère de toutes les écoles du Liban et de Syrie.  Il plonge par ailleurs dans le climat politique et culturel du temps de l’Emirat sous Béchir II (1789-1840), des deux caïmacamiyatayn (1842-1860) jusqu’aux débuts de la Moutassarifiya (1860-1918). Il m’a semblé indispensable de présenter cet ouvrage de référence qui nous éclaire sur l’évolution pédagogique et politique du Mont Liban au XIX siècle, surtout à l’heure où les institutions éducatives traversent une grave crise au Liban. A l’instar de tout le pays qui en attendant de célébrer son premier centenaire (1920-2020) s’enfonce de plus en plus, dans la tourmente financière, sociale et identitaire. La Thèse, en langue arabe, couvre une introduction, cinq chapitres principaux détaillés et une conclusion, avec tous les documents et références en annexe. Dans l’introduction, la recherche décrit le climat politique et culturel prévalant au XIX ème siècle, ère des révolutions industrielles, économiques, et sociétales, en se penchant particulièrement sur les données historiques et géographiques spécifiques au Liban. Elle souligne que les maronites avaient renoué avec la papauté à Rome, à partir du XV ème siècle et avaient obtenu, une attention particulière au niveau culturel et intellectuel, menant à la fondation du collège maronite de Rome (1584-1808), par le pape Grégoire XIII, pour donner à de futurs responsables de l’église maronite, une formation ecclésiastique dans la ligne des réformes introduites, par le concile de Trente (1545-1563) et dont il confia la direction aux pères jésuites.  Cette institution devint alors le noyau de la renaissance culturelle au Liban car les élèves qui y étaient formés, furent imprégnés de modernité. Certains devinrent par la suite patriarches et évêques et œuvrèrent, à répandre le savoir et la connaissance dans leur communauté. Cette renaissance se traduisit un peu plus tard au Liban, par l’édification de l’école de Houka en 1632 puis celle de Aïn Waraka en 1789.Ce mouvement au Liban fut également à l’origine du sursaut culturel dans toutes les communautés, parallèlement à des missions latines, telles que les Franciscains, les Capucins, les Jésuites, les Carmes et les Lazaristes. Il contribua à forger l’identité libanaise plurielle et le but de cette thèse est d’éclairer, le rôle d’un des piliers de cette renaissance au Liban, l’évêque Youssef Rizk qui accompagna les patriarches et les évêques, en tant qu’inspirateur, que guide, qu’aide et compagnon.  Le collège maronite (fondé en 1584) commença par former à Rome, une élite intellectuelle parmi le clergé mais le synode maronite de Louaizé de 1736(qui restructura l’église maronite) prit la décision, d’étendre l’enseignement gratuit et obligatoire, à tous les enfants de la communauté maronite au Liban et en Syrie.  Ce qui poussa le patriarche Youssef Estephan (1766-1793), élève du collège maronite de Rome, sur le conseil de son neveu le prêtre Khairallah Estephan (devenu plus tard l’évêque Youssef Estephan) et l’appui du consul de France Cheikh Ghandour Saad, à transformer en 1789, le monastère Saint Antoine de Ghosta (propriété de la famille Estephan), en une école publique gratuite, qui se charge de la formation des prêtres et de tous ceux qui le désirent de la communauté maronite. Deux buts furent assignés à la nouvelle institution : renforcer l’éducation spirituelle et diffuser l’éducation religieuse et scientifique ce que le patriarche Estephan a dénommé « les sciences sacrées »et qui couvraient tout d’abord l’enseignement du syriaque et de l’arabe puis l’éloquence, ensuite la science de la logique et de la philosophie puis la science de la théologie théorique et pratique,  celle des débats religieux ,l’explication des livres saints, la maîtrise des homélies spirituelles ainsi que l’avertissement de la parole de Dieu au peuple chrétien. Mais le but ultime était d’effacer l’ignorance et de sauver les âmes. D’autres raisons ont également poussé à cette transformation notamment l’esprit d’indépendance de l’église maronite, par rapport à l’église de Rome et la congrégation de la  Propagation  de la foi (Propaganda Fide) fondée en 1622 par le pape Grégoire XV ,chargée des œuvres missionnaires et surtout après la dissolution de l’ordre des Jésuites en 1773  (en charge du collège maronite de Rome), d’où la nécessité pour l’église maronite, de pouvoir former sur place ses propres prêtres, dans l’esprit authentique maronite, sans ingérence extérieure. Toutefois cette transformation ne surviendra effectivement qu’après le décès du patriarche Youssef Estephan, sous le mandat de son successeur le patriarche Youssef Tyan (1796-1808), élu patriarche à 33 ans et qui se distinguait lui-même par une vaste culture et une connaissance approfondie de la théologie. Il convoqua un synode à cet effet le 10 Mars 1797. L’Histoire a retenu le nom du patriarche fondateur Youssef Estephan mais a occulté le nom de l’évêque Youssef Rizk, qui dirigea cette vénérable institution durant presque cinq décennies (1808-1814 puis 1825-1865) et veilla à son agrandissement, à sa bonne gestion et à sa direction. D’où le titre de cette thèse « L’évêque Youssef Rizk (1780-1865) : une vie et des réalisations », qui remet en lumière ce parcours exceptionnel. L’évêque Youssef y apparaît, comme le sauveur providentiel de Aïn Waraka, le gérant dévoué et probe de ses biens, le directeur efficace et vigilant de ses élèves, un pilier incontournable des élections successives des patriarches, un acteur lucide dans l’accompagnement des mouvements populaires (communes) et un médiateur avisé durant les révoltes des paysans. Par ailleurs il joua également un rôle important, durant la période des troubles communautaires du Mont Liban (1840-1860), tout d’abord en tant que rassembleur et artisan de la paix et puis comme défenseur du droit et des opprimés. L’évêque savait faire évoluer ses positions, en fonction des circonstances mais elles étaient toujours dictées, par ses principes, ses convictions et les idéaux qu’il voulait défendre. Il accordait une priorité à la négociation pacifique, quand elle était possible mais n’hésitait pas à assumer courageusement, l’affrontement et le conflit quand ils lui apparaissaient inéluctables. Il fit preuve en même temps de beaucoup de sagesse et de beaucoup de bravoure. Par ses multiples talents et missions, il accomplit un rôle déterminant tant communautaire que national, durant une grande partie du XIX ème siècle.  En se penchant sur cette figure majeure, ce travail nous renseigne également sur le rôle pionnier de Aïn Waraka dans l’éveil culturel, intellectuel et pédagogique au Liban et par la suite dans le monde arabe. Parmi les élèves de cette institution nous pouvons citer par exemple, l’évêque Youssef el Debs (fondateur du collège de la Sagesse), l’évêque Youhanna el Habib (fondateur du collège de Kreim des missionnaires libanais)les évêques de la famille Boustani,Le maître Boutros el Boustani (fondateur de l’école Nationale) Rachid el Dahdah et bien d’autres…Outre la révolution scientifique, Aïn Waraka va faire émerger une nouvelle catégorie du clergé lettré et cultivé ,issu des milieux populaires et paysans qui contribuera à réduire, le rôle féodal dans la société chrétienne .Elle accompagnera également  la révolution sociétale. Cette recherche abordera donc successivement : L’époque de Aïn Waraka (chapitre I), la modernisation et la bonne gestion de l’institution (chapitre II), les campagnes de diffamation et les complots dont l’évêque a été la cible (chapitre III), sa compétence dans ses rôles politique et social (chapitre IV) et enfin son exemplarité et sa distinction dans son rapport avec sa hiérarchie et l’institution cléricale dans son ensemble (chapitre V).  Dans le premier chapitre consacré à l’époque de Aïn Waraka, l’étude se penche sur la fondation de l’établissement considéré comme la mère de toutes les écoles en Syrie et au Liban. Elle relève tout d’abord la coïncidence de dates entre la naissance du prélat (1780) et la fondation de l’institution (1789). Ainsi le monastère Saint Antoine de Aïn Waraka a été transformé en une école maronite publique, voulant donner l’accès à la communauté maronite, à l’enseignement gratuit de qualité, afin de combattre l’ignorance et l’obscurantisme. Le monastère étant à l’origine une propriété de la famille Estephan. L’étude se penche sur les circonstances historiques, culturelles et économiques, qui ont mené à cette transformation sous l’égide du patriarcat maronite, la même année que la révolution française (1789). Puis après avoir évoqué les circonstances de la naissance de monseigneur Youssef Rizk en 1780 (né Hanna Touma Rizk) dont la famille s’était installé à Jezzine en 1697, elle aborde le fait qu’en 1797, il fut à 17 ans, grâce à ses talents précoces, son savoir et sa piété, repéré par l’évêque Youhanna el Hélou de Ghosta, plus tard patriarche (1809-1823) lui-même.  L’évêque el Hélou avait été dépêché, par le patriarche Youssef Tyan afin de sélectionner les élèves maronites méritants, dans les villages relevant de l’évêché de Tyr et de Saïda. Il sonda le cœur et l’esprit du jeune homme de Jezzine, qui lui confirma, son désir sincère de devenir prêtre. C’est ainsi qu’il fut appelé à rejoindre la vénérable institution à laquelle il va consacrer la majeure partie de sa vie. C’était la première année (1797) où Aïn Waraka ouvrait véritablement ses portes. Ce travail se penche dès le départ sur le lien structurel qui va s’établir entre le maître, le prêtre Khairallah Estephan (né en 1759, neveu du patriarche Youssef Estephan et qui deviendra lui-même évêque en 1810 sous le nom de Youssef Estephan) et son élève. Puis il envisage le parcours académique et sacerdotal de Youssef Rizk, en passant en revue ses qualités propres, qui alliaient la quête continue du savoir, la bonne gestion et l’extrême piété.  L’évêque Youssef Estephan va diriger l’école Aïn Waraka durant 25 ans (1797-1822). Cette période coïncide avec l’âge d’or de l’Emirat de Bachir II Chehab (1789-1840), avec lequel l’évêque Estephan fut au début très lié mais après son retour d’exil (1822), l’émir le pourchassa et le fit empoisonner car il l’avait soupçonné, de l’avoir trahi durant son absence, en soutenant la révolte populaire contre lui. Ce chapitre nous éclaire sur les circonstances politiques, les usages et les mœurs de l’époque, à l’ombre de la personnalité écrasante de Bachir II qui gouverna durant plus d’un demi-siècle la montagne libanaise. Après le décès tragique de l’évêque Youssef Estephan et selon son testament, on proposa la direction de l’école, à son élève le prêtre traducteur Hanna Rizk, selon le vœu du nouveau patriarche Youssef Hobeiche et celui du propre frère du défunt. Il se récusa dans un premier temps puis finit en 1825, par accéder à cette demande du patriarche et de la famille Estephan, par fidélité à la mémoire de l’évêque. Il fut lui-même promu évêque en 1829 et prit le prénom de Youssef, en souvenir de son maître l’évêque Youssef Estephan. Lesecond chapitreest consacré à la modernisation et la bonne gestion de l’école de Aïn Waraka. Ce chapitre va mettre l’accent tout d’abord sur la gestion financière de l’institution qui était couverte d’innombrables dettes. La bonne gestion et le sens prononcé des affaires du nouvel évêque directeur va assainir la santé financière de l’établissement. Ce chapitre produit plusieurs documents et démonstrations prouvant cette réussite remarquable. L’évêque va multiplier les rentrées par l’acquisition de multiples terrains dévolus à la culture du ver à soie. C’était une activité commerciale à l’époque extrêmement en vogue et très rentable. L’évêque va également consulter des experts économiques et se faire conseiller pour faire prospérer l’école et remplir les caisses. Il s’opposera fermement à toute corruption ou tentative de falsification ou de détournement.  Puis l’étude va passer en revue les méthodes pédagogiques, le rayonnement de l’enseignement, la maîtrise des langues notamment le latin, l’italien et le français (que l’évêque lui-même va introduire en 1825 car l’école devait combler le vide laissé par la fermeture du collège maronite de Rome), ainsi que bien entendu l’arabe et le syriaque, la bonne tenue et l’apprentissage de la philosophie et de la théologie. Elle met l’accent sur l’impact personnel de l’évêque sur l’institution et ses qualités qui en ont fait un pôle d’excellence à tous les niveaux. Par ailleurs elle décrit les travaux de rénovation et d’agrandissement entrepris avec succès par l’évêque. C’est une édification de l’homme et de la pierre. Dans letroisième chapitre, cette recherche aborde d’autres réalisations constructives de l’évêque notamment son souci d’établir une école à Jezzine son village natal, où il fera bâtir sur ses biens personnels et familiaux et de ses propres deniers, une école sur le modèle de Aïn Waraka et une église adjacente, qui contribuèrent (et qui contribuent toujours de nos jours) à perpétuer l’esprit de sa mission accomplie et de son sacerdoce. Il a ainsi beaucoup veillé même absent au prolongement de sa vision, dans le village même qui l’a vu naître. Il fit preuve dans ses dépenses et sa gestion d’une extrême générosité personnelle (sur ses biens propres) et d’une grande probité et vigilance institutionnelle (concernant les biens de l’église). L’église qu’il a bâtie et l’institution qu’il a fondée, gardent son souvenir. Il sembla poursuivre le dessin d’élargir le souci familial au communautaire puis au national. Certes ses succès éclatants et répétés ont entraîné bien des jalousies prévisibles et des campagnes de diffamation notamment de la part de ceux qui profitaient jadis du système ancien et le détournaient à leurs fins propres et personnelles. Des complots furent ourdis contre lui et des rumeurs malfaisantes furent répandues, surtout de la part de certains intrus cupides, qu’il avait pris lui-même sous son aile et qu’il avait protégés. L’appât du pouvoir et du gain vont se traduire par des manœuvres de manipulation, de corruption, de diffamation allant jusqu’à l’accusation d’incitation au meurtre dont a été victime le vénérable prélat protégeant avec ferveur, jusqu’au bout l’institution qui lui avait été confiée. Toute sa vie l’évêque endura avec vaillance et porta sa propre croix, sans perdre sa foi et sa fermeté, dans ses prises de position dictées par sa conscience et son intégrité morale et intellectuelle. L’évêque s’est également défendu de manière rationnelle, en rappelant tout son parcours au service de l’institution qu’il dirigea à deux reprises, la première fois entre 1808 et 1814, et la deuxième à partir de 1825 durant presque quatre décennies. Il produisit tous les documents vérifiables, susceptibles d’étayer son discours et de prouver sa bonne foi et sa bonne gestion. Tous les comptes étaient en règle et les décisions prises amplement justifiées. Finalement l’évêque eut gain de cause et la vérité fut entièrement rétablie. Il reçut alors en 1856 du pape par l’intermédiaire de son envoyé, une lettre d’appréciation et un calice consacré par le Saint Père Pie IX. Son labeur fut ainsi reconnu à sa juste valeur et lui-même pleinement réhabilité. Par la suite l’évêque put ainsi compléter sereinement son œuvre à Jezzine, en complétant l’édification de l’école commencée en 1854 et en lui adjoignant en 1861, une église baptisée Saint Joseph, du nom de son saint patron. Il établit son testament et légua tous ses biens personnels et familiaux au profit de la nouvelle église et de l’école dont la gestion revenait à un membre de sa famille. C’est une institution rattachée à l’évêché maronite de Saïda et non directement au patriarcat (comme Aïn Waraka). Toutefois elle poursuit le même but que son modèle d’origine, l’institution qu’il avait lui-même dirigée, agrandie et fait prospérer, à savoir l’enseignement gratuit et l’excellence du savoir et de la bonne conduite. Le quatrième chapitreest consacré à la grande compétence de l’évêque dans le domaine politique et social. Il aborde le lien étroit dans une société patriarcale entre le spirituel, le culturel, le politique, l’économique et le social. L’auteur évoque les multiples champs d’action de l’évêque.  Il aborde ses liens avec cheikh Bachir Joumblatt (1775-1825) et l’émir Bachir II Chehab (1767-1850) et l’étroite et quasi exclusive complicité puis la rivalité sanglante entre les deux, qui allait durablement ébranler la stabilité de la montagne libanaise. L’émir suspecta le cheikh d’avoir soutenu durant son absence (1820-1822) un de ses rivaux de la famille Chehab(Abbas). Dès son retour d’exil. La guerre était déclarée entre les deux Bachir. Soutenu par les trois pachas (Damas, Tripoli et Saïda-Acre) dont dépendait le Mont Liban, Bachir II doit alors affronter une sorte de « coalition druze » formée par les clans Joumblatt et Yazbak, appuyée par certains féodaux maronites (Khazen et Hobeiche). Bachir II défait Bachir Joumblatt qui se réfugie à Damas et meurt exécuté par le pacha en 1825. Après la liquidation du cheikh par l’émir, l’évêque Youssef Rizk qui reprit la direction de Aïn Waraka en 1825 est parvenu courageusement à gagner la confiance de l’émir et à être proche de lui. Durant leur première entrevue l’émir demanda à l’évêque s’il détenait comme l’affirmait la rumeur le trésor de cheikh Bachir Joumblatt. Ce à quoi répondit le prélat, en lui demandant en quoi cela lui importait puisqu’il n’en était ni le légataire, ni l’héritier. Puis il affirma qu’il ne disposait pas dudit trésor. Son attitude franche voire audacieuse plut à l’émir qui lui accorda sa confiance. Cette bonne relation ne se démentira pas durant toute la vie de l’émir qui prodigua à l’évêque plusieurs présents précieux. Celui-ci lui restera fidèle même après son exil en 1840 et lui rendra visite à Istanbul où l’émir décédera en 1850. Ce chapitre nous éclaire à la fois sur la forte personnalité de l’évêque et sur sa loyauté. Il a été fidèle à sa relation avec cheikh Bachir Joumblatt et le lien s’est étendu après sa mort à son fils Saïd. Toutefois il s’est adressé à l’émir Bachir II en toute quiétude et transparence et est resté ferme dans ses engagements et ses convictions. Sa crédibilité provenait du fait qu’il estimait n’avoir rien à cacher et qu’il affrontait ses détracteurs avec la force de la vérité, ce qui forçait le respect. C’est cette droiture, cette solidité et sa grande capacité de dialogue et d’adaptabilité, qui l’ont aidé à traverser toutes les épreuves et les dangers. L’évêque par ailleurs eut un rôle social important. Il se mobilisera souvent au service des plus démunis, notamment pour les gens de Jezzine qui avaient souvent recours à lui, pour les protéger et dissiper les injustices qui pouvaient les frapper.  Il interviendra surtout positivement pour calmer les tensions entre les deux communautés druze et maronite en 1845.Il essaya dans un premier temps de les rapprocher et d’œuvrer pour la paix civile. Son lien avec les Joumblatt lui donnait cette autorité ce qui n’était pas du bon goût de tout le monde. Un complot fut fomenté en 1845 pour l’éliminer durant sa visite à Jezzine. Il faillit périr, pendant qu’il était en prière sous le figuier devant sa maison (devenue depuis celle du poète Amine Rizk (1890-1983) et puis de son fils l’écrivain et orateur Edmond Rizk). Il échappa par miracle et pardonna à son assassin. Il fit preuve d’un grand courage et d’une grande détermination dans l’adversité. Il prit même la tête d’une partie de l’armée populaire recrutée à Jezzine pour défendre sa communauté. Ce chapitre évoque cette période trouble de l’Histoire du Liban et le rôle joué par l’évêque durant cette période. Le lecteur pourra retrouver dans certains détails l’atmosphère de l’époque et la grande difficulté d’asseoir à nouveau, la stabilité et l’équilibre politique entre les communautés. L’étude passe également en revue les soulèvements populaires et leur impact sur la société du Mont Liban. Elle relate surtout la sombre période des combats communautaires entre 1841 et 1860, les massacres et les désastres économiques, politiques et humains qui en résultèrent. Le cinquième chapitreappréhende les liens complexes entre la congrégation de la Propagation de la foi à Rome (Propaganda Fide) et l’église maronite, à travers les envoyés papaux qui ambitionnaient parfois, de mettre la main et de contrôler les institutions locales. Il aborde également l’exemplarité de l’évêque Youssef Rizk, dans son obéissance à sa hiérarchie et son désir de se distinguer par le droit. Ce chapitre se penche sur les relations de l’évêque avec les trois patriarches qu’il a étroitement côtoyés, en tant que directeur de Aïn Waraka, à savoir les patriarches Youssef Hobeiche (1823-1845), Youssef el Khazen (1845-1854) et Paul Massaad (1854-1890), ainsi que sur ses rapports avec les autres membres du clergé, notamment les évêques, les prêtres et les moines. Le patriarche Youssef Hobeiche a œuvré sans relâche, à renforcer les liens avec le saint siège mais également à asseoir, l’identité orientale de l’église maronite et son autonomie administrative, notamment à travers la formation de son clergé au sein du patriarcat. Cette mission qui débuta avec le patriarche Youssef Estephan (1766-1793), se poursuivit avec le patriarche Youssef Tyan (1796-1808) et s’établit définitivement avec le patriarche Youssef Hobeiche (1823-1845) avec l’aide de l’évêque Youssef Rizk qui dirigea Aïn Waraka (1825-1865). La relation entre les deux hommes fut exemplaire car ils furent condisciples et amis. L’évêque (né en 1780) étant l’aîné du patriarche (né en 1787). Celui-ci fut élu patriarche en 1823(à l’âge de 35 ans). Ils s’épaulèrent mutuellement surtout face aux intrigues politiques malveillantes, aux ingérences et aux malversations. Le patriarche mourut le 23 Mai 1845, après avoir été victime d’une hémiplégie, suite à tous les chagrins endurés lors des massacres sanglants de 1845. Le rapport de confiance quasi indéfectible entre eux, a appuyé considérablement le rôle de l’évêque, en tant que médiateur et représentant privilégié. Ce lien fut déterminant face aux divers envoyés papaux et surtout aux complots ourdis, par ceux qui profitaient de l’ancien système et que l’évêque Youssef Rizk avait mis au pas (notamment quelques personnes de la famille Estephan qui voulaient récupérer l’école comme bien familial, pour en profiter eux-mêmes). Le rapport de l’évêque Youssef Rizk et du patriarche Youssef el Khazen fut également une relation de confiance quasi absolue et d’amitié. D’autant plus que l’évêque joua un rôle déterminant dans l’élection du patriarche el Khazen (lui-même élève de l’évêque). Cette élection fut un compromis entre les deux fortes candidatures, celle de l’évêque Boulos Massaad, secrétaire général du patriarcat et celle de l’évêque Youssef Rizk, le plus proche du patriarche Hobeiche. Cette relation privilégiée durera tout le long du mandat du patriarche el Khazen, presqu’une décennie (1845-1854). Deux autres des élèves de l’évêque furent élus un peu plus tardivement également patriarches. Quant à la relation de l’évêque avec le patriarche Boulos Massaad (élu à la succession du patriarche el Khazen), il apparaît qu’elle fut excellente à ses débuts car l’évêque le considérait comme son fils spirituel mais elle se détériora après, l’élection du second au patriarcat en 1854 et surtout après, la révolte des paysans en 1858 contre les el Khazen (amis de l’évêque).  Les insurgés, parmi lesquels Tanios Chahine, maréchal Ferrand du Kesrouan chassèrent les el Khazen et se saisirent de leurs biens, soutenus implicitement (par défaut) par le patriarche Massaad, lui-même issu d’un milieu populaire. L’évêque appuya toutefois la cause des el Khazen qui avaient tellement servi et défendu l’église maronite. Le clergé issu des couches populaires soutint la révolte tandis que le patriarche maronite laissa faire avant de la condamner et de recourir en 1860 à Youssef Bey Karam pour mater le mouvement de Chahine et rétablir les el Khazen dans leurs droits. Cette période charnière fut cruciale et mouvementée car elle cumula les soulèvements populaires au sein de la communauté maronite et les luttes intercommunautaires entre les deux communautés maronite et druze.  Après la chute de l’émirat en 1842, les massacres de 1841 et de 1845, ce sera la période de transition des deux districts (Caïmacamiyatayn) puis les massacres de 1860, l’intervention étrangère et l’établissement du gouvernement autonome du Mont Liban au sein de l’empire Ottoman (Moutassarifiya), qui durera jusqu’à la chute de l’empire et la proclamation du Grand Liban (1 septembre 1920), suite à la délégation menée au congrès de Versailles par le patriarche Elias Hoayek (1898-1931). L’évêque Rizk reprochera également au patriarche Massaad son manque de réactivité et de fermeté à la suite des massacres de 1860. Il se battra lui-même encore une fois sur le terrain, pour alléger les souffrances, recueillir des aides et protéger les plus faibles. Il dut pour cela prendre plusieurs initiatives vis-à-vis du Vatican et de l’Europe, pour pallier au vide et le lien de confiance fut donc rompu entre les deux prélats. Toutefois cela n’empêcha pas l’évêque de conserver, le lien de respect qu’il avait pour le patriarche et sa demande de pardon et d’absolution, peu de temps avant son décès, le jour de l’épiphanie en 1865, car « il ne voulait passer laisser l’exemple d’un évêque en désaccord avec son patriarche ». Le récit de son déplacement soudain, de Aïn Waraka jusqu’à Bkerké, après une longue période de coupure et ses retrouvailles émouvantes et édifiantes avec le patriarche, nous sont parvenus. Sentant sa fin proche, il désirait partir en paix avec sa hiérarchie et avec lui-même. Ainsi l’évêque Youssef Rizk fut considéré comme un évêque exemplaire et le parrain des pionniers de la renaissance dans l’église maronite et la nation libanaise, à travers l’institution de Aïn Waraka. Parmi ses élèves les plus proches, on comptera le prêtre Youhanna el Hage (qui deviendra plus tard patriarche 1890-1898) ainsi que le prêtre Youhanna el Habib (plus tard évêque et fondateur de l’ordre des missionnaires libanais). Son influence apparaîtra dans leurs écrits et leur correspondance. Les deux personnalités qui dirigèrent successivement Aïn Waraka l’évêque Youssef Estephan (1797-1822) et l’évêque Youssef Rizk (1825-1865) ont accompli une œuvre fondatrice essentielle. On cite des générations entières d’évêques, de prêtres et de savants qui ont été formés par cette vénérable institution. Dans sa conclusion, cette recherche explique comment tous ces documents si précieux sont tombés dans l’oubli depuis presqu’un siècle et demi (depuis la mort de l’évêque en 1865). Et surtout combien il était important de les remettre en lumière. L’évêque de Jezzine (el Jezzini ou l’évêque Gesini) a accompagné et encadré par son action cléricale, institutionnelle, politique et sociale, l’évolution d’une grande partie du XIX ème siècle au Liban. L’école de Aïn Waraka ouvrit ses portes en 1797 et les ferma définitivement en 1950. C’est pourtant l’institution qui restera dans l’Histoire comme étant à l’origine du système éducatif moderne en Syrie et au Liban.

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