Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

vendredi 15 mars 2013

VU DU LIBAN • "Un jésuite du bout du monde" | Courrier international

VU DU LIBAN • "Un jésuite du bout du monde"

"Le Pape François à la tête de l'Église". Au Liban, l'élection du pape se trouve en une de toute la presse, souvent en une principale, comme celle du quotidien An-Nahar, alors même que le pays connaît des grèves dans la fonction publique et que la crise de la Syrie voisine pèse lourdement sur la stabilité. C'est que le Liban compte la plus forte proportion de chrétiens de tous les pays arabes, avec probablement un bon tiers de la population. Tous les journaux mettent en exergue le fait que le nouveau Pape vient "du bout du monde", autrement dit, que c'est le premier Pape non-européen.

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Bergoglio, la simplicité faite pape - Le Nouvel Observateur

Bergoglio, la simplicité faite pape

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Premier souverain pontife originaire des Amériques, premier jésuite à la tête de l'Eglise catholique... Autant de symboles qui font aussi du pape François, 76 ans, une figure hors normes. Portrait.

Mots-clés : pape, François, jésuite, Saint-François d'Assises

Jorge Bergoglio, le 13 mars 2013. (AFP PHOTO / VINCENZO PINTO)

Jorge Bergoglio, le 13 mars 2013. (AFP PHOTO / VINCENZO PINTO)

Il a déjoué tous les pronostics. Et même ceux qui le portaient haut dans leur cœur n'osaient pas croire son élection possible. Jorge Mario Bergoglio, après cinq scrutins seulement, a pourtant été élu pape, 266e successeur de Pierre. Le premier non-Européen depuis douze siècles. Le premier pour les Amériques. Le premier pour l'Argentine. Le premier à se nommer François. Et aussi, le premier jésuite. Autant de symboles qui font d'ores et déjà de lui un pape hors normes.

En 2005, challenger de Ratzinger

A l'annonce de son nom par le proto-diacre Jean-Louis Tauran, la foule massée au pied de Saint Pierre est d'abord restée stupéfaite, observant quelques secondes de silence confus. Peu connu en effet du grand public, l'archevêque de Buenos Aires et primat d'Argentine est néanmoins une figure très aimée du monde catholique, en Amérique latine et jusque parmi le petit personnel de la Curie qui a toujours apprécié sa bienveillante humilité. "C'est un saint", décrivaient même certains avec ferveur.

Un homme discret pour le moins, qui n'a jusqu'alors accordé qu'une seule interview dans toute son existence. Un spirituel au sens fort du terme, devenu une autorité morale quasi-incontestée, plutôt épargnée par les accusations de passivité qui pèsent en général sur la hiérarchie de l'Eglise argentine face à la dernière dictature militaire (1976-1983). Un ascète encore, qui se lève à 4h30 du matin pour commencer ces journées par une attentive lecture de la presse. C'est d'ailleurs sa capacité d'écoute et son attention au monde qui le caractérise. "Il écoute deux fois plus qu'il ne parle et perçoit bien plus que ce qu'il écoute", confiait un proche au journal "La Croix" en 2005.

Son élection a d'autant plus sidéré que le cardinal Bergoglio, en 2005, aurait été un adversaire de taille face à Joseph Ratzinger, la légende lui attribuant 40 voix au premier tour des votes. Mais il aurait alors fait entendre qu'il ne voulait pas être élu et se serait éclipsé devant le futur Benoît XVI.

C'est d'ailleurs au souverain pontife émérite que son premier appel téléphonique est allé juste après son élection, et à lui qu'il a adressé ses premières prières depuis le balcon de Saint Pierre. Déjà âgé de 76 ans, ce qui en fait le huitième pape plus âgé de l'histoire, et de santé fragile - une partie de son poumon droit lui ayant été retiré à l'âge de 20 ans - il est de fait voué à un pontificat de transition. Un point commun qu'il partage ainsi avec Jean XXIII, celui qu'on surnommait le "bon pape" et qui de façon inattendue a bouleversé l'Eglise en ouvrant le Concile Vatican II. Sera-t-il de cette trempe-là ? C'est en tout cas l'espoir de tous ceux qui souhaitent une réforme en profondeur des instances vaticanes.

Extrême simplicité

Son extrême simplicité a sans doute été déterminante dans le choix des cardinaux électeurs, qui ont longuement discuté durant les réunions pré-conclave des problèmes internes de la Curie et de tous ces "péchés qui défigurent l'Eglise", selon les mots de Benoît XVI.

En apparaissant tout en blanc sur le balcon, sans la traditionnelle mozzetta, cette cape rouge et courte typique des pontifes, il a déjà envoyé un signal fort de sobriété. Quand il a demandé au peuple, surtout, de le bénir et de prier pour lui avant qu'il ne donne lui-même la traditionnelle bénédiction ubi et orbi, ce "conservateur modéré" a révolutionné la geste papale.

C'est un souffle très conciliaire, dans l'esprit de Vatican II, qui a donc fait s'envoler la mouette qui avait élu domicile sur la cheminée de la Sixtine peu avant que n'apparaisse la fumée blanche. En se définissant lui-même avant tout comme l'évêque de Rome, le premier d'une assemblée de pairs, il a tenu à marquer son attachement au principe de collégialité.

Le choix original de son nom, François, en référence à saint François d'Assise, montre aussi son souci des plus pauvres, dont il se fait depuis toujours le défenseur acharné. La pauvreté, a-t-il du reste affirmé en 2009, est pour lui "une violation des droits de l'homme".

"L'incorruptible" dont l'Eglise catholique a besoin ?

Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, Bergoglio est lui-même un fils d'immigrants italiens modestes venus du Piémont, dont le père était employé de chemins de fer. Éduqué à l'école publique, il suit des études pour devenir technicien en chimie, avant de se destiner à la prêtrise. A 22 ans, il intègre la Compagnie de Jésus, où il obtient une licence de philosophie.

Passé ensuite par l'enseignement privé, il étudie la théologie, puis est ordonné prêtre en 1969. Il a seulement 36 ans lorsqu'il est élu provincial (responsable national) des jésuites argentins. Six années difficiles durant lesquelles il se bat pour conserver l'unité du mouvement taraudé par la théologie de la libération. Il souhaite alors à tout prix éviter la politisation de la Compagnie. Il n'a d'ailleurs jamais mâché ses mots envers les politiques et la gangrène de la corruption.

Il pourrait en quelque sorte incarner la figure de "l'incorruptible" dont avait urgemment besoin une Eglise catholique en crise. Quand, après avoir été nommé par Jean-Paul II évêque auxiliaire de Buenos Aires en 1992, il succède au cardinal Antonio Quarracino et devient archevêque, il délaisse ainsi la fastueuse résidence de ses prédécesseurs pour vivre seul dans un petit appartement près de la cathédrale et préfère le bus et le métro aux voitures avec chauffeur.

Créé cardinal en 2001, il garde encore son éternel pardessus noir plutôt que d'arborer l'habit pourpre. A peine fait-il retailler la soutane de son prédécesseur pour ses venues à Rome... Resté proche de ses prêtres, auxquels il avait dédié une ligne téléphonique directe, il n'avait pas hésité non plus, en 2009, à venir habiter dans un bidonville chez l'un de ses curés menacé de mort par des narcotrafiquants.

Peu d'espoir d'une évolution réelle de la doctrine de l'Eglise

En se plaçant sous le patronage de Saint-François d'Assises, premier personnage occidental à être allé à la rencontre d'un sultan, dans le contexte des guerres de religion, le nouveau pontife pourrait aussi se montrer désireux de faire progresser le dialogue avec l'islam.

Un des défis majeurs pour la chrétienté. Ses positions vigoureusement hostiles à la légalisation du mariage homosexuel en Argentine et à l'inscription des transsexuels à l'état civil laissent en revanche peu d'espoir aux partisans d'une évolution réelle de la doctrine de l'Eglise, notamment en matière de sexualité et de morale. La critique qu'il a adressée en septembre 2012 aux prêtres qui refusent de baptiser les enfants nés hors mariage, les qualifiant d'"hypocrites", révèle chez lui une relative mesure et une préoccupation pour le monde actuel.

Grand lecteur de Dostoïevski, qui croyait dans les forces de l'amour pour refonder l'humanité et dénonçait un catholicisme cédant aux sirènes du pouvoir temporel, Bergoglio partage avec l'écrivain russe la volonté de revenir au message de l'Evangile. Dans son "Journal", Dostoïevski rêvait ainsi de voir le pape sortir devant le peuple "à pied et pieds nus". Le voilà presque exaucé.

Marie Lemonnier, à Rome - Le Nouvel Observateur

Un pape jésuite au Vatican ? "Oui, c'est bien une révolution !" - Le Nouvel Observateur

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Le nouveau pape François est un missionnaire qui "prend le bus, direction les bidonvilles". Un profil atypique au Vatican, selon l'historien Hervé Yannou.

Mots-clés : pape, election, parcours, François, jésuite, ignacio de loyola

Jorge Bergoglio célèbre une messe en l'honneur de Jean-Paul II à Buenos Aires, en Argentine, le 4 avril 2005. (AP Photo/ Natacha Pisarenko)

Jorge Bergoglio célèbre une messe en l'honneur de Jean-Paul II à Buenos Aires, en Argentine, le 4 avril 2005. (AP Photo/ Natacha Pisarenko)o

Hervé Yannou, historien spécialiste de la papauté, est l'auteur de "Jésuites et Compagnie" (éditions Lethielleux).

François est le premier pape jésuite : c'est une révolution ?

- Oui ! Nous vivons une triple révolution : pour la première fois en 700 ans, un pape a démissionné. Pour la première fois, le nouveau pape vient d'Argentine. Pour la première fois, c'est un jésuite !

Le Vatican avait déjà connu des papes issus d'autres ordres - bénédictins, dominicains, mais jamais de jésuite.  C'est la première fois qu'un vrai prêtre missionnaire est nommé à la tête de l'Eglise.

En quoi son appartenance à la Compagnie de Jésus a-t-elle façonné Jorge Bergoglio ?

- Comme tous les jésuites, le nouveau pape est doté d'une forte personnalité. Les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Il a fallu 15 ans d'études à Jorge Bergoglio pour devenir pleinement jésuite. Il a étudié la philosophie, la psychologie et la théologie, notamment.

En 1973, il prête son dernier voeu, le voeu d'obéissance au pape pour entrer définitivement dans la compagnie de Jésus. Quand il achève son parcours initiatique, il a alors 37 ans ! Fait assez peu connu : Il n'a qu'un poumon.

Jorge Bergoglio montre un profil typique des jésuites : silencieux, ascétique, marqué par une grande vie spirituelle. Chez les jésuites, il y a un état d'esprit particulier fondé sur le livre d'Ignacio de Loyola, "Les exercices spirituels". Dans cet ordre, il faut un long cheminement intérieur pour trouver Dieu.

Comme les autres jésuites, Jorge Bergoglio est un missionnaire. Après son doctorat en Suisse, il rentre en Argentine pour devenir simple prêtre dans la ville de Cordoba, à 700 km de Buenos Aires.

Comme tous ceux de son ordre, Jorge Bergoglio s'immerge alors dans la population locale pour porter la voix du Christ. Dans les autres ordres, comme les bénédictins ou les dominicains, les prêtres vivent dans des monastères, en communauté. Pas les jésuites, qui vivent en ville. 

Quand il officie plus tard à Buenos Aires, le nouveau pape ne loge pas dans son palais somptueux d'évêque. Il vit toujours dans un simple appartement. Il se déplace en métro et en bus. Il est très proche des gens. Il sort chaque semaine dans les bidonvilles de la capitale. Il est très attentif aux problèmes sociaux, comme tous les évêques sud-américains. Il est contre les théories néo-libérales et certains aspects de la mondialisation.

Il a été toujours conservateur sur les questions familiales, éthiques et l'homosexualité. Dans ses homélies, l'évêque dénonçait souvent la crise des valeurs en Argentine.

Jorge Bergoglio a toujours tout fait pour être discret, ne pas se mettre en avant. Un trait de caractère typiquement jésuitique ! Il a refusé d'être à la tête de l'épiscopat argentin en 2001. La même année, il devient cardinal. Il refusera que ses compatriotes effectuent le déplacement à Rome pour assister à la cérémonie de sa nomination. 

Un jésuite à la tête du Vatican, ça change quoi ?

- Tout d'abord, il faut bien comprendre que les jésuites sont très liés à Rome, à la papauté. C'est un ordre qui fait partie intégrante de l'Eglise. Le jésuite prête une allégeance absolue au pape lorsqu'il rentre dans l'ordre. C'est l'objet de leur quatrième et ultime voeu, le voeu d'obéissance au pape. Une tradition qui n'existe pas dans les autres ordres. Contrairement aux autres obédiences, les jésuites sont au service exclusif du pape.

Les jésuites ont leur siège à deux pas du Vatican. C'est la milice du pape. Quand Ignacio de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, il faut comprendre le mot "compagnie", comme l'équivalent d'un "régiment" dans l'armée. Ce sont des soldats, des missionnaires du Vicaire du Christ, le pape. 

Les jésuites sont-ils déjà bien installés au Vatican ? 

- On trouve les jésuites partout, à tous les niveaux, dans tous les dossiers de l'église catholique. Ils sont présents sur tous les fronts. Les jésuites sont derrière l'essor du christianisme en Asie, ils ont embrassé la mondialisation et la révolution Internet. Ce sont des as de la communication.

Prenons un exemple typique : le porte-parole du pape, Federico Lombardi, est un jésuite. C'est aussi le directeur de la radio et de la télé du Vatican. Cet ordre missionnaire sait utiliser depuis des siècles tous les moyens de communication. A noter que personnellement, le pape François a la réputation d'être quelqu'un de plus réservé, qui communique rarement avec les médias. 

Les jésuites sont aussi en pointe sur les questions de bioéthiques et d'éthiques. Ils sont aussi très sensibles aux questions environnementales et écologiques. Les jésuites sont aussi engagés dans le face à face avec l'islam.

Les jésuites, qui sont 19.000 dans le monde, ont aussi la réputation d'avoir un pouvoir "occulte", car ils sont partout dans la société. Ils ont été très influents auprès des rois et empereurs au XVIIe siècle. Ils disposent de tout un réseau d'école ou d'université dans le monde entier. L'université de GeorgeTown à Washington, où a étudié Bill Clinton, est une université jésuite. Ils forment dans leurs universités une partie de l'élite mondiale en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et en Asie. Ce sont des intellectuels et des enseignants, dotés d'un esprit très politique. C'est d'ailleurs ce qu'on leur a reproché pendant des siècles.

Que nous apprend le parcours du jésuite Jorge Bergoglio sur la manière dont il va diriger l'Eglise ?

- Ce n'est pas un cardinal de curie. Il n'a pas gouverné, exercé des fonctions de responsabilité au sein du gouvernement central de l'Eglise, comme Josef Ratzinger. C'est un homme de terrain, d'une très grande ville d'Amérique latine, Buenos Aires. Il est très sensible aux questions sociales. Il a été confronté directement à l'extrême pauvreté. 

Aujourd'hui, tout le monde est surpris par son élection. On sait maintenant qu'en 2005, il était le grand concurrent de Benoit XVI pendant les votes. Il aurait expliqué à ses collègues qu'il ne voulait pas être pape. Il aurait même dit un jour que si on l'appelait un jour aux plus hautes fonctions de l'église, il en mourrait.

Lorsqu'il est ordonné prêtre à la fin des années 1960 , Jorge Bergoglio va lutter contre la théologie de la libération marxisante, condamnée par le Vatican. Une nouvelle idéologie qui tente alors beaucoup de jésuites, en Argentine et au-delà. Nombre d'entre eux rejoignent alors ce mouvement dans les années 1970. 

A la fin de son mandat de chef des jésuites, il aura réussi à stabiliser la baisse du nombre de vocations chez les jésuites en Argentine. En 1980, il voit même arriver de nouvelles têtes au sein de compagnie de Jésus.

Après cette période de crise, Jorge Bergoglio va acquérir la réputation d'un homme qui sait gouverner en eaux troubles.

Propos recueillis par Aurélien Viers, le 14 mars 2013.


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Guerre de Syrie, Quelles conséquences ?



Posted: 14 Mar 2013 03:25 PM PDT

Alep - 14 mars 2013 - La guerre est un désastre général. En parler, n'est autre qu'égrainer un cortège de conséquences dramatiques et fatales ; et pourtant, la vie nous fut donnée pour la vivre et la vivre pleinement, non pas dans la solitude exposés à la mort, mais avec les autres, ceux qui pensent, qui vivent, qui croient et qui aiment différemment de nous. Lorsque nous nous présenterons devant la face du Très Haut, Il nous interrogera sur le nombre de ses enfants, éloignés de Lui, que nous Lui aurons ramenés et non pas sur le nombre d'infidèles tués.

Noircir une feuille de papier avec les misères de la guerre de Syrie est singulièrement désolant ; la désolation sera encore plus grande lorsque le conflit prendra fin ; tous les protagonistes se feront alors la réflexion : « A quoi bon cette guerre » ? Telle est peut-être la question la plus redoutable, qu'il revient à chaque dirigeant d'un grand pays, de se poser rapidement sans quoi cette question viendra plus tard, les frapper de plein fouet et ils éprouveront alors tous, coupables et innocents, le remord et la tristesse de n'avoir pas su épargner au peuple syrien les conséquences de cette terrible tragédie.

Un être normalement constitué et instruit, ne peut éluder cette interrogation qui est un effort de l'esprit certes, mais aussi et surtout une réaction d'émergence au milieu de l'indifférence. Dans le court-terme d'une guerre, les assassins sont illusionnés ; ils ne perçoivent pas les conséquences de leurs méfaits ; leurs amis preneurs d'otages, leurs cousins trafiquants, leurs voisins spéculateurs, leurs oncles sponsors sont dans le même état d'esprit mais à long-terme, les conséquences se révéleront à leurs yeux, comme la photographie sous l'effet du révélateur ; la guerre libanaise nous a montré l'échec, sur toute la ligne, d'une guerre interne ; tout comme le Liban, la Syrie était belle, elle se réveillera abîmée. L'environnement s'améliorait, il sera méconnaissable. Le voisinage était familier, il deviendra étranger. Les personnes instruites qui enrichissaient le peuple de leur savoir et élevaient les humbles de leur vertus, laissent la place à des ignorants qui ne connaissent que le toucher de l'argent. Ceux qui auront quitté le pays, dans l'espoir de trouver une terre d'accueil, réaliseront leur appartenance à une minorité culturelle qu'ils auront adoptée, en échange de la minorité confessionnelle à laquelle ils appartenaient chez eux, en Syrie ; ce pays désormais déboussolée et déséquilibrée par le départ de ses minorités, se retrouvera dans des mains incultes et grossières ; le pays deviendra ingouvernable.

Dans la réalité quotidienne de ce calvaire syrien, à quoi assiste-t-on nous présentement ?

Nous assistons à une pauvreté galopante bien naturellement : Le passage de la pauvreté à la misère a poussé les filles de certaines familles à la prostitution. Pour ces familles-là, la location du corps, est la seule source de revenus possible. Quel drame !

Nous assistons à l'émigration et au départ d'un pays aimé, vers un pays inconnu, pour aller découvrir un ailleurs où l'étranger est toléré, quand il ne récolte pas l'indifférence froide, voire glaciale. On parle déjà d'un million de réfugiés syriens ; on dit que le Liban est submergé par ses réfugiés.

Nous assistons à la naissance d'une caste médiocre et mécréante de trafiquants, de rôdeurs en chasse, d'éléments armés qui, après un premier crime deviennent des criminels professionnels, dont les actes nous sont présentés comme la traduction d'une recherche de liberté, d'une insurrection contre la dictature, d'une défense de la patrie ; chaque bord arborant des slogans idéaux et abstraits, mais en attendant, chaque partie bafoue la dignité de l'autre, retire l'espoir de vivre et décime des familles entières. Quelle aubaine pour ces criminels !

Nous assistons à l'inquiétude croissante des familles chrétiennes, empêchées de fuir le pays à cause de la pauvreté et forcées d'inciter leurs jeunes gens à rejoindre les « comités populaires » constitués pour défendre les zones à forte population chrétienne.

Nous assistons au réflexe de défense d'autres jeunes gens, allés renforcer les « phalanges » du parti Baath, afin de soutenir l'armée arabe syrienne, contre une modique somme de 12.000 livres syriennes (100€).

Nous assistons aux conséquences fatales pour cette jeunesse chrétienne qui, toutes les semaines, voit cinq à six de ses frères tomber dans l'un des deux secteurs chrétiens d'Alep.

Nous assistons à des suicides de pères de familles chrétiennes qui franchissent le pas du désespoir faute de pouvoir nourrir les leurs. Six cas sont déjà connus à Alep. Au fil de la détérioration, la mort prend pour certain, les traits d'un mirage de liberté, aspirant des personnes totalement démunies et sans ressources.

Nous assistons à l'abus d'alcool ; une mort plus lente que le suicide, qui passe par l'appauvrissement de l'âme sous l'exaltation des sens. C'est ce qui arrive à des jeunes syriens chrétiens, qui ne trouvent plus la manière de faire connaître leur détresse. Ils se révoltent contre la patrie et la religion puis tombent sous l'emprise de l'alcool, l'instrument de Satan.

Nous assistons à l'aventure inconsciente et au dénouement fatal pour des jeunes gens, qui ont préféré s'embarquer clandestinement sur des bateaux amarrés dans les ports turcs, espérant rejoindre la Grèce ou l'Italie, mais dont le sort ne fut pas plus heureux qu'en Syrie, car la traversée ne fut que de courte durée. Les fourgons, dans lesquels ils avaient trouvé refuge, ayant été jetés à la mer.

Nous assistons à la division au sein de la famille entre sympathisants du régime et partisans des rebelles.

Nous assistons à la division conjugale qui suit la ruine du père et la perte de l'emploi ; la fierté des syriens, les empêchant de tendre la main aux organisations caritatives, des couples préfèrent la division et le divorce, au choix de solliciter une association charitable ; dans bien des cas, la mort naturelle, par infarctus de l'époux, apporte la solution.

La société syrienne qui était si friande de visites familiales et amicales, s'est émiettée en deux ans. Les combats, et les risques imprévisibles ont réduit sensiblement les mouvements des habitants. Après le repas de midi, les rues se vident et les rares taxis qui circulent, ont décuplé leurs tarifs.  

Nous pouvons poursuivre le chapelet de misères car les conséquences de cette guerre sont sans mesures. Conséquences psychologiques et pathologiques, conséquences d'autres natures, mais imaginons seulement un pays qui manque de façon criante de médicaments et de médecins. Il connaît alors une mortalité infantile dramatique, faute de soins et une espérance de vie en chute sensible. Dans la seule ville d'Alep, le nombre de médecins spécialistes rattachés à l'hôpital est passé de 290 à 40.

Dans leur hargne à tuer, les combattants empêchent même les vivants d'enterrer les morts. Les musulmans ne parviennent plus à mettre en terre les leurs, car les cimetières musulmans sont sous le contrôle de l'Armée Syrienne Libre ; aussi réquisitionnent-ils les petits jardins de quartiers pour y déposer les corps.

Quant aux chrétiens, privés des prêtres, qui furent contraints de prendre la fuite, pour éviter les menaces des terroristes, les voici inhumant leurs morts sans célébrant ; un laïc récite une simple prière et les avis sont publiés sur facebook.

En évoquant les conséquences du conflit syrien, nous avons traversé un tunnel lugubre d'actes sombres et négatifs que les acteurs du cette tragédie projettent sur les innocents et leur entourage ; mais l'espoir, dit-on, est au bout du tunnel et en Syrie, le sourire vient de ces gestes qui étonnent et émeuvent, des familles qui, malgré la détresse, se montrent à chaque instant solidaires ; de ces portes de maisons encore préservées, qui s'ouvrent, de cette tendresse et de ces larmes qui volent au secours des faibles et des fragiles, des réfugiés et des souffrants. Le peu qui reste est partagé.

En définitive, l'espoir ce sont les hommes et les femmes qui vivent et se nourrissent de la foi. Ces prêtres, ces moines et ces laïcs qui mettent en commun, leur énergie, leurs biens pour venir au secours des familles, sans penser aux risques et sans attendre des moyens importants.

L'espérance pour la Syrie ce sont ces Eglises devenues lieux de charité et d'amour envers les chrétiens et les musulmans.

Le Veilleur de Ninive

jeudi 14 mars 2013

La France prête à livrer des armes à la Syrie | La-Croix.com

La France renforce son soutien à la rébellion syrienne

À la veille des deux ans d'anniversaire du déclenchement de la rébellion en Syrie, Paris, rejoignant Londres, a exprimé le 14 mars sa volonté de livrer des armes aux rebelles, en s'affranchissant éventuellement de l'embargo imposé par l'Union européenne dans ce domaine.

La France et la Grande-Bretagne demandent « aux Européens, maintenant, de lever l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre », a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, à la radio France Info.

L'objectif, selon des responsables français s'exprimant sous anonymat, est de fournir notamment à l'opposition syrienne des missiles sol-air pour contrer les attaques des avions et hélicoptères de l'armée syrienne.

Des missiles sol-air

Jusqu'à présent, un embargo décidé par l'Union européenne interdit de telles livraisons et certains de ses membres, comme Paris et Londres, ne fournissent aux rebelles syriens que des matériels non létaux comme des moyens de protection ou de communication.

Un prochain examen par l'Union européenne de cet embargo est prévu fin mai mais Français et Britanniques vont demander de l'avancer pour qu'il se tienne très prochainement, a indiqué Laurent Fabius. « Il faut aller très vite et nous allons demander avec les Britanniques que la réunion (…) soit avancée », a-t-il dit, n'excluant pas qu'elle intervienne avant fin mars.

Plusieurs membres de l'UE, notamment l'Allemagne, sont très réticents à l'idée de lever l'embargo sur les armes, jugeant qu'il y en a déjà assez en Syrie et qu'une telle mesure ne pourrait qu'aggraver le conflit. Comme Londres, Paris juge que cet argument ne tient plus. Et les deux capitales se sont dites prêtes à s'affranchir de l'unanimité requise à l'Union européenne pour lever l'embargo et fournir des armes à la rébellion.

La France « est une nation souveraine », a souligné son ministre des affaires étrangères, interrogé sur cette question des décisions prises à l'unanimité au sein de l'UE.

Les critiques de la Russie

Le 12 mars déjà, le premier ministre britannique David Cameron avait indiqué que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'Union européenne en cours, en fournissant des armes à l'opposition syrienne pour lutter contre le président Bachar Al Assad.

 « Nous n'avons pas encore pris la décision » de livrer des armes, mais si l'Union européenne renonçait à armer l'opposition syrienne, « il n'est pas impossible que nous procédions comme bon nous semble », a dit David Cameron. « C'est possible. Nous sommes encore un pays indépendant, nous pouvons avoir une politique étrangère indépendante », a-t-il insisté.

Laurent Fabius a aussi balayé les critiques de la Russie, proche allié de Damas, sur une perspective de livraison d'armes à l'opposition. Moscou a notamment parlé de « violation de la loi internationale » si des armes étaient fournies à la rébellion.

 « On ne peut pas accepter qu'il y ait ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'Iran et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre des résistants qui ne peuvent pas se défendre », a fait valoir le ministre français. « Lever l'embargo c'est un des seuls moyens qui restent pour faire bouger politiquement la situation », a-t-il estimé.

« Près de 100 000 morts »

Le conflit en Syrie a fait, selon l'ONU, plus de 70 000 morts depuis son déclenchement le 15 mars 2011. Selon un haut responsable français s'exprimant sous anonymat, « on est plus près de 100 000 morts que de 70 000 ».



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