Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

vendredi 29 mai 2015

L’Académie de Bagdad, une oasis dans le chaos irakien | La-Croix.com - Monde

L'Académie de Bagdad, une oasis dans le chaos irakien | La-Croix.com - Monde

L'Académie de Bagdad, une oasis dans le chaos irakien

Dans son roman Frankenstein à Bagdad, Ahmed Saadaoui, lauréat du Arab Booker Prize en 2014, raconte l'histoire d'un brocanteur ivre qui arpente des lieux d'attentats, récupère des lambeaux de chair humaine et se met à les coudre ensemble.

L'effrayante créature née de ce patchwork se met à venger les victimes avant de commettre à son tour des atrocités. Dans cette fable, le monstre imaginé par l'écrivain incarne la société irakienne, produit des peurs, des préjugés, du désir de vengeance et de la bonne conscience de chacun, quelle que soit l'ethnie ou la communauté.

Créer un espace de liberté

Le quartier de Karrada, que fréquente Ahmed Saadaoui, accueille des sièges de journaux, de magazines, de télévision et de stations de radio ainsi que des organisations de la société civile. S'y côtoient encore musulmans et chrétiens, chiites et sunnites. Le quartier est connu pour ses magasins, cafés et restaurants ouverts jusqu'au milieu de la nuit. Mais ce n'est pas une garantie de sécurité.

En mai, après une série d'attentats meurtriers, les habitués du café Ridha Alwan, habituellement fréquenté par des intellectuels, écrivains et artistes, préféraient rester chez eux. À Bagdad, entre le déni et l'envie de vivre, l'insécurité permanente peut surgir à tout moment. Pas facile de lutter contre l'asphyxie de l'esprit après des années de dictature, entre guerres, terrorisme, marginalisation sociale et tentations d'exil.

C'est pour sortir de ce cercle infernal que le Père Yousif Thomas Mirkis, un dominicain, aujourd'hui archevêque chaldéen de Kirkouk, a lancé, en 2007 à Bagdad, son projet d'université ouverte. L'idée était de créer un espace de liberté, de dialogue et de recherche pour faciliter la transmission du savoir et la réflexion personnelle.

Près de 200 étudiants, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes

Le programme a commencé par une série de conférences sur des questions de société – le statut de la personne, les grandes civilisations, le rôle des médias – en s'appuyant sur les sciences humaines et la philosophie. Sept ans après, transformée en académie, l'établissement a accueilli cette année près de 200 étudiants, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes.

Dans le quartier Al-Wahda, à l'est du Tigre, les bâtiments mitoyens de l'école des Sœurs dominicaines abritent les six salles de cours, une bibliothèque et une vaste salle de conférences. Onze diplômés ont achevé cette année un cycle de trois années d'études en sociologie, psychologie, anthropologie, droits de l'homme, linguistique et musique.

Les étudiants ont accès aux cours en ligne de Domuni, l'université dominicaine internationale. Deux d'entre eux bénéficieront cette année d'une bourse d'études de trois ans pour étudier à la Faculté des sciences sociales de l'université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome.

« En dehors d'ici, on évite d'aborder les sujets sensibles avec des gens que l'on ne connaît pas »

« Nos étudiants ont en commun la volonté de participer à la reconstruction des valeurs humaines dans la société irakienne » explique le Père Amir Jaje, directeur de l'Académie. « Chacun peut poser des questions sans tabous et cultiver le sens de l'autocritique ».

« L'Académie a rempli un vide dans ma vie quotidienne », affirme Isam, un entrepreneur chrétien, frais émoulu des bancs de l'institution. « J'y ai trouvé un espace de discussion sur toutes les questions concernant la société irakienne, par exemple sur les relations entre religion et politique. En dehors d'ici, on évite d'aborder les sujets sensibles avec des gens que l'on ne connaît pas. »

> Lire aussi :La société civile irakienne cherche un modèle de coexistence

« Le tissu social irakien s'est déchiré. Beaucoup de gens ont quitté le pays, parmi eux de nombreux chrétiens », ajoute Ferial, une institutrice. « Au début, j'avais peur de ne pas pouvoir communiquer avec les autres étudiants. Au fil des échanges, je me suis mis à réfléchir et à découvrir de nouvelles idées. Les cours m'ont permis de me renouveler dans mon travail d'enseignante et ma façon de traiter les enfants. Même les parents d'élèves l'ont remarqué. »

Des étudiants de toutes confessions, en majorité musulmans

Le projet éducatif, animé par une équipe d'enseignants (60 % de musulmans, 40 % de chrétiens), attire des étudiants de toutes confessions, en majorité musulmans. « C'est très différent ce que je trouve à l'université » explique Mariam, étudiante en interprétariat à l'université de Bagdad, fille d'un couple mixte, père musulman et mère chrétienne.

« J'ai vécu le fait de se mélanger dans un climat de liberté avec des personnes de croyances différentes comme un prolongement de ce que je vis dans ma famille, quelque chose de très naturel mais qui, à l'extérieur, nous fait passer pour des anormaux. À l'université, beaucoup d'étudiants voudraient pouvoir rejeter les clivages communautaires. J'aimerais que l'Irak ressemble à l'Académie, une ouverture vers un monde civilisé, rassemblant des êtres humains prêts à accepter leurs différences, sans violence, ni fanatisme. »

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Repères - Les chrétiens, moins de 1 % de la population en Irak

Avant l'invasion américaine de 2003, l'Irak comptait 1,2 million de chrétiens, c'est-à-dire plus de 4 % de la population. En 2013, les estimations réduisaient ce nombre à près de 300 à 400 000, soit environ 1 % de la population.

La Constitution irakienne de 2005 garantit aux chrétiens la totalité des droits religieux, la liberté de doctrine, de la pratique religieuse et la protection des lieux de culte, mais l'absence d'un véritable État de droit ne garantit pas son application.

D'autres articles de la Constitution stipulent que l'islam est la religion officielle de l'État et la source principale de la législation.

La loi électorale octroie un quota de députés aux minorités, dont les chrétiens qui ont droit à cinq sièges, mais cette représentation politique souffre d'un manque d'efficacité.



Envoyé de mon Ipad 

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