Le docteur syrien Nabil Antaki lance un appel au pape François: « son autorité morale » pourrait arrêter la guerre en Syrie. Il a accordé une interview aux journalistes du site italien de la Coordination nationale pour la paix en Syrie ce jeudi 28 mai. « Saint-Père, nous vous supplions d'en faire encore davantage !, s'exclame Dr Antaki. Saint-Père, vous êtes le seul à pouvoir faire quelque chose pour arrêter la destruction de notre beau pays, pour arrêter la mort de centaines de milliers d'êtres humains et de permettre aux chrétiens de Syrie de rester ou de retourner dans leur pays », dit-il. Médecin et directeur de l'un des deux derniers hôpitaux fonctionnant à Alep (Syrie), le Dr Nabil Antaki estime que le « prestige incontestable » du pape pourrait convaincre « les gouvernements » de cesser « de financer» et « d'armer des groupes armés » en Syrie. Le Dr Antaki dit que « dès le premier jour » du pontificat du pape François, les Syriens « l'ont aimé et adopté ». « Ses déclarations, sermons, tweets, sont très populaires et largement répandus parmi nous », affirme le médecin. Les Syriens pensent que « l'Évangile est au centre de toute » l'activité du pape qui « conteste » « la bureaucratie » et la « fausse diplomatie ». Le directeur de l'hôpital d'Alep affirme qu'en restant dans une ville bombardée, lui et « son groupe » essayent de suivre les appels du pape aux chrétiens du Moyen-Orient de ne pas quitter leurs maisons : « Il a encouragé plus d'une fois les chrétiens de Syrie (et du Moyen-Orient) à ne pas quitter la terre de leurs ancêtres, à se cramponner à leurs racines, à donner du sens à leur appartenance et à leur présence en Syrie ». Mais cela n'empêche pas les « chrétiens d'Alep de s'en aller définitivement », car les gens « ont peur ». « Les chrétiens de Syrie ont une double peur: la peur physique de fanatiques islamiques de Daesh, et aussi la peur de perdre leur avenir et celui de leurs enfants, à force de patience et d'attente de la fin du conflit », explique le médecin. Dr Antaki confirme une aide importante de « plusieurs organisations internationales catholiques » qui « font de leur mieux pour soulager la souffrance des Syriens et des chrétiens en particulier ». Mais « pour que l'autre moitié des chrétiens reste, nous devons arrêter la guerre », dit il en en appelant à l'autorité du pape François