Arabes du Christ


" الهجرة المسيحية تحمل رسالة غير مباشرة للعالم بأن الإسلام لا يتقبل الآخر ولا يتعايش مع الآخر...مما ينعكس سلباً على الوجود الإسلامي في العالم، ولذلك فإن من مصلحة المسلمين، من أجل صورة الإسلام في العالم ان .... يحافظوا على الوجود المسيحي في العالم العربي وأن يحموه بجفون عيونهم، ...لأن ذلك هو حق من حقوقهم كمواطنين وكسابقين للمسلمين في هذه المنطقة." د. محمد السماك
L'emigration chretienne porte au monde un message indirecte :l'Islam ne tolere pas autrui et ne coexiste pas avec lui...ce qui se reflete negativement sur l'existence islamique dans le monde.Pour l'interet et l'image de l'Islam dans le monde, les musulmans doivent soigneusement proteger l'existence des chretiens dans le monde musulman.C'est leur droit ..(Dr.Md. Sammak)

samedi 29 novembre 2014

En Turquie, des chrétiens ultra-minoritaires mais respectés | La-Croix.com

En Turquie, des chrétiens ultra-minoritaires mais respectés | La-Croix.com
28/11/2014-En Turquie, des chrétiens ultra-minoritaires mais respectés

Le voyage du pape François en Turquie, du 28 au 30 novembre, attire l'attention sur la situation des chrétiens dans ce pays majoritairement musulman.

Très réduites démographiquement, et très diverses par leurs langues et leurs cultures, les Églises entretiennent d'excellentes relations entre elles.

 «C'est mardi, c'est normal ! » Le sacristain, salarié des franciscains conventuels qui animent la paroisse Saint-Antoine, ne s'étonne pas des entrées incessantes dans son église sur Istiklal, la longue avenue commerçante et piétonne qui relie la place Taksim à la tour Galata. Le mardi, jour habituel de pèlerinage au saint portugais mort à Padoue, les Stambouliotes aiment passer ici pour se photographier devant la statue en bronze de Jean XXIII, « l'ami des Turcs », ou déposer un cierge… « Les Turcs musulmans nous aiment beaucoup », s'enthousiasme Sœur Angelina, oblate de l'Assomption à Kadiköy, l'ancienne Chalcédoine, de l'autre côté de la mer Marmara que l'on traverse en « vapur » (ferry).

> Voir notre dossier spécial : Le pape en Turquie

 « Souvent, on nous interpelle dans la rue, on nous demande une bénédiction », poursuit cette religieuse portant le voile, en précisant que depuis sept ans qu'elle est ici, elle n'a « jamais ressenti la moindre menace ». « Dans ce pays, il ne faut pas se demander ce que l'on fait, mais ce que l'on vit : être chrétien, c'est une qualité de présence, une manière d'être », estime l'arménienne Tamar Karasu, secrétaire générale de la Société biblique de Turquie et habituée à travailler avec toutes les Églises. S'enorgueillissant de ses « très nombreux amis musulmans », la jeune arménienne confirme que les Turcs, musulmans à 96 %, sont « respectueux des chrétiens, particulièrement des prêtres et religieux ». 

« Cette discrétion date de l'époque ottomane »

Pourtant, le curieux qui souhaite pénétrer dans un lieu de culte arménien, orthodoxe ou catholique, dont il aperçoit de loin le dôme ou le clocher, a souvent du mal à en trouver l'entrée, derrière une façade anonyme ou une grille close. Toujours sur Istiklal, il faut passer sous un porche et descendre une trentaine de marches pour trouver Sainte-Marie Draperis, desservie par d'autres franciscains. De même, l'entrée de la cathédrale catholique du Saint-Esprit, sur Cumhuriyet, se repère… à l'hôtel Hilton, juste en face. « Cette discrétion date de l'époque ottomane, quand il était interdit aux chrétiens d'ouvrir des lieux de culte directement sur la rue », raconte le dominicain italien Giuseppe Gandolfo, en faisant visiter son vieux couvent qui cache un agréable jardin.

Du coup, il est impossible de dénombrer toutes les églises que recèle Istanbul. D'autant que certaines aux murs décrépis semblent ne plus être utilisées depuis longtemps. Paradoxalement pourtant, certaines communautés manquent de lieux de culte, notamment les syriens-catholiques, les syriens-orthodoxes et les chaldéens, et ce, bien avant l'arrivée massive de réfugiés de Syrie et d'Irak. La paroisse Notre-Dame-de-l'Assomption, construite à Kadiköy par les assomptionnistes en 1863, offre l'hospitalité depuis 1974 aux syriens-orthodoxes, sans lieu de culte sur la rive asiatique du Bosphore. « Pour leur messe en araméen, l'église est bondée… Chez eux, il y a des mariages et des baptêmes car ils sont du pays, à la différence des catholiques latins, souvent étrangers », sourit le P. Jules Nguru, assomptionniste congolais, à Istanbul depuis quatre ans et curé à Kadiköy.

Des communautés chrétiennes ultra-minoritaires

De fait, les communautés chrétiennes présentes ici ne cessent de se renouveler, tout en restant ultra-minoritaires . Ainsi les Levantins, ces Européens nés en Turquie mais gardant leur nationalité d'origine, majoritairement catholiques latins, ne sont plus que 500 à Istanbul. « La plupart de nos jeunes préfèrent vivre en Europe, parce qu'ici ils manquent de liberté », estime Mario Bellini, dont les ancêtres italiens sont arrivés à Istanbul il y a deux siècles. Mais les trois messes dominicales en arabe, en anglais et en français remplissent successivement la cathédrale du Saint-Esprit de réfugiés chaldéens d'Irak, d'employées de maison ou d'infirmières philippines, et d'Africains étudiants ou candidats à l'immigration vers l'Europe.

À l'instar de ce Camerounais de 28 ans, qui a quitté le petit atelier de mécanique qu'il louait à Douala pour payer son billet d'avion et son visa de tourisme, beaucoup d'Africains se retrouvent « coincés » à Istanbul, sans parvenir à trouver du travail et cherchant du réconfort auprès de la communauté catholique. Ce qui fait dire à Mario Bellini que « les Églises ici sont fort diverses en langues et en cultures, très réduites en nombre et extrêmement changeantes ! » 

 « Nous essayons d'aider ces Africains, tout comme les réfugiés de Syrie et d'Irak, mais nous sommes dépassés », reconnaît Rinaldo Marmara, autre Levantin aux racines italiennes, actuellement porte-parole de la Conférence des évêques de Turquie (CET) et directeur de la Caritas-Turquie. De son côté, Mgr François Yakan, vicaire patriarcal des assyro-chaldéens de Turquie, a fondé il y a dix ans l'association « Entraide aux réfugiés de Turquie » et ouvert, dans des locaux de la nonciature à Istanbul et avec le soutien des salésiens de Don Bosco, une école pour les enfants de réfugiés irakiens. « Au 30 octobre, ils étaient 84 000, dont 39 840 chrétiens, majoritairement chaldéens », explique-t-il en sachant que pour la majorité d'entre eux, la Turquie n'est qu'un « arrêt de bus », avant de s'exiler définitivement en Amérique du Nord ou en Australie.

Se serrer les coudes

Cette situation ultra-minoritaire des chrétiens en Turquie les oblige à se serrer les coudes. Si bien que les relations entre communautés sont unanimement décrites comme excellentes. « Nous entretenons des liens fraternels avec les patriarcats grecs-orthodoxes et arméniens et avec les autres vicariats », confirme Mgr Yusuf Sag, vicaire patriarcal des syriens-catholiques, depuis son couvent de l'Ayazpsa, installé dans une ancienne résidence jésuite dominant le Bosphore. « Avec les Églises tant orientales que protestantes, nous nous invitons mutuellement à nos célébrations », renchérit le franciscain mexicain Ruben Tierrablanca, à Istanbul depuis onze ans et secrétaire de la Commission de la CET pour l'œcuménisme. Les occasions liturgiques de rencontres sont effectivement nombreuses : Épiphanie, Semaine de l'unité, Pâques, fêtes de saint Jean Chrysostome ou de saint André…

Cette Commission pour l'œcuménisme prépare, depuis cinq ans, un livret pour expliquer le christianisme aux collégiens et lycéens turcs. Après avoir reçu l'aval des hiérarchies ecclésiales, ce livret devrait être présenté au ministère de l'éducation début 2015. S'il est adopté par le gouvernement, ce document devrait aider les jeunes générations, selon Frère Tierrablanca, « à sortir d'une vision réductrice du christianisme et pleine de préjugés ». 



Envoyé de mon Ipad 

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